La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

UN ETE ORDINAIRE

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Un mort à Nantes

Douze rescapés en Thaïlande

150 morts au Japon

Des noyés en Méditerranée

Un but en Russie

On a gagné, on a gagné !

La planète s’échauffe

Dix milliards de tonnes de glace

Se séparent de la banquise

Ca fond, ca coule

Ce monte et ca déborde

1,5 million de mètres cubes de déchets radioactifs

stockés en France

La maison brûle Carton jaune

Extinction massive Carton rouge

Expulsion

On a gagné, on a gagné !

Bientôt la lutte finale

Et sans prolongations…

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AU REVOIR ET MERCI

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La plume dans l’œil a du mou dans les rémiges. Plusieurs raisons à cela. La première c’est une forme de lassitude qui m’amène – après 5 ans de parutions – à penser que tenir un blog de ce genre et pisser dans un violon sont deux activités assez similaires.

Il est en effet relativement facile de trouver chaque jour un ou des motifs d’indignation. Hier matin, par exemple, un journaliste qualifiant « d’incident » la main d’un jeune manifestant arrachée par une des 11000 grenades lancées dans le bocage par les forces de l’ordre pour évacuer quelques centaines de personnes au nom de la sacro sainte « propriété privée ». Je repense à Proudhon pour qui « la propriété c’est le vol ». Formule lapidaire mais assez juste.

A propos de « propriété », la République signifie – étymologiquement parlant – la « chose publique ». De nos jours, les bancs publics disparaissent et sont remplacés par du « mobilier urbain » où les amoureux de Brassens auraient bien du mal à se bécoter. Les services publics sont attaqués de toute part, et en particulier par le gouvernement qui devrait – en principe – les défendre. Les autoroutes, bâties avec de l’argent public ont été bradées au « privé », le palais omnisports de Bercy est devenu le XXX Arena du nom du maquignon qui a lâché un paquet de pognon pour coller le nom de sa boite sur le bâtiment. On vend sans sourciller l’aéroport de Toulouse à des Chinois fortunés …. A ce train là, la chose publique rétrécit comme peau de chagrin et il ne reste plus que le trottoir pour les plus démunis. Gageons qu’un énarque proposera sous peu une taxe d’occupation indexée sur la superficie des cartons sur lesquels dorment pas mal de mes contemporains.

 

L’écologie pour les Nuls. Le seul moment où ces braves gens ont un outil dans la main.

Bref, indignez vous, deuxdignez, troisdignez vous, gueulez des slogans en défilant, mais sachez que le pouvoir s’en fout. Aussi longtemps que vous consommez, même modestement, vous êtes utile à ce système mortifère qui nique la planète pour que vous puissiez acheter le nouveau truc, téléphone, écran plat, soda papaye épinard, la liste est longue des machins inutiles qu’on tente de nous fourguer…

La ministre de la santé annonce joyeusement que grâce à l’augmentation du prix du tabac, un million de personnes a cessé de fumer. Le journaliste qui relate ceci précise que ce sont surtout les plus défavorisés et les bas revenus qui sont concernés. Rassurez vous, Balkany peut continuer à fumer ses havanes.

Monsieur Lalouze entend dire que l’homme politique Trucmuche a regagné son fief, un terme qui sent bon la féodalité et nous indique dans quel merdier nous pataugeons. On pleure la mort d’un fabricant d’avions de guerre inculpé pour fraude fiscale  – mais toujours élu le jour de sa mort car il avait fait appel du premier jugement le condamnant à 2 millions d’amende et 5ans d’inéligibilité. On pourrait trouver d’autres « modèles » pour la nation.

Plusdefric Parc

Monsieur Lalouze a lui même quelques menus soucis financiers. Il n’a rien volé, rien détourné et paye toutes ses factures mais voilà : son salaire mensuel correspond à quelques dizaines d’euros près à son loyer. Ce qui agace monsieur Lalouze c’est que sur sa fiche de paie, son patron – un homme fortuné dont le hobby consiste à acheter des squelettes de dinosaures à un million d’euros pièces – bénéficie chaque mois d’un allègement de ses cotisations patronales. Monsieur Lalouze ne bénéficie lui d’aucun allègement, à part celui de son porte monnaie, et il enrage de voir que le gouvernement pond des lois permettant à son employeur d’économiser chaque mois un montant équivalent au quart de ce que lui, modeste rouage, touche en salaire net. Monsieur Lalouze a connu pas mal d’employeurs en quatre décennies, mais c’est la première fois qu’il lui arrive de cotiser parfois plus que son patron qui pourra bientôt acheter le squelette du Code du Travail…

Et le pire c’est que l’on ne se prive guère en haut lieu de conchier les pauvres, ses « assistés » présumés fraudeurs, paresseux et manquant d’initiative. A contrario, on loue les vertus de quelques requins, saluant leur réussite – on ne sait jamais il y a peut-être un truc à gratter en leur cirant les pompes – et leur classement dans les plus grosses fortunes mondiales. Les anonymes peuvent crever sous les missiles, se noyer en Méditerranée, c’est de peu d’importance dans la mesure où le bizness peut continuer.

Alors, face à ce monde de merde, monsieur Lalouze se dit que gueuler sur un blog c’est juste dérisoire. Et puis le rôle de l’énervé de service, c’est pas son truc. Donc ce blog est en repos à partir d’aujourd’hui et monsieur Lalouze va continuer à tenter de survivre dans la vraie vie, en fumant ce qu’il a envie de fumer et en envoyant au diable tous ces crevards pleins au as qui, planqués au fond des quartiers insensibles, veulent lui donner des leçons de savoir-vivre.

Bye les ami(e)s et encore merci à ceux qui ont suivi cette aventure.

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AD NAUSEAM …

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(Petite fantaisie sur un air bien connu de Gaston Ouvrard . On peut chanter en lisant )

 

J’ai l’Macron qu’est trop rond

L’Mélenchon qu’est grognon

Le PS mou d’la fesse

Le PC tout cassé

Le FN à la peine

J’ai l’black blok qui débloque

J’ai les trains sans entrain

Les avions dans le fion

L’syndicat dans l’caca

Les étudiants bien trop chiants

Les zadistes qui s’enkystent

Les CRS qui se blessent

L’hôpital qui s’affale

Les écoles qui s’affolent

Et les facs bien en vrac

Les frontières pas très fières

Des migrants en dedans

Des exclus à la rue

Sans oublier qu’y’a aussi

Des réformes toutes informes

Des décrets pas très frais

Députés pas futés

Des ministres sinistres

Des rupins bien radins

Des traders sans ardeur

Des chômeurs quelle horreur

J’ai la droite qui s’déboite

Et la gauche qui s’ébauche

Y’a aussi faut bien l’dire

Le nucléaire qu’est pas clair

Le fiscal qu’est bancal

Et la dette qui m’embête

Matignon prend les gnons

Et les patrons l’pognon

Un partage qu’avantage

Les pouraves qui se gavent….

Etc, etc.

 

 

 

 

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AU BONHEUR DES CONS

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Cavanna nous a laissé un beau livre au titre sans équivoque, « Et le singe devint con », qui retrace l’épopée de l’(in)humanité. Il savait de quoi il parlait, ayant connu les joies du travail forcé dans les usines du 3ème Reich, cette parenthèse nazie dont quelques sales cons ont la nostalgie.

Pour rester dans l’actualité locale, entre le gendarme égorgé par un taré se réclamant d’une religion et la vieille dame assassinée, elle aussi pour des questions d’appartenance religieuse, mais avant tout pour être dévalisée de façon crapuleuse, il existe un point commun : la connerie abyssale des assassins.

Etre con n’est pas un problème. Nous le sommes tous un jour ou l’autre. Mais que cela entraine la mort d’autres personnes est intolérable. Soyez con autant qu’il vous plaira mais dans l’intimité. Ne nous obligez pas à subir les conséquences de votre connerie. Pour aller au paradis où vous attendent – paraît il – des vierges peu farouches, suicidez vous donc, mais au fond des bois, discrètement, sans éclat comme il sied à un brave con. Mais peut-être faites vous partie des sales cons, un sous groupe infiniment plus nocif. La vie est déjà assez compliquée, pas la peine d’en rajouter. Parce qu’il n’y a pas que les cons meurtriers. La connerie revêt des formes multiples, se glisse partout, envahit et contamine la planète. Il existe même des pauvres cons. Des cons de gauche, des cons de droite, des cons en haut et des cons en bas pour leur donner le pouvoir.

Une des formes les plus abouties de la connerie humaine…

Une autre expression de la connerie plus sournoise mais tout aussi nocive à moyen terme…

La connerie fait disparaître la faune et la flore pour fabriquer des produits nouveaux comme l’indispensable smoothie papaye – citron vert – artichaut ou encore le très branché surimi de crabe terrestre à la baie de goji qui font le bonheur des abrutis urbains et friqués, sans oublier le missile à l’uranium appauvri qui perce le béton comme du beurre. Les animaux, à part ceux qu’on élève dans des camps de concentration pour les becqueter, cela ne sert à rien. Il suffit d’en garder quelques-uns dans des réserves, mais on ne va pas s’emmerder avec des lions, des éléphants, des rhinos et des gros hippopotames. On en a rien à foutre des mésanges, des chardonnerets et de tous ces cons d’oiseaux bouffeurs d’insectes et de graines. D’ailleurs, il n’y a plus d’insectes à part dans les documentaires à la télé et dans les livres retraçant le cycle des libellules ou celui des hannetons. Franchement, de vous à moi, vous trouvez que c’est beau un hanneton ? Et puis, faut pas non plus exagérer sur la disparition des espèces : en ville il y a de plus en plus de cafards et de rats. Les pessimistes sont donc priés de la boucler. On va même réintroduire deux ours dans les Pyrénées, c’est vous dire.

L’homme, histoire de se justifier, a même été jusqu’à s’inventer des dieux, des sortes de trucs fumeux avec des bouquins assez arides à lire mais où on peut trouver en cherchant entre les lignes des injonctions à flinguer ceux qui n’ont pas de dieux, ou encore ceux qui ont un dieu, mais différent du vôtre. Après plusieurs millénaires de guerres, certains pays -mais pas tous- sont arrivés à la conclusion que l’on pouvait croire au dieu que l’on voulait à condition de ne pas emmerder son voisin avec. On a même, par endroits, le droit de ne pas croire en dieu. En fait dieu c’est comme la bite : faut pas le montrer en public, c’est un truc personnel.

Le problème c’est que l’on a remplacé dieu par le fric. Et franchement c’est pas une réussite. Avec les dieux, il faut se mortifier toute une vie pour accéder au paradis, mais une fois mort et pas avant. Avec le fric, c’est pire, il faut se faire chier pour en avoir ( ou faire chier les autres ce qui est moins fatiguant et laisse le temps d’avoir des loisirs pendant que les autres travaillent pour vous ) mais, une fois mort, on n’en profite plus. D’où probablement cette féroce rapacité des négriers d’hier et des hommes d’affaires d’aujourd’hui, conscients de la courte durée de leur magnificence. Ils sont riches à crever c’est vrai. Ils vont crever comme le plus pauvre des pauvres, c’est encore plus vrai. De quoi devenir dingue, con et méchant.

En conclusion, on ne se méfie guère du brave con, celui qui broute en troupeau dans les centres commerciaux, qui achète tout et n’importe quoi, des bagnoles, des trucs qui se cassent et qui finissent à la poubelle. A la différence du sale con, le brave con n’est – a priori – pas agressif. Enfin aussi longtemps qu’il peut consommer, brouter, digérer et péter devant un écran plat. Mais le brave con se reproduit à une fréquence alarmante et, même s’il n’est pas foncièrement méchant, sa multitude finit par peser lourdement sur l’écosystème. La solution idéale consisterait à canaliser la connerie et à la transformer en énergie renouvelable. Ainsi, nous serions tous autonomes puisque, c’est bien connu, on est toujours le con de quelqu’un.

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MAI 68 : EX-FAN DES SIXTIES …

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Un demi siècle après Mai 68 le bilan est pour le moins mitigé… Pour autant, la situation n’est pas la même qu’à l’époque et on ne rejouera pas la même pièce. Il y a 50 ans, le plein emploi était la norme. Aujourd’hui, 4 à 5 millions de personnes sont au chômage, et ce ne sont pas tous des planqués et des assistés, contrairement à ce qu’on tente de nous faire avaler. Ce sont avant tout des gens qui vivent une situation le plus souvent difficile, financièrement et psychologiquement parlant.

Il y a 50 ans, on gueulait contre la société de consommation. Aujourd’hui nous sommes englués dans l’hyperconsommation mais uniquement pour ceux qui en ont les moyens. Les loyers ont explosé, les salaires stagnent et les richesses sont de plus en plus inégalement réparties. Une toute petite minorité possède (ou prétend posséder) la quasi totalité des ressources de la planète.

Il y a 50 ans on parlait de lutte des classes. Aujourd’hui, on est « winner » ou « loser ». la novlangue est passée par là. On est plus demandeur d’emploi, on est « candidat ». Le supérieur est devenu un N+1….. Les stagiaires pas chers pullulent dans les entreprises. Il parait que c’est bon pour eux de bosser à l’oeil, ça leur permet d’acquérir de l’expérience…

Il y a 50 ans les premiers écologistes nous mettaient en garde contre la destruction de l’environnement. Aujourd’hui, c’est la vacance de monsieur Hulot et la disparition des insectes et des oiseaux dans les campagnes, la vente de centrales nucléaires à l’Inde, l’empoisonnement des sols et des cours d’eau, le triomphe de la bouffe industrielle…

Il y a 50 ans, on pouvait encore envoyer chier un patron et aller travailler ailleurs. Aujourd’hui, le salarié est invité à être motivé, disponible, propre sur lui et prêt à avaler des kilomètres de couleuvres. Pour les râleurs c’est : « Si vous n’êtes pas content, vous pouvez démissionner, il y a du monde qui attend derrière la porte ». Les patrons se régalent et surfent sur le chômage de masse qui permet de sélectionner les plus « méritants » et de mettre sur la touche ceux qui l’ouvrent un peu trop.

Dessin de Tignous assassiné par des décérébrés…

Il y a 50 ans , il y avait déjà de beaux écarts entre les plus riches et les plus pauvres. De nos jours, il paraît normal que certains se gavent de manière indécente pendant qu’augmente le nombre de sans domicile. Nous avons même des travailleurs pauvres qui avec ce qu’ils gagnent ne peuvent pas se loger et dorment dehors ou dans leur voiture pour ceux qui en possèdent une. Et on s’habitue au triste spectacle des gens qui cherchent à manger dans les poubelles et aux campements sauvages en ville tout en se disant qu’on peut facilement se retrouver éjecté de son appartement pour peu que l’on perde son emploi.

Il y a 50 ans, on avait encore des espaces pour rêver et les Shadoks avant le journal de 20 heures. Aujourd’hui on a le porno à domicile sur un écran aussi plat que notre compte en banque et les réseaux sociaux pour pleurer, s’indigner et partager d’un seul clic. La révolution virtuelle est passée par là.

Il y a 50 ans, les gens ne mouraient pas en traversant la Méditerranée. Il y a 50 ans, on se parlait face à face et aujourd’hui on joue les idiots du village global, vissés à nos « Smartphones » bourrés d’applications qui nous rendent cons comme des balais et permettent à nos bons maîtres de nous pister jusqu’au fond des toilettes.

Mer Méditerrannée 2017 (photo: Santi Palacios)

Paris 2017  (photo R.Walter)

Il y a 50 ans les forces de l’ordre ne ressemblaient pas à des robocops. Ceci dit, sous le macadam il reste des pavés.

C’est pour toutes ces raisons que Mai 2018 ne ressemblera pas à Mai 68. Mais j’aimerais bien que ca pète car, objectivement, la situation est pire qu’à l’époque. Une poignée de salopards ultra riches a mis la main sur les circuits d’information et tente de nous faire avaler que le problème principal c’est l’insécurité, la fraude au RSA et les sans papiers. On nous demande de respecter ceux qui se gavent au prétexte qu’ils sont « premiers de cordée » et qu’ils créent des emplois. Emplois de merde sous-payés grâce aux allègements de charges patronales, emplois d’esclaves dans les entrepôts de sociétés multinationales fuyant le fisc via des montages douteux mais légaux. Merci patron. Bosse et tais toi, remercie ton exploiteur qui te permets de vivre car sans lui tu n’es rien…. Ils ont le fric, le pouvoir et tu n’as que ta force de travail et ta colère rentrée…

Car la colère est là. Les gueux finiront un jour par incendier les châteaux de ceux qui les utilisent et les méprisent. Quand la pression est trop forte, le couvercle de la marmite saute. C’est une loi physique et il serait stupide de ne pas en tenir compte.

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EVOLUTION-REVOLUTION-EXTINCTION ?

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J’ai lu quelque part que les oiseaux étaient les cousins lointains des dinosaures, ainsi qu’en attestent quelques fossiles de ptérodactyles et d’archéoptérix. Le premier ressemblant à un lézard bizarre volant, l’autre arborant déjà une ébauche de plumage.

Un ptérodactyle tel qu’on peut l’imaginer…

Reconstitution d’un Archéoptérix.

Fossile de pterodactyle.

Joli pied de nez de l’évolution. L’ordre animal qui engendra les créatures les plus gigantesques jamais vues sur cette planète s’est projeté dans les oiseaux, si légers qu’ils peuvent voler – sauf l’autruche et quelques lourdauds – et planer au fil du vent.

Tout cela est bien organisé. Nous sommes contemporains des mésanges, des merles et des corneilles et n’avons jamais eu à cohabiter avec le redoutable Tyrannosaurus rex, tout en gueule et en mâchoires. Nous n’avons pas été piétiné par un Brontosaure myope ou déchiqueté par un gang de Vélociraptor. Nos lointains ancêtres connurent en revanche le rhinocéros laineux et l’ours des cavernes, ce qui les amena à maitriser le feu, un pas fondamental dans l’histoire de l’homme. Chauffer, cuire, fondre des métaux, début d’une fantastique épopée qui, en ce mois de mars 2018, fait que je suis entouré de dessins et de peinture ornant les murs d’un musée où j’officie en qualité de d’agent d’accueil et de surveillance. Je dois, entre autres missions, veiller à ce que les visiteurs ne photographient pas les œuvres.

Tout ca pour en arriver là. Du diplodocus au touriste en passant par l’archéoptérix. Quelle évolution ! Il faut dire que l’homme, non content de contrôler le feu, s’attaqua au feu primal de l’atome et parvint à ses fins en déclenchant la fission nucléaire, libérant ainsi une énorme énergie qu’il utilisa tout d’abord pour fabriquer des bombes atomiques et les tester in vivo sur des populations civiles. Après cette hécatombe, vint la version « soft », le nucléaire civil qui fournit l’électricité nécessaire à notre mode de vie actuel. Bien sûr, ceci n’est pas sans dangers et il est déjà arrivé, à Three Mile Island, à Tchernobyl, à Fukushima, que des centrales soient endommagées et crachent des rejets radioactifs plus ou moins nocifs, jamais inoffensifs.

Mais voilà que je succombe à la manie des gardiens et que mon esprit bat la campagne antinucléaire alors qu’une autre de mes missions dans ce musée consiste à renseigner et accueillir les visiteurs. Laissant là mes réflexions sur les projets d’enfouissement des déchets ultimes hautement radioactifs, j’écoute une dame, la soixantaine élégante, me demander s’il est possible de prendre des photos. N’aurait elle pas remarqué les nombreux panneaux et pictogrammes l’interdisant ?

« Oui, j’ai bien vu les panneaux, mais c’est pour les appareils photo n’est ce pas ? Moi, c’est avec un téléphone… ».  Sourire désarmant. Est ce qu’elle plaisante ? Nenni, ma foi. Pas un grain d’ironie dans son propos – j’aurais préféré – juste bien calée dans sa tranchée mentale avec ses œillères psychiques. Désarmant. « Madame, ce pictogramme signifie que tout type de prise de vues est interdit dans cette exposition et ce nonobstant le médium employé. Je vous souhaite une agréable visite madame ».

L’espace d’un instant, je rêve d’un tyrannosaure affamé que je pourrais lâcher dans l’exposition afin qu’il dévore les contrevenants. Je le dis sans colère et avec un certain détachement. Quoique rappeler à l’ordre plusieurs fois le même petit malin qui a décidé de faire son petit safari photo dans l’expo, cela peut mettre les nerfs en pelote.

C’est ainsi que s’écoulent mes journées de travail, à tenter de canaliser les pulsions de cet ultime avatar de l’évolution, l’obstiné Smartphonosaurus musealis. Et vous, ca va ?

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DU PAIN ET DES JEUX….

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Monsieur Lemaire, ministre de l’économie, achète son pain et paie les tickets de métro de ses enfants. C’est ce qu’il a tenu à préciser devant les ouvriers de Peugeot PSA afin de leur démontrer qu’il était un citoyen comme les autres.

Le temps passe mais le pouvoir ne change guère sa façon d’agir …

Si honorables que soient ces dépenses, c’est un peu court comme argument pour se justifier devant un délégué CGT bien remonté qui l’apostrophe avec vigueur et lui rappelle que, dans l’usine en question, les effectifs sont passés de 14 000 à 7000 et que parmi ces 7000 se trouve un fort contingent d’intérimaires. Monsieur Lemaire, mécontent d’être ainsi interpellé, s’abrite derrière sa baguette et ses tickets de métro pour répondre que les syndicats ne représentent rien et que les ouvriers qu’il a rencontrés sont fiers de travailler pour Peugeot. Fiers de quoi ? De gagner un gros SMIC après 15 ans de travail sur les chaines de production ? Cela n’est pas très sérieux monsieur le ministre… Ce n’est pas avec la fierté que l’on vit mais avec un salaire décent.

Lemaire, lui, n’est pas fier. Florence Parly non plus. Ils sont comme nous. Ils travaillent. Bon d’accord, ils sont un petit peu mieux payés. Madame Parly, lorsqu’elle travaillait à la SNCF, touchait 52 000 euros par mois. Pourtant, ce qui pose problème, c’est le statut « privilégié » des cheminots. Faut il rire ou pleurer ?

Avec ces modestes émoluments, Madame Parly peut s’offrir pas mal de baguettes et de carnets de tickets de métro. Il en reste encore assez pour faire quelques investissements immobiliers et placer quelque monnaie sur de belles et grasses assurances vies. La semaine dernière, c’était un millionnaire, député « en marche » qui fustigeait ceux qui ne parlaient que de pouvoir d’achat.

Un joli petit pécule…. Félicitations !

Ils sont mignons tous ces gens bien nés du côté beurré de la tartine, élevés dans les quartiers insensibles et loin de la France d’en bas comme disait Raffarin, qui ont pu dès le lycée se constituer des réseaux entre fils et filles de bonne famille avant d’intégrer ces fameuses « grandes »  écoles d’où ils ressortent formatés en mode technocrates. Ils sont mignons mais ils commencent à sérieusement agacer ceux qui sont nés sans patrimoine et qui rament entre 1500 et 2000 euros quand ce n’est pas moins. Pour eux, la baguette et le ticket de métro pèsent plus lourd dans le budget que pour Lemaire ou Parly. Il serait honnête de ne pas l’oublier et de ne pas se limiter au pain et au métro.

C’est fatiguant d’entendre ces gosses de riches donner des leçons aux pauvres qui, chacun le sait, ne savent pas gérer leur argent. Figurez vous que certains smicards, non contents de ne pas être foutus d’économiser, sont même endettés. C’est bien la preuve qu’ils sont irrécupérables, non ? Ne pas mettre d’argent de côté lorsque l’on gagne 1200 euros net par mois est bien la preuve d’un manque total de rigueur budgétaire. Et lorsque l’on taxe le tabac de façon exponentielle, c’est pour sauver ces misérables qui, non contents de ne plus avoir d’argent à partir du 15 du mois, se bousillent les poumons et finissent par coûter une fortune à la collectivité. Heureusement que Lemaire est là pour resserrer les boulons de la machine à fabriquer du fric pour les actionnaires.

Heureusement aussi, Mars arrive. Mars, le dieu de la guerre. Et avec lui le printemps. Un printemps que je souhaite bouillonnant, éruptif, une révolution des bourgeons, de la sève plein les tiges, bref, la pêche. On pourra peut-être parler de trucs moins couillons qu’un ministre qui achète sa baguette « comme tout le monde », on pourra par exemple parler du coût exorbitant du logement, des bas salaires qui stagnent et permettent juste de mal vivre et de continuer à se faire exploiter, on pourra parler du pouvoir d’achat ( ben oui), des services publics ou de ce qu’il en reste, de mixité sociale réelle, de l’enfouissement des merdes radioactives dans la Meuse ( avec un premier ministre ex- Areva cela semble incontournable), de la bande à Danone, Pénicaud en tête, qui pédale dans le yaourt, du rabotage progressif de nos existences, socialement ou économiquement parlant, des émissions télé qui décérèbrent les téléspectateurs… On pourra. Mais rien n’est moins sûr, hélas. Ce gouvernement qui a la main lourde et préfère le monologue au dialogue n’a pas hésité à envoyer 500 gendarmes pour virer une vingtaine d’activistes qui occupaient le site où l’on se propose d’enterrer des déchets ultimes bien pourris ?

Après la neige et le froid, un débordement de foule dans les rues est ce qui pourrait arriver de mieux. Comme chantait Morrison « Ils ont les canons mais nous avons le nombre ». Que la base remue et le haut du panier se retrouvera par terre le cul à l’air !

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Y’A PAS QUE LE POUVOIR D’ACHAT DANS LA VIE…

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Encore un député LREM qui fait preuve d’une grande empathie pour les plus démunis… Bruno Bonnell s’est lâché, vendredi 9 février sur RMC. A une question sur les faibles revenus d’une partie des Français, il répond : « On entend que ça, le pouvoir d’achat, comme si la vie se résumait au pouvoir d’acheter. En France les gens sont soignés, ils peuvent aller à l’école, vous n’avez pas de trous sur la route… Si vous vous contentez de regarder uniquement l’argent qu’il y a dans la poche des gens et que vous vous définissez par rapport à ce pouvoir d’achat, par ce pouvoir d’acheter, vous oubliez quelque chose d’autre qui est la qualité de la vie. » 

En décortiquant un peu tout ceci et en fouillant un peu sur la toile, on en  arrive à la conclusion que ce type se fout du monde.

Commençons par quelques chiffres sur les salaires des Français, une donnée de base pour parler de pouvoir d’achat.

En 2016, en France, 29,2 millions de personnes de 15 à 64 ans, soit 71,4 % de cette tranche d’âge, sont actives au sens du Bureau international du travail. Parmi elles, 26,2 millions ont un emploi. 3 millions d’actifs sont au chômage (INSEE- Mai 2017).

59 % des salariés touchent moins de 2 000 euros net par mois, la moitié moins de 1 800 euros, 30 % moins de 1 500 euros. Au total, toutes tailles d’entreprise confondues, 12 % des salariés – soit 2 millions de personnes – sont rémunérés au Smic (1.150 euros net en 2018). Un salariat qui ne connaît que de très faibles hausses de son niveau de vie, du fait des faibles revalorisations annuelles du salaire minimum. (source : Observatoire des inégalités).

Vivre avec 1150 euros par mois, c’est possible mais c’est  raide. Il y a juste de quoi se loger, bouffer et continuer à aller bosser. Et encore. Donc 2 millions de Français qui bouffent de la merde et « ne parlent que de pouvoir d’achat » dixit le Bonnell, agacé par ces salauds de pauvres qui ne se contentent pas des miettes du gâteau. Car le gâteau existe. Mais dans d’autres sphères… Celles où évolue monsieur Bonnell. Ce proche de Gérard Collomb a été un important pourvoyeur de dons privés pour Emmanuel Macron, via son réseau lyonnais.

Intelligent et malin, à la tête d’Ivolution, structure qui chapeaute les sociétés Robopolis et Awabot, du fonds d’investissement Robolution Capital et administrateur de Danone, il se débrouille très bien pour défendre « son » pouvoir d’achat ». Avec des pratiques parfois limites. Bruno Bonnell a domicilié deux sociétés dans le Delaware, petit Etat américain et haut lieu de l’évasion fiscale, où sont immatriculées 65% des 500 plus grosses firmes mondiales. Une pure coïncidence…

En 2008, l’Autorité des marchés financiers l’accuse, en tant que directeur général d’Infogrames, d’avoir « artificiellement fait varier le cours de son titre ». Bruno Bonnell déplore un « excès de zèle » de la part du gendarme de la Bourse. Néanmoins, sa société a été condamnée à verser 40 000 euros.

En 2011, l’arrêt de la cour d’appel concernant son divorce, (disponible sur le site Légifrance), nous apprend qu’il n’a pas payé d’impôts sur le revenu en 2008 et 2009 car il a «entièrement restructuré son patrimoine, y compris en utilisant judicieusement un endettement qui pourrait être qualifié de colossal, afin d’éluder l’impôt de solidarité sur la fortune d’abord et l’impôt sur le revenu  ». L’intéressé présente une autre version : «Après mon départ d’Infogrames, (viré le 2 avril 2007 avec une indemnité de 2 282 000 euros) j’ai vécu sur mes indemnités, et donc je n’ai perçu que très peu de salaires pour les années 2007, 2008 et 2009, (…) Mais j’ai payé 800 000 euros d’impôts sur mes indemnités en 2007, ( il ne restait plus à ce malheureux QUE la modique somme de 1 482 000 euros après impôts )… et j’ai été contrôlé fiscalement tous les ans de 2004 à 2010.» Les magistrats, pas vraiment séduits par ses arguments, notent un «train de vie absolument sans rapport avec ses ressources avouées» et« qu’en dépit d’une situation d’endettement artificieuse, l’appelant jouit d’un train de vie considérable sur lequel il entretient l’opacité la plus totale ». Côté pouvoir d’achat, le monsieur est bien pourvu, c’est le moins que l’on puisse dire.

Cerise sur le gâteau, un taux d’absentéisme remarqué sur les bancs de l’Assemblée. Selon un palmarès de l’activité des députés publié par Capital, sur la base de données compilées par l’association Regards citoyens, Bruno Bonnell se classe 570ème sur 572 députés français. 19 présences à la Commission des Affaires étrangères, dans laquelle il siège, sur 52 réunions organisées au cours de la période. Le député Bonnell n’a déposé qu’un seul amendement et n’a fait aucune intervention longue. Contacté à ce sujet sur FranceInfo, à la question « Qu’avez-vous fait pendant sept mois? », Bruno Bonnell répond « Rien ». Avant de préciser : « J’ai appris ce que c’était le métier de député, puis j’ai travaillé sur les dossiers qui m’intéressent, à savoir l’entreprise et le numérique. J’ai aussi passé beaucoup de temps en circonscription, pour comprendre ce qu’était la mission de parlementaire ».

En récompense de ses bons et loyaux services, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en janvier 2017.

Je suggère à ce monsieur de vivre quelques mois avec 1150 euros net par mois et zéro notes de frais. Ensuite on pourra reparler plus sérieusement du pouvoir d’achat. Car pour l’instant, monsieur Bonnell, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, comme disait ma grand-mère.

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MACRON ET LES ETRONS

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Tout avait bien commencé. Un vrai conte de fées. Les élus de la République en Marche allaient laver plus blanc et prendre soin de nous. Ils avaient fait une belle déclaration officielle à l ‘Assemblée Nationale dont je me permets ici de confronter quelques extraits à des faits et des déclarations postérieures à leur élection. Ouvrez le ban :

« Par cette déclaration, les députés élus sous la bannière de La République en Marche se constituent en groupe La République En Marche. Nous, députés de la majorité présidentielle, sommes avant tout des femmes et des hommes à l’image de notre pays. Il y a quelques semaines encore, nous étions salariés, chefs d’entreprise, enseignants, fonctionnaires, élus ou responsables associatifs (…) Élus de la Nation, nous sommes fiers de nos parcours, fiers de la diversité de nos profils et de nos sensibilités politiques. « 

Il est vrai que certains de ces députés arrivent de partis qui se sont effondrés l’an dernier. Couler avec le navire, c’est devenu ringard. Mais retrouver le monde normal, celui où l’on paie son loyer, ses transports, sa bouffe et ses factures c’est pire encore alors ils se sont reconvertis en godillots (pied gauche et pied droit) pour se mettre En Marche. (NB:  Macron doit avoir un sacré melon pour donner ses initiales à son parti. LREM c’est Le Roi Emmanuel Macron ?). Mais revenons à nos moutons. Parmi les nouveaux godillots, quelques pointures issues du monde de l’entreprise, tiennent des propos étonnants : Une députée LREM, passée de 8000 euros par mois dans le privé à 5300 euros à l’Assemblée, ne s’en sort pas. Alors que le salaire brut mensuel moyen en 2015 est – parait il – de 2 998 €, cette brave dame confie avoir réduit son train de vie ! “Je vais moins souvent au restaurant, Je mange pas mal de pâtes, j’ai ressorti des vêtements de la cave et je vais devoir déménager” , explique-t-elle. On compatit à cette vie broyée sur l’autel de la nation tout en restant songeur sur un salaire brut moyen à 2998 euros brut… J’en connais un paquet qui n’ont pas la moyenne. Des fainéants qui feraient mieux de se bouger plutôt que d’emmerder le monde, suivant l’élégante formulation de notre bien aimé président.

« Conscients des fractures, territoriales et sociales, et des inégalités qui minent notre société, nous porterons une attention particulière aux plus vulnérables pour que chacun trouve sa place dans la renaissance française à laquelle nous voulons nous atteler. »

Damien Adam une belle tête de vainqueur….

Dont acte. Le 4 novembre, Damien Adam, élu LREM, interrogé sur le fait de savoir s’il fallait durcir les critères de contrôle des personnes bénéficiant d’une allocation chômage répond en ces termes : « Ce n’est pas une question de sévérité mais plutôt de définir des règles claires et comprises par tout le monde. Car quand vous êtes salarié et que vous voyez certaines personnes qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l’assurance chômage, il est légitime de se dire que ce système marche sur la tête ! ». Je ne sais pas si le système marche sur la tête, mais ce garçon doit fumer des trucs très forts pour avoir de telles visions. Devant l’indignation soulevée par de tels propos, il « regrette » que ses « propos aient pu blesser ». Damien, tu ne blesses pas les chômeurs, tu leur chie dessus et c’est plus grave. Ceci dit, tu n’es pas pire que Castaner (ex PS) qui un mois auparavant, alors qu’il était porte-parole du gouvernement, déclarait que : « La liberté, c’est pour aller vers quelque chose, la liberté, ce n’est pas de bénéficier des allocations chômage pour partir deux ans en vacances ». Même aux Bahamas ?

L’ultra gauche a encore frappé!

Pour ceux qui douteraient encore de « l’attention particulière portée au plus vulnérables », Sylvain Maillard, une autre recrue talentueuse de LREM, élu à Paris, a récemment confirmé le chiffre avancé par le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires : il n’y aurait que 50 SDF en moyenne qui resteraient à la rue chaque nuit en Ile de France faute de solution d’hébergement. Après quelques arguties, il a même eu le culot de d’affirmer que ceux qui « préfèrent » dormir dans la rue le font par choix. Je conseille à Monsieur Maillard de sortir et d’aller voir sur le terrain comment cela se passe. Qu’il passe une nuit dehors dans un duvet pourri sur un carton et on en reparle.

Sylvain Maillard. Une belle tête de vainqueur….

« Ainsi, nous porterons l’exigence de probité de la vie publique. Fin des conflits d’intérêt, non-cumul des mandats, suppression du régime spécial de retraites des parlementaires : la grande loi rétablissant la confiance dans la vie démocratique sera le premier texte que nous aurons l’honneur de voter. »

Novembre 2017 : La loi sur la moralisation de la vie publique, initiée par le gouvernement Macron, interdit les emplois familiaux sous peine de 45.000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement. Faute de pouvoir recruter conjoints et rejetons, quelques députés versent désormais dans les « embauches croisées ». Simple comme un coup de main entre élus, la ruse consiste à salarier le parent d’un parlementaire ami. Une pratique très prisée au FN….

Source : https://www.streetpress.com/sujet/1510077574-combine-deputes-en-marche-pour-embaucher-leurs-enfants

« Nous rénoverons notre modèle social pour en finir avec le chômage de masse qui mine notre pays, et pour que chacun puisse s’émanciper grâce à son travail. Nous poursuivrons trois grands objectifs : libérer les initiatives des entreprises, protéger les individus, renforcer le dialogue économique et social. »

Pour le moment, on a surtout « libéré » les initiatives des entreprises. La « protection » des individus ne semble pas à l’ordre du jour. Les fameuses ordonnances servent pour le moment à quelques grosses boites qui en profitent pour virer des salariés. On nous parle de « flexisécurité » mais pour le moment, c’est le salarié qui est flexible et pour la sécurité on attend toujours.

« L’honnêteté intellectuelle sera notre boussole. Nous, députés de la majorité présidentielle, resterons fidèles à ce que nous sommes et à ce pour quoi nous avons été élus : nous serons proches des Français, pragmatiques, intègres et ouverts au dialogue. »

La seule réponse en ce qui concerne la sécurité (un mot à double tranchant) vient du ministre de l’Intérieur ( ex PS) . Il a annoncé ce lundi 5 février) un partenariat renforcé entre les sociétés de sécurité privée et la police et gendarmerie. Il envisage de confier aux sociétés de sécurité privée des missions aujourd’hui exercées par la police et la gendarmerie, dans le cadre d’un partenariat renforcé.

En conclusion, tout va bien chez les godillots qui avancent en grandes pompes. Hélas, les SDF préfèrent se peler le jonc en plein hiver alors qu’on leur propose des superbes hébergements et les chômeurs indélicats utilisent leurs pharamineuses indemnités pour aller buller aux Bahamas. Un dernier point : les indemnités des députés ne seront pas assujetties à la CSG. Parce qu’ils le valent bien et que sinon ils vont manger trop de pâtes. Merci Macron qui pendant ce temps s’éclate au Sénégal même s’il n’a pas connu la chanson de Martin Circus.

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UN PETIT NICOLAS PEUT EN CACHER UN AUTRE

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Bonjour, vous ne me reconnaissez pas ? Je suis le petit Nicolas, celui qui vous faisait bien rire avec sa copine Carla qui joue de la guitare. Hein, quoi ! Vous m’avez déjà oublié ! Tout ca parce que je me suis fait virer et que j’ai été dans le privé. Bande d’ingrats !

En fait j’avais décidé de ne plus prendre la parole mais là je suis un peu obligé parce que c’est plus possible. Il y a un autre Nicolas dans l’école où j’étais avant d’être mis à la porte. Nicolas Bulot qu’il s’appelle et tout le monde dit qu’il est vachement sympa, tout ca parce qu’il dit qu’il faut changer notre façon de vivre sinon on va détruire la planète. Il me fait un peu penser au vieux papy Jacques qui disait que la maison brûle on qu’on ne faisait rien pour éteindre le feu. Des histoires pour pas grand chose rien que pour frimer devant les filles.

C’est Carla qui m’a dit que je devais parler. Elle a même dit que j’aurais pu être un prophète, alors c’est sûr que ca rend les autres jaloux, que ce soit le gros François ou ce sournois d’Emmanuel qui fait le malin parce qu’il a sauté une classe et la prof. Lui je peux vraiment pas le sentir. Il fait semblant de pas être comme nous, genre je suis pas là pour jouer au chef et puis ce qui m’intéresse c’est que tout le monde soit heureux et patati et patata.

Au final, comme d’habitude, c’est celui qui a fait le plus de promesses qui a été élu chef de classe. Mais Emmanuel il a été pire que nous. Il avait promis du rab à la cantine et puis il augmente les tarifs mais le rab ce sera peut-être l’an prochain qu’il dit. Il fait semblant d’aimer les pauvres mais il s’arrange pour que les plus riches comme Geoffroy qui a un papa qui lui achète tout ce qu’il veut ne soient pas obligés de partager leur goûter avec ceux qui n’en ont pas. Alceste trouve qu’Emmanuel a bien raison mais de toute façon, il ne partage jamais alors c’est normal qu’il aime bien Emmanuel.

Emmanuel, c’est le genre à te dire que « Si tu veux avoir un gros sac de billes comme moi tu n’as qu’à mieux travailler à l’école » ou que « De toute manière, il n’est pas le Père Noël ». Histoire de dire que c’est pas la peine d’attendre des cadeaux ». Et ses copains ils sont du même genre, à pleurer parce qu’ils mangent trop de pâtes ou parce qu’ils peuvent plus s’acheter des super jouets depuis qu’ils ont choisi d’aider Emmanuel à être le chef.

Le pire c’est qu’ils continuent à m’embêter avec l’accident qui est arrivé à Mouammar comme si c’était ma faute. C’est pourtant pas moi qui lui ait dit d’aller jouer dans un tuyau tout dégoûtant au fin fond de la Mer de sable. Et puis on dit que je l’ai fait tomber parce qu’il m’avait donné plein de sac de billes et que ça m’ennuyait de lui devoir quelque chose. Et ben c’est pas vrai et les autres c’est juste des menteurs. demandez donc à Bernard-Henry, il vous dira que je n’y suis pour rien.

La preuve que ce sont des sacrés menteurs, c’est qu’ils m’ont viré du public et m’ont obligé à partir dans le privé, soit disant qu’ils allaient diriger la classe autrement. En fait ils m’ont piqué pas mal d’idées mais comme c’est plus moi, les autres ils ne disent rien et se font faucher leurs billes sans rien dire. Et le meilleur ami d’Emmanuel, celui qui joue le bras droit, on dirait qu’il se prend pour le Bouillon. A chaque fois qu’on n’est pas content, il dit qu’il faut être pédagogue, comme si on était des fils d’imbéciles qui comprennent rien à rien. Et puis quand il fait des bêtises, il dit simplement qu’il assume. Moi ca m’assomme ce genre de truc.

Tout ca pour vous dire que j’en ai gros sur la patate et que ce Nicolas Bulot ne l’emportera pas au paradis. D’abord, je suis sûr qu’Emmanuel va lui jouer un mauvais tour d’ici peu et qu’il sera obligé de repartir à Ushuaïa en Vélib. Ca lui apprendra à ne pas avoir voulu être mon ami, moi qui pourrait faire prophète, style Saint-Nicolas,  avec mes copains Brice Boutefeux et Glauque Néant. Le Bulot finira comme Marine, au fond de la classe à se faire oublier.

En attendant, je vous souhaite de bonnes fêtes et on se retrouvera à la rentrée. Enfin j’espère.

 

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ON N’IRA (PAS) TOUS AU PARADIS (FISCAL) –

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On n’ira pas tous au paradis fiscal pour la simple et bonne raison qu’un gugusse de base n’a pas de fortune à cacher et que lorsque un citoyen lambda parvient à mettre trois ronds de côté, il optera, suivant le montant, entre un Plan Epargne Logement ou une assurance vie. Les plus retors planqueront entre une liasse de billets au fond d’un tiroir, des trucs de misérables gueux habitués à compter leurs sous. Et ne parlons pas de ceux qui n’ont rien… Ils ne comptent pas.

Alors comment voulez vous que l’immense majorité des petites gens puisse concevoir à quel point c’est dur d’être riche, voire même ultra dur d’être ultrariche? D’abord, on perd un temps considérable à compter ses richesses. Il y en a trop pour les planquer sous le matelas. Ensuite, on doit se méfier de ses amis, de ses proches, ses enfants, de tous ceux qui gravitent autour de vous. A ce niveau il y a beaucoup de requins et peu de bisounours. Souvenez vous de cette brave Liliane Bettencourt, née riche et qui a passé une vie entière à ne rien faire tout en devenant plus riche chaque année. Un ennui, mon ami, vous ne pouvez pas vous imaginer. Obligée de faire venir Jean-Marie Banier pour se distraire, courtisée par des politiciens, détestée par sa propre fille. Et bien, n’ayons pas peur de le dire, c’est une vie bien triste que celle là. Même en parvenant à éviter l’impôt sur la fortune.

Et puis ces pauvres riches n’en peuvent plus d’être premiers de cordée, d’entreprendre pendant que les autres se vautrent dans un médiocre salariat tout en aboyant sans oser mordre la main qui les nourrit et se contentent des miettes que l’on veut bien leur concéder alors qu’au final ce sont eux qui fabriquent le gâteau. Et puis tout ce gaspillage d’argent public pour soigner des impécunieux, instruire des gamins alors qu’ils pourraient travailler, un gâchis mon ami, je ne vous dis que ca. Les riches sont plutôt pour le libéralisme, une sorte de liberté trafiquée où l’on attend de l’Etat qu’il tienne les masses en respect avec l’armée et la police et rien de plus….

Dès 1995, le patron d’une multinationale suédoise basée en Suisse ( à l’époque c’était encore artisanal) s’exprimait ainsi : « Je définirai la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matières de droit du travail et de contraintes sociales ». C’est brutal mais au moins on sait où l’on va.

La mondialisation c’est aussi – grâce aux nouvelles technologies – des manières de plus en plus sophistiquées pour les très riches et les multinationales de se soustraire à l’impôt. L’argent se planque derrière des algorithmes et des sociétés écrans, des cabinets d’avocats et des banques pas toujours regardantes. Pendant ce temps, le quidam moyen s’acquitte de ses impôts, des taxes diverses qui émaillent son quotidien. Il n’a pas la possibilité de recourir à des « montages financiers sophistiqués », il n’a pas accès aux délices de « l’optimisation fiscale ». D’ailleurs on se demande bien ce qu’il en ferait puisqu’il n’a pas d’argent à planquer. Il est soigné, protégé des barbares, il a accès au porno en ligne et peut se flageller avec un bouquet de chaines, il peut acheter une bagnole à crédit, télécharger un paquet d’applications dans son portable, il a le choix entre vingt marques de yaourt, six lessives et une infinité de céréales pour être en forme dès le matin. Alors, il ne va pas prendre le risque de foutre en l’air cet équilibre boiteux qui lui permet de vivre. Il gueule pour la forme mais dès qu’il sort, le triste spectacle de ceux qui sont à la rue lui fait dire qu’il n’est pas le plus malheureux. On se console comme on peut.

Le pauvre l’a toujours un peu mauvaise lorsqu’il se rend compte que les très riches dépensent sans compter d’une main, tandis que de l’autre ils signent des chèques à des conseillers fiscaux qui mettent en place des « stratégies » très limites, bien que légales pour gruger le fisc. Le pauvre l’a mauvaise lorsque l’on vient fouiller dans ses pauvres finances pour lui gratter quelques biftons afin « d’aider les entreprises à créer des emplois » ( mais si, mais si). Le pauvre se pourrit la vie pour trouver 500 balles de plus par mois, le pauvre flippe sur une facture de quarante euros, sur le prix du café, sur le coût de la vie, la hausse des loyers, des transports. Le pauvre flippe pour trois fois rien. Le pauvre a besoin de tickets-restaurants et rêve de notes de frais. Le pauvre est fragile et il y en a partout. Un peu trop même, pense l’ultra riche, calé dans son jet privé ( exempté de TVA faut pas déconner ) en vérifiant le cours des actions de son groupe gèré d’une main de fer parce que nous sommes en guerre économique, même si le clampin de base ne s’en rend pas compte. Bien le bonjour de l’oligarchie et de la technocratie réunies.

Le grand capitaine d’industrie crée des emplois, paie des impôts, achète de l’art contemporain – un placement défiscalisé – via sa fondation, donne à deux trois associations caritatives. Et vous venez l’ennuyer pour des peccadilles, quelques millions non déclarés (quand on aime on ne compte pas), des placements financiers dans des trucs à l’éthique élastique… Mais mon bon monsieur, je ne savais pas que mon argent dormait à côté de celui du crime organisé. D’ailleurs, c’est simple : je ne savais pas qu’il était là. Si vous en aviez autant que moi, vous pourriez voir à quel point c’est difficile d’organiser ces trucs d’optimisation fiscale. Voyez plutôt ça avec mes avocats. Et croyez moi, vous êtes plus tranquille dans votre métro bondé que moi dans mon jet. Contentez vous de grommeler lorsque la presse balance quelques noms, ceux qu’elle peut donner sans trop de risques – il est des riches discrets et très méchants, contentez vous de vos appartements à crédit, de votre petit monde bien balisé, de vos petites vacances, de vos petits rêves et laissez nous jouer avec vos économies, vos vies précaires et vos rêves niais d’un monde meilleur.

On ira pas tous au paradis fiscal – il n’y a pas de place pour les impécunieux – et si vous nous emmerdez trop on va vous concocter un enfer social dont vous n’avez pas idée. Alors votez comme on vous dit, indignez vous à gogo, insoumissez vous les uns les autres mais venez pas nous chercher. Nous avons le fric, les lois pour nous et on peut même déclencher des guerres s’il le faut. Allez, circulez y’a rien à voir.

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J’ARRETE DE FUMER…..

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Un riche en prison? même pas en rêve…

J’arrête de fumer. Du tabac. Trop cher. Une décision mûrement réfléchi en concertation avec mon compte en banque. J’ai déjà arrêté les sorties, les restaurants, les cinémas, les vacances… Alors les clopes, pourquoi pas ?
J’ai heureusement retrouvé un emploi. Du coup je gagne un peu plus qu’en restant chez Paul Emploi. Ce ne sont pas les indemnités de Paul qui sont trop élevées mais en revanche on peut dire que les salaires sont bas. Enfin, faut pas que j’exagère non plus : mon salaire net d’un mois correspond grosso modo au montant de mon loyer. C’est net et pratique. Une fois le loyer acquitté, il ne reste plus rien : c’est pratique pour les comptes mais c’est un peu difficile de boucler un mois avec rien. Ben oui, en plus du loyer, faut bouffer. Et puis s’acquitter de la taxe d’habitation ( celle qu’un type avait promis de supprimer ) , la taxe d’ordures ménagères, le gaz ( Ah Dolce Vita !), l’électricité, les abonnements box/téléphone…

Alors jusqu’ici je m’en suis sorti grâce à l’aide de mes proches, et aussi en prenant un crédit chez ma banque qui enfin parvient à gagner un peu de blé sur mon dos. Mais là, j’ai plus d’idées pour trouver ce qui me manque tous les mois. Si j’étais pas chargé de famille, je me mettrai dans la vente de trucs illégaux à fumer, mais j’ai pas la tête à ca. Voler, je sais pas faire. Alors j’essaie de comprendre comment font les autres.

Je voudrais bien, comme ce brave monsieur Guéant, ne dépenser que 800 euros en 10 ans avec mes comptes bancaires personnels. S’il pouvait me communiquer la recette, ce serait sympa. Pour être franc, j’ai le sentiment de ne pas m’y prendre comme il faut. Lorsque j’entends ce bon monsieur Castaner dire que certains touchent le chômage et partent deux ans en vacances, c’est pareil, je veux bien qu’on m’explique le truc.

Quand j’étais chômeur, je n’ai jamais réussi à partir en vacances. Alors pouvoir me barrer DEUX ans cela m’interesse. Parce que, en ce moment, même en bossant, j’ai du mal à rester dans mon deux pièces. C’est vrai qu’il ne faut pas croire au Père Noël. Et que le président n’est pas venu avec une hotte pleine de cadeaux. Il est même en train d’équiper le père Fouettard avec des grenades et tout ce qu’il faut pour calmer les plus énervés. Alors, OK, je crois plus au Père Noël. Mais j’ai encore plus de mal à croire qu’en aidant les riches à payer moins d’impôts et à devenir encore plus riches, ca leur donnera envie de redistribuer un peu de leur fortune aux pauvres. Je ne crois pas au ruissellement. Enfin disons que ce qui ruisselle de haut en bas, ce n’est pas de l’argent. Ca j’en suis sûr. Parce que l’argent n’a pas d’odeur, alors que ce qui ruisselle d’en haut vers le bas, pue assez fort.

J’arrête de fumer mais je refuse qu’on m’enfume. Je refuse que l’on veuille me faire croire à la main du marché, au redressement des comptes de la nation, à la dette extérieure et à tout ce fatras de conneries dont on me rebat les oreilles depuis des décennies. Je vois juste que certains sont de plus en plus riches et que cet enrichissement ne profite qu’à eux. Que les fauchés sont de plus en plus nombreux… Que tout cela ne peut pas bien finir et que j’attends maintenant la fin de ce jeu truqué.

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