La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

COUP D’BLUES

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Les élus se répartissent les portefeuilles et les postes juteux pendant que le bas peuple dort dehors. Les plus riches se gavent, statistiques à l’appui, pendant que la populace compte ses pièces jaunes. On va mettre en marche un réacteur nucléaire dont la cuve et le couvercle sont mal foutus. On nous parle des sans cravates mais pas des sans gêne. On nous prend pour des cons et peut-être qu’on a raison. C’est l’été et je vais regarder partir les autres. C’est l’été et je suis plus fauché que les blés. C’est l’été et je suis fatigué de tout ce merdier. C’est l’été et j’ai plus rien à fumer. Rien que du temps à tuer en attendant que ca se tasse. C’est l’été et j’en ai carrément rien à foutre.

Reste la musique pour faire trembler les murs, pour se barrer loin, très loin de www.mondalacon.com , la musique pour tout oublier , s’enfoncer dans un déluge de notes en attendant je ne sais trop quoi. Pas envie d’aller dehors, pas envie de parler, pas envie, pas envie, pas en vie… Un nouveau président qui ressemble furieusement aux présidents précédents, toujours les mêmes recettes, toujours le pouvoir qui pose son gros cul sur nos rêves pour les étouffer au nom d’un soit-disant réalisme qui n’est rien d’autre qu’une majestueuse enculade où l’on fait croire au peuple qu’il a choisi alors qu’en fait tout ce qu’on lui demande à ce brave con de peuple, c’est de fermer sa gueule, d’acheter des trucs et de respecter l’ordre établi faute de quoi on enverra la police le remettre en marche dans le droit chemin à coup de gaz et de matraque.

Dans mes poches y’a plus une thune et dans ma tronche y’a des idées bizarres qui se bousculent, des envies de foutre le camp loin d’ici pour aller je ne sais où, n’importe où, mais bouger, changer de décor quoiqu’au final on retrouve les mêmes saletés partout sur terre. Voir ses proches vieillir, mourir, pourrir en se disant qu’un jour ce sera notre tour. Brièveté de nos existences qui n’empêche pas les marchands de vent de nous faire les poches pour y piquer les dernières pièces en échange d’une quelconque merde en promotion. Dans ma tête y’a de la fatigue et du désespoir, même plus de colère.

Et dans tout ce bordel, t’es censé faire bonne figure, sourire à la vie, aimer ton travail si t’en as un, te dire que t’as du bol de ne pas être sous les bombes en Syrie ou en train de couler en Méditerranée. T’es censé respecter la loi, les flics et l’ordre… T’es censé pas trop faire gueuler ta musique, rester humblement à la petite place que l’on te concède et regarder les gros cons parader dans les rues de Ploucville.

Alors tant pis, je monte le son au delà du possible pour ne plus entendre le reste, les nouvelles déprimantes et la vie chère, les matières fécales dans la viande hachée premier prix, le couvercle de la centrale qui nous pètera à la gueule un jour, les relances en recommandé avec accusé de réception qui réclament du fric, encore et toujours du fric, pour simplement ne pas être à la rue et bouffer. Ouais je sais, j’ai du bol d’habiter ici dans ce si joli pays avec ce gouvernement tout neuf, pas encore abimé mais déjà menteur et truqueur, ces gens qui pensent à ma place, ces gens qui décident de notre avenir, qui chient des lois en plein été pendant qu’on est à la plage, ces gens qui nous enverront des colonnes de chiens casqués et armés pour nous remettre en ligne, en marche, avec nos chaines, en route pour le centre commercial, achète, consomme, gave toi de merde, enrichis les riches qui ne le sont jamais assez, aide les à collectionner les maisons, les avions, tout un fatras qui ne les empêchera pas de crever comme tout le monde mais ca les rassure tout ce fric, ces piscines et ces jets privés. Connards déjà un peu morts dans leurs têtes et leurs regards qui puent le dollar.

Alors je monte encore le son et les décibels s’envolent plus haut et plus fort. Tant pis. On partira tous un jour et il ne restera pas grand chose de nos rêves à deux balles. Quelque part, la mort c’est aussi le grand sommeil, le dernier repos, une pause après la furie de la vie. Besoin d’ailleurs, d’autre chose, d’un truc qui n’existe pas encore… Marre des règlements, des petits chefs et des trouillards qui rendent la vie étroite et tristounette alors que ca devrait être une grande fête. Marre d’attendre que ca change et que rien ne bouge et que le pognon impose sa loi. Envie de magie.

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