La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

A DAY AT THE MUSEUM

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LES CHATS NOIRS ET LE STREET ART

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La toute jeune association « Les Chats noirs de Montmartre » a investi deux jours durant le Musée de Montmartre qui est redevenu l’espace d’un weekend le lieu de création qu’il fut lorsque Suzanne Valadon et son fils Maurice Utrillo vivait au 12 de la rue Vortot. Une quinzaine d’artistes ont installé leurs oeuvres dans les collections permanentes du musée , mais ils ne se sont pas arrêté là. Chaque participant devait réinterpréter à sa manière le tableau de Renoir nommé « la balançoire ». Cette opération s’est terminée le dimanche soir par une vente aux enchères des oeuvres crées pour la circonstance. Le musée a ainsi connu l’espace d’un weekend une agitation créatrice du meilleur aloi. Retour en images sur l’événement.

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UN ETE MEMORABLE

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1972 . J’ai bientôt seize ans et, en bon adolescent , je m’ennuie et pense que la vie qui m’attend est épouvantable. Mes parents veulent que je fasse de bonnes études pour avoir un métier, une famille, des enfants, une situation quoi. Les « bonnes études » me rebutent et j’étudie le moins possible le latin, l’allemand et le grec ancien….

Christian M. , un type de ma classe un peu plus âgé ( il redouble et  j’ai un an d’avance) me passe « Sur la route » de Kérouac. Je le dévore. « Il faut que tu lises ça ». Chez moi, au lieu d’étudier, j’écoute les Stones en boucle et échafaude des plans sur la comète pour ne pas faire mon service militaire. Je réfléchis au meilleur moyen de déserter. On s’échange des tuyaux. Il paraît qu’à Mouscron, on peut passer la frontière sans contrôle. Je suis en plein rêve de voyage et les études me semblent de plus en plus inutiles pour la vie que j’entends mener. Je veux être un beatnick, je veux rencontrer une fille qui m’aimerais, l’aventure à tout prix.

Les Stones passent à Paris. Trente francs le ticket. Mes parents refusent que j’aille voir ce groupe à la réputation sulfureuse. Même eux ont entendu parler d’Altamont et de la consommation de drogue de Keith Richards. J’écoute le concert sur mon transistor au fond de mon lit. Au bahut, j’essaie de me la jouer cool mais j’ai l’air d’un bouffon devant ceux qui sortent avec des filles, ceux qui ont des motos, ceux qui fument des joints, ceux qui font des trucs. J’ai l’impression d’étouffer.

Dehors c’est le grand foutoir des seventies. Musique, patchouli, babas cool et chemins de Katmandou. Passe d’abord ton bac, après on verra. Et merde. Je veux être autre chose qu’un bon élève. Serge Halimi organise des grèves, les gauchos vendent VLR, Rouge, la Gueule ouverte, on se jette sur Actuel pour être branché. Les profs sont là mais peu de monde les écoute. Albert P. joue « Mister Tambourine Man » sur sa gratte et à midi François B. sonorise le foyer du lycée où tout le monde s’entasse à midi au lieu d’aller à la cantine.

Mon prof de maths souffre avec notre classe de « littéraire ». Nous sommes globalement nuls. Un jour il s’énerve : « Vous voulez peut-être que j’apporte ma guitare ? ». Oh oui, ca c’est vraiment une bonne idée ! Et il le fait. C’était une époque improbable où tout était – ou semblait – possible. Mais déjà quelques ombres. Hendrix, Joplin, Morrison… La faucheuse ne chômait pas. Raymond, le prof de math, n’avait que 27 ans et devait s’ennuyer un peu lui aussi. Un beau jour, il discute avec Christian M. car il ne savait pas quoi faire pendant ses vacances. « Et pourquoi t’irais pas en Turquie » glisse Christian qui avait fait le voyage en stop l’année d’avant. L’idée fait son chemin. Raymond a une Renault 12 et se dit que se serait plus sympa à plusieurs. Christian est partant ainsi qu’un autre, Patrick J. Et, allez savoir pourquoi, ils me proposent de me joindre à l’expédition.

A ma grande surprise, mes parents acceptent. Probablement rassurés par la présence d’un professeur. Le 4 juillet 1972 à cinq heures du matin, muni de la somme de quatre cent francs, j’embarque dans la Renault 12 bleue. Le soir même, nous dormons dans un champ quelque part en Italie du Nord. Le lendemain, Raymond, seul à posséder le permis de conduire, roule tout le jour : Yougoslavie, puis frontière bulgare en pleine nuit, traversée de la Bulgarie dans l’obscurité, arrivée à Edirne au petit matin et enfin, vers midi, arrivée à Istanbul la magnifique, la Corne d’Or, Sainte Sophie et un hôtel à routards à deux pas du mythique Pudding Shop.

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Konya, Afyon, Antalya, Marmaris, Rhodes et retour par Athènes où je bataille pour passer un quart d’heure sur l’Acropole ( même si je ne foutais rien en grec ancien je voulais voir ca de mes yeux. Puis le Mont Olympe au loin, re-frontière, Titov Velès, Belgrade et retour jusqu’à Gap où Raymond, épuisé, s’endort au restaurant devant le steak-frites qui l’avait motivé pour rouler non-stop depuis Athènes.
Vingt-huit jours sur la route qui allait changer le cours de ma vie. Le bac c’était vraiment plus mon truc. Avec Christian C. on commençait à réfléchir à un tour de Chine en vélo. Voyage évidemment resté à l’état de projet. Deux ans plus tard, je prenais la route tout seul avec mon sac, en route pour Amsterdam, qui à l’époque était le truc le plus proche de l’idée que je me faisais du septième ciel. Those were the days…..

Et lorsque je vois où nous en sommes aujourd’hui, je sens pointer en moi comme une petite nostalgie de cette époque là.

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