La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

GATTAZ LE NAZE

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Monsieur Gattaz vient une fois de plus de poser une belle bouse : il s’insurge contre les chômeurs qui, selon lui, « pratiquent l’optimisation » : entendez par là qu’il trouve anormal qu’un type qui arrive à trouver du boulot six mois dans l’année, se « repose » sur les indemnisations de Paul Emploi pour boucler son année. Dis moi Pierrot, tu crois que c’est cool d’être précaire, vacataire ou stagiaire ? On voit bien que t’en as jamais vraiment bavé pour trouver du travail, te loger et te nourrir.

Luz est cruel avec ce bon monsieur Gattaz.

Pour remédier à cet état de fait, il propose que les chômeurs soient contrôlés « quotidiennement, toutes les semaines ou tous les mois ». Il n’est pas encore sûr de la meilleure option. Rappelons à ce monsieur, né du bon côté de la tartine (la fortune de sa famille est évaluée en 2016 à 400 millions €), qui n’a jamais eu la chance de tâter des délices « optimisées » du chômage que les chômeurs sont tenus de s’actualiser tous les mois, que les « conseillers » sont débordés, et que l’on voit mal comment on pourrait quotidiennement « contrôler » plusieurs millions de chômeurs. Mais au fait, qui est donc ce bon monsieur Gattaz dont l’entreprise fabrique des composants électroniques « passifs » qui pourraient trouver un nouveau débouché dans le flicage des chômeurs, ces êtres forcément paresseux, profiteurs et assistés ?

Pierre Gattaz est surtout et avant tout un « fils de ». Son père, Yvon Gattaz, chef d’entreprise fut président du CNPF de 1981 à 1986. Lucide, le petit Pierre apprécie la « solidité » du capitalisme familial, dans lequel l’on « travaille dans la durée » et l’on « évite les risques maximums ». En 1992, il prend la direction de Radiall, l’entreprise familiale créée en 1952, spécialisée dans la conception et la fabrication de composants électroniques. Il « modifie les orientations stratégiques de son entreprise », et met en place « l’accélération des transferts de production vers des sites low cost » ( i.e délocalisations vers des pays où la main d’œuvre est taillable et corvéable à merci ). C’est l’optimisation vue par Gattaz.

En 2013, élu à la présidence du MEDEF, il mène avec quelques fines gâchettes une réflexion sur l’évolution de la filière électronique et numérique française qui donne lieu à plusieurs rapports dont le Livre bleu qui préconise le développement des technologies liées à la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles Les auteurs du rapport notent que « la sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles ( tu parles Charles ! ) Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes. » Ce rapport, récompensé en 2004 par le prix « Orwell Novlang » lors des Big Brother Awards, recommande l’éducation des enfants dès l’école maternelle afin de favoriser l’acceptation de ces technologies. 

En 2013, le Medef, sous son impulsion, propose aux entrepreneurs français de créer 1 million d’emplois en 5 ans si les réformes nécessaires sont menées. En 2014, il détaille les réformes qui permettraient d’aboutir à ce résultat mirifique. L’essentiel des exigences fut consenti par le gouvernement mais la création d’emploi promise ne vit jamais le jour. En 2016, L’Humanité révèlera qu’à travers le mécanisme d’optimisation fiscale dit des « prix de transfert », Pierre Gattaz a affecté une bonne partie des marges de Radiall réalisées en France à des filiales à l’étranger, ce qui a permis au groupe de réduire de 25 % à 3 % la part de ses impôts payés en France, permettant sur les 25 millions de bénéfices réalisés en 2015 de ne payer que 202 000 € d’impôts, tout en touchant 876 000 € via le CICE, le tout sans aucune contrepartie (l’entreprise n’ayant pas créé un seul emploi cette année-là). L’essentiel du montant fut reversé aux actionnaires, c’est-à-dire à 87% la famille Gattaz. En 2013, Radiall lui a versé une rémunération de 426 092 €, une augmentation de près de 30 % par rapport à 2012 (en qualité d’actionnaire principal, il aurait perçu à ce titre environ 1,5 million € en 2015 ). Pierre Gattaz par un démenti officiel indiqua ne pas avoir pu bénéficier de ce crédit d’impôt, ne payant tout simplement pas d’impôt sur les sociétés en 2014. Il arborera jusqu’en 2016 le pin’s « 1 million d’emplois », produit en République Tchèque. Pendant tout ce temps, il se bat pour une « modération » du SMIC.

En 2016, Il niera s’être jamais engagé sur ce million d’emploi, mais affirme qu’il est possible de créer 2 millions d’emploi si le gouvernement se plie à une nouvelle diminution des cotisations sociales, supprime l’impôt sur la fortune et la loi sur la pénibilité du travail.

En août 2017, on apprend que Pierre Gattaz envisagerait de s’offrir un château d’une valeur de 11 millions €. Une consécration après toutes ses années de dur labeur… Mais Gattaz, on ne t’a jamais dit que t’étais qu’un gros naze dont le rêve ultime est de jouer le châtelain avec piscine et domesticité recrutée en contrats d’apprentissage ou en stages. Un rêve de blaireau pour lequel tu auras gratté tout ce que tu auras pu gratter sur le dos des autres. Haschtag ( ouais c’est écrit comme ça exprès)  fumant : GATTAZ GROS NAZE.

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