La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

TEST : ETES VOUS FLEXIBLE ?

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Dans les années 70, le grand sujet de débat des philosophes, sociologues et autres personnes s’autorisant à penser, c’était la « société des loisirs » : les machines et les robots allaient travailler à la place des humains qui, enfin délivrés de leurs chaînes, pourraient alors disposer de plus de temps pour leurs loisirs…

Les entreprises installèrent effectivement, là où cela était possible, des machines ce qui permettait d’employer moins de salariés. Ces derniers, remerciés et devenus chômeurs, pouvaient enfin profiter de leur temps libre en regardant la télé couleur, en déambulant dans les premiers centres commerciaux où ils pouvaient contempler des tas d’objets pas toujours utiles qu’ils n’avaient plus les moyens de s’offrir.

Cette soi-disant civilisation des loisirs a engendré en quelques décennies – et avec l’approbation du plus grand nombre – une société d’hyperconsommation basée sur la frustration et l’envie, deux valeurs sur lesquelles il est préférable de rien bâtir tant elles sont tristes et rageuses.

100% d’augmentation entre 2008 et 2018 – Encore bravo les gars !

Depuis les années 80, la mondialisation ou la globalisation, on ne sait plus trop comment nommer ce « machin », a permis aux entreprises d’aller exploiter, via des sous traitants peu regardants, des prolétariats exotiques et sous payés, d’y délocaliser le plus possible d’usines, afin de se débarrasser des reliquats de cette classe ouvrière qui leur coutait trop cher. Et hop, chômage, deuxième fournée…

Evidemment, ca gueule dans la soute. Le chômage qui se comptabilisait en centaines de milliers, explose. Aujourd’hui, il faut compter en millions de chômeurs, pardon, de « candidats » dans le jargon de Pôle emploi. Les gouvernements se succèdent, chacun avec son plan, ses petites phrases et ses grands discours. Le chômage, hélas, monte inexorablement. Les politiciens sont, dans leur grande majorité, à l’abri de ce méchant virus pour de multiples raisons : rarement issus du petit peuple, ils bénéficient de régimes particuliers, tant au quotidien qu’au moment de la retraite, ils se recasent dans le privé grâce à leur carnet d’adresses, ou sont recasés dans des commissions, chargés de mission d’évaluation, de rapports sur l’impact de la mayonnaise en poudre sur la santé des Français… Le jour où l’on verra un ex-ministre pointer au chômage n’est pas encore venu.

A comparer aux bénéfices des grosses boites sur la même période….

Bref, le chômage de masse est là, bien installé, et personne n’est fichu de faire redescendre les courbes, à moins de bidouiller les chiffres. C’est dans ce contexte peu glorieux pour les gouvernants des 40 dernières années que les technocrates ont pondu un concept magique : la « flexisécurité » ( !!!! ) . Kézaco ?

Voici la définition donnée par Wikipédia : « Le terme de « flexisécurité » désigne un dispositif social autorisant une plus grande facilité de licenciement pour les entreprises (volet flexibilité) et des indemnités longues et importantes pour les salariés licenciés (volet sécurité). Il repose sur un mécanisme économique selon lequel des procédures de licenciement facilitées inciteraient les employeurs à embaucher. Les PME hésiteraient en effet à embaucher lors des périodes florissantes, car elles redouteraient l’épreuve des procédures de licenciement lorsque la conjoncture se retourne. En contrepartie, le salarié bénéficierait d’une généreuse indemnisation et d’un maintien de ses droits, même s’il change d’entreprise ou s’il demeure sans emploi ».

Les experts de tout poil nous ont bassiné avec ce truc dont, curieusement, on entend moins parler depuis quelque temps. Disons, pour être plus précis, que le pouvoir politique et le MEDEF ont bien avancé sur le côté « flexible » en démolissant partiellement le Code du Travail, un vieux bouquin trop épais inadapté aux réalités d’aujourd’hui.  Mais côté « sécurité » c’est raté. Il serait même plutôt question de traquer les chômeurs qui ne sont pas en recherche active d’emploi, de virer ceux qui refusent des offres d’emploi « raisonnables » ( terme vague et fourre-tout )…. Après tout, comme le disait Raymond Barre « le meilleur moyen de lutter contre le chômage, c’est le travail » et comme le laisse entendre l’actuel président : « il suffit de traverser la rue ». A condition, bien sûr, de ne pas se prendre un tir tendu en pleine gueule en la traversant. Restez prudents…

Gérard se marre. C’est plus lui qui gère, c’est Castaner.

Car pour l’instant, maintenant que nous sommes « flexibles » (« comme un chewing gum dans un lance-pierre » disait Higelin) , il semble que le volet « sécurité  » de la flexisécurité se décline en forces de sécurité, à l’œil et sans main courante. Le chômage est il soluble dans le flicage et la répression ? C’est ce que le pouvoir a l’air de croire entre deux invocations à la croissance et aux valeurs républicaines, ce qui ne mange pas de pain et n’engage pas trop. Heureusement le grand débat national est lancé. Il permettra à quelques heureux élus de participer à des comités Théodule qui rendront des rapports qui permettront de nommer des commissions… etc.

Ce n’est pas ainsi que l’on verra disparaître le chômage de masse, la plus grande menace qui pèse sur nos têtes après la fonte des banquises et le dérèglement climatique qui,eux, mettront tout le monde à niveau, les pieds dans l’eau… Apprendre à nager c’est peut-être tout ce qu’il reste à faire.

PS : certains lecteurs s’étant émus de l’absence de test en voici un petit :

Votre couleur préférée c’est :

1/ jaune

2/ rouge

3/ noir

4/ vert

5 / brun

REPONSES

Si vous avez coché 1 :   vous êtes dans la tendance, mais c’est aussi la couleur des cocus. Attendez vous à être trompés.

Si vous avez coché 2 :   vous êtes nostalgique du passé, de la lutte des classes et du culte de la personnalité. L’histoire repasse rarement les plats.

Si vous avez coché 3 :  Ravachol, la bande à Bonnot, Stirner et Durutti sont vos héros. C’est bien. Vous avez du cran. Continuez.

Si vous avez coché 4 :  vous aimez la nature même si elle ne vous aime pas. Attention à la loi de la jungle.

Si vous avez coché 5 : vous n’avez rien à faire ici.

 

 

 

 

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CARTON JAUNE !

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« Tout semble jaune à celui qui a la jaunisse »  – Proverbe chinois

« Dans un œuf, y’a du blanc et du jaune. Et bien plus on mélange, plus y’a que du jaune. » Cette vanne de Coluche doit donner des aigreurs à certains. Dégoût et des couleurs cela ne s’improvise pas ; de plus chacun possède sa gamme. Monet confiait que « Le blanc et le noir c’est parfait, mais il n’en est pas de même pour les couleurs et les formes. Alors, je persiste à voir jaune ce qui est vert et le reste plus ou moins bleu ; cela n’est pas drôle. »

Ces derniers mois, le jaune fait un carton – et la police fait des cartons sur les jaunes – mais derrière ce jaune, on entrevoit parfois de vieilles traces brunes malodorantes qui gâchent l’affaire. D’aucuns en tireraient prétexte pour sortir un carton rouge et siffler la fin du match, arguant qu’il n’est pas possible de renverser l’ordre établi et que c’est la trop grande subtilité du programme économique et social mené par ce gouvernement qui fait que le petit peuple, cette fameuse France d’en bas, devenue périphérique, ne parvient pas à comprendre les mesures sophistiquées prises par le pouvoir. On va faire preuve de pédagogie. Mais aussi de fermeté. Fermez le ban et circulez, laissez faire ceux qui savent et retournez à vos petites vies périphériques de nains jaunes pendant que des spécialistes vous concoctent un avenir taillé à leurs mesures.

Rue Ordener

Histoires d’homme, cet ex homo habilis devenu sapiens par la grâce de l’évolution. Je mets toutefois un bémol à sa sagesse, vu la rage avec laquelle Monsieur Sapiens saccage sa cage, étale ses déjections dans les coins avant de gémir sur l’odeur infecte.

Et puis, comme d’habitude depuis un demi-siècle on oubliera entre soldes et promos, et puis on continuera à ne rien changer, à niquer la planète pour le plus grand bénéfice de l’agro-alimentaire, pendant que les guerres fabriquent famines, exodes pour le plus grand bénéfice du complexe militaro-industriel. Sapiens mon cul, ne manquerait pas de s’exclamer Zazie attendant le dernier métro…

Thomas Murner, théologien, constatait dès le 14ème siècle que « Une poule a-t-elle pondu un œuf, le seigneur en prend le jaune, sa noble dame le blanc et au paysan ne reste que la coquille ».  Au 21ème siècle, selon un rapport publié en 2016 par l’ONG Oxfam, le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépasse désormais celui des 99% restants. « Depuis le début du XXIe siècle, la moitié la plus pauvre de l’humanité a bénéficié de moins de 1% de l’augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1% les plus riches se sont partagés la moitié de cette hausse. » Assez parlant, non ?

Fragment – Rue Ordener 2018

Un problème mondial qui va bien au delà des escarmouches au sujet d’une limitation de la vitesse sur les axes secondaires. On peut péter tous les radars que l’on veut, cela ne ralentira ni la fonte des calottes glaciaires, ni le dégel du permafrost. «Il faut se préoccuper des fins de mois des Français mais il faut aussi se préoccuper d’un autre enjeu : la perspective de la fin du monde, ou en tout cas la fin d’un monde pacifique, qui n’est plus une hypothèse d’école.» a martelé Nicolas Hulot. C’est vrai. Mais « ventre affamé n’a pas d’oreilles » et la cohorte des miséreux, des sans abri, des réfugiés, des fauchés, sait que ce monde est pacifique, mais à condition d’avoir du fric. Ceci aussi n’est pas une hypothèse d’école. Allez parler de dérèglement climatique à quelqu’un qui dort dehors en hiver. Ou d’alimentation saine à ceux qui font la manche ou les poubelles pour se nourrir. Ces gens n’ont plus rien. Plus rien d’autre que la (sur)vie au jour le jour et la nuit à la rue. Ceci pour ne parler que ce que je vois de mes propres yeux, dans les rues d’un pays qui fait partie du club des riches. Rire jaune en attendant l’arc en ciel et des gilets multicolores…

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L’ECONOMIE EST ELLE ECONOME ?

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Pour mes aïeux qui étaient gens censés, être économe consistait à ne pas dépenser plus que ce que l’on possédait. Pas toujours évident et la vie était probablement plus rude il y a cent ans. Comme dit l’autre « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Ou encore : « Travaille, souffre et tu recevras les fruits de ton labeur ». Concrètement les autoproclamés propriétaires de l’arbre de vie t’en revendent les fruits en échange de ta force de travail. A prendre ou à laisser.

Mais revenons à l’économie et à cette idée de ne pas dépenser plus que ce que l’on a. Ajoutons que l’économe authentique ira même – s’il le peut – jusqu’à mettre quelques sous de côté en prévision des temps difficiles.
Mais foin de ces vieilles lunes. L’économie d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec ces concepts d’un autre âge. Cette nouvelle économie est enseignée dans de « grandes » écoles et passe largement au-dessus de la tête des croquants que nous sommes. Lorsqu’elle parle de marché, il ne s’agit plus des commerçants déballant leur marchandise sur la grand place, mais d’un « système » qui répartirait de façon presque magique ( la main « invisible » du marché ! ) et bienveillante les fruits du travail collectif.

De ces fruits, certains feront des confitures qu’ils stockeront dans leurs placards pendant que les moins bien lotis se contenteront des pépins, de noyaux et des épluchures. La main invisible du marché se traduit souvent par une claque dans la gueule des pauvres et un gros câlin sur le bas de laine des plus riches.

La question est de savoir si cette Economie, avec sa majuscule et ses théories fumeuses est … économe. Non. Bien au contraire. Le produit terrestre brut ne suffit plus à combler nos besoins. Chaque année, nous consommons plus que ce que la planète produit. Cette économie vide les océans de leurs poissons pour les remplir de plastique, détruit les forêts primaires, fait fondre les banquises et les glaciers, empoisonne les sols et les cours d’eau. Ce sont là les résultats visibles de la main invisible.

Nous y sommes…. (photo DR.)

Le carburant de cette économie c’est le fric. Et, jusqu’ici, il semble que cela rapporte plus de fric à certains de foutre en l’air la biosphère plutôt que de la préserver. A l’heure où le dérèglement climatique passe du stade de l’hypothèse à celui de « l’augmentation de la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes » , certains se réjouissent de la disparition des banquises qui permet d’ouvrir de nouvelles routes commerciales : plus de camelote, moins de kilomètres à parcourir, donc plus de fric ! La « loi » du marché dans toute sa splendeur. Et encore, nous parlons ici d’objets réels, de bateaux avec des cargaisons.

Mais l’économie – ou ce qu’on veut nous faire avaler sous ce terme – a besoin de plus encore. Plus de fric, bien sûr. C’est là qu’entre en scène la Finance. Le marché avait un petit côté magique, mais là on passe à la vitesse supérieure. Epictète écrivait que « lorsque la mesure est dépassée, il n’y a plus de limite ». Cette maxime s’applique à merveille à l’univers fabuleux des financiers, avec ses « bulles » ( immobilières, technologiques, artistiques, mais toujours spéculatives ) évoquant un mauvais mousseux qui fait mal au crâne, mais que l’on vous vend pour du champagne. Produits financiers sophistiqués qui sont en fait des junk bonds (obligations pourries), évasion fiscale rebaptisée en « optimisation », cache-cash et paradis fiscaux, bonneteau 2.0, shadow banking et speed trading. Toute la panoplie est là pour jouer au con et les traders ne s’en privent pas. Il y a du krach et du crash dans l’air.

Bref, nous sommes actuellement aux antipodes de l’économie telle que la concevaient mes arrière-grands-parents. Est il encore temps de redescendre sur terre pour affronter la réalité au lieu de tout baser sur le fric qui, rappelons le, n’est pas d’origine naturelle et ne se mange pas ?

Sommes nous devenus aveugles et sourds à ce qui nous entoure ? Sommes nous devenus égoïstes et crétins au point de léguer un monde empoisonné à nos descendants ? Homo sapiens va t’il être à la hauteur ou le cerveau reptilien va t’il prendre le dessus ? Je n’en sais rien et bien malin qui pourrait prédire de quoi sera fait le futur. Mais une chose est sûre : nous sommes tous dans la même galère, riches comme pauvres, capitaines, rameurs ou garde-chiourmes. Et si le bateau coule, c’est tous ensemble que nous disparaitrons de la surface du globe.

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GILETS JAUNES ET VENDREDI NOIR

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Voilà. Le froid arrive, les feuilles tombent et, dans mon petit musée, je photographie les nénuphars du bassin et les reflets. On a les nymphéas qu’on peut s’offrir. Il fait froid et je suis à découvert. Mais en bonne santé, ce qui me convient.

Tous les matins, depuis quelques jours, à peine sorti de chez moi, je passe devant trois africains qui dorment dehors dans des cartons. On se sent toujours assez démuni devant ce genre de situation. J’offre des clopes, un peu de bouffe, un ticket-restaurant, mais fondamentalement, je me sens mal à l’aise quand je pense à eux. Il faudrait que je travaille un peu plus mon indifférence au sort des autres. Mais, lorsque je m’endors sous ma couette, savoir qu’au fond du passage, ces trois gaillards sont dehors dans leurs cartons, m’empêche de trouver le sommeil.

Dans le vaste monde, il se passe des tas de choses. Les gilets jaunes veulent bloquer le pays et le Vendredi noir veut nous faire claquer le fric que l’on n’a plus. Ainsi fonctionne l’économie. Sans crédit, plus rien ne marche.
Et puis j’entends que Carlos Goshn est en prison, à l’isolement dans une cellule de deux tatamis, soit six mètres carrés, avec les chiottes au milieu. Ce cadre dépouillé et très zen doit le changer des palaces et des résidences de luxe auquel il était habitué. Reste à comprendre pourquoi un type qui a gagné 7,4 millions d’euros en 2017 « est soupçonné d’avoir utilisé de l’argent de l’entreprise qu’il dirigeait à des fins personnelles et d’avoir minimisé sa rémunération en déclarant environ la moitié de la somme réelle au fisc nippon » comme le constate Capital. Ca me dépasse ce truc là….

Pendant ce temps, dans nos provinces, monte la grogne des laissés pour compte, de ceux qui vivent avec peu et qui n’en peuvent plus. C’est une bête taxe sur le carburant qui a mis le feu. Faut pas jouer avec l’essence ca s’enflamme assez vite. Les gilets jaunes font l’actu et, certains d’entre eux sont assez cons, il faut bien le reconnaître. Mais c’est un mouvement populaire et tout le monde n’est pas forcément smart dans le peuple, cette bête étrange que les riches et les puissants tentent de dompter.

Les violences d’en bas renvoient à celles commises par les fameux « premiers de cordée » qui ne sont pas non plus toujours des premiers prix de vertu. Les insultes volent bas et parfois les coups partent. Il fait froid mais c’est chaud. Ce fichu pays n’est plus qu’une molle omelette norvégienne arrosée à la sauce libérale, un truc pas très comestible mais on veut nous faire avaler qu’il n’y a plus que ca à bouffer. Alors les gilets jaunes se rebiffent, rêvent de Bastille à prendre et de bobos à pendre.

Heureusement, le vendredi noir , alias « black Friday » ( une « tradition » venue des USA comme on dit à la radio) débarque. Tout un chacun va pouvoir acheter des trucs sur internet, gaver un peu plus le fumier à la tête d’Amazon, et s’en retourner heureux l’espace d’un achat avant de retomber dans la mouise quotidienne.

Pendant ce temps, désargenté au-delà du possible, je photographie les nénuphars en haut de la butte Montmartre. Là, au moins, les couleurs sont flamboyantes, loin de ce jaune tristounet des gilets d’automobilistes et du noir macabre de cette soi-disant fête de la ristourne.

La vraie richesse, ce sont les reflets des feuillages d’automne sur le bassin gelé. C’est cela qui est important, cela qui est à préserver et qui mérite que l’on combatte. Qu’il y ait encore, des siècles durant, des ciels d’été, des couchers de soleil, des lumières qui dansent dans les sous-bois, de la neige en hiver et des fruits en été, des chants d’oiseaux et des tas d’animaux.
Face à cela, les tristes tentatives des riches pour être encore plus riches apparaissent pour ce qu’elles sont : des fraudes minables qui font que les « grands » de ce monde sont parfois, malgré leur intelligence et leur pognon, de tout petits esprits racornis.

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TRAMADOL BLUES

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Voilà. J’aurais pas du tirer cette fichue échelle de derrière la haie pour que J. puisse cueillir les coings sous la pluie vendredi matin. La veille, je m’étais écroulé à 18h30 et j’avais dormi douze heures d’affilée. Fatigué.

Depuis un an, je travaille dans un lieu superbe. Les visiteurs me disent qu’ils aimeraient bien échanger leur travail contre le mien, ou encore que j’ai vraiment de la chance de travailler ici. C’est vrai que l’endroit est très beau. C’est tout aussi vrai que mon travail rapporte trop peu. Je l’ai néanmoins accepté avec ses contraintes car trouver un CDI à 61 ans c’est un peu miraculeux et  je préfère encore bosser pour un petit salaire que rester à la maison en attendant de me finir au RSA.

Bref, en tirant cette échelle, j’ai aussi tiré le gros lot : arrêt maladie pour cause de lumbago féroce. Depuis trois jours je passe une bonne partie de mes journées allongé . C’est long des jours entiers en ne pouvant mettre le nez dehors que pour de petites excursions autour du pâté de maison. Chercher du pain. Poster une lettre. Des trucs de vieux rabougri. Un aperçu de ce qui m’attend dans dix ou quinze ans si tout va bien.

Le corps qui rechigne et l’esprit qui s’envole. Je m’abrutis de lecture. Polars. Easy Reading. Musique. Alman Brothers. « Ramblin’ man » et je repense à Osman et sa guitare sur la ligne 4 entre Odéon et Montparnasse. Je balançai un solo d’harmo et fit passer le chapeau. On était bien en ce temps là, insouciants, libres et heureux.

On m’a prescrit un médicament assez planant pour calmer les douleurs. Un dérivé de morphine ai-je lu quelque part. J’ai la tronche dans les nuages et j’écoute Amadou et Mariam chanter « Dimanche à Bamako » pendant qu’ici le soleil brille froidement sur le 18ème arrondissement. Musique en boucle et bruits de rues en arrière-plan. Lecture et musique. En boucle.

 

Le temps de penser, de se vider la tête aussi. La liste de morceaux de musique s’égrène sur l’ordinateur. On est dans les « A ». Là c’est un morceau d’Amon Düül II complètement barré. « Wie der Wind am Ende der Strasse », à savoir « Comme le vent au bout de la rue ». Je me sens à peu près comme ca. Mais j’aimerai bien savoir quand soufflera le vent et dans quelle direction.

La réponse tombe avec the Animals. Eric Burdon et les sixties, « We got to get out of this place ». Bon programme, certes, mais là je suis bloqué dans le paradisiaque archipel des Lumbagos à digérer mon « soma » sur ordonnance, à regarder ce qui se passe à gauche et à droite. Pas grand chose à vrai dire. La planète part en couilles et l’on va interdire les pailles en plastique et les touillettes du même métal. Les glaciers fondent, les mers montent et je regarde les quelques plantes installées sur le balcon. Des fleurs contre la peur.

« C’est comme ca » me chantent les Rita Mitsouko, c’est comme ca et pas autrement, la guitare de Fred Chichin crie et geint,vrombit et frémit… 7’04 ‘’ qui m’embarquent dans le train d’hier, le train des souvenirs, de plus en plus long, mais qui avance toujours droit sur ses rails on verra bien jusqu’où et jusqu’à quand, mais l’essentiel est dans la bielle et la loco avance et les notes jaillissent du manche, j’ai à nouveau plus d’âge, j’ai toujours vingt ans : ca doit être ce fichu médicament.

 

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DERNIERE SORTIE AVANT LA RENTREE !

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Illustration : R. Cobb

Petit retour sur ces quelques semaines d’été. Après la douce hystérie collective de la coupe du monde-on a gagné et le médiocre feuilleton Benala, l’épisode de la piscine à Brégançon et autres amuse-gueules destinés à divertir la populace tout en faisant diversion, on sent une odeur de rentrée. Les politiciens ouvrent à nouveau leur gueule. Ils débarquent dans les studios pour nous livrer le fruit de leur réflexion et, bien sûr, c’est vachement intéressant. L’inusable Moscovici, bien au chaud à Bruxelles, nous pond que « on peut très bien avoir des services publics gérés par des entreprises privées ». Quelques jours après l’écroulement du pont à Gênes qui met justement en lumière les dangers potentiels du procédé, c’est pas très finaud. Mais bon, passons et vendons au privé sans état d’âme les ports et les aéroports, les barrages, les routes, un maximum d’infrastructures et ca ira vachement mieux. La République finira à poil mais dans le pur respect des critères économiques pondus par les technocrates de la Commission européenne. Ca fait plaisir.

Après, c’est Yannick Jadot, un écolo ( on ne rit pas merci) qui nous prévient déjà qu’il n’y aura pas de liste commune entre les écolos machin et les écolos bidule. Franchement, on s’en doutait et on s’en fout complètement. Dégage !

Ce matin, Agnès Buzin, sur France Info, parle de la grande réforme ( les réformes sont toujours grandes, notez le bien) de la santé. Un joli moment de langue de bois avec copeaux en mode «  J’peux rien vous dire mais vous allez voir ce que vous allez voir »…. J’en suis déjà un peu barbouillé, limite malade.

Sinon, vous avez aussi cette superbe déclaration de Stéphane Le Foll, ex-ministre de l’agriculture : « Pour enlever les herbes, il y a deux solutions. L’herbicide ou vous travaillez le sol. C’est une alternative mais quand vous regardez vous voyez toute la poussière qui s’envole. C’est donc du sol qui s’en va. » On sent bien là toute l’authenticité d’un gars du terroir, un artiste de la binette qui pourrait dès demain tenir sans problème la rubrique jardinage sur une radio périphérique.

On arrêtera ici ce florilège ( d’aucuns parleraient de bêtisier) en constatant que c’est bien rassurant de voir revenir tous ces grands esprits pleins d’idées généreuses et surtout beaucoup plus intelligents que nous, citoyens de base, englués dans nos découverts bancaires, geignards, cons et bornés. Ils le disent eux-mêmes ( pas que nous sommes cons et bornés – du moins pas en public ) : « Les Français n’ont pas compris l’esprit de ces grandes réformes et nous n’avons peut-être pas été assez pédagogues ». Ce qui revient peu ou prou à nous prendre pour des imbéciles, nous qui n’avons pas fait l’E.N.A, cette pépinière de talents que le monde entier nous envie.

Heureusement, il est toujours possible de tourner un bouton et de fermer le poste afin de ne plus les entendre. Si j’allume la radio chaque matin, c’est juste pour avoir un truc qui me réveille pendant que je prépare mon café. Et puis si jamais c’était la fin du monde, autant en être prévenu pour changer de slip avant de mourir.

Pendant ces journées estivales et tranquilles , j’ai beaucoup regardé le ciel et les étoiles, un peu tenté de réfléchir au sens de la vie, énormément marché dans la ville juste pour le plaisir… Que des choses pas commerciales comme dit l’ami Souchon.

Donc je vais dès demain recommencer à travailler ( huit jours pour des vacances d’été, j’ai pas abusé), bientôt je retrouverai ma petite famille et les jours vont raccourcir, les feuilles tomber des arbres. La vie en quelque sorte. Peut-être un peu plus apaisé, moins énervé… Vacciné contre la connerie ambiante dans laquelle nous pataugeons jusqu’au cou.

J’attends donc sereinement les articles sur le poids des cartables, le coût de la rentrée, les vendanges en avances, les (grandes) réformes en retard… Le Barnum habituel. Mais avant tout, j’entends garder la tête dans les étoiles. C’est de loin le plus important si je veux vivre de façon décente.

PS :  Pas de photo car j’ai toujours de la poussière plein les capteurs ( c’est moins grave que d’avoir de la merde dans les yeux mais…. ) alors j’ai piqué des trucs de ci de là pour égayer la page. Je sais c’est pas bien mais bon…

 

 

 

 

 

 

 

 

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UN 15 AOUT ORDINAIRE …

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En moins de 48 heures, un pont d’autoroute s’est écroulé en Italie, Aretha Franklin nous a laissé tomber à Detroit et la France va accueillir 60 passagers de l’Aquarius. Qui a dit qu’il ne se passait rien en été ? Ajoutons un policier qui abat un automobiliste à Paris ( second tir mortel depuis le début de l’été. Je suis assez content de n’avoir ni permis ni voiture ) et vous conviendrez que l’été n’est pas si morne qu’on veut nous le faire croire…

En rouge la partie du pont qui s’est effondrée….

Je passe mes vacances dans le 18ème arrondissement de Paris, un quartier où je peux me sentir tantôt en Afrique, tantôt en Asie, et aussi chez moi. Je passe mes journées à bouquiner sur mon balcon, un endroit plus sûr que ce foutu viaduc génois qui s’est effondré d’un coup. Il semble que l’entreprise privée qui devait le maintenir en bon état de marche n’aurait pas fait le nécessaire. Un Genovagate en puissance.  Mais ne jetons pas la pierre aux italiens car chez nous, c’est un morceau de terminal de Roissy qui s’est effondré en 2004 ( quatre morts) . Le procès – en correctionnelle – est prévu en décembre 2018. Il n’a fallu que 13 petites années pour renvoyer devant la justice Aéroports de Paris (ADP), le constructeur GTM, filiale de Vinci, le bureau d’études Ingerop et le groupe d’inspection et de certification Bureau Veritas, pour homicides et blessures involontaires.

les ruines du barrage de Malpasset dont la rupture – en 1959 – causa la mort de plus de 400 personnes…

Mais ceci n’empêche pas le gouvernement de vouloir vendre au privé les barrages hydrauliques français, financés par l’impôt, c’est à dire avec NOTRE fric. A la lumière du désastre génois, on ne se sent pas plus rassuré que cela à l’idée de ces barrages « privatisés ». Mais bon, Macron a dit qu’il fallait faire des économies alors on racle chez les pauvres, on taxe tout ce qui peut l’être et l’on vend à tour de bras les infrastructures financées – j’insiste lourdement mais c’est important – par le travail de la population de ce pays. On vend des aéroports, des autoroutes, des barrages…. Et pour le reste on use et on abuse du partenariat public privé, le fameux PPP qui fait exploser le coût des réalisations. Ensuite on vient nous parler sans rigoler d’égalité, de fraternité. Mon cul.

Tout se vend, tout s’achète. Credo crétino-libéral mettant la « libre concurrence » au dessus de tout. La politique n’est plus qu’une histoire d’économie, de gros sous pour être élu, de discours sirupeux pour mieux faire passer l’amère réalité.

C’est l’été et on fait disparaitre les vieux bancs de Paname, célébrés par Brassens, pour les remplacer par des sortes de cochonneries qui ont le gros défaut que l’on ne peut pas vraiment y poser son cul et encore moins s’allonger dessus. Les amoureux des bancs publics peuvent toujours essayer de s’y rouler des patins, mais le risque est grand de se ramasser une gamelle avec ce mobilier urbain qui n’est qu’un vaste foutage de gueule. Les vieux et les clochards n’ont qu’à aller ailleurs.

chassé croisé juilletistes et aoutiens….

C’est l’été et la France accueille (putain ce qu’on est généreux !) 60 personnes recueillies en mer par l’Aquarius, ce bateau qui empêche les « migrants » ( quel mot merdique n’a t’on pas encore forgé là !) d’être recueillis et hébergés par les gentils garde-côtes libyens. J’ai entendu ce matin un ministre de ce gouvernement se féliciter ( on est toujours mieux servi par soi-même) de la belle collaboration européenne qui accepte de recueillir 140 personnes fuyant la guerre ou la misère ( ou les deux à la fois), et déclarer « que l’Europe retrouve ainsi un peu de son honneur ». Je ne savais pas que l’honneur se débitait comme du jambon chez le charcutier. Pour moi, on est honorable ou on ne l’est pas. L’honneur, donc, sous Macron, devient donc un « produit » comme un autre.

  • Bonjour Monsieur, je voudrais une tranche d’honneur.
  • Fine, moyenne où épaisse ?
  • Plutôt fine. Et retirez moi le gras s’il vous plait

C’est l’été et je m’ennuie un peu tout seul sur mon balcon. J’imagine des montagnes, j’imagine le Japon, j’imagine un monde où les riches ne prendraient pas les pauvres pour des cons, un monde ou l’humanisme prendrait parfois le pas sur la finance, un monde vivable en quelque sorte. Hélas, on nous annonce un futur plus qu’incertain, soufflant le chaud et le froid, une extinction massive des espèces. Empoisonnement massif des sols à grand renfort de pesticides et de déchets divers, investissement massif dans l’armement un peu partout…

Et avec toutes ces bonnes nouvelles, on ne peut même pas fumer un joint pour se détendre et oublier quelques instants tous ces psychopathes qui se font des couilles en or en ruinant la planète. Parce que le cannabis c’est TRES TRES DANGEREUX me dit on dans l’oreillette. Presque plus dangereux qu’un viaduc qui tombe, c’est vous dire.

 

C’est l’été. Je suis à jeun et je me fais ( un peu) chier. Heureusement, mes vacances sont courtes et dans quelques jours je pourrais retourner au travail, mettant ainsi fin à cette insupportable période d’oisiveté. Le travail nous libère, paraît il…. Enfin c’est ce qui se disait en Allemagne il y a 70 ans.

 

Bonnes vacances à ceux qui peuvent et salut aux autres.

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AD NAUSEAM …

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(Petite fantaisie sur un air bien connu de Gaston Ouvrard . On peut chanter en lisant )

 

J’ai l’Macron qu’est trop rond

L’Mélenchon qu’est grognon

Le PS mou d’la fesse

Le PC tout cassé

Le FN à la peine

J’ai l’black blok qui débloque

J’ai les trains sans entrain

Les avions dans le fion

L’syndicat dans l’caca

Les étudiants bien trop chiants

Les zadistes qui s’enkystent

Les CRS qui se blessent

L’hôpital qui s’affale

Les écoles qui s’affolent

Et les facs bien en vrac

Les frontières pas très fières

Des migrants en dedans

Des exclus à la rue

Sans oublier qu’y’a aussi

Des réformes toutes informes

Des décrets pas très frais

Députés pas futés

Des ministres sinistres

Des rupins bien radins

Des traders sans ardeur

Des chômeurs quelle horreur

J’ai la droite qui s’déboite

Et la gauche qui s’ébauche

Y’a aussi faut bien l’dire

Le nucléaire qu’est pas clair

Le fiscal qu’est bancal

Et la dette qui m’embête

Matignon prend les gnons

Et les patrons l’pognon

Un partage qu’avantage

Les pouraves qui se gavent….

Etc, etc.

 

 

 

 

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AU BONHEUR DES CONS

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Cavanna nous a laissé un beau livre au titre sans équivoque, « Et le singe devint con », qui retrace l’épopée de l’(in)humanité. Il savait de quoi il parlait, ayant connu les joies du travail forcé dans les usines du 3ème Reich, cette parenthèse nazie dont quelques sales cons ont la nostalgie.

Pour rester dans l’actualité locale, entre le gendarme égorgé par un taré se réclamant d’une religion et la vieille dame assassinée, elle aussi pour des questions d’appartenance religieuse, mais avant tout pour être dévalisée de façon crapuleuse, il existe un point commun : la connerie abyssale des assassins.

Etre con n’est pas un problème. Nous le sommes tous un jour ou l’autre. Mais que cela entraine la mort d’autres personnes est intolérable. Soyez con autant qu’il vous plaira mais dans l’intimité. Ne nous obligez pas à subir les conséquences de votre connerie. Pour aller au paradis où vous attendent – paraît il – des vierges peu farouches, suicidez vous donc, mais au fond des bois, discrètement, sans éclat comme il sied à un brave con. Mais peut-être faites vous partie des sales cons, un sous groupe infiniment plus nocif. La vie est déjà assez compliquée, pas la peine d’en rajouter. Parce qu’il n’y a pas que les cons meurtriers. La connerie revêt des formes multiples, se glisse partout, envahit et contamine la planète. Il existe même des pauvres cons. Des cons de gauche, des cons de droite, des cons en haut et des cons en bas pour leur donner le pouvoir.

Une des formes les plus abouties de la connerie humaine…

Une autre expression de la connerie plus sournoise mais tout aussi nocive à moyen terme…

La connerie fait disparaître la faune et la flore pour fabriquer des produits nouveaux comme l’indispensable smoothie papaye – citron vert – artichaut ou encore le très branché surimi de crabe terrestre à la baie de goji qui font le bonheur des abrutis urbains et friqués, sans oublier le missile à l’uranium appauvri qui perce le béton comme du beurre. Les animaux, à part ceux qu’on élève dans des camps de concentration pour les becqueter, cela ne sert à rien. Il suffit d’en garder quelques-uns dans des réserves, mais on ne va pas s’emmerder avec des lions, des éléphants, des rhinos et des gros hippopotames. On en a rien à foutre des mésanges, des chardonnerets et de tous ces cons d’oiseaux bouffeurs d’insectes et de graines. D’ailleurs, il n’y a plus d’insectes à part dans les documentaires à la télé et dans les livres retraçant le cycle des libellules ou celui des hannetons. Franchement, de vous à moi, vous trouvez que c’est beau un hanneton ? Et puis, faut pas non plus exagérer sur la disparition des espèces : en ville il y a de plus en plus de cafards et de rats. Les pessimistes sont donc priés de la boucler. On va même réintroduire deux ours dans les Pyrénées, c’est vous dire.

L’homme, histoire de se justifier, a même été jusqu’à s’inventer des dieux, des sortes de trucs fumeux avec des bouquins assez arides à lire mais où on peut trouver en cherchant entre les lignes des injonctions à flinguer ceux qui n’ont pas de dieux, ou encore ceux qui ont un dieu, mais différent du vôtre. Après plusieurs millénaires de guerres, certains pays -mais pas tous- sont arrivés à la conclusion que l’on pouvait croire au dieu que l’on voulait à condition de ne pas emmerder son voisin avec. On a même, par endroits, le droit de ne pas croire en dieu. En fait dieu c’est comme la bite : faut pas le montrer en public, c’est un truc personnel.

Le problème c’est que l’on a remplacé dieu par le fric. Et franchement c’est pas une réussite. Avec les dieux, il faut se mortifier toute une vie pour accéder au paradis, mais une fois mort et pas avant. Avec le fric, c’est pire, il faut se faire chier pour en avoir ( ou faire chier les autres ce qui est moins fatiguant et laisse le temps d’avoir des loisirs pendant que les autres travaillent pour vous ) mais, une fois mort, on n’en profite plus. D’où probablement cette féroce rapacité des négriers d’hier et des hommes d’affaires d’aujourd’hui, conscients de la courte durée de leur magnificence. Ils sont riches à crever c’est vrai. Ils vont crever comme le plus pauvre des pauvres, c’est encore plus vrai. De quoi devenir dingue, con et méchant.

En conclusion, on ne se méfie guère du brave con, celui qui broute en troupeau dans les centres commerciaux, qui achète tout et n’importe quoi, des bagnoles, des trucs qui se cassent et qui finissent à la poubelle. A la différence du sale con, le brave con n’est – a priori – pas agressif. Enfin aussi longtemps qu’il peut consommer, brouter, digérer et péter devant un écran plat. Mais le brave con se reproduit à une fréquence alarmante et, même s’il n’est pas foncièrement méchant, sa multitude finit par peser lourdement sur l’écosystème. La solution idéale consisterait à canaliser la connerie et à la transformer en énergie renouvelable. Ainsi, nous serions tous autonomes puisque, c’est bien connu, on est toujours le con de quelqu’un.

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EVOLUTION-REVOLUTION-EXTINCTION ?

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J’ai lu quelque part que les oiseaux étaient les cousins lointains des dinosaures, ainsi qu’en attestent quelques fossiles de ptérodactyles et d’archéoptérix. Le premier ressemblant à un lézard bizarre volant, l’autre arborant déjà une ébauche de plumage.

Un ptérodactyle tel qu’on peut l’imaginer…

Reconstitution d’un Archéoptérix.

Fossile de pterodactyle.

Joli pied de nez de l’évolution. L’ordre animal qui engendra les créatures les plus gigantesques jamais vues sur cette planète s’est projeté dans les oiseaux, si légers qu’ils peuvent voler – sauf l’autruche et quelques lourdauds – et planer au fil du vent.

Tout cela est bien organisé. Nous sommes contemporains des mésanges, des merles et des corneilles et n’avons jamais eu à cohabiter avec le redoutable Tyrannosaurus rex, tout en gueule et en mâchoires. Nous n’avons pas été piétiné par un Brontosaure myope ou déchiqueté par un gang de Vélociraptor. Nos lointains ancêtres connurent en revanche le rhinocéros laineux et l’ours des cavernes, ce qui les amena à maitriser le feu, un pas fondamental dans l’histoire de l’homme. Chauffer, cuire, fondre des métaux, début d’une fantastique épopée qui, en ce mois de mars 2018, fait que je suis entouré de dessins et de peinture ornant les murs d’un musée où j’officie en qualité de d’agent d’accueil et de surveillance. Je dois, entre autres missions, veiller à ce que les visiteurs ne photographient pas les œuvres.

Tout ca pour en arriver là. Du diplodocus au touriste en passant par l’archéoptérix. Quelle évolution ! Il faut dire que l’homme, non content de contrôler le feu, s’attaqua au feu primal de l’atome et parvint à ses fins en déclenchant la fission nucléaire, libérant ainsi une énorme énergie qu’il utilisa tout d’abord pour fabriquer des bombes atomiques et les tester in vivo sur des populations civiles. Après cette hécatombe, vint la version « soft », le nucléaire civil qui fournit l’électricité nécessaire à notre mode de vie actuel. Bien sûr, ceci n’est pas sans dangers et il est déjà arrivé, à Three Mile Island, à Tchernobyl, à Fukushima, que des centrales soient endommagées et crachent des rejets radioactifs plus ou moins nocifs, jamais inoffensifs.

Mais voilà que je succombe à la manie des gardiens et que mon esprit bat la campagne antinucléaire alors qu’une autre de mes missions dans ce musée consiste à renseigner et accueillir les visiteurs. Laissant là mes réflexions sur les projets d’enfouissement des déchets ultimes hautement radioactifs, j’écoute une dame, la soixantaine élégante, me demander s’il est possible de prendre des photos. N’aurait elle pas remarqué les nombreux panneaux et pictogrammes l’interdisant ?

« Oui, j’ai bien vu les panneaux, mais c’est pour les appareils photo n’est ce pas ? Moi, c’est avec un téléphone… ».  Sourire désarmant. Est ce qu’elle plaisante ? Nenni, ma foi. Pas un grain d’ironie dans son propos – j’aurais préféré – juste bien calée dans sa tranchée mentale avec ses œillères psychiques. Désarmant. « Madame, ce pictogramme signifie que tout type de prise de vues est interdit dans cette exposition et ce nonobstant le médium employé. Je vous souhaite une agréable visite madame ».

L’espace d’un instant, je rêve d’un tyrannosaure affamé que je pourrais lâcher dans l’exposition afin qu’il dévore les contrevenants. Je le dis sans colère et avec un certain détachement. Quoique rappeler à l’ordre plusieurs fois le même petit malin qui a décidé de faire son petit safari photo dans l’expo, cela peut mettre les nerfs en pelote.

C’est ainsi que s’écoulent mes journées de travail, à tenter de canaliser les pulsions de cet ultime avatar de l’évolution, l’obstiné Smartphonosaurus musealis. Et vous, ca va ?

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DU PAIN ET DES JEUX….

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Monsieur Lemaire, ministre de l’économie, achète son pain et paie les tickets de métro de ses enfants. C’est ce qu’il a tenu à préciser devant les ouvriers de Peugeot PSA afin de leur démontrer qu’il était un citoyen comme les autres.

Le temps passe mais le pouvoir ne change guère sa façon d’agir …

Si honorables que soient ces dépenses, c’est un peu court comme argument pour se justifier devant un délégué CGT bien remonté qui l’apostrophe avec vigueur et lui rappelle que, dans l’usine en question, les effectifs sont passés de 14 000 à 7000 et que parmi ces 7000 se trouve un fort contingent d’intérimaires. Monsieur Lemaire, mécontent d’être ainsi interpellé, s’abrite derrière sa baguette et ses tickets de métro pour répondre que les syndicats ne représentent rien et que les ouvriers qu’il a rencontrés sont fiers de travailler pour Peugeot. Fiers de quoi ? De gagner un gros SMIC après 15 ans de travail sur les chaines de production ? Cela n’est pas très sérieux monsieur le ministre… Ce n’est pas avec la fierté que l’on vit mais avec un salaire décent.

Lemaire, lui, n’est pas fier. Florence Parly non plus. Ils sont comme nous. Ils travaillent. Bon d’accord, ils sont un petit peu mieux payés. Madame Parly, lorsqu’elle travaillait à la SNCF, touchait 52 000 euros par mois. Pourtant, ce qui pose problème, c’est le statut « privilégié » des cheminots. Faut il rire ou pleurer ?

Avec ces modestes émoluments, Madame Parly peut s’offrir pas mal de baguettes et de carnets de tickets de métro. Il en reste encore assez pour faire quelques investissements immobiliers et placer quelque monnaie sur de belles et grasses assurances vies. La semaine dernière, c’était un millionnaire, député « en marche » qui fustigeait ceux qui ne parlaient que de pouvoir d’achat.

Un joli petit pécule…. Félicitations !

Ils sont mignons tous ces gens bien nés du côté beurré de la tartine, élevés dans les quartiers insensibles et loin de la France d’en bas comme disait Raffarin, qui ont pu dès le lycée se constituer des réseaux entre fils et filles de bonne famille avant d’intégrer ces fameuses « grandes »  écoles d’où ils ressortent formatés en mode technocrates. Ils sont mignons mais ils commencent à sérieusement agacer ceux qui sont nés sans patrimoine et qui rament entre 1500 et 2000 euros quand ce n’est pas moins. Pour eux, la baguette et le ticket de métro pèsent plus lourd dans le budget que pour Lemaire ou Parly. Il serait honnête de ne pas l’oublier et de ne pas se limiter au pain et au métro.

C’est fatiguant d’entendre ces gosses de riches donner des leçons aux pauvres qui, chacun le sait, ne savent pas gérer leur argent. Figurez vous que certains smicards, non contents de ne pas être foutus d’économiser, sont même endettés. C’est bien la preuve qu’ils sont irrécupérables, non ? Ne pas mettre d’argent de côté lorsque l’on gagne 1200 euros net par mois est bien la preuve d’un manque total de rigueur budgétaire. Et lorsque l’on taxe le tabac de façon exponentielle, c’est pour sauver ces misérables qui, non contents de ne plus avoir d’argent à partir du 15 du mois, se bousillent les poumons et finissent par coûter une fortune à la collectivité. Heureusement que Lemaire est là pour resserrer les boulons de la machine à fabriquer du fric pour les actionnaires.

Heureusement aussi, Mars arrive. Mars, le dieu de la guerre. Et avec lui le printemps. Un printemps que je souhaite bouillonnant, éruptif, une révolution des bourgeons, de la sève plein les tiges, bref, la pêche. On pourra peut-être parler de trucs moins couillons qu’un ministre qui achète sa baguette « comme tout le monde », on pourra par exemple parler du coût exorbitant du logement, des bas salaires qui stagnent et permettent juste de mal vivre et de continuer à se faire exploiter, on pourra parler du pouvoir d’achat ( ben oui), des services publics ou de ce qu’il en reste, de mixité sociale réelle, de l’enfouissement des merdes radioactives dans la Meuse ( avec un premier ministre ex- Areva cela semble incontournable), de la bande à Danone, Pénicaud en tête, qui pédale dans le yaourt, du rabotage progressif de nos existences, socialement ou économiquement parlant, des émissions télé qui décérèbrent les téléspectateurs… On pourra. Mais rien n’est moins sûr, hélas. Ce gouvernement qui a la main lourde et préfère le monologue au dialogue n’a pas hésité à envoyer 500 gendarmes pour virer une vingtaine d’activistes qui occupaient le site où l’on se propose d’enterrer des déchets ultimes bien pourris ?

Après la neige et le froid, un débordement de foule dans les rues est ce qui pourrait arriver de mieux. Comme chantait Morrison « Ils ont les canons mais nous avons le nombre ». Que la base remue et le haut du panier se retrouvera par terre le cul à l’air !

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Y’A PAS QUE LE POUVOIR D’ACHAT DANS LA VIE…

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Encore un député LREM qui fait preuve d’une grande empathie pour les plus démunis… Bruno Bonnell s’est lâché, vendredi 9 février sur RMC. A une question sur les faibles revenus d’une partie des Français, il répond : « On entend que ça, le pouvoir d’achat, comme si la vie se résumait au pouvoir d’acheter. En France les gens sont soignés, ils peuvent aller à l’école, vous n’avez pas de trous sur la route… Si vous vous contentez de regarder uniquement l’argent qu’il y a dans la poche des gens et que vous vous définissez par rapport à ce pouvoir d’achat, par ce pouvoir d’acheter, vous oubliez quelque chose d’autre qui est la qualité de la vie. » 

En décortiquant un peu tout ceci et en fouillant un peu sur la toile, on en  arrive à la conclusion que ce type se fout du monde.

Commençons par quelques chiffres sur les salaires des Français, une donnée de base pour parler de pouvoir d’achat.

En 2016, en France, 29,2 millions de personnes de 15 à 64 ans, soit 71,4 % de cette tranche d’âge, sont actives au sens du Bureau international du travail. Parmi elles, 26,2 millions ont un emploi. 3 millions d’actifs sont au chômage (INSEE- Mai 2017).

59 % des salariés touchent moins de 2 000 euros net par mois, la moitié moins de 1 800 euros, 30 % moins de 1 500 euros. Au total, toutes tailles d’entreprise confondues, 12 % des salariés – soit 2 millions de personnes – sont rémunérés au Smic (1.150 euros net en 2018). Un salariat qui ne connaît que de très faibles hausses de son niveau de vie, du fait des faibles revalorisations annuelles du salaire minimum. (source : Observatoire des inégalités).

Vivre avec 1150 euros par mois, c’est possible mais c’est  raide. Il y a juste de quoi se loger, bouffer et continuer à aller bosser. Et encore. Donc 2 millions de Français qui bouffent de la merde et « ne parlent que de pouvoir d’achat » dixit le Bonnell, agacé par ces salauds de pauvres qui ne se contentent pas des miettes du gâteau. Car le gâteau existe. Mais dans d’autres sphères… Celles où évolue monsieur Bonnell. Ce proche de Gérard Collomb a été un important pourvoyeur de dons privés pour Emmanuel Macron, via son réseau lyonnais.

Intelligent et malin, à la tête d’Ivolution, structure qui chapeaute les sociétés Robopolis et Awabot, du fonds d’investissement Robolution Capital et administrateur de Danone, il se débrouille très bien pour défendre « son » pouvoir d’achat ». Avec des pratiques parfois limites. Bruno Bonnell a domicilié deux sociétés dans le Delaware, petit Etat américain et haut lieu de l’évasion fiscale, où sont immatriculées 65% des 500 plus grosses firmes mondiales. Une pure coïncidence…

En 2008, l’Autorité des marchés financiers l’accuse, en tant que directeur général d’Infogrames, d’avoir « artificiellement fait varier le cours de son titre ». Bruno Bonnell déplore un « excès de zèle » de la part du gendarme de la Bourse. Néanmoins, sa société a été condamnée à verser 40 000 euros.

En 2011, l’arrêt de la cour d’appel concernant son divorce, (disponible sur le site Légifrance), nous apprend qu’il n’a pas payé d’impôts sur le revenu en 2008 et 2009 car il a «entièrement restructuré son patrimoine, y compris en utilisant judicieusement un endettement qui pourrait être qualifié de colossal, afin d’éluder l’impôt de solidarité sur la fortune d’abord et l’impôt sur le revenu  ». L’intéressé présente une autre version : «Après mon départ d’Infogrames, (viré le 2 avril 2007 avec une indemnité de 2 282 000 euros) j’ai vécu sur mes indemnités, et donc je n’ai perçu que très peu de salaires pour les années 2007, 2008 et 2009, (…) Mais j’ai payé 800 000 euros d’impôts sur mes indemnités en 2007, ( il ne restait plus à ce malheureux QUE la modique somme de 1 482 000 euros après impôts )… et j’ai été contrôlé fiscalement tous les ans de 2004 à 2010.» Les magistrats, pas vraiment séduits par ses arguments, notent un «train de vie absolument sans rapport avec ses ressources avouées» et« qu’en dépit d’une situation d’endettement artificieuse, l’appelant jouit d’un train de vie considérable sur lequel il entretient l’opacité la plus totale ». Côté pouvoir d’achat, le monsieur est bien pourvu, c’est le moins que l’on puisse dire.

Cerise sur le gâteau, un taux d’absentéisme remarqué sur les bancs de l’Assemblée. Selon un palmarès de l’activité des députés publié par Capital, sur la base de données compilées par l’association Regards citoyens, Bruno Bonnell se classe 570ème sur 572 députés français. 19 présences à la Commission des Affaires étrangères, dans laquelle il siège, sur 52 réunions organisées au cours de la période. Le député Bonnell n’a déposé qu’un seul amendement et n’a fait aucune intervention longue. Contacté à ce sujet sur FranceInfo, à la question « Qu’avez-vous fait pendant sept mois? », Bruno Bonnell répond « Rien ». Avant de préciser : « J’ai appris ce que c’était le métier de député, puis j’ai travaillé sur les dossiers qui m’intéressent, à savoir l’entreprise et le numérique. J’ai aussi passé beaucoup de temps en circonscription, pour comprendre ce qu’était la mission de parlementaire ».

En récompense de ses bons et loyaux services, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en janvier 2017.

Je suggère à ce monsieur de vivre quelques mois avec 1150 euros net par mois et zéro notes de frais. Ensuite on pourra reparler plus sérieusement du pouvoir d’achat. Car pour l’instant, monsieur Bonnell, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, comme disait ma grand-mère.

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UN PETIT NICOLAS PEUT EN CACHER UN AUTRE

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Bonjour, vous ne me reconnaissez pas ? Je suis le petit Nicolas, celui qui vous faisait bien rire avec sa copine Carla qui joue de la guitare. Hein, quoi ! Vous m’avez déjà oublié ! Tout ca parce que je me suis fait virer et que j’ai été dans le privé. Bande d’ingrats !

En fait j’avais décidé de ne plus prendre la parole mais là je suis un peu obligé parce que c’est plus possible. Il y a un autre Nicolas dans l’école où j’étais avant d’être mis à la porte. Nicolas Bulot qu’il s’appelle et tout le monde dit qu’il est vachement sympa, tout ca parce qu’il dit qu’il faut changer notre façon de vivre sinon on va détruire la planète. Il me fait un peu penser au vieux papy Jacques qui disait que la maison brûle on qu’on ne faisait rien pour éteindre le feu. Des histoires pour pas grand chose rien que pour frimer devant les filles.

C’est Carla qui m’a dit que je devais parler. Elle a même dit que j’aurais pu être un prophète, alors c’est sûr que ca rend les autres jaloux, que ce soit le gros François ou ce sournois d’Emmanuel qui fait le malin parce qu’il a sauté une classe et la prof. Lui je peux vraiment pas le sentir. Il fait semblant de pas être comme nous, genre je suis pas là pour jouer au chef et puis ce qui m’intéresse c’est que tout le monde soit heureux et patati et patata.

Au final, comme d’habitude, c’est celui qui a fait le plus de promesses qui a été élu chef de classe. Mais Emmanuel il a été pire que nous. Il avait promis du rab à la cantine et puis il augmente les tarifs mais le rab ce sera peut-être l’an prochain qu’il dit. Il fait semblant d’aimer les pauvres mais il s’arrange pour que les plus riches comme Geoffroy qui a un papa qui lui achète tout ce qu’il veut ne soient pas obligés de partager leur goûter avec ceux qui n’en ont pas. Alceste trouve qu’Emmanuel a bien raison mais de toute façon, il ne partage jamais alors c’est normal qu’il aime bien Emmanuel.

Emmanuel, c’est le genre à te dire que « Si tu veux avoir un gros sac de billes comme moi tu n’as qu’à mieux travailler à l’école » ou que « De toute manière, il n’est pas le Père Noël ». Histoire de dire que c’est pas la peine d’attendre des cadeaux ». Et ses copains ils sont du même genre, à pleurer parce qu’ils mangent trop de pâtes ou parce qu’ils peuvent plus s’acheter des super jouets depuis qu’ils ont choisi d’aider Emmanuel à être le chef.

Le pire c’est qu’ils continuent à m’embêter avec l’accident qui est arrivé à Mouammar comme si c’était ma faute. C’est pourtant pas moi qui lui ait dit d’aller jouer dans un tuyau tout dégoûtant au fin fond de la Mer de sable. Et puis on dit que je l’ai fait tomber parce qu’il m’avait donné plein de sac de billes et que ça m’ennuyait de lui devoir quelque chose. Et ben c’est pas vrai et les autres c’est juste des menteurs. demandez donc à Bernard-Henry, il vous dira que je n’y suis pour rien.

La preuve que ce sont des sacrés menteurs, c’est qu’ils m’ont viré du public et m’ont obligé à partir dans le privé, soit disant qu’ils allaient diriger la classe autrement. En fait ils m’ont piqué pas mal d’idées mais comme c’est plus moi, les autres ils ne disent rien et se font faucher leurs billes sans rien dire. Et le meilleur ami d’Emmanuel, celui qui joue le bras droit, on dirait qu’il se prend pour le Bouillon. A chaque fois qu’on n’est pas content, il dit qu’il faut être pédagogue, comme si on était des fils d’imbéciles qui comprennent rien à rien. Et puis quand il fait des bêtises, il dit simplement qu’il assume. Moi ca m’assomme ce genre de truc.

Tout ca pour vous dire que j’en ai gros sur la patate et que ce Nicolas Bulot ne l’emportera pas au paradis. D’abord, je suis sûr qu’Emmanuel va lui jouer un mauvais tour d’ici peu et qu’il sera obligé de repartir à Ushuaïa en Vélib. Ca lui apprendra à ne pas avoir voulu être mon ami, moi qui pourrait faire prophète, style Saint-Nicolas,  avec mes copains Brice Boutefeux et Glauque Néant. Le Bulot finira comme Marine, au fond de la classe à se faire oublier.

En attendant, je vous souhaite de bonnes fêtes et on se retrouvera à la rentrée. Enfin j’espère.

 

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ON N’IRA (PAS) TOUS AU PARADIS (FISCAL) –

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On n’ira pas tous au paradis fiscal pour la simple et bonne raison qu’un gugusse de base n’a pas de fortune à cacher et que lorsque un citoyen lambda parvient à mettre trois ronds de côté, il optera, suivant le montant, entre un Plan Epargne Logement ou une assurance vie. Les plus retors planqueront entre une liasse de billets au fond d’un tiroir, des trucs de misérables gueux habitués à compter leurs sous. Et ne parlons pas de ceux qui n’ont rien… Ils ne comptent pas.

Alors comment voulez vous que l’immense majorité des petites gens puisse concevoir à quel point c’est dur d’être riche, voire même ultra dur d’être ultrariche? D’abord, on perd un temps considérable à compter ses richesses. Il y en a trop pour les planquer sous le matelas. Ensuite, on doit se méfier de ses amis, de ses proches, ses enfants, de tous ceux qui gravitent autour de vous. A ce niveau il y a beaucoup de requins et peu de bisounours. Souvenez vous de cette brave Liliane Bettencourt, née riche et qui a passé une vie entière à ne rien faire tout en devenant plus riche chaque année. Un ennui, mon ami, vous ne pouvez pas vous imaginer. Obligée de faire venir Jean-Marie Banier pour se distraire, courtisée par des politiciens, détestée par sa propre fille. Et bien, n’ayons pas peur de le dire, c’est une vie bien triste que celle là. Même en parvenant à éviter l’impôt sur la fortune.

Et puis ces pauvres riches n’en peuvent plus d’être premiers de cordée, d’entreprendre pendant que les autres se vautrent dans un médiocre salariat tout en aboyant sans oser mordre la main qui les nourrit et se contentent des miettes que l’on veut bien leur concéder alors qu’au final ce sont eux qui fabriquent le gâteau. Et puis tout ce gaspillage d’argent public pour soigner des impécunieux, instruire des gamins alors qu’ils pourraient travailler, un gâchis mon ami, je ne vous dis que ca. Les riches sont plutôt pour le libéralisme, une sorte de liberté trafiquée où l’on attend de l’Etat qu’il tienne les masses en respect avec l’armée et la police et rien de plus….

Dès 1995, le patron d’une multinationale suédoise basée en Suisse ( à l’époque c’était encore artisanal) s’exprimait ainsi : « Je définirai la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matières de droit du travail et de contraintes sociales ». C’est brutal mais au moins on sait où l’on va.

La mondialisation c’est aussi – grâce aux nouvelles technologies – des manières de plus en plus sophistiquées pour les très riches et les multinationales de se soustraire à l’impôt. L’argent se planque derrière des algorithmes et des sociétés écrans, des cabinets d’avocats et des banques pas toujours regardantes. Pendant ce temps, le quidam moyen s’acquitte de ses impôts, des taxes diverses qui émaillent son quotidien. Il n’a pas la possibilité de recourir à des « montages financiers sophistiqués », il n’a pas accès aux délices de « l’optimisation fiscale ». D’ailleurs on se demande bien ce qu’il en ferait puisqu’il n’a pas d’argent à planquer. Il est soigné, protégé des barbares, il a accès au porno en ligne et peut se flageller avec un bouquet de chaines, il peut acheter une bagnole à crédit, télécharger un paquet d’applications dans son portable, il a le choix entre vingt marques de yaourt, six lessives et une infinité de céréales pour être en forme dès le matin. Alors, il ne va pas prendre le risque de foutre en l’air cet équilibre boiteux qui lui permet de vivre. Il gueule pour la forme mais dès qu’il sort, le triste spectacle de ceux qui sont à la rue lui fait dire qu’il n’est pas le plus malheureux. On se console comme on peut.

Le pauvre l’a toujours un peu mauvaise lorsqu’il se rend compte que les très riches dépensent sans compter d’une main, tandis que de l’autre ils signent des chèques à des conseillers fiscaux qui mettent en place des « stratégies » très limites, bien que légales pour gruger le fisc. Le pauvre l’a mauvaise lorsque l’on vient fouiller dans ses pauvres finances pour lui gratter quelques biftons afin « d’aider les entreprises à créer des emplois » ( mais si, mais si). Le pauvre se pourrit la vie pour trouver 500 balles de plus par mois, le pauvre flippe sur une facture de quarante euros, sur le prix du café, sur le coût de la vie, la hausse des loyers, des transports. Le pauvre flippe pour trois fois rien. Le pauvre a besoin de tickets-restaurants et rêve de notes de frais. Le pauvre est fragile et il y en a partout. Un peu trop même, pense l’ultra riche, calé dans son jet privé ( exempté de TVA faut pas déconner ) en vérifiant le cours des actions de son groupe gèré d’une main de fer parce que nous sommes en guerre économique, même si le clampin de base ne s’en rend pas compte. Bien le bonjour de l’oligarchie et de la technocratie réunies.

Le grand capitaine d’industrie crée des emplois, paie des impôts, achète de l’art contemporain – un placement défiscalisé – via sa fondation, donne à deux trois associations caritatives. Et vous venez l’ennuyer pour des peccadilles, quelques millions non déclarés (quand on aime on ne compte pas), des placements financiers dans des trucs à l’éthique élastique… Mais mon bon monsieur, je ne savais pas que mon argent dormait à côté de celui du crime organisé. D’ailleurs, c’est simple : je ne savais pas qu’il était là. Si vous en aviez autant que moi, vous pourriez voir à quel point c’est difficile d’organiser ces trucs d’optimisation fiscale. Voyez plutôt ça avec mes avocats. Et croyez moi, vous êtes plus tranquille dans votre métro bondé que moi dans mon jet. Contentez vous de grommeler lorsque la presse balance quelques noms, ceux qu’elle peut donner sans trop de risques – il est des riches discrets et très méchants, contentez vous de vos appartements à crédit, de votre petit monde bien balisé, de vos petites vacances, de vos petits rêves et laissez nous jouer avec vos économies, vos vies précaires et vos rêves niais d’un monde meilleur.

On ira pas tous au paradis fiscal – il n’y a pas de place pour les impécunieux – et si vous nous emmerdez trop on va vous concocter un enfer social dont vous n’avez pas idée. Alors votez comme on vous dit, indignez vous à gogo, insoumissez vous les uns les autres mais venez pas nous chercher. Nous avons le fric, les lois pour nous et on peut même déclencher des guerres s’il le faut. Allez, circulez y’a rien à voir.

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J’ARRETE DE FUMER…..

2 Commentaires

Un riche en prison? même pas en rêve…

J’arrête de fumer. Du tabac. Trop cher. Une décision mûrement réfléchi en concertation avec mon compte en banque. J’ai déjà arrêté les sorties, les restaurants, les cinémas, les vacances… Alors les clopes, pourquoi pas ?
J’ai heureusement retrouvé un emploi. Du coup je gagne un peu plus qu’en restant chez Paul Emploi. Ce ne sont pas les indemnités de Paul qui sont trop élevées mais en revanche on peut dire que les salaires sont bas. Enfin, faut pas que j’exagère non plus : mon salaire net d’un mois correspond grosso modo au montant de mon loyer. C’est net et pratique. Une fois le loyer acquitté, il ne reste plus rien : c’est pratique pour les comptes mais c’est un peu difficile de boucler un mois avec rien. Ben oui, en plus du loyer, faut bouffer. Et puis s’acquitter de la taxe d’habitation ( celle qu’un type avait promis de supprimer ) , la taxe d’ordures ménagères, le gaz ( Ah Dolce Vita !), l’électricité, les abonnements box/téléphone…

Alors jusqu’ici je m’en suis sorti grâce à l’aide de mes proches, et aussi en prenant un crédit chez ma banque qui enfin parvient à gagner un peu de blé sur mon dos. Mais là, j’ai plus d’idées pour trouver ce qui me manque tous les mois. Si j’étais pas chargé de famille, je me mettrai dans la vente de trucs illégaux à fumer, mais j’ai pas la tête à ca. Voler, je sais pas faire. Alors j’essaie de comprendre comment font les autres.

Je voudrais bien, comme ce brave monsieur Guéant, ne dépenser que 800 euros en 10 ans avec mes comptes bancaires personnels. S’il pouvait me communiquer la recette, ce serait sympa. Pour être franc, j’ai le sentiment de ne pas m’y prendre comme il faut. Lorsque j’entends ce bon monsieur Castaner dire que certains touchent le chômage et partent deux ans en vacances, c’est pareil, je veux bien qu’on m’explique le truc.

Quand j’étais chômeur, je n’ai jamais réussi à partir en vacances. Alors pouvoir me barrer DEUX ans cela m’interesse. Parce que, en ce moment, même en bossant, j’ai du mal à rester dans mon deux pièces. C’est vrai qu’il ne faut pas croire au Père Noël. Et que le président n’est pas venu avec une hotte pleine de cadeaux. Il est même en train d’équiper le père Fouettard avec des grenades et tout ce qu’il faut pour calmer les plus énervés. Alors, OK, je crois plus au Père Noël. Mais j’ai encore plus de mal à croire qu’en aidant les riches à payer moins d’impôts et à devenir encore plus riches, ca leur donnera envie de redistribuer un peu de leur fortune aux pauvres. Je ne crois pas au ruissellement. Enfin disons que ce qui ruisselle de haut en bas, ce n’est pas de l’argent. Ca j’en suis sûr. Parce que l’argent n’a pas d’odeur, alors que ce qui ruisselle d’en haut vers le bas, pue assez fort.

J’arrête de fumer mais je refuse qu’on m’enfume. Je refuse que l’on veuille me faire croire à la main du marché, au redressement des comptes de la nation, à la dette extérieure et à tout ce fatras de conneries dont on me rebat les oreilles depuis des décennies. Je vois juste que certains sont de plus en plus riches et que cet enrichissement ne profite qu’à eux. Que les fauchés sont de plus en plus nombreux… Que tout cela ne peut pas bien finir et que j’attends maintenant la fin de ce jeu truqué.

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