La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

ROBOCOP 21

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DSCF8177« Le prétexte ordinaire de ceux qui font le malheur des autres est qu’ils veulent leur bien »  – Vauvenargues.
Etranges journées où l’on confine  les populations, histoire de couper court à toute contestation. Où l’on bloque des militants écologistes en utilisant un état d’urgence prolongé à trois mois alors que sa durée constitutionnelle n’était que de douze jours. Où l’on joue Bruxelles ville morte pendant quatre jours sans grande explication. L’impression que certains sont en train d’étudier les possibilités et les conséquences d’une suspension brutale des libertés fondamentales. Ce genre d’exercice peut toujours servir un jour. Où et comment disposer les troupes pour un contrôle optimal des populations ?  Restez couché. Circulez y’a rien à voir. Bossez, achetez des cadeaux pour Noël, le gouvernement s’occupe du reste.

Une conférence sur l’environnement qui voit les citoyens manifester un peu partout sur la planète sauf à Paris. Ici c’est interdit. Pourquoi ? Où est le danger ?

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La place de la République, où les manifestants sont symboliquement représentés par des paires de chaussures, me fait penser aux rangers bien alignés d’une section de soldats disparus dans une embuscade lors de la guerre du Vietnam à qui l’on rendait ainsi les derniers honneurs. Qu’est ce qui est mort chez nous ? L’innocence ? A d’autres… La joie de vivre ? Pas évident avec cinq millions de chômeurs et des gouvernements successifs qui se cassent tous les dents sur la réalité. Le « vivre ensemble » alors que l’écart se creuse toujours plus entre quartiers pauvres et quartiers riches ?

Quelqu’un peut il m’expliquer pourquoi en janvier  nos dirigeants nous ont appelé à descendre massivement dans la rue clamer notre indignation devant les attentats alors qu’aujourd’hui, face à cette ignoble tuerie, il est interdit de se réunir et d’occuper l’espace public ?  Et traiter des militants écologistes comme de potentiels terroristes est une illustration frappante des dérives potentielles de cet état d’urgence voté par l’assemblée nationale dans un bel élan de trouille collective transcendant le sempiternel clivage gauche-droite.

L’état d’urgence, c’est accepter d’être contrôlé, fouillé, écouté, tout cela au nom de la défense de nos libertés. Et, simultanement, entrevoir une crapule siéger à l’assemblée nationale car, malgré la levée de son immunité parlementaire, cette personne garde son mandat. Mieux encore , cet individu a déclaré que « le gouvernement avait du sang sur la conscience ». Lui ne risque guère de voir la sienne éclaboussée pour la bonne raison qu’il semble en être dépourvu.

DSCF8150 Le peuple est triste, mais il est aussi en colère car il sent bien que le pouvoir a failli. Qu’une caste d’énarques – on en trouve partout, de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par le milieu, s’est emparée du pouvoir, persuadée que l’homme du peuple est au mieux un pauvre con à qui on peut bourrer le mou, au pire un individu dangereux à surveiller. Dans les années 70, certains nous firent miroiter les plaisirs d ‘une hypothétique « société des loisirs » où les robots produiraient des biens de consommation pendant que les travailleurs, enfin désaliénés, pourraient s’épanouir entre bibliothèque et guinguette. Bilan des courses : des millions de personnes privées d’emploi à qui l’on propose des abonnements « divertissements » et la Française des Jeux en guise de rêve. Le peuple gronde. Il sait que l’on s’est moqué de lui. Il a vu la ministre du travail étaler sa méconnaissance des règles de bases du Code du travail.

Il est colère, il risque de ruer dans les brancards au beau milieu de cette énième conférence pour sauver la planète qui débouchera probablement sur un accord a minima non contraignant.

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Alors le bon peuple est prié de ne pas emprunter les transports en commun ce lundi, le bon peuple est prié de fermer sa grande gueule, d’afficher sa solidarité en se plantant le drapeau national dans le cul en attendant des jours meilleurs qui ne sauraient tarder, une fois Daesh écrasé et les contrats pétroliers signés. Big Brother ne te regarde même plus : il t’ignore car tu ne lui sert plus à rien. Alors ferme ta gueule, va acheter ton sapin, ton saumon pourri, tes cadeaux made in Pascherland et cesse de réfléchir. Les élites sont là pour cela. Elles sont largement aussi incompétentes que l’homme de la rue qu’elles méprisent, mais elles ont la clé du coffre-fort et le doigt sur le bouton. Toute la différence est là.

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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