La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

CLICHES (DE)CONFINES – 3

Poster un commentaire

Métro police – Marcadet-Poissonniers

Paris 20 mai 2020 – Rue de Clignancourt.

Mai 2010 – On se fait un film catastrophe. Ca n’arrivera jamais en vrai…

Mai 2020. C’est pas un film….

Déconfinement graphique

Sur les bords du canal de l’Ourcq – Pantin

Spiderman protège les clients….

Boulevard Barbès

A emporter…

Coronavirus blues…

This gallery contains 10 photos

DES CONS FINEMENT PARTIELS

3 Commentaires

Et voilà. Demain on reprend le chemin du turbin après deux mois sans trop se croiser. Du monde dans les rues et dans les transports. Reprise sous haute surveillance et encore rien n’est garanti et nul ne sait si cela marchera ou pas. Demain, les caissiers, livreurs, et autres petites mains qui ne se sont jamais arrêté continueront à travailler comme avant. Une prime pour les mieux lotis et les félicitations d’un directeur général qui se demande comment intégrer les coûts du matériel de protection dans son budget prévisionnel. Le monde se remet à tourner, le gros moteur de l’économie mondiale, qui a bien failli caler, reprend ses tours. La machine à fabriquer pour pas cher des trucs là-bas afin de les transporter jusqu’ici pour les revendre avec une belle marge bénéficiaire devrait redémarrer avec son lot d’exploitation, de surconsommation, et de pollution.

Un autre monde est il possible ? Nous venons d’avoir la démonstration par virus interposé que la pollution atmosphérique peut quasiment disparaître des villes, qu’il est agréable de vivre sans être envahi par les voitures, que la nuit est pleine d’étoiles, que les fleurs ont une odeur, que les chants d’oiseaux sont plus doux que le bruit des moteurs. Pendant des semaines, la ville s’est tue et, sa rumeur même, qui jamais ne cesse, a cédé la place à un silence presque champêtre au plus profond de la nuit parisienne.

Mais voilà. L’économie du pays nous appelle, non seulement pour reprendre nos postes de travail, mais aussi, et cela passe avant tout, pour que nous reprenions avec une joyeuse frénésie notre rôle de consommateurs, sans quoi, à en croire les chantres du commerce et de la mondialisation réunis, rien ne va plus. Consommez pour redresser votre pays. Consommez vite avant d’être au chômage, consommez pour vous rasséréner après ces terribles semaines où vous n’avez eu accès qu’à l’essentiel. Ne vous mettez pas en tête que le monde changera si vous ne changez pas vous-mêmes. A ce titre, ces quelques semaines de confinement auront peut-être purgé nos esprits de la sanie publicitaire dans laquelle nous pataugeons, ce qui serait déjà un beau résultat.

Demain, on retrouve les autres, cet enfer comme disait Sartre. En gardant ses distances car on a pas gardé le COVID 19 ensemble. Des queues partout. Pornographie masquée de la distanciation sociale, chacun à sa place, les chefs en haut et les maillons au fond, en bas de l’échelle sociale, solidement plantée dans le fumier de la misère. La même cacophonie qu’hier, le virus en plus.

Un autre monde est il possible ? L ‘économie mondiale peut elle fonctionner sans dévaster la biosphère et sans déclencher de guerres, commerciales ou militaires ? Il est bon de se poser la question, même sans réponse immédiatement satisfaisante. Il est utile de réfléchir avant de foncer tête baissée, masqué et gel en main, dans la reprise économique. Avant le retour des cargos porte-conteneurs bourrés de marchandises pas toujours pertinentes, des fruits hors saison livrés par avion, de la foule et des récriminations, du bruit et de la puanteur de millions de moteurs, avant de reprendre la place qui m’est assignée dans la course au néant de la consommation, j’ai envie de rester en semi confinement, d’avoir encore du temps pour moi, pour les miens. Envie de dessiner, de continuer à sentir l’odeur des arbres sur le boulevard.

Pas pressé d’y retourner en somme…

 

This gallery contains 11 photos

VOYAGE EN ABSURDISTAN

Poster un commentaire

Depuis deux mois ou plus (quand on aime on ne compte pas) l’économie mondiale est presque à l’arrêt et les populations aux arrêts de rigueur, deux longs mois où les types censés diriger, paniquent plus ou moins (en fonction du niveau de liberté concédé localement) car un grain de sable bloque la machine; ils nous disent tout et son contraire – les fameuses « injonctions contradictoires » ; en France, après avoir dans un premier temps affirmé catégoriquement que nous avions des stocks de masques, le gouvernement semble avoir toutes les peines du monde à les retrouver et en commande à la Chine, pays d’où est sorti le virus et, accessoirement, dictature où l’information est contrôlée par un potentat président à vie, qui lui, ne dit rien, mais attend de ramasser la mise une fois que le virus aura fait son œuvre. Un pays « modèle » pour les apprentis sorciers qui achètent là-bas des drones très performants pour traquer les contrevenants, un pays où il n’y aurait eu que 3000 morts dus au coronavirus alors que, partout ailleurs, on les compte en dizaines de milliers.

Outre-Atlantique, le président, soucieux avant tout de se faire réélire, multiplie les déclarations stupides, propose des injections de désinfectant pour soigner les malades avant de déclarer que les conférences de presse sont une perte de temps et qu’il n’en organisera plus. C’est vrai qu’à chacune de ses apparitions, on constate sa monstrueuse imbécilité, ce qui n’est guère rassurant. Le camarade dictateur chinois se tait et compte les points.

La réalité, c’est que personne ne sait comment se sortir de cette crise sanitaire, qui n’est que le symptôme le plus frappant d’une crise existentielle de l’humanité. Gageons que les plus cyniques voient là un moyen de redistribuer les cartes, comme disent les experts en géopolitique. Il y a tant de monde sur cette planète, que l’on peut bien en laisser crever un paquet, les survivants, tétanisés comme des lapins pris dans les phares d’une voiture, seront toujours assez nombreux pour faire tourner la machine. J’exagère, oui, mais pas plus que cela. Bien sûr, il y a des niveaux dans la « gestion de crise ». En Inde, des millions de pauvres sont abandonnés à leur sort, en Chine on joue à tout va très bien Madame la Marquise, en Russie on n’entend presque rien, aux Philippines, le président ordonne de tirer à vue sur ceux qui ne respectent pas le confinement… Ici, chez nous, pas de ces mauvaises manières, bien évidemment. Il arrive, tout au plus, que dans les quartiers populaires et les banlieues, des policiers trop zélés pètent la gueule à ceux qui ne comprennent pas que c’est pour leur bien qu’ils sont confinés dans les merveilleux ensembles architecturaux construits à leur intention. Heureusement, ils sont en général couverts par leur hiérarchie et blanchis par la justice si d’aventure, leurs comportements sont rendus publics.

La réalité, c’est qu’en Absurdistan, la très grande majorité des « décisionnaires » ne vivent pas du tout comme ceux qu’ils sont censés protéger. Peu de gens d’extraction modeste parmi les dirigeants. Et lorsqu’ils feignent de s’intéresser au sort des plus démunis, histoire de jouer la « proximité » devant les caméras, ils sont aussi crédibles qu’une religieuse cloitrée parlant de l’orgasme. Il faut admettre que jusqu’ici, cahin-caha, ce petit jeu a fonctionné. Mais, face au virus, ca passe mal. Même dans les pays riches, où il y a encore à bouffer, les dirigeants sentent que la base commence à remuer. Alors, ceux là mêmes qui nous expliquaient  que « l’argent magique » n’existe pas, sortent des millions de milliards de leur chapeau pour sauver l’économie. Bienvenue en Absurdistan. Dans le même temps, vous êtes prié d’apprendre à coudre pour fabriquer vos masques en attendant que l’on vous vende ceux qui sont en route. Et puis, tout n’est pas foutu : la bourse remonte après avoir plongé, c’est le moment de faire de bonnes affaires, comme l’a finement déclaré une jeune femme talentueuse, sous secrétaire d’Etat visiblement peu au courant de la situation financière du petit peuple.

En Absurdistan, on peut même voir des prix négatifs. Le pétrole américain se vend à « moins quelque chose ». Il paraît que c’est logique, d’après les critères actuels de l’économie et de la finance réunis. En Absurdistan, on peut entendre une porte parole de gouvernement affirmer sans rire que, mettre un masque, c’est pas facile et que d’ailleurs elle en est incapable. En Absurdistan, on peut considérer que le confinement est nécessaire et obligatoire, mais que les enfants peuvent retourner dans les écoles et qu’ils sauront respecter les gestes barrière dès l’âge de quatre ans.

En Absurdistan, ce grand pays sans frontières, on est prié de dire merci à ceux qui nous prennent pour des gogols réfractaires et nous remettent dans le droit chemin grâce à des ordonnances dont l’application est confiée, non pas aux pharmaciens, mais à la police. La nicotine protègerait du virus, alors remercions les de passer à tabac les asymptomatiques.

En Absurdistan, on achète des drones et des grenades pour les forces de l’ordre pendant que le personnel soignant, ces « héros » qu’on nous recommande d’applaudir tous les soirs à défaut de revoir leurs salaires à la hausse, manque de matériel de protection et, par endroits, utilise des sacs poubelles en guise de blouses. On est pas la sixième puissance du monde sans quelques sacrifices.

En Absurdistan, on confine les citoyens mais pas le pognon qui, magique ou pas, circule mieux que jamais pour finir en petits lingots dans les paradis fiscaux.

En Absurdistan, c’est la base qui se lève tous les matins pour faire tourner la machine pendant qu’au sommet on est trop occupé à compter son pognon pour penser au reste.

Vive l’Absurdistan, pays magique où la bourse prime sur la vie.

 

This gallery contains 1 photo.

VERY BAD TRIP

Poster un commentaire

Ca y est. J’ai relu « La peste » de Camus , « Huis-clos » de Sartre, « Et le singe devint con » de Cavanna, les « Journaux de guerre » de Ernst Jünger, « La stratégie du choc » de Naomi Klein, « La planète des singes  » de Pierre Boulle, « 250 recettes de pâtes » de Giovanni Barilla, plus deux où trois polars bien saignants et quelques bouquins de science-fiction. Je suis devenu le roi du banana bread et j’ai lu à ma fille « Les aventures d’Huck Finn » après celles de Tom Sawyer. J’ai pu, en l’aidant à faire ses devoirs scolaires envoyés par internet, mesurer à quel point j’étais piètre pédagogue. Alors on a relu tous les Tintin de la maison pour se détendre. J’ai passé beaucoup trop de temps sur les réseaux sociaux, à me prendre le chou avec des gens que je ne connais pas, à partager des blagues foireuses, à en oublier la réalité, celle qui se passe en bas sous mes fenêtres et ailleurs dans le vaste monde. J’écoute un peu la radio, de la musique (moins que je n’aurais cru) et parfois des communiqués officiels pour me laver le cerveau… Le reste je m’en lave les mains ou je m’en torche. C’est selon l’humeur du moment

J’écoute la musique le soir, des trucs d’avant, sixties et seventies . Avec une certaine nostalgie car le présent n’est pas marrant et le futur s’annonce dur, alors je me réfugie dans le passé, comme l’escargot s’enfonce dans sa coquille lors des grandes sécheresses. Je suis, hélas, incapable d’hiberner en attendant des jours meilleurs. De plus ce n’est pas la saison alors on oublie cette idée saugrenue. Retour à la case confinement.

Les apéros virtuels c’est pas mon truc. Reste les applaudissements à 20 heures mais c’est un peu maigre comme lien social. Afin de ne pas trop péter les plombs, j’ai tenté de diminuer ma dose de réseaux sociaux, une sorte de distanciation psychique afin de mieux m’ennuyer à la maison. Lorsque je replonge, car c’est un des rares moyens de communiquer dans les circonstances actuelles, j’évite les polémiques foireuses et les « révélations » de ceux qui savent. En attendant, après quatre semaines de confinement, je m’emmerde grave malgré mes livres, mes films et tout le bordel accumulé au fil des ans. Ca manque de sirop de la rue, de soleil sur la peau nue, de bois, de fleurs, de nature. Et si nous devons rester enfermés,  d’herbe pour déconfiner entre les deux oreilles. Clopes et caoua ca va cinq minutes, mais ça ne vaut pas un pétard.

Le matin, j’écoute la radio, juste pour le ronron pendant que le café se fait. J’apprends ainsi avec un certain ravissement que le big boss de Carrefour, ne versera que la moitié des dividendes aux actionnaires et réduit son propre salaire de 25% (un fixe annuel de 1,5 million d’euros (!) plus une « part variable »)…pendant deux mois. Putain de sacrifice ! augmenter les salaires du petit personnel n’est même pas évoqué. On nous le martèle en boucle : c’est la pire crise depuis au moins un siècle. Pas le moment de satisfaire des revendications bassement matérialistes. Je fouille un peu sur le gugusse : énarque, Inspecteur des Finances et sa femme est « conseillère justice du Premier Ministre ». Quelle originalité !

https://www.marianne.net/economie/carrefour-le-tout-petit-abandon-de-salaire-d-alexandre-bompard

A part ca tout va bien. Moins de monde en réanimation et plus de morts. On va bientôt pouvoir retourner bosser, mais en respectant les gestes barrière : pas de manifestations, pas de pot en terrasse après le boulot (les bistrots restent fermés), une possible obligation de porter un masque ( je me réserve le droit de le décorer d’un slogan). Un déconfinement sur mesure et à la carte, métro, boulot, dodo, sous l’oeil attentif des pandores qui seront là pour trier le bon grain de l’ivraie. Ca fait envie, hein ?

Ce monde où un type peut gagner légalement des dizaines millions en exploitant ses semblables, condamnés à se lever tôt, à prendre des trains et des métros bondés, pour bosser dans des conditions déplorables en échange d’un salaire de merde, mais où fumer un joint est passible d’une amende parce que c’est interdit, ce monde là me fait chier à un point difficilement exprimable par les mots.

Pendant que nous sommes tous consignés dans nos trous respectifs, l’argent continue de diriger les dirigeants, les militaires se préparent à redessiner le nouvel ordre mondial, celui où nous aurons juste de droit d’aller bosser en fermant nos gueules. Pas sûr d’être heureux à l’idée de retrouver un monde qui ne fonctionne que si nous consommons des gadgets « made in esclavage », un monde qui a la tronche de Jeff Bezos faisant ses choux gras de la pandémie, un monde dirigé par les multinationales, un monde où je serais pisté en temps réel, mais où les capitaux continueront à échapper à l’impôt, un enfer social pavé de paradis fiscaux… Ce monde me fout la gerbe et, malgré ma gentillesse naturelle, me fait rêver d’émeute.

This gallery contains 6 photos

UN VIRUS PEUT EN MASQUER UN AUTRE

2 Commentaires

Un virus, comme un train, peut en cacher un autre.  Et si nous arrivons un jour à nous débarrasser du coronavirus, il sera grand temps de ce pencher sur un autre virus, autrement pernicieux et qui a contaminé l’humanité depuis des décennies sans que rien ne soit fait pour l’éradiquer. Au contraire, il a été cultivé, « amélioré », puis répandu au quatre coins du monde en dépit de l’opposition d’une frange de la population.

Le connardovirus, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été mis au point par des économistes dévoyés, « amélioré » par les commerciaux, avant d’être disséminé par les publicitaires et, aujourd’hui, nous sommes dans notre immense majorité, porteurs et atteints à des degrés divers, et seule, une infime minorité de l’humanité peut se prétendre immunisée.

Les symptômes du connardovirus, selon les épidémiologistes, sont les suivants :

– perte de sensibilité

– repli sur soi-même

– manque d’empathie

– besoin compulsif de consommer

– Financiarisation à outrance

Voilà pour les symptômes. La maladie, une fois déclarée, se traduit par la destruction de l’environnement, social et naturel. La fièvre monte et se traduit au niveau social par des conflits de basse intensité dans un premier temps, qui peuvent entrainer des complications allant jusqu’à l’émeute et dans les cas extrêmes à la guerre. Cette fièvre s’attaque également à la biosphère, entrainant, via l’augmentation de la température, des changements importants dans le climat ( fonte des calottes glaciaires, augmentation des phénomènes climatiques extrêmes).

L’origine de ce virus n’est pas encore clairement établie. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il est un pur produit  humain et n’a rien de naturel. Il semble avoir été présent sous une forme bénigne depuis des temps immémoriaux, mais depuis le début du 20ème siècle, certains facteurs auraient pu le modifier, le rendre plus agressif, plus contagieux et le répandre un peu partout, en partie à cause de l’émergence de nouveaux secteurs de l’activité humaine.

Les facteurs aggravants qui ont abouti à la pandémie actuelle sont , entre autres maux, le lobby publicitaire, qui, exaltant un mode de vie prétendument libérateur, a considérablement augmenté la tendance de l’être humain à la consommation, l’amenant, par le biais de messages omniprésents et envahissants, à passer du nécessaire au superflu, voire à l’inutile. De nombreux politiciens sont également en cause, dans la mesure ou ils choisissent, dans leurs programmes et leurs discours, de flatter l’électeur plutôt que prendre le risque de s’adresser à son intelligence. Le troisième facteur aggravant est l’importance croissante, sinon omniprésente, de la finance qui tient pour acquis le fait que tout a un prix, qu’il s’agisse d’artefacts humains , de ressources matérielles, voire immatérielles. L’univers entier est à vendre, l’air, l’eau, l’espace, etc…

La récente symbiose, initiée il y a environ 40 à 50 ans, entre la politique, la finance et la publicité, s’est accélérée depuis une vingtaine d’années, avec une élévation notoire du taux d’émissions crétinisantes dans les médias, sous l’appellation trompeuse de « divertissements », entrecoupées de spots publicitaires, ce qui a entrainé de facto une grande part de l’humanité dans une voie sans issue consistant à consommer toujours plus, mais sans jamais s’en satisfaire, car le bonheur qui, selon le lobby industrialo-publicitaire, devrait en découler n’est pas au rendez-vous. Passé le bref orgasme de la possession d’un nouveau produit, le patient infecté retombe rapidement dans la dépression et l’angoisse existentielle. Le seul moyen d’y échapper, étant de satisfaire l’envie infantile d’un nouveau produit, qui, à en croise les messages publicitaires, serait plus performant que le précédent, qui devient bon à jeter.

Le Connardovirus a ainsi infecté en profondeur l’humanité au cours des 50 dernières années. On peut en guérir, mais les séquelles sont irréversibles au niveau environnemental ( pollution de la biosphère, extinction massive des formes de vies non-consommatrices ), ainsi qu’au niveau mental. L’individu qui tente de lutter contre le connardovirus en limitant sa consommation à l’essentiel se voit taxé de naïveté dans le meilleur des cas. Si certains se regroupent pour tenter de contrer le connardovirus en unissant leurs forces, ils sont rapidement en butte à des réactions violentes des pouvoirs en place, pouvant aller jusqu’à l’usage de la force, voire l’emprisonnement ou, dans les cas les plus extrêmes, la mort.

Pour résumer, le connardovirus est extrêmement violent dans ses conséquences , tout en se répandant de façon pernicieuse. Les gestes barrière sont les suivants :

– ne consommer que le nécessaire

– éviter les émissions médiatiques les plus toxiques

– réfléchir avant d’agir

Ces gestes, s’ils sont appliqués, permettront, à défaut de l’éradiquer, de contenir le connardovirus dans des limites acceptables.

This gallery contains 2 photos

STRANGE DAYS ou JOURS « TRANQUILLES » A PARIS

Poster un commentaire

Depuis plus d’un mois, je sors le moins possible pour plusieurs raisons. La première, c’est d’éviter de choper ou de refiler l’ami Corona. De plus, mes finances ne m’autorisent pas à prendre une amende au montant variable en fonction du degré de compréhension des patrouilles qui quadrillent le quartier. La troisième raison, c’est que cela fout le cafard d’imprimer une « attestation dérogatoire » afin d’évoluer dans ce qui était l’espace public, devenu une sorte de zone grise où l’on ne peut plus se déplacer sans raison impérieuse. Et encore, ceci reste à l’appréciation des contrôleurs qui peuvent, pour peu qu’ils soient mal lunés ou tout simplement bornés, décider de la pertinence de mes achats ou de mon envie de marcher dans le quartier pour ne pas rouiller entre frigo et canapé. Envie de marcher par ailleurs fortement tempérée par l’aspect peu réjouissant d’un quartier à demi-mort, où presque tous les commerces ont baissé le rideau et où il convient de s’écarter les uns des autres, ce qui confère à la promenade un étrange aspect. La pratique sportive, dont je me passe fort bien depuis un demi siècle, ne me manque guère, au contraire de ces errances à la pêche aux images dans les rues de la ville.

Je passe du temps à la fenêtre, j’ai la chance de donner sur le boulevard. Pour la petite histoire, lorsque j’ai emménagé ici il y a quelques mois, je pensais qu’en été, avec le bruit, je ne pourrais pas ouvrir les fenêtres. Pourtant, grâce au virus, si j’ose dire, qui a fait chuter drastiquement la circulation, je peux les ouvrir largement et, cerise sur le gâteau, respirer un air moins puant. Ce n’est pas la campagne, mais, indéniablement, l’atmosphère est purifiée. Dans la cour, un cerisier en fleurs embaume jusqu’à l’intérieur de l’appartement. J’en profite avant le retour du bruit et des odeurs automobiles, rançon urbaine en ce troisième millénaire qui, à défaut d’être mystique, s’avère viral. Les tabacs et les caves à vin faisant partie des commerces de première nécessité, je peux continuer à me relaxer, mais dans le respect des traditions locales. Les autres possibilités de détente, plus exotiques, restant prohibées, je fume du tabac en attendant des jours meilleurs.

Confiné, il ne me reste plus qu’à observer le théâtre de boulevard, ou ce qu’il en reste. Au sud, le regard s’arrête au niveau de Château Rouge, au nord, à la rue Ordener. Vision réduite un peu plus chaque jour au rythme de la poussée du feuillage des arbres bordant le boulevard. Au sud, la queue devant Carrefour, puis une autre devant un local reconverti en centre de distribution alimentaire. Vers le nord, peu de passage, mais des amis vivant sur l’autre rive du boulevard. En face, Franprix reste ouvert (tous les commerces sont fermés, seule une petite supérette résiste…) Voilà pour le décor. Les acteurs, moins nombreux qu’à l’ordinaire, se classent en deux catégories principales  : les exclus, confinés dehors avec leur sacs plastique, et les inclus, confinés dedans avec tout ou partie du barda supposé indispensable à la vie en milieu urbain. Reste à savoir qui est le mieux connecté au réel, l’exclus dans la galère ou l’inclus auto-confiné sur les réseaux sociaux. L’un voit ce qui se passe dans les rues adjacentes au boulevard, l’autre zappe entre New York, Wuhan, Bombay et les sites de « ceux qui savent ». L’exclus, le soir, ramasse les mégots et fait les poubelles, indifférent au virus, alors que l’inclus, conscient de risquer gros chaque fois qu’il touche quelque chose d’extérieur, flippe à chaque sortie, même masqué.

 

Entre ces deux catégories, d’innombrables uniformes tentent d’arbitrer. Rôle ingrat consistant à vérifier que celui qui va bosser la trouille au ventre a bien son attestation dérogatoire lui permettant d’aller faire tourner la machine. Je fais partie de ceux dont l’activité n’est pas indispensable, et ne sais si je dois m’en réjouir ou pas. Le fait est qu’un musée, en ces temps viraux, est un luxe dont on peut se passer. Du coup, me voilà planté à la fenêtre, à remâcher mes aventures sur la route, mes voyages intercontinentaux en avion, ou à relire ce que je redécouvre dans ma bibliothèque. Ce matin, c’est « la maison du retour écœurant » de Pierre MacOrlan, qui dans sa préface, datée de mai 1924, écrit : « Un pays, le monde, ne peuvent pas plus éviter la guerre que la peste. C’est une vision bacillaire de la vie, une agitation microbienne comme certaines préparations peuvent en montrer aux habitués du microscope, où l’homme perd en quarante-huit heures tous les bénéfices de sa sensibilité ». 

Installés avec plus ou moins de bonheur dans ce confinement, nous vivons au jour le jour, tant il est difficile de se prononcer sur la durée de la pandémie. Pourrons nous un jour retrouver l’insouciance des jours sans virus? Embrasser les autres, abolir la distance physique, recommencer à vivre plus ou moins normalement? Probablement, car l’être humain se nourrit de rencontres et d’échanges, mais nous devrons sûrement attendre encore, sortir masqués, dans un monde où les voyages seront moins faciles, où les frontières ne se rouvriront qu’avec parcimonie. A l’inverse d’une guerre, à laquelle on peut décider de mettre fin par un traité ou un armistice, nous sommes confrontés à un virus qui ne connait ni trêve, ni traité, ni armistice, et le redémarrage vers une vie « normale » prendra un certain temps. Concrètement, tant qu’un vaccin ne sera pas mis au point, nous vivrons avec une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Pas très folichon mais bon, il faudra bien reprendre le chemin de l’extérieur pour recommencer à vivre avec nos peines et nos joies, nos pleurs et nos rires. En attendant, lorsque je regarde par la fenêtre, j’ai de plus en plus la sensation d’être un poisson qui tourne en rond dans son bocal. Et le contact avec le monde extérieur par écran ou téléphone, s’il permet de préserver quelque lien, ne vaudra jamais un face à face dans la vraie vie.

Le seul voeu que je me permettrai de formuler, c’est que nous sortions de cette épreuve un peu plus conscients de la fugacité de l’existence, un peu plus humbles et un peu moins agressifs. Ce serait déjà un pas vers un monde plus supportable. Pas de révolution, car une révolution c’est un tour complet autour d’un corps céleste, ce qui nous ramène immanquablement au point de départ, mais une évolution en profondeur où nous tirerions les leçons de ces temps étranges où un minuscule virus a fait basculer une bonne partie de nos très relatives certitudes, qu’elles soient d’ordre économiques, sociales, où même personnelles.

This gallery contains 2 photos

Nous sommes tous des pangolins chinois

Poster un commentaire

Ben voilà. On peut se mettre le muguet du 1er mai où je pense. Le virus se marre et continue à se balader, narguant les scientifiques, les politiques et tous ces fameux « experts » qui s’autorisent à penser comme disait Coluche. L’humanité s’affole et le virus rigole. Enfin je suis pas sûr qu’un virus ait le sens de l’humour, mais ce petit machin est le grain de poussière qui bloque la machine à consommer, nous confinant avec nos ordis, nos dosettes de café, nos lingettes et nos objets connectés. J’entends dire que c’est une catastrophe dans les pays dit émergents. Les ouvrières de Dacca ne peuvent plus se faire exploiter par les nouveaux esclavagistes car l’Occident ne commande plus ni baskets, ni fringues. Comme toujours, quand les gros maigrissent, les maigres meurent. Rien de nouveau sous le soleil.

Lorsque l’on rêve du monde d’avant, de quoi parle t’on ? D’un monde où les pays riches vendent de l’armement aux dictatures? d’un monde où l’on est incapable d’éradiquer certaines maladies en Afrique pour de sordides raisons de financement ? d’un monde où une poignée d’humains détient 90% des richesses pendant que d’autres meurent de faim ?

Sérieusement, vous avez envie de continuer comme ça ? Pas moi. Hélas, il y a gros à parier que, dès que l’on aura l’impression d’avoir terrassé le dragon, les affaires reprendront comme avant. En moins rigolo. Les ultra-riches ont perdu un pognon de dingue et vont vouloir reprendre leur place dans le Top 50 des plus milliardaires des milliardaires. On va nous remettre au boulot, à coup de pieds dans le cul, pour redresser l’économie, installer la 5G qui ne sert à rien, reprendre la course au « progrès » pendant que nos frères humains seront repoussés aux frontières de l’Europe qui n’est au final rien d’autre qu’un supermarché bien achalandé entouré de pays pauvres. D’où les vigiles à l’entrée. Pendant que nous errons entre frigo, écran et plumard, les « stratèges » pensent déjà à l’après. Les grandes puissances, impuissantes devant un virus, cherchent discrètement le meilleur moyen d’écrabouiller le voisin, économiquement ou militairement – les deux options produisant chacune leur lot de misère, afin de maintenir leur illusoire suprématie.

Je relis Cavanna. Plus précisément son opuscule joliment titré « Et le singe devint con ». Il était lucide et sans illusion, Cavanna. Le singe est devenu con. Plus con qu’avant même. Il s’est affranchi de tout, ce drôle d’animal qu’est l’homme et qui singe le surhomme. La nature ? Un réservoir de ressources pour faire du profit. Les animaux ? Domestiques, ils sont élevés dans des conditions ignobles pour finir en barquettes plastique afin de remplir nos insatiables estomacs. Certains, dit « de compagnie »ont droit aux croquettes bio. Les animaux sauvages, c’est plus facile. On rogne sur leur habitat, on flingue les plus beaux pour accrocher leurs têtes empaillées dans le salon et faut se grouiller car il y en a de moins en moins. On est même obligé d’en élever pour les lâcher dans les pattes des gros cons de chasseurs. En plus, ces animaux sauvages nous refilent leur vérole. Flinguons les tous, en commençant par les pangolins et les chauves-souris. Après quand nous serons les seuls occupants de la planète et que tout partira en couille, mais vraiment en couille – ce coronavirus n’est qu’un amuse-gueule – on pourra toujours remettre le cannibalisme au goût du jour pour les nostalgiques du steack saignant.

On fait quoi alors ? J’ai deux trois idées en tête. Un peu folles, bien sûr, mais c’est le confinement qui me rend neuneu.

Pour commencer, on supprime les bourses, ce qui revient à castrer le capitalisme. On peut aussi fusiller les traders, dans un bel élan révolutionnaire, mais il serait franchement plus juste de les faire bosser comme caissiers, éboueurs, livreurs de pizza, aides soignants, le tout aux salaires actuellement concédés à ces « héros » comme on dit depuis qu’en haut on se chie dessus de trouille devant la belle machine à faire du fric qui marche plus aussi bien. Après, comme nous avons des pâtes et du PQ, on reste chez nous et on ne retourne pas au boulot. Ou si on y retourne, on occupe les locaux, pour une grosse putain de grève avec des barbecues, des brochettes et des feux d’artifice … Comme ça on ira dans le mur plus vite au lieu de continuer à vivoter comme des cons avec nos poires bio qui viennent de l’autre bout de la planète, nos indispensables gadgets fabriqués par les prisonniers dans les camps chinois ou par des quasi esclaves dans des pays lointains.

Mais on risque bien de ne pas se marrer dans les années à venir. Ce virus est un symptôme de la faillite de l’Homme qui, en 2020, avec son savoir et les moyens dont il dispose, n’est toujours pas capable d’éradiquer guerres et famines. Pourtant tout a été dit quelques millénaires auparavant. Dans ce naufrage collectif , les seuls qui me parlent sont quelques philosophes. Les politiciens, les technocrates, les « capitaines d’industrie » peuvent aller se faire foutre. Ils n’ont rien d’autre à nous fourguer que des incantations pour sauver le marché, un truc auquel ils ne croient pas eux-mêmes. Nous sommes tous des pangolins chinois.

This gallery contains 5 photos

A PAQUES OU A LA TRINITE

Poster un commentaire

Joyeuses Pâques !  C’est la résurrection du vieux monde d’avant, avec les mêmes idées moisies, les patrons qui commencent à relever la tête pour nous expliquer qu’il faudra, dès que possible, retourner travailler pour gaver des actionnaires reconstituer des marges et de la trésorerie, et que les augmentations évoquées concernent les heures travaillées mais pas les salaires. J’ai envie d’envoyer chier ces vautours et de faire un petit tour ou deux ou trois avant de reprendre le chemin du travail qui s’annonce sous de tristes auspices. Si nous ne sommes pas sur nos gardes, les « héros » du moment, adulés depuis que tout le monde se rend compte de leur présence, redeviendront les clampins d’avant et les dirigeants continueront à diriger, mais avec fermeté, car il est vital de « redresser » l’économie.

Joyeuses Pâques. Les cocus au balcon, et, promis, on vous attend au boulot dès que possible mais en même temps restez chez vous pour sauver des vies. Les masques arrivent à pied par la Chine et le gel c’est pas vraiment indispensable, vu comment on va vous vaseliner le fondement au nom de la patrie en danger. Les cloches c’est vous. Pas besoin d’aller à Rome, on vous a sous la main, enfermés chez vous, c’est très bien ainsi, ça évite que les mauvais citoyens manifestent sous de mauvais prétextes dans l’espace public. Vous pouvez nous maudire sur les réseaux sociaux, on s’en bat les couilles de vos indignations virtuelles et les drones vous surveillent .

Les bourses qui ont dévissé aussi fort qu’en 1929 remontent gentiment en reniflant l’odeur du brave con qui va pouvoir, ô joie, ressortir un jour de son trou afin de, merci patron, retourner bosser et produire pour un salaire bloqué, forcément bloqué, soyez solidaires les amis, aidez nous à nous refaire, nous les ultra-riches qui avons perdu un pognon de dingues.

Joyeuses Pâques ! C’est la résurrection d’un vieux monde qui pue de la gueule, la pastille Vichy passe mal, mais nous ne désespérons pas de vous remettre dans le droit chemin, celui de la vertu, de l’ordre moral et des saines valeurs du travail, de la famille et de la Patrie. Faites nous confiance. Ne venons nous pas de faire preuve de bonté en vous mettant au chômage technique, pris en charge par l’Etat bien sûr, car nous avons déjà tant souffert du montant confiscatoire de l’impôt, des 35 heures, des gilets jaunes et de tout ce prurit humanitaro-gaucho prétendant mieux répartir les ressources. Elles nous semblent excellemment réparties à ce jour. Une minorité qui pète dans la soie, et le gros des troupes qui fait tourner la machine. Ca nous semble parfait et on voit pas bien pourquoi cela devrait changer. Il parait que la biosphère part en sucettes, que le temps nous est compté ;  il est donc normal, dans ces conditions, que nous tentions tout pour sauver nos billes, nous, l’élite du monde, les premiers de cordée, quitte à sacrifier les sherpas…

Joyeuses Pâques ! C’est la résurrection des politiciens qui se pensent tous plus intelligents que les autres, mais qui, faute de pouvoir fournir tests ou masques, nous ont dit tout et son contraire pour masquer leur impéritie. Il paraît que le peuple déconfiné, ca les inquiète un peu. On s’attend à ce que pas mal de confinés ne retournent pas droit dans leur boite. Ils pourraient même, droits dans leurs bottes, manifester leur colère dans les rues, ces ingrats…. Mais, que les rupins se rassurent car si l’on manque de moyens de protection, les forces de l’ordre sont bien dotées en armes, létales ou pas.

Joyeuses Pâques….. Si tout baigne on sortira un jour. A Pâques ou à la Trinité….

 

This gallery contains 2 photos

CHAUD CHAUD LE PRINTEMPS EST CHAUD

1 commentaire

Si le présent est problématique c’est en partie parce que depuis des décennies, personne ne veut réfléchir à l’après et se contente de  consommer  vivre au présent. Depuis quelques semaines, le présent c’est « T’es puni, reste dans ta chambre et laisse les grandes personnes décider pour toi », les patrouilles de flics pas toujours bien intentionnés tenant le haut du pavé, les ausweis pour évoluer sous conditions dans l’espace public. Il est donc salutaire de réfléchir à l’après qui ne doit être ni « comme avant » et encore moins « comme en ce moment ».

Pendant qu’on vitupère sur la poignée de zozos qui ne respectent pas les consignes, que les corbeaux dénoncent le voisin qui sort son chien deux fois par jour, on évite le vrai débat qui est celui du libéralisme, de la casse des services publics, etc…. Mais faire le procès de la classe politique ( de « gauche comme de droite) qui nous a fourgué ce truc n’est pas vraiment ce que cherche le pouvoir… En tout cas, malgré quelques pseudo-prises de conscience aimablement médiatisées, on sent bien que ce n’est pas à l’ordre du jour et que la chasse au « mauvais citoyen » reste un bouc émissaire des plus commode pour évacuer les frustrations des confinés qui commencent à trouver le temps long.

 

Les dirigeants nous font bien sentir que c’est nous qui ne sommes pas raisonnables. C’est vrai quoi, merde, il fait beau et vous voulez sortir, ce n’est pas sérieux. Le pouvoir, comme d’habitude, se dit qu’il doit faire preuve de plus de “pédagogie” (du grec παιδαγωγία, direction ou éducation des enfants mous). La pédagogie du pouvoir pouvant, le cas échéant, être appliquée à coups de matraque, de lacrymos et de balles en caoutchouc pour les démocraties, et à balles réelles dans les dictatures. « Qui aime bien châtie bien »…

Pour le moment, nous voilà tous confinés, avec des fortunes diverses, plantés devant nos écrans d’ordi, vautrés devant des séries télé, livrés au bon vouloir des fournisseurs d’accès, ces nouveaux seigneurs de monde moderne. On peut, l’espace d’un instant, se dire que c’est une opportunité. On peut passer du temps avec sa famille, bouquiner, nettoyer à fond son appartement, faire des pompes au milieu du salon et tout le tralala. Mais au bout d’un moment, cela devient pesant. On a envie de jouir du soleil sur nos peaux, de retrouver les amis « en vrai », voire même de retourner se faire exploiter au boulot. C’est vous dire à quel point on est mal.

Certains rêvent de couper des têtes pour se venger, d’autres nous vantent les joies du confinement. Ces derniers appartenant en général à la frange aisée de la population, disposent d’appartement spacieux, et, grâce à leur notoriété, d’un accès privilégié aux médias. Nous avons droit aux « recettes » d’Arielle Dombasle qui s’affirme « rebelle » (sic), aux divagations prétendument « philosophiques » d’intellectuels germanopratins privés de mondanités plaignant, du fond de leurs bibliothèques, ceux qui sont dépourvus de richesses intérieures ( les gueux, les cons, quoi, mais ils n’osent pas l’exprimer aussi crûment car ils ont fait des études).

Nous voilà donc en quatrième semaine du Coronathon et le suspense mollit un peu. Ce Loft planétaire est de moins en moins amusant, même avec l’accès libre Premium aux sites de cul. Petit à petit, on nous laisse entendre que « ca pourrait durer jusqu’à la fin du mois », que « ce sera long et difficile », qu’il faudra faire des sacrifices pour relancer l’économie… Merci les gars, on a compris. On a même une vague idée de qui sera sacrifié sur l’autel de l’économie libérale et de la mondialisation heureuse réunies. On se demande juste si le pouvoir renoncera à tous les gadgets sécuritaires qu’il peut tester en conditions réelles au nom de l’état d’urgence sanitaire. C’est tellement pratique le flicage massif de nos déplacements grâce aux puces des portables – sans parler de ces drones qui surveillent les pedzouilles –  qu’il doit être tentant pour certains d’en maintenir l’usage un fois que tout sera redevenu “normal”. Le confinement massif rend peut-être paranoïaque, mais à chaque fois que je vois la tronche du préfet de police, celui qui, avec sa casquette galonnée et ses lunettes, me rappelle fâcheusement un homologue à lui, allemand et sapé par Hugo Boss, qui sévissait entre 33 et 45 ( tours et puis s’en vont) que je me dis que le pire est toujours possible.

T’es sérieux mec ? ( capture d’écran 8/4/2020)

 

Depuis qu’on clame à tort et à travers que le printemps sera chaud, celui ci, pour l’instant silencieux, risque d’être chaud bouillant . Encore quelques semaines de confinement et on sera tous mûrs pour péter les plombs en grand, malgré les flics et le virus, juste pour aller dehors parce que, oui, faut rester à la maison, mais non, on veut plus retourner faire tourner la roue comme des hamsters sous amphétamines pendant que des gros culs font fortune sur notre dos. Faudrait juste trouver des moyens d’inaction non violents, faute de quoi ca va éclabousser grave…

This gallery contains 2 photos

BARBES BLUES REVISITED

Poster un commentaire

Dimanche. Je me réveille. Zut ! Dans mon rêve j’étais dehors, entre Gavarnie et Ordesa, en pleine montagne sur la ligne de crête des Pyrénées. Devant moi, la cime majestueuse du Mont Perdu et, à mes pieds, les fleurs cotonneuses des linaigrettes se balançant sous le souffle doux d’une petite brise. Oublie ca mon gars, t’es à Paname, la Ville Lumière, et en bas, c’est Barbès. Un boulevard semi-désertique depuis plusieurs semaines. La nuit, lorsque je suis allongé sur mon canapé à la recherche du sommeil et des rêves, mon plafond s’illumine parfois de flashs bleus quand les véhicules d’intervention, police ou ambulances, glissent en silence sur l’asphalte.

De l’autre côté du boulevard, la queue se forme déjà devant la supérette où il n’y a plus un gramme de farine. C’est raté pour les crêpes. Un peu plus loin, une femme africaine est là, avec ses trois gros sacs remplis à ras bord de je ne sais trop quoi. Depuis le début du confinement, elle apparaît avec régularité, se pose côté soleil, puis disparaît mystérieusement. Ce matin, elle chante une étrange mélopée dans une langue qui m’est inconnue. Un chant ni gai ni triste, une mélodie qui rebondit sur les façades. La journée démarre.

Sous mes fenêtres, une autre queue se forme devant le bâtiment EDF temporairement recyclé en point de distribution de nourriture pour les plus démunis. Plus loin une autre queue se forme devant le Carrefour, la plus longue de ce tronçon de boulevard auquel se réduit ma perception physique du monde extérieur depuis que je suis confiné avec femme et enfant.

Nos vies se sont rétrécies d’un coup à cause d’un virus. Nous sommes tous en état de stupeur plus ou moins prononcé. Les actes les plus anodins deviennent des aventures. Remplir une attestation dérogatoire pour aller faire les courses ou sortir s’aérer dans des rues quasi vides où presque tous les commerces ont baissé le rideau. Le virus a frappé plus fort que tous les mouvements de contestation des deux dernières années.

Comme jusqu’ici, les chaines d’approvisionnement fonctionnent tant bien que mal, je peux préparer le petit déjeuner. Dehors, quelques piétons, peu de voitures. On dirait l’Albanie en 1960, ou la Corée du Nord sans les rassemblements massifs à la gloire du leader.

En buvant mon café, j’écoute la radio. Le décompte des morts, ici, ailleurs, là-bas… La météo. Températures au delà des normes saisonnières. Tant mieux pour les malheureux qui vivent à la rue. Mais l’envie d’extérieur monte au rythme du thermomètre. Je crève d’envie de prendre un train de banlieue pour me balader dans les bois où fleurissent les campanules. Mais voilà. Ce ne serait pas très raisonnable dans le contexte actuel.

J’ai envie d’être dans les jardins du musée où je suis, en temps normal, chargé d’accueillir les visiteurs. Mais le musée est fermé, les visiteurs confinés un peu partout sur la planète. Chômage technique. Payé à ne rien faire. Attendre, encore et toujours comme dans une chanson de Téléphone où Aubert gueulait à pleins poumons « Pourquoi toujours attendre ? ».

Le présent pas folichon et l’avenir incertain m’amène à me réfugier dans le passé, les voyages et les errances, les bons moments entre amis. On espère tous qu’un de ces quatre, on pourra prendre un pot en terrasse avec les potes, que l’on pourra de nouveau retourner au boulot en sachant qu’il ne faudra que quelques jours pour que l’on recommence à maudire nos maigres salaires et les petits chefs. L’homme est ainsi fait.

Il est dix heures et quelque chose. Dehors : rien. Dedans : pas grand chose. Je pianote sur le clavier, ricane devant quelques unes des sales blagues qui tournent car le rire est propre de l’homme. La connerie aussi au vu de certaines publications. Je bénis les technologies qui permettent de prendre des nouvelles d’amis plus ou moins lointains. Cela fait trois semaines que je n’ai pas vu, sauf à l’écran, mon frère qui vit à deux pas. Hier soir, un ami me téléphone depuis les collines au dessus d’Auxerre, il est en vélo au milieu des vergers. Je connais l’endroit et, si je ferme les yeux, j’ai presque la sensation que nous sommes physiquement côte à côte. Un autre ami, coincé dans une bourgade équatorienne peut donner de ses nouvelles. Un luxe dans la débandade.

Je pense à tous les pays où, sans virus, la vie est déjà infiniment plus compliquée que chez nous. Je pense aux soutiers du Tiers-monde, confinés et entassés sans eau ni électricité. Nous sommes des confinés chanceux. Ne pas l’oublier dans ces moments où l’angoisse monte.

Je pense aux détenus. L’un deux, libéré récemment, confiait que c’était un comble de sortir de prison pour devoir se confiner. Sacrée punchline.

Dehors, la femme qui chantait est repartie. Le soleil monte. Il va faire beau. Devant moi, toute une journée à remplir. Une page blanche et le niveau d’encre qui baisse dans les cartouches de l’imprimante.

This gallery contains 3 photos

CONFINUS CASSECOUILLUM EST

Poster un commentaire

Instruit de ces dispositions par le préfet Germanicus qui surveillait les réseaux sociaux, Macronus arrêta son plan de confinement comme il suit. Il fit passer des décrets et des ordonnances dont la teneur était pleine de rigueur. Tout le monde dut se retrancher à vingt pieds l’une de l’autre, il voulait par là ( car on avait été obligé d’embrasser un si grand espace que nos policiers n’auraient pu aisément en garantir tous les points ) prévenir les sorties sans attestation ou les promenades nocturnes, et garantir durant le jour nos travailleurs sans protection des attaques du virus.

 

Dans ces ordonnances, Macronus décréta l ‘état d’urgence sanitaire et augmenta la durée légale du travail , et un confinement général de quinze jours renouvelables ad libidum. Dans les insulae de banlieue, situées dans des terrains bas et incultes, il laissa faire les commerces de proximité. Derrière la barrière du périphérique, il éleva une terrasse et et un rempart de douze pieds, il y ajouta des contrôles de légionnaires et fit augmenter le montant des amendes pour rendre les déplacements des contrevenants plus onéreux. Tout l’ouvrage fut consolidé par les dénonciations des citoyens vertueux.

 

Il fallait dans le même temps aller chercher des masques et des vivres, et employer dans les hopitaux du personnel, diminué de ceux qui étaient contaminés. Souvent encore, les Gaulois essayaient de s’aérer et faisaient par plusieurs portes les sorties les plus vigoureuses. Macronus jugea donc nécessaire d’ajouter quelques décrets à ses ordonnances afin qu’un moindre nombre de policiers put les faire appliquer. A cet effet, on fit appel à VIGIPIRATUS (…) Ce travail fini, Macronus fit réduire le nombre de trains intercités. Il voulait, qu’en cas de retour de ceux qui s’étaient réfugiés dans leur domus secondaires de province, les gares ne pussent être investies par une mulititude nombreuses. Enfin, pour prévenir les dangers auxquels les policiers pourraient être exposés à cause du manque de masques, il ordonna que chacun se munit de papier cul et de vivres pour trente jours

This gallery contains 6 photos

GROS DEGEULASSE EST CONFINE

Poster un commentaire


Dimanche. Je me frotte les yeux au fond de mon pieu puis j’explore mes fosses nasales. Il est quelle heure ? La pile de l’horloge est morte. J’ai l’heure exacte deux fois par jour c’est déjà pas mal. Dehors, il fait jour. Je passe dans la cuisine et lance un café. Dehors il fait frais. Le café est prêt. Dehors y’a pas un chat. Les sacs plastique, poussés par le vent, remontent le boulevard comme les tumbleweed dans les westerns. Je sais plus quoi lire. J’ai dévoré « La Peste » de Camus, « Huis clos » de Sartre, « Les mémoires d’un révolutionnaire » de Victor Serge. Reste le catalogue Ikea. Dehors y’a pas un rat. Tartines de pain sec et confiture en écoutant la radio. On me propose une recette de cuisine pour le confinement : un carpaccio de Saint-Jacques. Sans rire. Je contemple mon paquet de pâtes. J’ai du rater un épisode. Dehors y’a des poulets. J’allume l’ordi et contemple les photos et les vidéos des provinciaux qui se la donnent dans leur jardin en mode t’as vu comment c’est cool la campagne. M’en fous. La campagne c’est plein d’insectes, de pedzouilles et de bouses de vaches, avec des coqs qui gueulent dès que le soleil se lève et des grenouilles qui coassent dès qu’il se couche avec rien entre les deux. Ici au moins, je peux regarder filer les ambulances à fond la caisse parce que, à part les poulets et les bagnoles de Vigipirate, y’a pas grand monde qui roule. Du coup, par une association sémantique basique, je m’en roule une petite pour passer le temps à la fenêtre. Je sais pas si j’ai vraiment l’envie de lire « Les mains sales ». Faudrait que je me sorte les doigts du cul. C’est une image bien sûr. Je suis comme tout le monde en deuxième semaine. Content de ne pas avoir été éliminé. Mais j’en ai un peu marre de ce jeu à la con où le seul truc à gagner sera de retourner bosser quand ca ira mieux.

Vivement 22h30 que je puisse aller sur You Porn pour suivre les bons conseils de la Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. Excusez du peu. En attendant je tourne un peu en rond dans ma carrée à chercher un angle pour mon journal de confiné. Je trouve pas. Histoire de me changer les idées je m’autorise une sortie à titre dérogatoire. Quelle case cocher ? Faire du sport ? J’ai pas la tête à çà. Au propre comme au figuré. Bon je vais cocher achats de première nécessité. Je ne suis pas obligé de dire que c’est pour pécho un pochon. J’ai qu’à dire que je vais au pain. Et toc ! Et si on me contrôle, je peux toujours dire que je suis sorti pour choper un bâtard. En espérant qu’ils ne le prennent pas pour eux. Ils sont nerveux en ce moment les poulets. C’est vrai que contrôler des mecs dehors sans masque et sans gants, c’est moyen. Heureusement qu’avec un taser ils peuvent garder une distance de sécurité. Saleté de toux ! Je glaviote un bon coup par la fenêtre et, comme par hasard, un mec qui passait en bas se le prend sur la tronche et il gueule en bas de chez moi. Je lui jette un kleenex mais il gueule encore. Les gens sont chiants et vachement intolérants je trouve. Surtout depuis deux semaines. Je sais pas ce qu’ils ont. Parce que rester à la maison à glander c’est peinard, non ? Ah ? Vous n’êtes pas d’accord ? Vous regrettez avant quand il fallait se lever pour aller taffer.

L'hygiène avant tout

Bande d’esclaves ! Moi je suis un homme libre et j’ai peur de rien. Ni des Russes ni du virus. J’ai des couilles moi monsieur. D’ailleurs je me les gratte un peu pour me détendre. Je devrais peut-être changer de slip parce que pour en faire un masque c’est mieux sans traces. Les gens sont sensibles vous pouvez pas imaginer ! Allez plus que quelques semaines et on pourra recommencer comme avant les mêmes conneries. En pire parce qu’on aura envie de faire les cons dehors. Ca va donner. Elle est pas belle la vie ?

This gallery contains 3 photos

SUPPLIQUE POUR UN MONDE MEILLEUR

2 Commentaires

Plus on s’enfonce dans le confinement, plus le nombre de morts augmente, plus ce foutu virus apparaît comme le révélateur de toutes nos peurs, rationnelles ou pas ; révélateur également de la fracture sociale qui fait que, comme toujours, les plus démunis morflent plus facilement que les classes aisées. Démonstration par l’absurde avec certains journaux de confinement germanopratins rédigés dans de confortables résidences secondaires alors que trop de familles pauvres se trouvent confinées dans des appartements aussi petits que leur budget alimentation…. Les réseaux sociaux, comme d’habitude, distillent le meilleur comme le pire et, en cela, ne sont que le reflet de la réalité, avec tout le côté trompeur que cela suppose.
Je n’y échappe pas. J’ai moi aussi, posté des statuts ni pertinents, ni impertinents, mais tout simplement bêtes. On échange des tas de blagues foireuses parce qu’on a tous quelque part la trouille de choper cette saleté et d’en crever. Et chacun sait que la peur est mauvaise conseillère. Je suis toutes les polémiques sur l’absence de matériel, le manque de lits dans les hôpitaux, les médicaments qui, les mesures que, les yaka et les faukon distillés parfois par de vrais cons installés peinards devant leur ordinateur.
La période est hors normes. Tentons d’être à la hauteur. Oui c’est exaspérant de penser que depuis des décennies, on réduit les moyens de l’hôpital public au nom de critères de rentabilité, oui certaines déclarations de la porte parole du gouvernement frisent la bêtise… Pour autant, traiter Macron d’assassin est stupide. Même si je ne suis pas du tout fan du monsieur, je ne suis pas certain que d’autres auraient fait mieux. Bien sûr on peut toujours argumenter et se dire qu’avec Albert Toto nous n’en seriont pas là et patati et patata. Si ma tante en avait on l’appellerait mon oncle.
En regardant défiler les discours des uns et des autres, je pense à la fable de La Fontaine « Les animaux malades de la peste », mais aussi à la chanson « Qui a tué Bobby Moore ». Ce n’est pas encore le moment de chercher qui est responsable. Et nous sommes quelque part tous responsables de ce qui nous arrive. Cela fait des dizaines d’années que les infirmières et le personnel soignant dénoncent leurs mauvaises conditions de travail dans une relative indifférence. Cela fait des dizaines d’années que nous « profitons » des délocalisations qui permettent de fabriquer à moindre coût en Chine où ailleurs, avec un pic d’indignation quand une usine s’effondre au bout du monde et que des centaines d’ouvrières y laissent leur peau. On s’indigne et puis on retourne chez Tartempion s’acheter des fringues en oubliant dans quelles conditions elles sont fabriquées.
Ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est qu’au sortir de ce sombre tunnel, nous puissions en tirer les leçons autrement qu’en se déchirant les uns les autres. Ni guillotine, ni tondeuses. Je souhaite un débat mondial, dépassionné, où l’intelligence primerait sur les intérêts particuliers de telle ou telle chapelle, un débat qui serait porteur de changement de paradigmes. Oui, il faut mieux consommer local, mais faut aussi mieux répartir le « produit terrestre brut » afin que chacun mange à sa faim, réfléchir sérieusement à ce qui est utile, logement, santé, éducation par exemple ; se pencher sur le secteur tourisme de masse et loisirs, se demander s’il est vraiment nécessaire de s’entasser dans des monstres flottants pour accéder au buffet à volonté, s’il est vraiment censé de se payer des « weekends évasion » à Prague, Barcelone ou ailleurs.


Ce que je souhaite c’est que le coronavirus tue le moins de monde possible, que l’on puisse épargner le plus de vies possible même chez ceux que je n’apprécie pas. Ce que je souhaite c’est que ceux qui jusqu’ici étaient considérés comme des pas grand chose mais qui font que malgré la pandémie, nous pouvons continuer à manger et qui du jour au lendemain sont devenus des « héros » ne soient pas oubliés dès que reviendra le retour à la normale. Qu’ils voient sur leur fiche de paie s’inscrire la reconnaissance du pays, qu’ils soient livreurs, routiers, caissiers, personnel soignant. Parce que l’héroïsme c’est bien gentil mais ca ne règle pas les factures. Que l’on se penche sur les émoluments indécents des traders et de certains margoulins grassement rémunérés sans que cela soit vraiment justifié. Que l’on réfléchisse au fait que depuis l’arrêt massif des activités industrielles, mais aussi du trafic routier, aérien et maritime, l’air redevient respirable et que la nature reprend temporairement ses droits. Il y a là des enseignements forts face à notre arrogance technologique devant les grandes lois naturelles.
On en est loin et c’est dommage. Le premier signal fort serait l’arrêt des conflits armés car, même si l’on en parle moins, les guerres et les conflits ne marquent pas de pause ; que les sommes énormes englouties dans l’armement soient réaffectées à des activités plus honorables.
C’est à ce prix seulement que nous pourrons continuer à vivre en harmonie sur cette planète ce qui est depuis toujours le seul objectif décent vers lequel nous devrions tendre. Peace and love ou no future c’est l’alternative, n’en déplaise aux rageux.

This gallery contains 0 photos

LE PETIT NICOLAS EST CONFINE

9 Commentaires

Aujourd’hui quand on est arrivé à l’école, il y avait le nouveau directeur qui nous a tous demandé d’aller dans le préau parce qu’il avait quelque chose de très important à nous dire. Celui d’avant était un peu gros et il rigolait souvent, mais le nouveau il était plus jeune, plus maigre aussi, il ne rigolait pas et avait prévenu dès le début qu’avec lui le règlement allait changer. Au début on était content et puis, petit à petit, avec le nouveau surveillant qui s’appelait monsieur Castagnette mais qu’on appelait Le Bouillon comme celui d’avant, on a commencé à moins rigoler. Je vous raconte tout ca parce que sinon vous n’allez rien comprendre à ce qui s’est passé à l’école.

Le nouveau directeur nous a donc tous rassemblés dans le préau et il nous a expliqué qu’un élève chinois était malade et qu’il fallait fermer l’école. Tout le monde s’est mis à applaudir, surtout Clotaire qui était toujours puni car il ne savait pas ses leçons. Alceste a demandé si la cantine serait fermée aussi. « Oui, a répondu le directeur, la cantine aussi ». Alceste a soupiré et puis il a sorti un pain au chocolat de son cartable et il a commencé à le manger. Le directeur a eu un drôle de petit sourire et lui a dit qu’il ne devait pas s ‘inquiéter et que tout était sous contrôle.

Nous on était tous très content de ne plus aller à l’école mais le directeur a dit qu’il allait mettre en place une continuité pédagogique. Rufus a dit qu’il n’en avait pas besoin parce que son papa qui était très riche pouvait lui acheter tout ce qu’il voulait et que même, s’il lui demandait, il lui achèterait une autre école avec un autre directeur. Le nouveau directeur a eu l’air étonné et puis il nous dit de retourner dans notre classe pendant que l’équipe pédagogique allait se réunir pour étudier la situation.

L’équipe pédagogique de notre école elle est terrible. C’est la meilleure du monde à ce qu’il paraît. Il y a d’abord le nouveau directeur qui s’appelle Emmanuel Micron, Monsieur Castagnette le surveillant, Agnès Bouzin à l’infirmerie mais elle vient de démissionner et c’est Olive Varan, un nouveau, qui la remplace depuis quelques jours. Il y a aussi Muriel Panaris qui s’occupe du travail mais on comprend rien quand elle nous parle, même que Eudes il dit que son papa dit qu’elle pédale dans le yaourt. Et puis il y a aussi Bruno Lemerle qui s’occupe du budget de l’école. Une équipe vraiment terrible. Mais la plus forte c’est Sibeth. C’est vrai qu’elle a un drôle de prénom mais c’est vrai qu’elle le porte très bien. A chaque fois qu’elle nous parle, on rigole tellement elle nous raconte des bêtises. Et puis, au carnaval de l’école, elle arrivait même pas à mettre son masque ce qui nous a bien fait rigoler, moi et les copains.

On a tous attendu dans la salle de classe avec la maitresse qui nous a dit que nous allions tous être confinés. « C’est quoi confiné ? » a demandé Clotaire. « Ca veut dire qu’il ne faut pas sortir de chez vous » a répondu la maitresse et tout le monde s’est mis à parler en même temps. « Mais comment on va faire pour voir ses copains ? » a dit Eudes. Maixent disait que s’il ne pouvait pas courir dehors il préférait mourir et moi je disais rien mais je pensais que c’était chouette qu’il n’y ait plus d’école mais que j’allais m’ennuyer tout seul à la maison. La maitresse a tapé très fort sur son bureau avec sa règle et le silence est revenu.

C’est à ce moment là que le directeur est entré dans la classe avec toute l’équipe pédagogique pour nous dire ce qui avait été décidé. « Mes enfants, a t’il commencé, l’heure est grave et je vous demande un peu d’attention car ce que je vais vous dire est très important. L’école va donc fermer pour une durée indéterminée et … » . C’est à ce moment là que Agnan s’est mis à pleurer parce qu’il avait révisé pour la composition de français et que s’il l’école fermait, il n’y aurait pas de composition. « Ne pleure pas mon petit, a dit Muriel Panaris, on va trouver des solutions pour te faire travailler quand même malgré le confinement ». « Mais oui, a dit  Olive Varan, ce n’est pas si grave que cela ». Mais Agnan est devenu tout rouge et a commencé à se rouler par terre. Monsieur Castagnette s’est fâché et a commencé à crier très fort qu’il allait mettre de l’ordre dans cette gabegie et que ceux qui n’obéissaient pas seraient punis sévèrement . Roxana qui s’occupe du sport, a dit qu’on pouvait sortir mais juste un peu pour courir dans le jardin. « Chouette a dit Rufus, on va pouvoir tous courir chez moi dans mon parc ». C’est vrai qu’il habite dans une chouette maison avec un parc terrible plein d’arbres et de cachettes. « Pas question a dit Varan, confinement strict et distance de sécurité ! ». Alceste avait très peur qu’il n’y ait plus rien à manger et a dit qu’il allait demander à son papa de faire des provisions mais le directeur a répété qu’il ne fallait pas avoir peur et que tous ensemble on allait traverser ce mauvais pas et qu’on attendait juste les masques de protection et qu’en attendant il fallait se moucher dans le coude et se laver les mains.

« Chouette ! Des masques, on a tous crié, on va pouvoir se déguiser. Ils sont où ? ». Le directeur a eu l’air un peu embêté et a expliqué que le directeur d’avant les avait jeté à la poubelle pour faire des économies de stockage, mais qu’il ne fallait pas s’alarmer parce que les masques arrivaient par la Chine. «  A pied ? » a dit Maixent et on a tous bien rigolé mais Maixent a été puni. Il devait copier 135 fois «  Je ne fais pas rire mes camarades avec une contrepèterie stupide ».

Je suis rentré chez moi tout content. Papa et Maman faisaient une drôle de tête je sais pas pourquoi.

This gallery contains 6 photos

SANS MASQUE ET SANS FILET

2 Commentaires

Paris – Juillet 2018

La sensation d’être entré dans un tunnel de verre d’où l’on peut voir les autres sans les toucher, contempler à l’écran des photos de rues désertes à travers toute la planète, luxe offert par les – plus tout à fait – nouvelles technologies qui nous permettent de communiquer avec le monde entier au moment où il est impossible d’aller chez son voisin. Ouvrir la fenêtre à 20 heures pour faire un peu de ramdam et se rassurer en agitant les bras en direction du voisin d’en face sur son balcon avec sa fille qui, deux semaines auparavant, allait encore à l’école avec la mienne, se dire que ca sera vachement bien de se retrouver – mais quand ? – pour un petit caoua servi par Gaëtan qui a toujours la pêche et une bonne réplique, retrouver nos petites vies et leurs joies simples, sortir du tunnel de verre qui, s’il fascine, inquiète au fil des jours car le temps semble s’y dissoudre, les jours succèdent aux nuits et les heures s’étirent à n’en plus finir.

Je rêve d’un Ministère de l’Extérieur. Las, c’est celui de l’Intérieur qui est là et nous demande avec insistance de ne pas sortir pendant que celui du Travail augmente le nombre d’heures de travail pour ceux qui n’ont guère le choix et que la porte parole du gouvernement expliquant le plus sérieusement du monde qu’elle ne sait pas comment porter un masque et que ce n’est pas évident, me fait hésiter entre les larmes et le fou rire. Le confinement rend con. Finement, oui, mais un peu con quand même.

Les deux tiers de l’humanité confinée. Un truc fou inconcevable il y a un mois. Ca va indubitablement laisser des traces. Des morts pour commencer. Beaucoup. Mais probablement moins que les morts de faim ou de guerre. Certes comparaison n’est pas raison, mais je ne peux m’empêcher d’y penser. Si les sommes colossales englouties au niveau mondial dans l’armement l’étaient dans la santé, l’éducation, la culture ET l’agriculture, notre vieux monde aurait une autre allure. Le confinement me fait délirer, OK, mais j’espère a minima que nous n’allons pas repartir comme des abrutis dans un mode de vie basée sur la surconsommation et son corollaire, la frustration ; que ce confinement aura en partie sevré les habitants des pays « riches » de leurs désirs de posséder des objets aussi onéreux qu’inutiles, que cette période d’isolement forcé aura permis de remettre en place quelques fondamentaux, l’importance d’avoir accès à de la nourriture, un toit, de l’eau chaude. Comme disait Brecht : « d’abord bouffer, ensuite vient la morale ».

Six semaines ca va être long. Surtout pour les mal logés et les pas logés du tout…

This gallery contains 1 photo.

MASCARADE SANS MASQUE EN RADE

Poster un commentaire

Tout ce qui se passe depuis plusieurs semaines ressemble à un mauvais film de série Z. Le scénario est simple : un virus risque de décimer la population. Pas d’effets spéciaux. Low budget. Dans un premier temps, on a regardé le premier épisode de la série, tourné en Chine, les pangolins et tout et tout, un peu comme un délire de l’Empire du Milieu. On a trouvé brutal le confinement imposé par le pouvoir, mais vous savez comment ça se passe là-bas. C’est pas comme chez nous. C’est une dictature. Faut admettre qu’après les brochettes de koalas et les barbecues de kangourou, ça nous changeait. Nous sommes passé d’incendies géants bien fumants à un truc invisible, silencieux mais salement viral.


Ce virus, au nom évoquant une marque de bière, se diffuse sur la planète tel un mauvais génie sorti d’un improbable flacon. Il se diffuse d’autant mieux que jamais dans l’histoire, on ne s’est autant déplacé. Pour le boulot, les vacances, un weekend, pour le plaisir de la découverte aussi.


Là, d’un coup, tout ralentit, ferme, s’arrête. Ce soir, pas un chat sur le boulevard, de très rares voitures. Je repense à « La traversée de Paris » et j’ai envie de me mettre à la fenêtre et de gueuler : « Janvier ! Janvier ! », mais nous sommes déjà mi-Mars. Le dieu de la guerre.

Ca tombe à pic. « Nous sommes en guerre » dit le président. « Vous n’êtes pas raisonnables » renchérit le premier ministre. Restez chez vous, ne sortez pas sauf pour aller bosser, acheter de la bouffe, des binouzes, du tabac, sinon restez cloitrés derrière vos murs de pâtes et de PQ !

Les rues sont vides. Quasiment pas de circulation hormis quelques bus et véhicules de première nécessité. Les trottoirs sont vides et un silence inhabituel à cette heure règne sur le quartier. Confinement de la population. Ce ne va pas être simple de rester dedans plusieurs semaines avec le soleil qui brille dehors avec cet air gouleyant, dépollué par l’absence de trafic automobile.


Le marché. Ici aussi, un calme résigné. Plus de gueulantes « Yalla, yalla les oranges un euro les oranges ». Des films plastique tendus entre les marchandises et les clients. Des masques et des gants. J’ai un flash et vois soudain le Concombre masqué de Mandrika qui ricane en observant la queue – avec distance de sécurité, devant le supermarché.


La journée s’est écoulée. Je clope à la fenêtre. 20h. De l’autre côté du boulevard, musique et chant. Mais bon. « La balade des gens heureux » suivie de « Bella ciao ». Mouais. Y’en a qui disent que ça réchauffe le cœur du personnel soignant. Y’a des soignants qui disent qu’ils auraient préféré qu’on soit avec eux lors des manifs pour alerter sur l’état de l’hôpital public. Ce matin Libé fait sa une : Où sont les masques ? On dirait du Patrick Juvet remixé par COVID-19, le nouveau DJ. Mortel. Une tuerie….


Le lendemain. 14h. Je traverse le boulevard pour acheter à bouffer. Dans le magasin, l’ambiance est inhabituelle. On sent cette « inhabitualité » présente à tous les niveaux de la société. Plus personne ne sait où l’on met les pieds. Trouille. Sans dépistage systématique, nul ne sait s’il est porteur ou pas.  Ce putain de virus sorti du trou du cul du diable est en train de tout foutre en l’air et de renverser nos vies cul par dessus tête. Dans le pire des cas, il peut même nous tuer. Pensées moroses entre les gondoles à moitié vides. Hier les pâtes, aujourd’hui les sauces tomate et les pesto (ou « pesti » comment qu’on dit ?). Passons en mode parano : ces denrées ont probablement été touchées et parfois reposées en rayons par les clients. Imaginons (sans grands efforts dans la situation actuelle) un porteur, sain ou malsain, qui hésite et puis « non, j’le prends pas alors j’le r’pose ». Bonjour ami virus… Les employés sont tous gantés et masqués. Ceux des caisses sont protégés de nos miasmes potentiels par des feuilles de plastique. Risquer sa peau un pack de bouteilles d’eau, je sais, c’est naze. 


Un petit vieux remonte la file aux caisses et ressort sans achat. Venu faire son petit tour en père peinard, voir un peu les autres. Je lui jette pas la pierre dans la mesure où je suis ici pour une envie d’eau gazeuse. La tentation est grande de s’ériger en chevalier blanc et de fustiger les mauvais comportements d’autrui, les media et autres réseaux sociaux bourdonnent à fond. Dehors, il fait plus frais et le soleil a disparu. Du coup, l’envie toute naturelle d’aller dehors baisse d’un cran. Ca aide. Il paraît qu’on va être confiné bien plus longtemps que les deux semaines du début. Que le confinement va se « durcir »…. Et nous n’en sommes qu’au 5ème ou 6ème jour. Il va falloir entendre des chiffres effrayants dans les semaines à venir.


Pourtant, il semble nécessaire de rappeler à certains cons finis qu’ils sont confinés et que « non, on ne part pas en weekend à la campagne » ! L’aveuglement de certains concitoyens en deux mots me laisse pantois. Mon petit doigt me dit que les mois à venir seront difficiles. En attendant, abritez vous autant que possible. Je vous souhaite du fond du cœur de traverser ce pot de merde et, si l’on s’en sort, il sera alors grand temps de célébrer dignement le 150ème anniversaire de la Commune en bottant quelques culs, tant il est vrai que les masques tombent. Et pas seulement des camions.

This gallery contains 2 photos

AU FOND DU MUSEE

7 Commentaires

Il était assis dans une des salles de ce musée où il avait trouvé refuge. Il avait connu mieux. Pire aussi. Quatre décennies d’emplois variés en usine, dans le « tertiaire » voire en plein air, lui avaient tanné le cuir au point que c’était presque peinard d’être là, à surveiller des œuvres d’art et des visiteurs, même s’il s’avérait parfois plus enrichissant et plus simple de dialoguer avec les œuvres plutôt qu’avec certains visiteurs. Son travail, malgré quelques aspects peu ragoutants, avait l’énorme avantage de ne pas lui occuper l’esprit en dehors des horaires où il officiait.

Il avait connu les affres des postes « à responsabilité », les réunions bidons et les pseudo concertations, les présentations de bilan et autres joyeusetés, sans oublier les réveils au milieu de la nuit dus à l’angoisse du grain de sable qui bloque la machine, de l’imprévu qui fait dérailler le plan amoureusement conçu… Il n’était plus tenu de pondre des synthèses, de rendre des comptes sur des courbes et des graphiques abscons. Il avait sans regret renoncé aux avantages de ces fonctions, notes de frais, repas d’affaires et petits cadeaux qui entretiennent l’amitié et renforcent les liens.


Assis dans la salle du musée, il repensait aux années passées tout en veillant au respect des œuvres et au bien-être du visiteur, à moins que ce ne fût le contraire, il se posait parfois la question en son for intérieur. Le lieu était calme, parfait pour en finir avec plus de quatre décennies d’activité professionnelle de boulots plus ou moins agréables. Encore une vingtaine de mois avant de tirer sa révérence et de disposer à nouveau de son temps, ou de ce que le destin voudrait bien lui accorder.

Il se rencogna dans sa chaise, le dos bien droit, passer d’une fesse sur l’autre, croiser les jambes, gauche sur droite, droite sur gauche. Il était à peu près bien, à part cette fichue chanson de Bruant qui passait en boucle à l’étage. Qu’il soit maudit tout comme les bourgeois qui venaient tromper leur ennui en se faisant engueuler dans les beuglants de la Butte. Il se décida à bouger, monta à l’étage supérieur, sonorisé par une gymnopédie de Satie, plus supportable – même en boucle – que la goualante misérabiliste du premier étage.

Apaisé par Satie, il s’avisa qu’il était l’heure d’aller manger. Bruant pleurait « qu’à Montmertre, il n’avait pas toujours mangé du pain », alors que lui, privilégié qu’il était, bénéficiait de tickets-restaurant et de 45 minutes de pause à midi. Un sandwich, une cigarette et 256 marches plus tard, il était de retour dans la salle, repu et près à affronter Bruant pour les 4 heures à venir. Il en avait vu d’autres. A 18 ans, il avait préféré la bohème aux études, l’aventure à la certitude d’un avenir bien propre mais ennuyeux. L’époque, qui oscillait entre acide et révolution, quand ce n’était pas un mélange des deux, semblait pleine d’ouvertures surprenantes, mais aussi de pièges qui se refermaient sur les troubadours en route pour Bombay.


On pouvait encore rêver, le monde n’était pas encore devenu cette planète malade de l’humanité, il y avait encore des animaux sauvages, des espaces vierges, l’air et l’eau étaient encore purs, les banquises stables. Bref, un monde fascinant. Il était parti sur les routes, clochard céleste en retard de vingt ans, beatnik ta mère, paix au Vietnam et pétard à Amsterdam.

Il hésitait alors entre être un animal heureux ou un homme malheureux, s’étourdissant au long des routes, bouffant des kilomètres sans but, juste à la rencontre des autres, du monde, de la vie en fait. Libre et rien à foutre de rien. Une forme de bonheur qui se payait en dormant dehors et en faisant la manche pour acheter du pain.

Il jouait les ermites à travers l’Europe, lorsque, de retour d’Ibiza, l’armée le convoqua. Il passa des Baléares à la Forêt Noire, de la plus extrême liberté à la vie de caserne d’un régiment de hussards qui, signe des temps, avait troqué leurs chevaux pour des blindés. Trois mois plus tard, il fut congédié à la suite d’un court entretien avec un psychiatre militaire ( ! ) pour « traits psychopathiques », comme si l’armée et la guerre n’était pas précisément le paradis des psychopathes en tout genre. Rendu à la vie civile, il était aussitôt reparti sur les routes à la recherche de la perle rare qui pourrait enfin donner du sens à son existence.

Fin du flashback. Retour au musée. Plan serré sur lui, la chaise, les visiteurs charmés par le lieu. « Vous en avez de la chance de travailler ici, j’échangerais bien avec vous… » . Motus et bouche cousue sur les conditions de travail pas toujours au top et le salaire à pleurer, afficher le fin sourire du privilégié conscient de son immense bonheur et laisser l’autre à ses illusions.

Dehors l’automne, bientôt l’hiver, débarquer dans le noir, repartir à la nuit tombée, la sensation d’être quelque part au quatrième sous-sol d’une termitière. Bruant ou Satie aujourd’hui ? En fait, il aurait préféré rester au chaud chez lui sous la couette.

Hélas, cet endroit charmant est ouvert 365 jours par an, les ponts sont suspendus et les dimanches en famille loin d’être systématiques. Il passe dans l’autre bâtiment, qui abrite les collections permanentes, et rêvasse un moment sur les vitrines consacrées à la Commune de Paris, hop, un coup de chiffon pour virer la poussière et les traces de doigts gras, et sur la photo, les fédérés le regardent droit dans les yeux. Il mesure alors tout l’affadissement de l’époque actuelle où quelques vitrines brisées lors d’une manifestation deviennent « un centre ville dévasté » dans les journaux télévisés avec la même poubelle qui brûle en boucle pendant deux jours sur les chaines d’informations « en continu »…

Il a vieilli, certes, mais en lui brûle toujours la même colère devant l’injustice et la misère. Chaque matin, entre son domicile et son boulot, il passe devant des malheureux qui dorment dehors, dans des recoins ou , au contraire, devant des banques. Rage froide. Il a beau glisser un de ses foutus ticket-restaurant dans une main gelée, filer des clopes et de la monnaie pour un café, le compte n’y est pas. Plus tard, assis sur sa chaise dans le musée, il se tape Bruant qui chiale sa misère mise en scène pour les bourges. Montmartre fut pauvre, mais digne. On y surinait le rupin dans les rues sombres et les filles de petite vertu posaient pour les rapins.

Aujourd’hui, la Butte fait un peu la pute. « Happy hour » rue Caulaincourt : les nantis sirotent en terrasse chauffée des bières au quinoa sans gluten sous le nez des sans domicile naufragés sous plastique au pied des escaliers de la Butte. Mais on ne parle plus de lutte des classes. Il y a des exclus et des inclus, c’est dans la nature humaine et voilà. Même le mitan a foutu le camp. Reste une caricature de Butte, maquillée comme une voiture volée, où les touristes se font tirer le portrait ou le portefeuille, c’est selon.

Enervé, il repart vers l’autre bâtiment pour retrouver Satie et, peut-être, un peu d’apaisement. Profitant d’un moment sans visiteurs, il se relit. Persiste et signe. Plutôt la bande à Bonnot que la médiocre clique des bourgeois de Neuilly. Il songe in petto que c’est assez farce de finir dans un musée. Plongez dans le Montmartre d’hier, ses apaches, ses artistes aussi fauchés que talentueux, la fée verte, Verlaine, Utrillo, Modigliani, bourrés comme des vaches, s’engueulant et vomissant leur mépris des conventions sur le pavé gras… Et enfin, à la sortie, retrouvez les gueux du troisième millénaire, les petits voleurs à la tire ou à l’arrache, les pauvres empaquetés dans des cartons en bas des escaliers, toujours durs aux miséreux.

Il en feraient une tête s’ils revenaient, les Verlaine, Modi, Utrillo et consorts ! Ainsi divaguait le gardien du musée, tantôt assis, tantôt en vadrouille entre les salles et le jardin. Les temps changent, comme chantait Dylan au siècle dernier. Mais là, faut bien admettre que le troisième millénaire s’annonce plutôt en mode pourri. En cent petites années, on a bien esquinté la planète, flingué des tas d’animaux, bétonné les prairies et ratiboisé les forêts. La passion sans retenue du pognon déclenche en l’homme ses plus bas instincts, se décline en guerres, famines, pandémie, envie et jalousie. Une poignée de très riches pensent s’en tirer avec des murs, des barbelés et des milices privées. Les plus atteints se voient même vivre sur d’autres planètes, laissant crever les autres derrière eux.

Et il est là, assis sur cette chaise, entouré de tableaux et de lithos, attendant la fin de sa journée de travail en se souvenant d’un monde pas si lointain où les Indiens d’Amérique voyaient passer de gigantesques hordes de bisons, un monde où la technique n’avait pas encore été bouffée par la technologie, un monde où l’on pouvait encore imaginer que nos rêves prendraient racines. Hélas, ce sont nos pires cauchemars qui nous barrent l’horizon.

 

This gallery contains 5 photos

A VOILE ET A VAPEUR !

2 Commentaires

Il n’y a qu’en France que l’on peut avoir ce genre de « débat » sur un morceau de tissu couvrant les cheveux. Voile, foulard, fichu, appelles ca comme tu voudras, mais y a t’il vraiment matière à discussion si des femmes choisissent de se couvrir les cheveux ? Faut il emmerder celles qui participent à la vie en société, qui accompagnent des gamins lors des sorties scolaires, qui apportent des gâteaux lors des fêtes, mais, horreur, avec un « voile » sur les cheveux ?

Là oui c’est excessif 🙂

Autant je suis mal à l’aise face à une femme dont on ne voit que les yeux, autant un foulard sur la tête ne me gêne pas. D’ailleurs, la « polémique » est régulièrement relancée par la frange la plus fangeuse du pays, qui fait sa tambouille en assaisonnant tout à la même sauce blanche aigre-douce, andouilles et andouillettes pur porc, défenseur d’un pays fantasmé où les immigrés rasaient les murs pendant que le moindre connard pouvait, blancheur à l’appui, se targuer d’être « de souche »…. A notez que les mêmes connards qualifiaient les maghrébins de « troncs ». Allez comprendre.

Bref, avec plusieurs millions de chômeurs, un mécontentement général de la population, des services publics au bord de l’explosion, une urgence climatique à la porte, les magouilles des ultra-riches pour planquer leurs richesses à l’abri du fisc, le problème c’est donc le voile ?

Si l’on emmerde une mère de famille parce qu’elle se couvre la tête, comment doit on réagir face aux différents « intégrismes » religieux ? Le port d’un chapeau noir et d’une kippa ne sont ils pas des « signes ostentatoires » ? Voyez comme il est simple de souffler sur les braises afin de foutre le feu. Voyez comme il est aussi con que dangereux de stigmatiser une frange de la population pour des coutumes vestimentaires.

S’il y a une chose qui s’exhibe sans voile en ce moment c’est la CONNERIE ! Et parfois cela me donne envie de mettre les voiles pour me tirer loin de ces abruti(e)s qui sont, hélas, des cons-citoyens, en deux mots comme un seul.

This gallery contains 1 photo.

BINAIRE TA MERE !

Poster un commentaire

« Etre ou avoir », lancinante question à laquelle personne n’a de réponse solide pour la simple et bonne raison que ce choix binaire n’en est pas un. Difficile d’être lorsque l’on a rien, à moins d’être ermite ou sâdhu. Notez bien qu’il est tout aussi difficile d’avoir sans être ( à moins d’être dans la finance, les fonds vautours spéculatifs ou de bénéficier d’un emploi fictif en général bien rémunéré, sans horaires ni pénibilité ).

Une lettre à moins de deux euros…

Et notre vie est régie par ce genre d’argumentation fallacieuse. Ne serait il pas préférable d’être ET d’avoir ? Etre conscient qu’il ne faut pas trop d’avoirs. Il y a aujourd’hui 2300 ans qu’un certain Epicure, dans sa courte « Lettre sur le bonheur », nous a donné en termes simples le chemin à suivre pour être heureux de notre vivant. Hélas, d’autres religions sont passées par là depuis, prétendant que l’enfer était sur terre et que seule la mort pouvait nous faire accéder au bonheur. Ce qui au final justifie pas mal de guerres et de crimes commis soit disant au nom d’un dieu, alors qu’il s’agit depuis la nuit des temps de s’accaparer les richesses du vaincu. Hier les femmes, aujourd’hui le pétrole, demain l’eau potable…

Encore une perle à 2 euros !

Malheureusement, nous sommes depuis l’aube de l’humanité emberlificotés dans nos faiblesses humaines. Depuis toujours, au nom de la survie du groupe, du progrès, d’une quelconque divinité, les groupes humains ont, par commodité ou parce qu’ils n’avaient pas d’autre choix qu’obéir ou mourir , suivi des chefs, des leaders, des mâles alpha qui décidaient à leur place. Quitte à pleurer sur la liberté perdue. Sur le sujet, on s’en remettra à La Boétie qui, dans son « Discours de la servitude volontaire » (paru en 1576) , a merveilleusement résumé la problématique.

L’informatique, qui passe tout à la moulinette 01, ne fait que renforcer ce côté tristement binaire qui régit nos existences. De pseudo philosophes et des penseurs à la petite semaine polluent les écrans afin de vendre leur dernier ouvrage, Les « polémistes » ( étymologiquement parlant « ceux qui lancent les guerres) font leurs choux gras des vieilles peurs basées la plupart du temps sur l’ignorance crasse et les petits panneaux d’hier « eau et gaz à tous les étages » ont cédé la place à « fibre et wifi à tous les étages ». On nous fourgue un peu partout du 2.0 pour faire branchouille, mais derrière c’est toujours 0.1 ! Plus binaire qu’un morceau des Ramones.

Les algorithmes vicelards et les coockies ( c’est plus mignon qu’espions) nous pistent jusqu’au fin fond de nos clics qu’ensuite on décortique pour analyser les tendances et influencer les indécis à choisir indifféremment une marque de slips coréens ou un dirigeant politique. Pour l’intimité faudra soit tout faire péter, soit attendre qu’un trop plein de data bouche les canalisations de ces « autoroutes de l’information » à péage, déjà bien embouteillées par le cul et les infos bidons, et qui ressemblent trop souvent à des égouts nauséabonds.

Que faire ? Ermite c’est une véritable ascèse et les grottes sont rares. Tout débrancher ? Ca devient assez difficile dès que l’on doit travailler, communiquer, payer ses impôts, dans la mesure où est « virtuel » ( on fera l’impasse sur la consommation énergétique des serveurs et autres data centers ) et que les bureaux avec de vrais gens dedans sont en train de disparaître tout comme les cabines téléphoniques, autre reliquat désuet de cette époque où l’on n’était pas connecté/fiché/fliqué en permanence. Que faire face à l’avènement de ce flicage mondial ? Si vous avez des idées applicables au quoitidein merci de m’en faire part.

En attendant, face au binaire, le seul truc qui résiste c’est le jazz ! Soyons ternaires, quaternaires, tout sauf binaires !

This gallery contains 2 photos

A FOND LA CAISSE

Poster un commentaire

Il y a quelques jours, j’avais envie de parler de Greta. J’avais même commencé : « Depuis son discours à la tribune de l’ONU, Greta T. fait l’actu. Ce qui était l’objectif de son déplacement. Son adresse spectaculaire aux « grands » de ce monde a montré qu’elle maitrise parfaitement les codes de communication sans lesquels on reste inaudible dans les hautes sphères…» .  Et puis le téléphone a sonné. Un ami de passage à Paris me proposait de prendre un pot vers Odéon. Greta peut bien attendre. D’ailleurs, elle n’a pas besoin de moi. Hop, un coup de métro et je retrouve le copain. On parle de choses et d’autres et puis, au fond du café, l’incontournable écran télé où BFM mouline en continu affiche : « Chirac est mort ». Allons bon. Il n’ y a pas si longtemps on aurait dit qu’il s’était éteint, on aurait parlé d’un décès. Aujourd’hui, on va à fond la caisse : on est mort. Plus rapide à écrire, plus simple à lire. De retour à la maison, je me dis que G.T va s’effacer des écrans pour céder la place à J.C et, qu’en conséquence, c’est de lui que je devrais parler sur mon p’tit blog…. Las ! Devant l’avalanche d’hommages, le tsunami de louanges, je me dis que ce n’est pas très intéressant d’ajouter ma voix, même discordante, dans ce tombereau médiatique. Je la boucle donc et vais bosser en pensant à autre chose.

Sur ce BOUM ! Une usine pleine de produits chimiques prend feu à Rouen. Un bûcher qui fait passer celui qui consuma Jeanne la Pucelle pour un vulgaire feu de paille. Ahaha… Voilà quelque chose qui devrait « faire l’actu » comme on dit. Juste après la gamine qui s’énerve à l’ONU, ca fait une belle « séquence » comme disent les « informés » dans leur jargon ( C’est eux qui s’appellent ainsi. Les informateurs c’était trop connoté). En plus cet incendie ca fait des « images fortes », un énorme nuage bien noir au dessus d’une agglomération urbaine de plus de 600 000 habitants. Ca devrait plaire à BFM qui sait si bien transformer un feu de poubelle en intifada à chaque manif.  En prime, ca pue l’essence et l’œuf pourri. Un vrai bonheur… Le bruit et l’odeur.

Ben non. L’immense majorité des media continue à exploiter le filon chiraquien. Faut comprendre. Tout le monde avait sa nécro rédigée depuis quelques années ( ou son bouquin déjà imprimé en attente) et, comme cela ne sert qu’une fois ( après c’est « il y a dix ans » mais c’est bien loin) autant y aller à fond la caisse. Les Rouennais qui vomissent c’est moins « glamour » que les histoires de Chirac ( les rigolotes bien sûr, pas les histoires de financement du RPR, ni les emplois fictifs de l’Hôtel de Ville, on est décent Monsieur, on respecte les morts et la douleur de la famille, Monsieur…). En plus le ministre de l’Intérieur  dit tout de suite que rien ne sert de paniquer, que le nuage n’est pas toxique et fermez le ban. Les Rouennais, qui respirent le bon air – qui pue quand même un peu –  du nuage tout noir, ne sont pas convaincus. L’eau du robinet a une drôle de couleur (rappelons que l’eau est en principe incolore), noirâtre comme le nuage, la pluie qui tombe recouvre la ville d’une fine couche…. noirâtre . Comme le nuage.

Du coup BFM ( et la quasi totalité des média)  décide de passer la journée aux Invalides pour nous montrer «  le peuple qui rend un dernier hommage au président préféré des Français ». C’est promis, l’enterrement se fera dans la « plus stricte intimité ». Ca sonde tout azimuths. Aussi populaire que De Gaulle ! Alors, hein, les médisants qui rappellent les casseroles peuvent aller se rhabiller.

Pendant ce temps, à Rouen, on nettoie les établissements scolaires qui ont été fermés pendant deux jours. On apprend que les journalistes de FR3 avaient la nausée dans leurs bureaux, que des pompiers et des policiers se plaignent de maux ( probablement imaginaires puisque ce nuage, dû à l’incendie d’un site industriel classé Séveso, n’est officiellement pas franchement toxique. Mais lavez vous bien les mains (à l’eau noirâtre ? ) et puis, dans la mesure où ce nuage « peu toxique » passe par dessus les Hauts de France, les exploitants agricoles d’une large zone sont priés de ne pas commercialiser les œufs, les fruits et légumes « en attendant le résultat des analyses en cours ». Il n’aura fallu QUE six jours pour avoir la liste des produits stockés dans l’usine.  La toiture en amiante est partie en fumée ainsi que plus de 5200 tonnes de produits chimiques carbonisés dans le gros nuage noir et, aux dernières nouvelles, on trouve des traces de dioxine et il reste 160 fûts de « on vous dira pas ce qu’il y a dedans ». Tout va très bien Madame la Marquise….

« agir par négligence » … On est mal.

La ministre de la Santé a fait le déplacement à Rouen, le premier ministre admet des « ratés » dans la communication sur les premières 48 heures… L’usine brûlait mais nous regardions ailleurs. Pas de chance pour les Rouennais, l’actu c’était Chirac et pas grand chose d’autre. L’actuel président de la République n’a pas jugé bon de manifester en paroles son soutien/ sa compassion/ son intérêt ( rayer les mentions inutiles)  auprès des habitants de l’agglomération rouennaise qui l’ont mauvaise, on les comprend. Jupiter nous contemple du haut de son Olympe. Tout juste s’il condescend à rencontrer quelques centaines de citoyens ( vraisemblablement triés avant de pouvoir l’approcher ) à Rodez, afin de « lancer le grand débat sur les retraites ». Il demande pour commencer une minute de silence pour les policiers assassinés hier à l’intérieur de la préfecture de police. Ce qui est normal. Mais toujours pas un mot pour les Rouennais. Il est très fort pour lancer des grands débats. Il les lance tellement loin que l’on a du mal à les suivre.

Mais ce qui a dû prodigieusement agacer notre Picard surgelé, c’est d’avoir entendu, en boucle et pendant trois longues journées, le bon peuple évoquer le côté « simple et humain » de Chirac, qui pratiquait à merveille cette discipline peu prisée de notre président « olympien » : le bain de foule, cette rencontre avec le peuple, sans barrières de sécurité, sans forces de l’ordre armées et cagoulées pour maintenir un périmètre de « sécurité » …

Sur ce, je vous laisse pour aller gagner ma vie. Bises et amitiés !

This gallery contains 5 photos

PARIS EN VRAC

2 Commentaires

Fatigue…  balade…. errance

Envie de m’allonger

de dormir

Ne plus rien entendre

Envie de silence

 

                                 Rue de l’Université 75007

 

        Un mur autour de la Tour Eiffel…. La dame de fer est emprisonnée.

 

                                   Champ de Mars 2019

 

   De la difficulté du cadrage pour faire entrer la Tour Eiffel dans un téléphone…

 

 

                                         Cariatide avenue Bosquet

 

                                                   Dédale commercial

 

                                Confrontation quai Conti

 

                             Les marins d’eau douce de Pantin

This gallery contains 8 photos

CHAUD DEVANT !

1 commentaire

12h30 Place de la Nation : départ de la manif des jeunes et des lycéens pour protester contre l’inaction du pouvoir devant le dérèglement climatique. Ambiance bon enfant. J’en vois qui mangent des hamburgers et un type vend des canettes de Coca. Chacun tente de récupérer le truc comme il peut. Les politisés affirment que « C’est le capitalisme qui détruit la planète ». Comme si l’URSS ou la Chine n’avaient pas eux aussi légèrement déconné avec l’environnement. Il faut néanmoins reconnaitre que la seule nation où depuis des années le développement est raisonné c’est …. Cuba. Dont acte.

Le défilé se met en marche sur le boulevard Diderot … Au deuxième carrefour, quelques quinquagénaires, gilets jaunes tendance 51, tentent de détourner les jeunes manifestants. Ca ne marche pas. Quelques centaines de mètres plus loin, la manif quitte le parcours officiel et file par la rue Crozatier pour rejoindre la rue du Faubourg Saint-Antoine et la Bastille. Sont ils mutins ces lycéens!  Les flics sont un peu pris de court. La tête de manifestation arrive sur la rue du Faubourg Saint-Antoine où la circulation n’est pas détournée. Ca tourne au joyeux bordel. Un chantier est là mais personne ne se jette sur les pavés. Mutins mais gentils.

Sur ces entrefaites, arrive les CRS qui bloquent l’accès vers la Bastille. Echanges de regards. On n’ira pas plus loin. La manie recule et s’évanouit dans le trafic. Les commerçants respirent et le bizness reprend. J’en ai un peu marre et je décroche. Quarante minutes plus tard, je termine chez moi la relecture de L’Etranger de Camus. J’ai juste le sentiment que les gouvernants et les multinationales s’en tamponnent grave de ces manifestations de jeunes et que ce n’est pas demain la veille qu’ils changeront d’attitude. L’essentiel c’est que ça consomme et tant pis si ça gueule. Il y a encore un sacré bout de chemin avant la prise de conscience collective mais c’est pas nouveau comme constat.

This gallery contains 16 photos

POLITIQUEMENT INCORRECT

Poster un commentaire

C’est la rentrée. Fini de glander. Faut d’la croissance bandes de feignants, faut relancer la consommation et le moral des ménages en berne à l’idée de retrouver le boulot après la plage. De la croissance pour…. Pourquoi au fait ?

La vieille rengaine de « croissez et multipliez » ? Croissance au beurre ou ordinaire ? Au final on s’en fout puisque la vie humaine est plus courte de celle des tortues marines et qu’au moment où l’on commence à vaguement prétendre que l’on comprend ce qu’est la vie, il faut déjà se préparer à la quitter. C’est vous dire. C’est peut être la brièveté de nos existences  qui en rend con plus d’un, alors que cela devrait nous amener à un peu plus d’humilité. Ca devrait. Mais c’est souvent le contraire qui se produit. On vous fourgue des machins « parce que vous le valez bien » alors que derrière c’est « votre argent m’intéresse ». Il faut tracer sa route entre les fils de pub et les enfants de Pétain…

Langue de bois - 21ème siècleAdolescent, j’étais, posture classique, très malheureux et très peu désireux d’avoir une maison, une famille, des enfants, des crédits, une bagnole et toutes ces conneries qui font qu’un homme est moderne et dans le coup. Pas mal de décennies plus tard, je suis heureux d’avoir des enfants, pas de bagnole, pas de crédits et une relative liberté de penser. J’ai tracé ma route, au hasard des rencontres et puis, sans avoir trop vu passer le temps, me voilà sexagénaire, à flipper sur des douleurs stomacales, à ne pas aller voir le toubib par peur d’un diagnostic flippant. Adieu l’insouciance de mes vingt ans où je me foutais de tout. Bienvenue dans un monde hanté par les multinationales, les banquiers, les fonds vautours et des politiciens qui ont la solution à tous nos problèmes et votez pour moi pour un avenir radieux. Mouais.

Le demi-siècle qui s’est écoulé depuis Woodstock et mon premier pétard est une putain de catastrophe. Nous avons bousillé la planète où nous vivons pour avoir des téléphones 5G qui font de nous l’égal des dieux ( « T’es où? Ah j’te vois » ) Et ce n’est qu’un début. Mais la plupart des gouvernements continue à invoquer la croissance. Sans croissance pas de créations d’emploi ? Quelle blague ! Sur les quarante dernières années on a vu en France s’installer un chômage de masse, devenu structurel, qui n’a pas empêché les riches de devenir encore plus riches. On dit même « ultrariche » ( pas « ultrapauvre » parce que pauvre c’est déja assez dur ).  Les inégalités se creusent pendant que gonflent les budgets de la police et de l’armée en prévision d’un prochain soulèvement des gueux.

 

Lorsqu’un édile local prétend interdire l’épandage de produits potentiellement cancérigènes à moins de 150m des habitations, le pouvoir l’en empêche et propose l’interdiction de ces merdes à moins de ….. 5 à 10 m des habitations !!!  Plus on nous casse les couilles au nom du « politiquement correct » ( si quelqu’un peut m’expliquer la signification de ce truc qui s’assimile surtout à une sournoise auto-censure lexicale) plus le pouvoir est « politiquement incorrect ».

Et lorsque le peuple s’indigne, c’est forcément parce qu’il est stupide et que le pouvoir n’a pas « su faire preuve de pédagogie ». Pédagogie parfois musclée mais faut bien faire rentrer dans la tête des gueux que c’est nous qui avons raison… Plus j’avance, moins je crois aux gesticulations, aux promesses bidons, aux grands hommes… Et au final, c’est dur, mais ce qui me rassure, c’est que nous sommes tous mortels. En espérant que derrière le rideau c’est le repos…. Réincarnation no thanks.

This gallery contains 2 photos

BORDEL DE MERDE! OU EST STEVE ????

3 Commentaires

L’été est là. Les vacances pour certains, le turbin pour les autres. Sans oublier ceux qui n’ont ni turbin ni vacances. La radio tente de me séduire avec le Tour de France, histoire de faire disparaître les gilets jaunes derrière un maillot de la même couleur. Le président défile sur les Champs en frimant sur un « command car » pendant qu’une partie du public le siffle. C’est pas très respectueux, mais sommes nous respectés par les crabes au pouvoir qui pètent dans la soie en exigeant des efforts du peuple pour redresser le pays ?
Deux ans avant, ils menaient campagne, prétendant lutter contre le chômage, les multinationales, le terrorisme, la dette, les loyers trop élevés, les délocalisations, les moteurs qui polluent, les animaux qui nuisent, les citoyens qui votent mal, le dérèglement climatique, etc, etc…. Gonflés à bloc !  Le chômage ne baisse pas ou si peu, les loyers montent, trop de gens sont à la rue et le climat se moque bien de leurs discours : du vent et rien d’autre dans la torpeur de l’été. Alors on nous gave avec LA canicule, le sport et l’histoire d’un gugusse amateur de homard et de grands crus. Poil au ….

Boulevard Barbès – juillet 2019

En fouillant un peu, on apprend que l’enquête sur la mort d’une vieille dame à Marseille a été sabotée par les policiers concernés. Ils ne se souviennent plus de rien : qui avait en main ces foutus LdB éborgneurs ? Ah ben là j’sais plus. Bref, on ne va pas trop creuser le sujet. Une vieille algérienne de 80 ans qui prend une grenade en pleine tête au 4ème étage lors de la première sortie des gilets jaunes à Marseille ? Ah mais c’est de l’histoire ancienne, monsieur. Et puis vous croyez que cela intéresse les Français ? Enfin, soyez lucides, le truc passionnant du jour, c’est de savoir qui « a gagné Wimbledon au terme d’un match fabuleux de 4 heures « … Pour le moment, on dissèque avec gourmandise les menus servis par monsieur de Rugy lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale, le prix des bouteilles et puis, cerise sur le gâteau, un sèche-cheveux doré à 499 euros que madame a laissé derrière elle. Ce n’est donc pas de l’enrichissement personnel. Tout au plus une volonté de péter plus haut que son cul, comportement assez commun chez la France d’en haut. Celle qui dirige.

Deux sèches-cheveux dorés !

Nous diriger, certes oui, mais vers où, de quel côté, c’est  la question à mille euros. Si l’on se penche sur la situation, il y a un type qui a fabriqué de toutes pièces (sauf les jaunes ) un parti qui se nomme « En marche ». Marchons donc, marchons, marchons et qu’un sang impur abreuve nos sillons et vive la France. En fait c’est ballot : ca marche pas. Et puis marcher, c’est bon pour la santé, mais faut faire attention où l’on met les pieds. Il existe un risque réel de marcher sur un étron bien gras. Alors puisque « ça » ne marche pas, ce n’est pas compliqué, ils nous font marcher en nous enfumant de leurs discours pompeux et mensongers. Et si cela ne marche toujours pas, ils envoient les sbires avec leurs bombes qui piquent les yeux, leurs grenades de « désencerclement » et leurs lanceurs de balles qui arrachent les yeux. Circulez y’a plus rien à voir.

En ce moment, un des endroits où il y a le moins de trucs à voir en France, c’est un méchant bout de quai nantais en bord de Loire. C’est là que la flicaille a chargé des gens qui écoutaient de la musique. Bon, OK, « du son ». Peu importe. Bref, c’était la Fête de la Musique, mais, à quatre heures du matin, les forces de l’ordre ( nouveau ? ) sont arrivées en fanfare pour exiger l’arrêt de la fête. Face à quelques centaines de fêtards plus ou moins imbibés qui n’avaient pas envie de couper la sono, nos amis en bleu ont apparemment tiré des grenades, balancé des lacrymos et chargé ces dangereux amateurs de zizique. Bilan : entre 15 et 20 personnes à la flotte suite à un mouvement de panique assez compréhensible – tu viens faire la fête en musique et au final les robocops viennent te dégager à coup de matraques et de lacrymos. Putain d’ambiance, non ? Surtout à 4 heures du mat’ dans le noir en bord de Loire. Pouvaient pas les laisser aller au bout de la nuit se finir à coups de décibels ?

Le truc très triste, c’est qu’un jeune type de 24 ans a « disparu » ce soir là. Il ne savait pas nager. Et personne ne lui avait dit que c’était dangereux d’aller faire la fête quand on ne sait pas nager. Personne n’a imaginé que la fête finirait en charge policière. Bref, depuis cette fête, trois bonnes semaines se sont écoulées sans que le pouvoir ne s’émeuve publiquement de la disparition d’un jeune homme en de telles circonstances. Pschittt disait Chirac. Pas de vagues, si je peux me permettre. De plus, ce pouvoir là a de plus en plus souvent besoin d’envoyer ses troupes botter le cul des mécontents. Donc, ne pas se fâcher avec eux, ne pas leur chercher des poux dans la tête pour une vieille dame qui n’aurait pas dû se mettre à la fenêtre ou pour un jeune amateur de musique comme il en existe tant.

Entrée des urgences – Hôpital Lariboisière – juillet 2019

Bref, cet été là est un peu à dégueuler. On va même jusqu’à monter un petit sujet télé pour évoquer de malheureux touristes belges qui, à Djerba, ont été traumatisés lorsqu’en allant à la plage, ils ont vu des cadavres de migrants noyés en mer et rejettés à la côte. Le drame n’est pas que des gens se noient en tentant de rejoindre l’Europe. Le drame c’est que des vacanciers voient leur séjour gâché par ce sinistre spectacle. Ca fait un moment que l’humanité marche sur la tête, mais là on atteint des sommets. Bonnes vacances à ceux qui partent (évitez les plages mal fréquentées) et les autres vous pouvez crever ! Ca baissera un peu les mauvais chiffres du chômage et le gouvernement pourra s’auto féliciter « d’avoir su en une période difficile prendre les mesures nécessaires « . Sinon, pas de panique, les affaires tournent, les riches sont au soleil, loin de toutes ces mesquineries tout juste bonnes à énerver le menu peuple qui, c’est bien connu, n’a pas deux sous de jugeote et heureusement que les « élites » sont là pour le faire marcher. En attendant qu’un jour ce peuple vienne leur botter le cul sans état d’âme.

This gallery contains 4 photos

QUASIMODO SDF !

Poster un commentaire

Notre Dame de Paris, qui a traversé les siècles sans trop de dommages, a brulé comme une agence bancaire un jour d’émeute. Le monde entier – sauf le Yemen et deux trois autres coins oubliés par l’actualité planétaire – a contemplé en direct le brasier, la chute de la flêche, le boulot des pompiers, petits bonhommes perchés en haut de leurs nacelles face au vaisseau de pierre.


Passé le premier choc (que l’on soit dévot, bigot ou athée, la disparition d’une charpente de huit cent ans est une catastrophe peu commune) , les commentaires fleurissent sur la toile. Une poignée de crétins se réjouit du sinistre – si, si, il existe des gens assez bornés pour cela ; les complotistes, eux, remarquent avec gourmandise que l’incendie s’est déclaré quelques heures avant un discours très attendu du président. Chacun en tirera ses conclusions, mais vous voyez ce que je veux dire. Cet incendie ne peut pas être naturel. Le chêne ça ne brûle pas aussi vite, etc…. Il s’agit donc forcement d’un épisode du grand complot judéo-maçonnique piloté en sous-main par les reptiliens et les illuminati, sans oublier le Mossad et la CIA. On ne prête qu’aux riches.

Parlons en d’ailleurs, de ces riches, ces « happy few » qui se sont grassement enrichis pendant les dernières décennies, alors qu’une partie non négligeable de la classe moyenne décrochait pour aller flirter avec le seuil de pauvreté, parlons un peu de leur fantastique réactivité pour lâcher des millions afin de rebâtir la cathédrale.

Ces bons samaritains, qui d’ordinaire pratiquent l’évasion l’optimisation fiscale à grande échelle ( cf. https://www.lesechos.fr/industrie-services/mode-luxe/fraude-fiscale-kering-risque-un-redressement-de-14-milliard-deuros-en-italie-959885 ) tant est ancrée au plus profond d’eux mêmes, la répugnance à s’acquitter de l’impôt, sentent soudainement l’appel irrésistible du mécénat, espérant ainsi redorer un blason passablement éclaboussé par les magouilles financières. Jadis, on achetait des « indulgences », de nos jours on s’arrange pour faire figurer son nom en gros sur les bâches de chantier.

Ce sont les mêmes qui, pour échapper à l’ISF, préféraient donner aux organisations caritatives, qui ont vu se tarir la manne dès que fut aboli l’impôt honni. De bons paroissiens vous dis-je, des entrepreneurs qui n’ont fait que « croître et multiplier », des gens qui vont à la messe tous les dimanches et à confesse après chaque plan social, des premiers de cordée, injustement vilipendés par la populace qui rit jaune devant les cendres encore tièdes et les centaines de millions qui tombent pour relever Notre Dame.

Heureusement, notre bien aimé président a déclaré, avant même tout étude sérieuse, que la cathédrale serait reconstruite dans cinq ans et qu’elle sera « encore plus belle ». Voici enfin une priorité nationale clairement affichée ! On peut aussi faire preuve d’imagination dans la reconstruction : les vitraux disparus et rénovés pourront être équipés d’une petite plaque discrète avec des mentions explicatives : « ce vitrail représentant Jésus chassant les marchands du temple a été rénové grâce à la bienveillance de LVMH », ou encore, allant plus loin dans l’innovation, on ne rénove plus, on réactualise toutes ces vieilleries et on les remplace par de nouveaux vitraux sur des thèmes plus actuels  : « Saint Emmanuel repoussant les gilets jaunes à la porte de Saint-Ouen», « Saint Glinglin exhortant les pauvres à payer leurs factures», « Saint Bernard Arnault ne faisant pas don de sa fortune aux plus pauvres », « Saint Castaner triant les migrants »….. Cela pourrait même faire l’objet d’un grand débat .

En attendant, c’est une belle rente qui s’est consumée. Tous les bistrotiers et toutes les échoppes du quartier sont en deuil. A qui pourra t’on vendre désormais ces  si mignonnes Tour Eiffel « made in China » et tous ces jolis petits objets qui emplissent les boutiques de souvenirs, à qui refourguer des boissons en terrasse à des prix exorbitants ? On réfléchit déjà à un circuit « vue imprenable sur les ruines et le chantier », on se demande s’il y a moyen de fourguer les gravats en souvenirs comme cela se fit pour le mur de Berlin. Bref, nous avons l’occasion , avec cet incendie, de secouer un peu ce pays frileusement replié sur ses acquis et de montrer au monde entier à quel point nous sommes un peuple intelligent dirigé par de grands esprits. Gardons espoir, rien n’est perdu !

This gallery contains 2 photos

PAS GILET JAUNE MAIS….

1 commentaire

Pas gilet jaune mais presque

Je vois rouge quand je pense

Aux yeux crevés

Aux mains arrachées

Aux sans papiers

Aux expulsés

Aux ploutocrates

Riches à crever

D’ailleurs ils mourront

Eux aussi

Leur tas d’or dure

Mais pas eux

 

Pas gilet jaune mais presque

Quand je vois les aéroports en vente

Les barrages en vente

Les salaires de merde

La bouffe du même métal

Les loyers qui grimpent

Les flics qui matraquent

Quand le peuple proteste

Les inclus daubant sur les exclus

Les calottes glaciaires qui fondent

Et les oiseaux qui meurent

Les espèces qui disparaissent

A l’exception notable des braves cons

Qui votent pour ceux qui les niquent

 

Pas gilet jaune mais presque

Quand j’entends les publicités

Qui mentent pour mieux vendre

Les riches qui pleurent

Pour échapper à l’impôt

Et ceux d’en bas

Qui supportent cette pyramide de merde

Ca me rend vert

Ca me rend dingue

Les embouteillages aux sports d’hiver

Les paquebots aussi géants que moches

Remplis de blaireaux voyageurs

 

Pourtant le monde est beau

Le ciel le soleil les étoiles

Les lacs de montagnes

Les récifs coralliens

Les aurores boréales

La nature en un mot

Mais hélas salopée par des cons

Aussi stupides qu’avides

Pas gilets jaune mais presque

Parce qu’au final

Je préfère l’arc en ciel

Et les trous noirs

L’espace infini

Cosmos

Fin

 

 

 

This gallery contains 1 photo.

LOIN DES POMPEUX CORNICHONS

Poster un commentaire

Prendre du recul pour éviter que le pouvoir nous enc…. Laisser les gilets jaunes, les traces brunes au fond de la cuvette, les riches crispés sur leur pognon et leur statut social, les pauvres crispés sur leur envie d’être riches, laisser tomber tout ca et retrouver le chemin des étoiles, celui où j’avançais avec mon sac, le pouce en l’air, juvénile tentative pour ne pas me faire piéger par cette machine broyeuse de rêves, ce système où il faut avoir pour être, où il faut posséder l’autre pour s’en sortir, où il faut se déguiser avec la bonne panoplie pour aller jouer à l’infini la même pièce sans grand intérêt.

Urbanisme parisien

Le plaisir de me retrouver, de me dire que quatre décennies de vie active ont glissées sans me contaminer, que je n’ai pas changé intérieurement, que ce qui m’attire c’est toujours la beauté du monde, l’incroyable diversité de cette planète ( même si elle part en couilles) , que j’éprouve toujours le même  plaisir à regarder le ciel, les nuages, le soleil et les astres, à escalader les montagnes, au sens propre et métaphorique.

 

Poudre de perlimpinpin …. Embrumez vous !

Continuer à vivre sans tous ces fils à la patte, ces applications à la con, se méfier à part égale de l’intelligence artificielle et de la bêtise réelle, rester maitre de son esprit, ne pas acheter tout un paquet de conneries pour être « dans la tendance », ne consommer que l’essentiel et ne pas se faire bouffer. Nous sommes libres. Libres de ne pas acheter, libres de choisir la résistance ou la collaboration. Libres de ne pas croire tout ce que de pompeux cornichons voudraient nous faire avaler. Le reste n’est que baratin et reculade.

Avant de faire la révolution dans la rue, il faut la faire dans sa tête. Sinon, le risque est grand de remplacer des bourrins par des tocards.

Place Clichy

Zéro chambre à un prix d’ami ….

La seule action salutaire c’est d’éradiquer la misère, la vraie, pas celle qui consiste à ne pas pouvoir partir en vacances ou aller au restaurant, mais celle qui fait que trop de nos frères humains sont sans toit. Là est l’urgence. Le reste c’est du flan.

Au final, la pire pauvreté, c’est la pauvreté d’esprit. Elle se nourrit de renoncement et de paresse intellectuelle, se repait de la vulgarité diffusée par des animateurs sans états d’âme. Mais personne n’est obligé de regarder ces merdes. Nous sommes libres. Il suffit de ne pas choisir ses chaînes.

Choisir la vie, c’est rire plus fort que la mort en attendant la fin. Choisir la vie c’est aimer plutôt qu’haïr, c’est faire péter la musique à fond, c’est se moquer des conventions, c’est se foutre à poil quand il fait beau…. C’est savoir se déchainer quand il le faut. C’est partager ce que l’on a dans la réalité et pas juste sur un écran.

This gallery contains 6 photos

JEUX DE MAUX

Poster un commentaire

 

Des nuages à la page s’engagent

Dans un orage plein de rage

Qui dégage tout à la sauvage

 

 

Un sage qui voyage sans bagages

Ouvre la porte d’une cage

Où un anthropophage de passage

Fait le ménage sans ambages

 

 

Un étalage d’images

Qui ravage les ramages

De vieux plumages hors d’âge

 

 

Et je gage que cet enfumage

A la limite de l’abattage

Vaut bien un fromage

En guise d’hommage

 

 

Il est hélas dommage

Que ce déballage à la plage

S’achève en naufrage !

 

This gallery contains 9 photos

TEST : ETES VOUS FLEXIBLE ?

Poster un commentaire

Dans les années 70, le grand sujet de débat des philosophes, sociologues et autres personnes s’autorisant à penser, c’était la « société des loisirs » : les machines et les robots allaient travailler à la place des humains qui, enfin délivrés de leurs chaînes, pourraient alors disposer de plus de temps pour leurs loisirs…

Les entreprises installèrent effectivement, là où cela était possible, des machines ce qui permettait d’employer moins de salariés. Ces derniers, remerciés et devenus chômeurs, pouvaient enfin profiter de leur temps libre en regardant la télé couleur, en déambulant dans les premiers centres commerciaux où ils pouvaient contempler des tas d’objets pas toujours utiles qu’ils n’avaient plus les moyens de s’offrir.

Cette soi-disant civilisation des loisirs a engendré en quelques décennies – et avec l’approbation du plus grand nombre – une société d’hyperconsommation basée sur la frustration et l’envie, deux valeurs sur lesquelles il est préférable de rien bâtir tant elles sont tristes et rageuses.

100% d’augmentation entre 2008 et 2018 – Encore bravo les gars !

Depuis les années 80, la mondialisation ou la globalisation, on ne sait plus trop comment nommer ce « machin », a permis aux entreprises d’aller exploiter, via des sous traitants peu regardants, des prolétariats exotiques et sous payés, d’y délocaliser le plus possible d’usines, afin de se débarrasser des reliquats de cette classe ouvrière qui leur coutait trop cher. Et hop, chômage, deuxième fournée…

Evidemment, ca gueule dans la soute. Le chômage qui se comptabilisait en centaines de milliers, explose. Aujourd’hui, il faut compter en millions de chômeurs, pardon, de « candidats » dans le jargon de Pôle emploi. Les gouvernements se succèdent, chacun avec son plan, ses petites phrases et ses grands discours. Le chômage, hélas, monte inexorablement. Les politiciens sont, dans leur grande majorité, à l’abri de ce méchant virus pour de multiples raisons : rarement issus du petit peuple, ils bénéficient de régimes particuliers, tant au quotidien qu’au moment de la retraite, ils se recasent dans le privé grâce à leur carnet d’adresses, ou sont recasés dans des commissions, chargés de mission d’évaluation, de rapports sur l’impact de la mayonnaise en poudre sur la santé des Français… Le jour où l’on verra un ex-ministre pointer au chômage n’est pas encore venu.

A comparer aux bénéfices des grosses boites sur la même période….

Bref, le chômage de masse est là, bien installé, et personne n’est fichu de faire redescendre les courbes, à moins de bidouiller les chiffres. C’est dans ce contexte peu glorieux pour les gouvernants des 40 dernières années que les technocrates ont pondu un concept magique : la « flexisécurité » ( !!!! ) . Kézaco ?

Voici la définition donnée par Wikipédia : « Le terme de « flexisécurité » désigne un dispositif social autorisant une plus grande facilité de licenciement pour les entreprises (volet flexibilité) et des indemnités longues et importantes pour les salariés licenciés (volet sécurité). Il repose sur un mécanisme économique selon lequel des procédures de licenciement facilitées inciteraient les employeurs à embaucher. Les PME hésiteraient en effet à embaucher lors des périodes florissantes, car elles redouteraient l’épreuve des procédures de licenciement lorsque la conjoncture se retourne. En contrepartie, le salarié bénéficierait d’une généreuse indemnisation et d’un maintien de ses droits, même s’il change d’entreprise ou s’il demeure sans emploi ».

Les experts de tout poil nous ont bassiné avec ce truc dont, curieusement, on entend moins parler depuis quelque temps. Disons, pour être plus précis, que le pouvoir politique et le MEDEF ont bien avancé sur le côté « flexible » en démolissant partiellement le Code du Travail, un vieux bouquin trop épais inadapté aux réalités d’aujourd’hui.  Mais côté « sécurité » c’est raté. Il serait même plutôt question de traquer les chômeurs qui ne sont pas en recherche active d’emploi, de virer ceux qui refusent des offres d’emploi « raisonnables » ( terme vague et fourre-tout )…. Après tout, comme le disait Raymond Barre « le meilleur moyen de lutter contre le chômage, c’est le travail » et comme le laisse entendre l’actuel président : « il suffit de traverser la rue ». A condition, bien sûr, de ne pas se prendre un tir tendu en pleine gueule en la traversant. Restez prudents…

Gérard se marre. C’est plus lui qui gère, c’est Castaner.

Car pour l’instant, maintenant que nous sommes « flexibles » (« comme un chewing gum dans un lance-pierre » disait Higelin) , il semble que le volet « sécurité  » de la flexisécurité se décline en forces de sécurité, à l’œil et sans main courante. Le chômage est il soluble dans le flicage et la répression ? C’est ce que le pouvoir a l’air de croire entre deux invocations à la croissance et aux valeurs républicaines, ce qui ne mange pas de pain et n’engage pas trop. Heureusement le grand débat national est lancé. Il permettra à quelques heureux élus de participer à des comités Théodule qui rendront des rapports qui permettront de nommer des commissions… etc.

Ce n’est pas ainsi que l’on verra disparaître le chômage de masse, la plus grande menace qui pèse sur nos têtes après la fonte des banquises et le dérèglement climatique qui,eux, mettront tout le monde à niveau, les pieds dans l’eau… Apprendre à nager c’est peut-être tout ce qu’il reste à faire.

PS : certains lecteurs s’étant émus de l’absence de test en voici un petit :

Votre couleur préférée c’est :

1/ jaune

2/ rouge

3/ noir

4/ vert

5 / brun

REPONSES

Si vous avez coché 1 :   vous êtes dans la tendance, mais c’est aussi la couleur des cocus. Attendez vous à être trompés.

Si vous avez coché 2 :   vous êtes nostalgique du passé, de la lutte des classes et du culte de la personnalité. L’histoire repasse rarement les plats.

Si vous avez coché 3 :  Ravachol, la bande à Bonnot, Stirner et Durutti sont vos héros. C’est bien. Vous avez du cran. Continuez.

Si vous avez coché 4 :  vous aimez la nature même si elle ne vous aime pas. Attention à la loi de la jungle.

Si vous avez coché 5 : vous n’avez rien à faire ici.

 

 

 

 

This gallery contains 4 photos

CARTON JAUNE !

Poster un commentaire

« Tout semble jaune à celui qui a la jaunisse »  – Proverbe chinois

« Dans un œuf, y’a du blanc et du jaune. Et bien plus on mélange, plus y’a que du jaune. » Cette vanne de Coluche doit donner des aigreurs à certains. Dégoût et des couleurs cela ne s’improvise pas ; de plus chacun possède sa gamme. Monet confiait que « Le blanc et le noir c’est parfait, mais il n’en est pas de même pour les couleurs et les formes. Alors, je persiste à voir jaune ce qui est vert et le reste plus ou moins bleu ; cela n’est pas drôle. »

Ces derniers mois, le jaune fait un carton – et la police fait des cartons sur les jaunes – mais derrière ce jaune, on entrevoit parfois de vieilles traces brunes malodorantes qui gâchent l’affaire. D’aucuns en tireraient prétexte pour sortir un carton rouge et siffler la fin du match, arguant qu’il n’est pas possible de renverser l’ordre établi et que c’est la trop grande subtilité du programme économique et social mené par ce gouvernement qui fait que le petit peuple, cette fameuse France d’en bas, devenue périphérique, ne parvient pas à comprendre les mesures sophistiquées prises par le pouvoir. On va faire preuve de pédagogie. Mais aussi de fermeté. Fermez le ban et circulez, laissez faire ceux qui savent et retournez à vos petites vies périphériques de nains jaunes pendant que des spécialistes vous concoctent un avenir taillé à leurs mesures.

Rue Ordener

Histoires d’homme, cet ex homo habilis devenu sapiens par la grâce de l’évolution. Je mets toutefois un bémol à sa sagesse, vu la rage avec laquelle Monsieur Sapiens saccage sa cage, étale ses déjections dans les coins avant de gémir sur l’odeur infecte.

Et puis, comme d’habitude depuis un demi-siècle on oubliera entre soldes et promos, et puis on continuera à ne rien changer, à niquer la planète pour le plus grand bénéfice de l’agro-alimentaire, pendant que les guerres fabriquent famines, exodes pour le plus grand bénéfice du complexe militaro-industriel. Sapiens mon cul, ne manquerait pas de s’exclamer Zazie attendant le dernier métro…

Thomas Murner, théologien, constatait dès le 14ème siècle que « Une poule a-t-elle pondu un œuf, le seigneur en prend le jaune, sa noble dame le blanc et au paysan ne reste que la coquille ».  Au 21ème siècle, selon un rapport publié en 2016 par l’ONG Oxfam, le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépasse désormais celui des 99% restants. « Depuis le début du XXIe siècle, la moitié la plus pauvre de l’humanité a bénéficié de moins de 1% de l’augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1% les plus riches se sont partagés la moitié de cette hausse. » Assez parlant, non ?

Fragment – Rue Ordener 2018

Un problème mondial qui va bien au delà des escarmouches au sujet d’une limitation de la vitesse sur les axes secondaires. On peut péter tous les radars que l’on veut, cela ne ralentira ni la fonte des calottes glaciaires, ni le dégel du permafrost. «Il faut se préoccuper des fins de mois des Français mais il faut aussi se préoccuper d’un autre enjeu : la perspective de la fin du monde, ou en tout cas la fin d’un monde pacifique, qui n’est plus une hypothèse d’école.» a martelé Nicolas Hulot. C’est vrai. Mais « ventre affamé n’a pas d’oreilles » et la cohorte des miséreux, des sans abri, des réfugiés, des fauchés, sait que ce monde est pacifique, mais à condition d’avoir du fric. Ceci aussi n’est pas une hypothèse d’école. Allez parler de dérèglement climatique à quelqu’un qui dort dehors en hiver. Ou d’alimentation saine à ceux qui font la manche ou les poubelles pour se nourrir. Ces gens n’ont plus rien. Plus rien d’autre que la (sur)vie au jour le jour et la nuit à la rue. Ceci pour ne parler que ce que je vois de mes propres yeux, dans les rues d’un pays qui fait partie du club des riches. Rire jaune en attendant l’arc en ciel et des gilets multicolores…

This gallery contains 4 photos

L’ECONOMIE EST ELLE ECONOME ?

Poster un commentaire

Pour mes aïeux qui étaient gens censés, être économe consistait à ne pas dépenser plus que ce que l’on possédait. Pas toujours évident et la vie était probablement plus rude il y a cent ans. Comme dit l’autre « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Ou encore : « Travaille, souffre et tu recevras les fruits de ton labeur ». Concrètement les autoproclamés propriétaires de l’arbre de vie t’en revendent les fruits en échange de ta force de travail. A prendre ou à laisser.

Mais revenons à l’économie et à cette idée de ne pas dépenser plus que ce que l’on a. Ajoutons que l’économe authentique ira même – s’il le peut – jusqu’à mettre quelques sous de côté en prévision des temps difficiles.
Mais foin de ces vieilles lunes. L’économie d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec ces concepts d’un autre âge. Cette nouvelle économie est enseignée dans de « grandes » écoles et passe largement au-dessus de la tête des croquants que nous sommes. Lorsqu’elle parle de marché, il ne s’agit plus des commerçants déballant leur marchandise sur la grand place, mais d’un « système » qui répartirait de façon presque magique ( la main « invisible » du marché ! ) et bienveillante les fruits du travail collectif.

De ces fruits, certains feront des confitures qu’ils stockeront dans leurs placards pendant que les moins bien lotis se contenteront des pépins, de noyaux et des épluchures. La main invisible du marché se traduit souvent par une claque dans la gueule des pauvres et un gros câlin sur le bas de laine des plus riches.

La question est de savoir si cette Economie, avec sa majuscule et ses théories fumeuses est … économe. Non. Bien au contraire. Le produit terrestre brut ne suffit plus à combler nos besoins. Chaque année, nous consommons plus que ce que la planète produit. Cette économie vide les océans de leurs poissons pour les remplir de plastique, détruit les forêts primaires, fait fondre les banquises et les glaciers, empoisonne les sols et les cours d’eau. Ce sont là les résultats visibles de la main invisible.

Nous y sommes…. (photo DR.)

Le carburant de cette économie c’est le fric. Et, jusqu’ici, il semble que cela rapporte plus de fric à certains de foutre en l’air la biosphère plutôt que de la préserver. A l’heure où le dérèglement climatique passe du stade de l’hypothèse à celui de « l’augmentation de la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes » , certains se réjouissent de la disparition des banquises qui permet d’ouvrir de nouvelles routes commerciales : plus de camelote, moins de kilomètres à parcourir, donc plus de fric ! La « loi » du marché dans toute sa splendeur. Et encore, nous parlons ici d’objets réels, de bateaux avec des cargaisons.

Mais l’économie – ou ce qu’on veut nous faire avaler sous ce terme – a besoin de plus encore. Plus de fric, bien sûr. C’est là qu’entre en scène la Finance. Le marché avait un petit côté magique, mais là on passe à la vitesse supérieure. Epictète écrivait que « lorsque la mesure est dépassée, il n’y a plus de limite ». Cette maxime s’applique à merveille à l’univers fabuleux des financiers, avec ses « bulles » ( immobilières, technologiques, artistiques, mais toujours spéculatives ) évoquant un mauvais mousseux qui fait mal au crâne, mais que l’on vous vend pour du champagne. Produits financiers sophistiqués qui sont en fait des junk bonds (obligations pourries), évasion fiscale rebaptisée en « optimisation », cache-cash et paradis fiscaux, bonneteau 2.0, shadow banking et speed trading. Toute la panoplie est là pour jouer au con et les traders ne s’en privent pas. Il y a du krach et du crash dans l’air.

Bref, nous sommes actuellement aux antipodes de l’économie telle que la concevaient mes arrière-grands-parents. Est il encore temps de redescendre sur terre pour affronter la réalité au lieu de tout baser sur le fric qui, rappelons le, n’est pas d’origine naturelle et ne se mange pas ?

Sommes nous devenus aveugles et sourds à ce qui nous entoure ? Sommes nous devenus égoïstes et crétins au point de léguer un monde empoisonné à nos descendants ? Homo sapiens va t’il être à la hauteur ou le cerveau reptilien va t’il prendre le dessus ? Je n’en sais rien et bien malin qui pourrait prédire de quoi sera fait le futur. Mais une chose est sûre : nous sommes tous dans la même galère, riches comme pauvres, capitaines, rameurs ou garde-chiourmes. Et si le bateau coule, c’est tous ensemble que nous disparaitrons de la surface du globe.

This gallery contains 6 photos

GILETS JAUNES ET VENDREDI NOIR

Poster un commentaire

Voilà. Le froid arrive, les feuilles tombent et, dans mon petit musée, je photographie les nénuphars du bassin et les reflets. On a les nymphéas qu’on peut s’offrir. Il fait froid et je suis à découvert. Mais en bonne santé, ce qui me convient.

Tous les matins, depuis quelques jours, à peine sorti de chez moi, je passe devant trois africains qui dorment dehors dans des cartons. On se sent toujours assez démuni devant ce genre de situation. J’offre des clopes, un peu de bouffe, un ticket-restaurant, mais fondamentalement, je me sens mal à l’aise quand je pense à eux. Il faudrait que je travaille un peu plus mon indifférence au sort des autres. Mais, lorsque je m’endors sous ma couette, savoir qu’au fond du passage, ces trois gaillards sont dehors dans leurs cartons, m’empêche de trouver le sommeil.

Dans le vaste monde, il se passe des tas de choses. Les gilets jaunes veulent bloquer le pays et le Vendredi noir veut nous faire claquer le fric que l’on n’a plus. Ainsi fonctionne l’économie. Sans crédit, plus rien ne marche.
Et puis j’entends que Carlos Goshn est en prison, à l’isolement dans une cellule de deux tatamis, soit six mètres carrés, avec les chiottes au milieu. Ce cadre dépouillé et très zen doit le changer des palaces et des résidences de luxe auquel il était habitué. Reste à comprendre pourquoi un type qui a gagné 7,4 millions d’euros en 2017 « est soupçonné d’avoir utilisé de l’argent de l’entreprise qu’il dirigeait à des fins personnelles et d’avoir minimisé sa rémunération en déclarant environ la moitié de la somme réelle au fisc nippon » comme le constate Capital. Ca me dépasse ce truc là….

Pendant ce temps, dans nos provinces, monte la grogne des laissés pour compte, de ceux qui vivent avec peu et qui n’en peuvent plus. C’est une bête taxe sur le carburant qui a mis le feu. Faut pas jouer avec l’essence ca s’enflamme assez vite. Les gilets jaunes font l’actu et, certains d’entre eux sont assez cons, il faut bien le reconnaître. Mais c’est un mouvement populaire et tout le monde n’est pas forcément smart dans le peuple, cette bête étrange que les riches et les puissants tentent de dompter.

Les violences d’en bas renvoient à celles commises par les fameux « premiers de cordée » qui ne sont pas non plus toujours des premiers prix de vertu. Les insultes volent bas et parfois les coups partent. Il fait froid mais c’est chaud. Ce fichu pays n’est plus qu’une molle omelette norvégienne arrosée à la sauce libérale, un truc pas très comestible mais on veut nous faire avaler qu’il n’y a plus que ca à bouffer. Alors les gilets jaunes se rebiffent, rêvent de Bastille à prendre et de bobos à pendre.

Heureusement, le vendredi noir , alias « black Friday » ( une « tradition » venue des USA comme on dit à la radio) débarque. Tout un chacun va pouvoir acheter des trucs sur internet, gaver un peu plus le fumier à la tête d’Amazon, et s’en retourner heureux l’espace d’un achat avant de retomber dans la mouise quotidienne.

Pendant ce temps, désargenté au-delà du possible, je photographie les nénuphars en haut de la butte Montmartre. Là, au moins, les couleurs sont flamboyantes, loin de ce jaune tristounet des gilets d’automobilistes et du noir macabre de cette soi-disant fête de la ristourne.

La vraie richesse, ce sont les reflets des feuillages d’automne sur le bassin gelé. C’est cela qui est important, cela qui est à préserver et qui mérite que l’on combatte. Qu’il y ait encore, des siècles durant, des ciels d’été, des couchers de soleil, des lumières qui dansent dans les sous-bois, de la neige en hiver et des fruits en été, des chants d’oiseaux et des tas d’animaux.
Face à cela, les tristes tentatives des riches pour être encore plus riches apparaissent pour ce qu’elles sont : des fraudes minables qui font que les « grands » de ce monde sont parfois, malgré leur intelligence et leur pognon, de tout petits esprits racornis.

This gallery contains 3 photos

TRAMADOL BLUES

1 commentaire

Voilà. J’aurais pas du tirer cette fichue échelle de derrière la haie pour que J. puisse cueillir les coings sous la pluie vendredi matin. La veille, je m’étais écroulé à 18h30 et j’avais dormi douze heures d’affilée. Fatigué.

Depuis un an, je travaille dans un lieu superbe. Les visiteurs me disent qu’ils aimeraient bien échanger leur travail contre le mien, ou encore que j’ai vraiment de la chance de travailler ici. C’est vrai que l’endroit est très beau. C’est tout aussi vrai que mon travail rapporte trop peu. Je l’ai néanmoins accepté avec ses contraintes car trouver un CDI à 61 ans c’est un peu miraculeux et  je préfère encore bosser pour un petit salaire que rester à la maison en attendant de me finir au RSA.

Bref, en tirant cette échelle, j’ai aussi tiré le gros lot : arrêt maladie pour cause de lumbago féroce. Depuis trois jours je passe une bonne partie de mes journées allongé . C’est long des jours entiers en ne pouvant mettre le nez dehors que pour de petites excursions autour du pâté de maison. Chercher du pain. Poster une lettre. Des trucs de vieux rabougri. Un aperçu de ce qui m’attend dans dix ou quinze ans si tout va bien.

Le corps qui rechigne et l’esprit qui s’envole. Je m’abrutis de lecture. Polars. Easy Reading. Musique. Alman Brothers. « Ramblin’ man » et je repense à Osman et sa guitare sur la ligne 4 entre Odéon et Montparnasse. Je balançai un solo d’harmo et fit passer le chapeau. On était bien en ce temps là, insouciants, libres et heureux.

On m’a prescrit un médicament assez planant pour calmer les douleurs. Un dérivé de morphine ai-je lu quelque part. J’ai la tronche dans les nuages et j’écoute Amadou et Mariam chanter « Dimanche à Bamako » pendant qu’ici le soleil brille froidement sur le 18ème arrondissement. Musique en boucle et bruits de rues en arrière-plan. Lecture et musique. En boucle.

 

Le temps de penser, de se vider la tête aussi. La liste de morceaux de musique s’égrène sur l’ordinateur. On est dans les « A ». Là c’est un morceau d’Amon Düül II complètement barré. « Wie der Wind am Ende der Strasse », à savoir « Comme le vent au bout de la rue ». Je me sens à peu près comme ca. Mais j’aimerai bien savoir quand soufflera le vent et dans quelle direction.

La réponse tombe avec the Animals. Eric Burdon et les sixties, « We got to get out of this place ». Bon programme, certes, mais là je suis bloqué dans le paradisiaque archipel des Lumbagos à digérer mon « soma » sur ordonnance, à regarder ce qui se passe à gauche et à droite. Pas grand chose à vrai dire. La planète part en couilles et l’on va interdire les pailles en plastique et les touillettes du même métal. Les glaciers fondent, les mers montent et je regarde les quelques plantes installées sur le balcon. Des fleurs contre la peur.

« C’est comme ca » me chantent les Rita Mitsouko, c’est comme ca et pas autrement, la guitare de Fred Chichin crie et geint,vrombit et frémit… 7’04 ‘’ qui m’embarquent dans le train d’hier, le train des souvenirs, de plus en plus long, mais qui avance toujours droit sur ses rails on verra bien jusqu’où et jusqu’à quand, mais l’essentiel est dans la bielle et la loco avance et les notes jaillissent du manche, j’ai à nouveau plus d’âge, j’ai toujours vingt ans : ca doit être ce fichu médicament.

 

This gallery contains 6 photos

DERNIERE SORTIE AVANT LA RENTREE !

4 Commentaires

Illustration : R. Cobb

Petit retour sur ces quelques semaines d’été. Après la douce hystérie collective de la coupe du monde-on a gagné et le médiocre feuilleton Benala, l’épisode de la piscine à Brégançon et autres amuse-gueules destinés à divertir la populace tout en faisant diversion, on sent une odeur de rentrée. Les politiciens ouvrent à nouveau leur gueule. Ils débarquent dans les studios pour nous livrer le fruit de leur réflexion et, bien sûr, c’est vachement intéressant. L’inusable Moscovici, bien au chaud à Bruxelles, nous pond que « on peut très bien avoir des services publics gérés par des entreprises privées ». Quelques jours après l’écroulement du pont à Gênes qui met justement en lumière les dangers potentiels du procédé, c’est pas très finaud. Mais bon, passons et vendons au privé sans état d’âme les ports et les aéroports, les barrages, les routes, un maximum d’infrastructures et ca ira vachement mieux. La République finira à poil mais dans le pur respect des critères économiques pondus par les technocrates de la Commission européenne. Ca fait plaisir.

Après, c’est Yannick Jadot, un écolo ( on ne rit pas merci) qui nous prévient déjà qu’il n’y aura pas de liste commune entre les écolos machin et les écolos bidule. Franchement, on s’en doutait et on s’en fout complètement. Dégage !

Ce matin, Agnès Buzin, sur France Info, parle de la grande réforme ( les réformes sont toujours grandes, notez le bien) de la santé. Un joli moment de langue de bois avec copeaux en mode «  J’peux rien vous dire mais vous allez voir ce que vous allez voir »…. J’en suis déjà un peu barbouillé, limite malade.

Sinon, vous avez aussi cette superbe déclaration de Stéphane Le Foll, ex-ministre de l’agriculture : « Pour enlever les herbes, il y a deux solutions. L’herbicide ou vous travaillez le sol. C’est une alternative mais quand vous regardez vous voyez toute la poussière qui s’envole. C’est donc du sol qui s’en va. » On sent bien là toute l’authenticité d’un gars du terroir, un artiste de la binette qui pourrait dès demain tenir sans problème la rubrique jardinage sur une radio périphérique.

On arrêtera ici ce florilège ( d’aucuns parleraient de bêtisier) en constatant que c’est bien rassurant de voir revenir tous ces grands esprits pleins d’idées généreuses et surtout beaucoup plus intelligents que nous, citoyens de base, englués dans nos découverts bancaires, geignards, cons et bornés. Ils le disent eux-mêmes ( pas que nous sommes cons et bornés – du moins pas en public ) : « Les Français n’ont pas compris l’esprit de ces grandes réformes et nous n’avons peut-être pas été assez pédagogues ». Ce qui revient peu ou prou à nous prendre pour des imbéciles, nous qui n’avons pas fait l’E.N.A, cette pépinière de talents que le monde entier nous envie.

Heureusement, il est toujours possible de tourner un bouton et de fermer le poste afin de ne plus les entendre. Si j’allume la radio chaque matin, c’est juste pour avoir un truc qui me réveille pendant que je prépare mon café. Et puis si jamais c’était la fin du monde, autant en être prévenu pour changer de slip avant de mourir.

Pendant ces journées estivales et tranquilles , j’ai beaucoup regardé le ciel et les étoiles, un peu tenté de réfléchir au sens de la vie, énormément marché dans la ville juste pour le plaisir… Que des choses pas commerciales comme dit l’ami Souchon.

Donc je vais dès demain recommencer à travailler ( huit jours pour des vacances d’été, j’ai pas abusé), bientôt je retrouverai ma petite famille et les jours vont raccourcir, les feuilles tomber des arbres. La vie en quelque sorte. Peut-être un peu plus apaisé, moins énervé… Vacciné contre la connerie ambiante dans laquelle nous pataugeons jusqu’au cou.

J’attends donc sereinement les articles sur le poids des cartables, le coût de la rentrée, les vendanges en avances, les (grandes) réformes en retard… Le Barnum habituel. Mais avant tout, j’entends garder la tête dans les étoiles. C’est de loin le plus important si je veux vivre de façon décente.

PS :  Pas de photo car j’ai toujours de la poussière plein les capteurs ( c’est moins grave que d’avoir de la merde dans les yeux mais…. ) alors j’ai piqué des trucs de ci de là pour égayer la page. Je sais c’est pas bien mais bon…

 

 

 

 

 

 

 

 

This gallery contains 3 photos

UN 15 AOUT ORDINAIRE …

1 commentaire

En moins de 48 heures, un pont d’autoroute s’est écroulé en Italie, Aretha Franklin nous a laissé tomber à Detroit et la France va accueillir 60 passagers de l’Aquarius. Qui a dit qu’il ne se passait rien en été ? Ajoutons un policier qui abat un automobiliste à Paris ( second tir mortel depuis le début de l’été. Je suis assez content de n’avoir ni permis ni voiture ) et vous conviendrez que l’été n’est pas si morne qu’on veut nous le faire croire…

En rouge la partie du pont qui s’est effondrée….

Je passe mes vacances dans le 18ème arrondissement de Paris, un quartier où je peux me sentir tantôt en Afrique, tantôt en Asie, et aussi chez moi. Je passe mes journées à bouquiner sur mon balcon, un endroit plus sûr que ce foutu viaduc génois qui s’est effondré d’un coup. Il semble que l’entreprise privée qui devait le maintenir en bon état de marche n’aurait pas fait le nécessaire. Un Genovagate en puissance.  Mais ne jetons pas la pierre aux italiens car chez nous, c’est un morceau de terminal de Roissy qui s’est effondré en 2004 ( quatre morts) . Le procès – en correctionnelle – est prévu en décembre 2018. Il n’a fallu que 13 petites années pour renvoyer devant la justice Aéroports de Paris (ADP), le constructeur GTM, filiale de Vinci, le bureau d’études Ingerop et le groupe d’inspection et de certification Bureau Veritas, pour homicides et blessures involontaires.

les ruines du barrage de Malpasset dont la rupture – en 1959 – causa la mort de plus de 400 personnes…

Mais ceci n’empêche pas le gouvernement de vouloir vendre au privé les barrages hydrauliques français, financés par l’impôt, c’est à dire avec NOTRE fric. A la lumière du désastre génois, on ne se sent pas plus rassuré que cela à l’idée de ces barrages « privatisés ». Mais bon, Macron a dit qu’il fallait faire des économies alors on racle chez les pauvres, on taxe tout ce qui peut l’être et l’on vend à tour de bras les infrastructures financées – j’insiste lourdement mais c’est important – par le travail de la population de ce pays. On vend des aéroports, des autoroutes, des barrages…. Et pour le reste on use et on abuse du partenariat public privé, le fameux PPP qui fait exploser le coût des réalisations. Ensuite on vient nous parler sans rigoler d’égalité, de fraternité. Mon cul.

Tout se vend, tout s’achète. Credo crétino-libéral mettant la « libre concurrence » au dessus de tout. La politique n’est plus qu’une histoire d’économie, de gros sous pour être élu, de discours sirupeux pour mieux faire passer l’amère réalité.

C’est l’été et on fait disparaitre les vieux bancs de Paname, célébrés par Brassens, pour les remplacer par des sortes de cochonneries qui ont le gros défaut que l’on ne peut pas vraiment y poser son cul et encore moins s’allonger dessus. Les amoureux des bancs publics peuvent toujours essayer de s’y rouler des patins, mais le risque est grand de se ramasser une gamelle avec ce mobilier urbain qui n’est qu’un vaste foutage de gueule. Les vieux et les clochards n’ont qu’à aller ailleurs.

chassé croisé juilletistes et aoutiens….

C’est l’été et la France accueille (putain ce qu’on est généreux !) 60 personnes recueillies en mer par l’Aquarius, ce bateau qui empêche les « migrants » ( quel mot merdique n’a t’on pas encore forgé là !) d’être recueillis et hébergés par les gentils garde-côtes libyens. J’ai entendu ce matin un ministre de ce gouvernement se féliciter ( on est toujours mieux servi par soi-même) de la belle collaboration européenne qui accepte de recueillir 140 personnes fuyant la guerre ou la misère ( ou les deux à la fois), et déclarer « que l’Europe retrouve ainsi un peu de son honneur ». Je ne savais pas que l’honneur se débitait comme du jambon chez le charcutier. Pour moi, on est honorable ou on ne l’est pas. L’honneur, donc, sous Macron, devient donc un « produit » comme un autre.

  • Bonjour Monsieur, je voudrais une tranche d’honneur.
  • Fine, moyenne où épaisse ?
  • Plutôt fine. Et retirez moi le gras s’il vous plait

C’est l’été et je m’ennuie un peu tout seul sur mon balcon. J’imagine des montagnes, j’imagine le Japon, j’imagine un monde où les riches ne prendraient pas les pauvres pour des cons, un monde ou l’humanisme prendrait parfois le pas sur la finance, un monde vivable en quelque sorte. Hélas, on nous annonce un futur plus qu’incertain, soufflant le chaud et le froid, une extinction massive des espèces. Empoisonnement massif des sols à grand renfort de pesticides et de déchets divers, investissement massif dans l’armement un peu partout…

Et avec toutes ces bonnes nouvelles, on ne peut même pas fumer un joint pour se détendre et oublier quelques instants tous ces psychopathes qui se font des couilles en or en ruinant la planète. Parce que le cannabis c’est TRES TRES DANGEREUX me dit on dans l’oreillette. Presque plus dangereux qu’un viaduc qui tombe, c’est vous dire.

 

C’est l’été. Je suis à jeun et je me fais ( un peu) chier. Heureusement, mes vacances sont courtes et dans quelques jours je pourrais retourner au travail, mettant ainsi fin à cette insupportable période d’oisiveté. Le travail nous libère, paraît il…. Enfin c’est ce qui se disait en Allemagne il y a 70 ans.

 

Bonnes vacances à ceux qui peuvent et salut aux autres.

This gallery contains 4 photos

AD NAUSEAM …

Poster un commentaire


(Petite fantaisie sur un air bien connu de Gaston Ouvrard . On peut chanter en lisant )

 

J’ai l’Macron qu’est trop rond

L’Mélenchon qu’est grognon

Le PS mou d’la fesse

Le PC tout cassé

Le FN à la peine

J’ai l’black blok qui débloque

J’ai les trains sans entrain

Les avions dans le fion

L’syndicat dans l’caca

Les étudiants bien trop chiants

Les zadistes qui s’enkystent

Les CRS qui se blessent

L’hôpital qui s’affale

Les écoles qui s’affolent

Et les facs bien en vrac

Les frontières pas très fières

Des migrants en dedans

Des exclus à la rue

Sans oublier qu’y’a aussi

Des réformes toutes informes

Des décrets pas très frais

Députés pas futés

Des ministres sinistres

Des rupins bien radins

Des traders sans ardeur

Des chômeurs quelle horreur

J’ai la droite qui s’déboite

Et la gauche qui s’ébauche

Y’a aussi faut bien l’dire

Le nucléaire qu’est pas clair

Le fiscal qu’est bancal

Et la dette qui m’embête

Matignon prend les gnons

Et les patrons l’pognon

Un partage qu’avantage

Les pouraves qui se gavent….

Etc, etc.

 

 

 

 

This gallery contains 1 photo.

AU BONHEUR DES CONS

Poster un commentaire

Cavanna nous a laissé un beau livre au titre sans équivoque, « Et le singe devint con », qui retrace l’épopée de l’(in)humanité. Il savait de quoi il parlait, ayant connu les joies du travail forcé dans les usines du 3ème Reich, cette parenthèse nazie dont quelques sales cons ont la nostalgie.

Pour rester dans l’actualité locale, entre le gendarme égorgé par un taré se réclamant d’une religion et la vieille dame assassinée, elle aussi pour des questions d’appartenance religieuse, mais avant tout pour être dévalisée de façon crapuleuse, il existe un point commun : la connerie abyssale des assassins.

Etre con n’est pas un problème. Nous le sommes tous un jour ou l’autre. Mais que cela entraine la mort d’autres personnes est intolérable. Soyez con autant qu’il vous plaira mais dans l’intimité. Ne nous obligez pas à subir les conséquences de votre connerie. Pour aller au paradis où vous attendent – paraît il – des vierges peu farouches, suicidez vous donc, mais au fond des bois, discrètement, sans éclat comme il sied à un brave con. Mais peut-être faites vous partie des sales cons, un sous groupe infiniment plus nocif. La vie est déjà assez compliquée, pas la peine d’en rajouter. Parce qu’il n’y a pas que les cons meurtriers. La connerie revêt des formes multiples, se glisse partout, envahit et contamine la planète. Il existe même des pauvres cons. Des cons de gauche, des cons de droite, des cons en haut et des cons en bas pour leur donner le pouvoir.

Une des formes les plus abouties de la connerie humaine…

Une autre expression de la connerie plus sournoise mais tout aussi nocive à moyen terme…

La connerie fait disparaître la faune et la flore pour fabriquer des produits nouveaux comme l’indispensable smoothie papaye – citron vert – artichaut ou encore le très branché surimi de crabe terrestre à la baie de goji qui font le bonheur des abrutis urbains et friqués, sans oublier le missile à l’uranium appauvri qui perce le béton comme du beurre. Les animaux, à part ceux qu’on élève dans des camps de concentration pour les becqueter, cela ne sert à rien. Il suffit d’en garder quelques-uns dans des réserves, mais on ne va pas s’emmerder avec des lions, des éléphants, des rhinos et des gros hippopotames. On en a rien à foutre des mésanges, des chardonnerets et de tous ces cons d’oiseaux bouffeurs d’insectes et de graines. D’ailleurs, il n’y a plus d’insectes à part dans les documentaires à la télé et dans les livres retraçant le cycle des libellules ou celui des hannetons. Franchement, de vous à moi, vous trouvez que c’est beau un hanneton ? Et puis, faut pas non plus exagérer sur la disparition des espèces : en ville il y a de plus en plus de cafards et de rats. Les pessimistes sont donc priés de la boucler. On va même réintroduire deux ours dans les Pyrénées, c’est vous dire.

L’homme, histoire de se justifier, a même été jusqu’à s’inventer des dieux, des sortes de trucs fumeux avec des bouquins assez arides à lire mais où on peut trouver en cherchant entre les lignes des injonctions à flinguer ceux qui n’ont pas de dieux, ou encore ceux qui ont un dieu, mais différent du vôtre. Après plusieurs millénaires de guerres, certains pays -mais pas tous- sont arrivés à la conclusion que l’on pouvait croire au dieu que l’on voulait à condition de ne pas emmerder son voisin avec. On a même, par endroits, le droit de ne pas croire en dieu. En fait dieu c’est comme la bite : faut pas le montrer en public, c’est un truc personnel.

Le problème c’est que l’on a remplacé dieu par le fric. Et franchement c’est pas une réussite. Avec les dieux, il faut se mortifier toute une vie pour accéder au paradis, mais une fois mort et pas avant. Avec le fric, c’est pire, il faut se faire chier pour en avoir ( ou faire chier les autres ce qui est moins fatiguant et laisse le temps d’avoir des loisirs pendant que les autres travaillent pour vous ) mais, une fois mort, on n’en profite plus. D’où probablement cette féroce rapacité des négriers d’hier et des hommes d’affaires d’aujourd’hui, conscients de la courte durée de leur magnificence. Ils sont riches à crever c’est vrai. Ils vont crever comme le plus pauvre des pauvres, c’est encore plus vrai. De quoi devenir dingue, con et méchant.

En conclusion, on ne se méfie guère du brave con, celui qui broute en troupeau dans les centres commerciaux, qui achète tout et n’importe quoi, des bagnoles, des trucs qui se cassent et qui finissent à la poubelle. A la différence du sale con, le brave con n’est – a priori – pas agressif. Enfin aussi longtemps qu’il peut consommer, brouter, digérer et péter devant un écran plat. Mais le brave con se reproduit à une fréquence alarmante et, même s’il n’est pas foncièrement méchant, sa multitude finit par peser lourdement sur l’écosystème. La solution idéale consisterait à canaliser la connerie et à la transformer en énergie renouvelable. Ainsi, nous serions tous autonomes puisque, c’est bien connu, on est toujours le con de quelqu’un.

This gallery contains 2 photos

EVOLUTION-REVOLUTION-EXTINCTION ?

Poster un commentaire

J’ai lu quelque part que les oiseaux étaient les cousins lointains des dinosaures, ainsi qu’en attestent quelques fossiles de ptérodactyles et d’archéoptérix. Le premier ressemblant à un lézard bizarre volant, l’autre arborant déjà une ébauche de plumage.

Un ptérodactyle tel qu’on peut l’imaginer…

Reconstitution d’un Archéoptérix.

Fossile de pterodactyle.

Joli pied de nez de l’évolution. L’ordre animal qui engendra les créatures les plus gigantesques jamais vues sur cette planète s’est projeté dans les oiseaux, si légers qu’ils peuvent voler – sauf l’autruche et quelques lourdauds – et planer au fil du vent.

Tout cela est bien organisé. Nous sommes contemporains des mésanges, des merles et des corneilles et n’avons jamais eu à cohabiter avec le redoutable Tyrannosaurus rex, tout en gueule et en mâchoires. Nous n’avons pas été piétiné par un Brontosaure myope ou déchiqueté par un gang de Vélociraptor. Nos lointains ancêtres connurent en revanche le rhinocéros laineux et l’ours des cavernes, ce qui les amena à maitriser le feu, un pas fondamental dans l’histoire de l’homme. Chauffer, cuire, fondre des métaux, début d’une fantastique épopée qui, en ce mois de mars 2018, fait que je suis entouré de dessins et de peinture ornant les murs d’un musée où j’officie en qualité de d’agent d’accueil et de surveillance. Je dois, entre autres missions, veiller à ce que les visiteurs ne photographient pas les œuvres.

Tout ca pour en arriver là. Du diplodocus au touriste en passant par l’archéoptérix. Quelle évolution ! Il faut dire que l’homme, non content de contrôler le feu, s’attaqua au feu primal de l’atome et parvint à ses fins en déclenchant la fission nucléaire, libérant ainsi une énorme énergie qu’il utilisa tout d’abord pour fabriquer des bombes atomiques et les tester in vivo sur des populations civiles. Après cette hécatombe, vint la version « soft », le nucléaire civil qui fournit l’électricité nécessaire à notre mode de vie actuel. Bien sûr, ceci n’est pas sans dangers et il est déjà arrivé, à Three Mile Island, à Tchernobyl, à Fukushima, que des centrales soient endommagées et crachent des rejets radioactifs plus ou moins nocifs, jamais inoffensifs.

Mais voilà que je succombe à la manie des gardiens et que mon esprit bat la campagne antinucléaire alors qu’une autre de mes missions dans ce musée consiste à renseigner et accueillir les visiteurs. Laissant là mes réflexions sur les projets d’enfouissement des déchets ultimes hautement radioactifs, j’écoute une dame, la soixantaine élégante, me demander s’il est possible de prendre des photos. N’aurait elle pas remarqué les nombreux panneaux et pictogrammes l’interdisant ?

« Oui, j’ai bien vu les panneaux, mais c’est pour les appareils photo n’est ce pas ? Moi, c’est avec un téléphone… ».  Sourire désarmant. Est ce qu’elle plaisante ? Nenni, ma foi. Pas un grain d’ironie dans son propos – j’aurais préféré – juste bien calée dans sa tranchée mentale avec ses œillères psychiques. Désarmant. « Madame, ce pictogramme signifie que tout type de prise de vues est interdit dans cette exposition et ce nonobstant le médium employé. Je vous souhaite une agréable visite madame ».

L’espace d’un instant, je rêve d’un tyrannosaure affamé que je pourrais lâcher dans l’exposition afin qu’il dévore les contrevenants. Je le dis sans colère et avec un certain détachement. Quoique rappeler à l’ordre plusieurs fois le même petit malin qui a décidé de faire son petit safari photo dans l’expo, cela peut mettre les nerfs en pelote.

C’est ainsi que s’écoulent mes journées de travail, à tenter de canaliser les pulsions de cet ultime avatar de l’évolution, l’obstiné Smartphonosaurus musealis. Et vous, ca va ?

This gallery contains 5 photos

DU PAIN ET DES JEUX….

Poster un commentaire

Monsieur Lemaire, ministre de l’économie, achète son pain et paie les tickets de métro de ses enfants. C’est ce qu’il a tenu à préciser devant les ouvriers de Peugeot PSA afin de leur démontrer qu’il était un citoyen comme les autres.

Le temps passe mais le pouvoir ne change guère sa façon d’agir …

Si honorables que soient ces dépenses, c’est un peu court comme argument pour se justifier devant un délégué CGT bien remonté qui l’apostrophe avec vigueur et lui rappelle que, dans l’usine en question, les effectifs sont passés de 14 000 à 7000 et que parmi ces 7000 se trouve un fort contingent d’intérimaires. Monsieur Lemaire, mécontent d’être ainsi interpellé, s’abrite derrière sa baguette et ses tickets de métro pour répondre que les syndicats ne représentent rien et que les ouvriers qu’il a rencontrés sont fiers de travailler pour Peugeot. Fiers de quoi ? De gagner un gros SMIC après 15 ans de travail sur les chaines de production ? Cela n’est pas très sérieux monsieur le ministre… Ce n’est pas avec la fierté que l’on vit mais avec un salaire décent.

Lemaire, lui, n’est pas fier. Florence Parly non plus. Ils sont comme nous. Ils travaillent. Bon d’accord, ils sont un petit peu mieux payés. Madame Parly, lorsqu’elle travaillait à la SNCF, touchait 52 000 euros par mois. Pourtant, ce qui pose problème, c’est le statut « privilégié » des cheminots. Faut il rire ou pleurer ?

Avec ces modestes émoluments, Madame Parly peut s’offrir pas mal de baguettes et de carnets de tickets de métro. Il en reste encore assez pour faire quelques investissements immobiliers et placer quelque monnaie sur de belles et grasses assurances vies. La semaine dernière, c’était un millionnaire, député « en marche » qui fustigeait ceux qui ne parlaient que de pouvoir d’achat.

Un joli petit pécule…. Félicitations !

Ils sont mignons tous ces gens bien nés du côté beurré de la tartine, élevés dans les quartiers insensibles et loin de la France d’en bas comme disait Raffarin, qui ont pu dès le lycée se constituer des réseaux entre fils et filles de bonne famille avant d’intégrer ces fameuses « grandes »  écoles d’où ils ressortent formatés en mode technocrates. Ils sont mignons mais ils commencent à sérieusement agacer ceux qui sont nés sans patrimoine et qui rament entre 1500 et 2000 euros quand ce n’est pas moins. Pour eux, la baguette et le ticket de métro pèsent plus lourd dans le budget que pour Lemaire ou Parly. Il serait honnête de ne pas l’oublier et de ne pas se limiter au pain et au métro.

C’est fatiguant d’entendre ces gosses de riches donner des leçons aux pauvres qui, chacun le sait, ne savent pas gérer leur argent. Figurez vous que certains smicards, non contents de ne pas être foutus d’économiser, sont même endettés. C’est bien la preuve qu’ils sont irrécupérables, non ? Ne pas mettre d’argent de côté lorsque l’on gagne 1200 euros net par mois est bien la preuve d’un manque total de rigueur budgétaire. Et lorsque l’on taxe le tabac de façon exponentielle, c’est pour sauver ces misérables qui, non contents de ne plus avoir d’argent à partir du 15 du mois, se bousillent les poumons et finissent par coûter une fortune à la collectivité. Heureusement que Lemaire est là pour resserrer les boulons de la machine à fabriquer du fric pour les actionnaires.

Heureusement aussi, Mars arrive. Mars, le dieu de la guerre. Et avec lui le printemps. Un printemps que je souhaite bouillonnant, éruptif, une révolution des bourgeons, de la sève plein les tiges, bref, la pêche. On pourra peut-être parler de trucs moins couillons qu’un ministre qui achète sa baguette « comme tout le monde », on pourra par exemple parler du coût exorbitant du logement, des bas salaires qui stagnent et permettent juste de mal vivre et de continuer à se faire exploiter, on pourra parler du pouvoir d’achat ( ben oui), des services publics ou de ce qu’il en reste, de mixité sociale réelle, de l’enfouissement des merdes radioactives dans la Meuse ( avec un premier ministre ex- Areva cela semble incontournable), de la bande à Danone, Pénicaud en tête, qui pédale dans le yaourt, du rabotage progressif de nos existences, socialement ou économiquement parlant, des émissions télé qui décérèbrent les téléspectateurs… On pourra. Mais rien n’est moins sûr, hélas. Ce gouvernement qui a la main lourde et préfère le monologue au dialogue n’a pas hésité à envoyer 500 gendarmes pour virer une vingtaine d’activistes qui occupaient le site où l’on se propose d’enterrer des déchets ultimes bien pourris ?

Après la neige et le froid, un débordement de foule dans les rues est ce qui pourrait arriver de mieux. Comme chantait Morrison « Ils ont les canons mais nous avons le nombre ». Que la base remue et le haut du panier se retrouvera par terre le cul à l’air !

This gallery contains 10 photos

Y’A PAS QUE LE POUVOIR D’ACHAT DANS LA VIE…

Poster un commentaire

Encore un député LREM qui fait preuve d’une grande empathie pour les plus démunis… Bruno Bonnell s’est lâché, vendredi 9 février sur RMC. A une question sur les faibles revenus d’une partie des Français, il répond : « On entend que ça, le pouvoir d’achat, comme si la vie se résumait au pouvoir d’acheter. En France les gens sont soignés, ils peuvent aller à l’école, vous n’avez pas de trous sur la route… Si vous vous contentez de regarder uniquement l’argent qu’il y a dans la poche des gens et que vous vous définissez par rapport à ce pouvoir d’achat, par ce pouvoir d’acheter, vous oubliez quelque chose d’autre qui est la qualité de la vie. » 

En décortiquant un peu tout ceci et en fouillant un peu sur la toile, on en  arrive à la conclusion que ce type se fout du monde.

Commençons par quelques chiffres sur les salaires des Français, une donnée de base pour parler de pouvoir d’achat.

En 2016, en France, 29,2 millions de personnes de 15 à 64 ans, soit 71,4 % de cette tranche d’âge, sont actives au sens du Bureau international du travail. Parmi elles, 26,2 millions ont un emploi. 3 millions d’actifs sont au chômage (INSEE- Mai 2017).

59 % des salariés touchent moins de 2 000 euros net par mois, la moitié moins de 1 800 euros, 30 % moins de 1 500 euros. Au total, toutes tailles d’entreprise confondues, 12 % des salariés – soit 2 millions de personnes – sont rémunérés au Smic (1.150 euros net en 2018). Un salariat qui ne connaît que de très faibles hausses de son niveau de vie, du fait des faibles revalorisations annuelles du salaire minimum. (source : Observatoire des inégalités).

Vivre avec 1150 euros par mois, c’est possible mais c’est  raide. Il y a juste de quoi se loger, bouffer et continuer à aller bosser. Et encore. Donc 2 millions de Français qui bouffent de la merde et « ne parlent que de pouvoir d’achat » dixit le Bonnell, agacé par ces salauds de pauvres qui ne se contentent pas des miettes du gâteau. Car le gâteau existe. Mais dans d’autres sphères… Celles où évolue monsieur Bonnell. Ce proche de Gérard Collomb a été un important pourvoyeur de dons privés pour Emmanuel Macron, via son réseau lyonnais.

Intelligent et malin, à la tête d’Ivolution, structure qui chapeaute les sociétés Robopolis et Awabot, du fonds d’investissement Robolution Capital et administrateur de Danone, il se débrouille très bien pour défendre « son » pouvoir d’achat ». Avec des pratiques parfois limites. Bruno Bonnell a domicilié deux sociétés dans le Delaware, petit Etat américain et haut lieu de l’évasion fiscale, où sont immatriculées 65% des 500 plus grosses firmes mondiales. Une pure coïncidence…

En 2008, l’Autorité des marchés financiers l’accuse, en tant que directeur général d’Infogrames, d’avoir « artificiellement fait varier le cours de son titre ». Bruno Bonnell déplore un « excès de zèle » de la part du gendarme de la Bourse. Néanmoins, sa société a été condamnée à verser 40 000 euros.

En 2011, l’arrêt de la cour d’appel concernant son divorce, (disponible sur le site Légifrance), nous apprend qu’il n’a pas payé d’impôts sur le revenu en 2008 et 2009 car il a «entièrement restructuré son patrimoine, y compris en utilisant judicieusement un endettement qui pourrait être qualifié de colossal, afin d’éluder l’impôt de solidarité sur la fortune d’abord et l’impôt sur le revenu  ». L’intéressé présente une autre version : «Après mon départ d’Infogrames, (viré le 2 avril 2007 avec une indemnité de 2 282 000 euros) j’ai vécu sur mes indemnités, et donc je n’ai perçu que très peu de salaires pour les années 2007, 2008 et 2009, (…) Mais j’ai payé 800 000 euros d’impôts sur mes indemnités en 2007, ( il ne restait plus à ce malheureux QUE la modique somme de 1 482 000 euros après impôts )… et j’ai été contrôlé fiscalement tous les ans de 2004 à 2010.» Les magistrats, pas vraiment séduits par ses arguments, notent un «train de vie absolument sans rapport avec ses ressources avouées» et« qu’en dépit d’une situation d’endettement artificieuse, l’appelant jouit d’un train de vie considérable sur lequel il entretient l’opacité la plus totale ». Côté pouvoir d’achat, le monsieur est bien pourvu, c’est le moins que l’on puisse dire.

Cerise sur le gâteau, un taux d’absentéisme remarqué sur les bancs de l’Assemblée. Selon un palmarès de l’activité des députés publié par Capital, sur la base de données compilées par l’association Regards citoyens, Bruno Bonnell se classe 570ème sur 572 députés français. 19 présences à la Commission des Affaires étrangères, dans laquelle il siège, sur 52 réunions organisées au cours de la période. Le député Bonnell n’a déposé qu’un seul amendement et n’a fait aucune intervention longue. Contacté à ce sujet sur FranceInfo, à la question « Qu’avez-vous fait pendant sept mois? », Bruno Bonnell répond « Rien ». Avant de préciser : « J’ai appris ce que c’était le métier de député, puis j’ai travaillé sur les dossiers qui m’intéressent, à savoir l’entreprise et le numérique. J’ai aussi passé beaucoup de temps en circonscription, pour comprendre ce qu’était la mission de parlementaire ».

En récompense de ses bons et loyaux services, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en janvier 2017.

Je suggère à ce monsieur de vivre quelques mois avec 1150 euros net par mois et zéro notes de frais. Ensuite on pourra reparler plus sérieusement du pouvoir d’achat. Car pour l’instant, monsieur Bonnell, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, comme disait ma grand-mère.

This gallery contains 2 photos

UN PETIT NICOLAS PEUT EN CACHER UN AUTRE

Poster un commentaire

Bonjour, vous ne me reconnaissez pas ? Je suis le petit Nicolas, celui qui vous faisait bien rire avec sa copine Carla qui joue de la guitare. Hein, quoi ! Vous m’avez déjà oublié ! Tout ca parce que je me suis fait virer et que j’ai été dans le privé. Bande d’ingrats !

En fait j’avais décidé de ne plus prendre la parole mais là je suis un peu obligé parce que c’est plus possible. Il y a un autre Nicolas dans l’école où j’étais avant d’être mis à la porte. Nicolas Bulot qu’il s’appelle et tout le monde dit qu’il est vachement sympa, tout ca parce qu’il dit qu’il faut changer notre façon de vivre sinon on va détruire la planète. Il me fait un peu penser au vieux papy Jacques qui disait que la maison brûle on qu’on ne faisait rien pour éteindre le feu. Des histoires pour pas grand chose rien que pour frimer devant les filles.

C’est Carla qui m’a dit que je devais parler. Elle a même dit que j’aurais pu être un prophète, alors c’est sûr que ca rend les autres jaloux, que ce soit le gros François ou ce sournois d’Emmanuel qui fait le malin parce qu’il a sauté une classe et la prof. Lui je peux vraiment pas le sentir. Il fait semblant de pas être comme nous, genre je suis pas là pour jouer au chef et puis ce qui m’intéresse c’est que tout le monde soit heureux et patati et patata.

Au final, comme d’habitude, c’est celui qui a fait le plus de promesses qui a été élu chef de classe. Mais Emmanuel il a été pire que nous. Il avait promis du rab à la cantine et puis il augmente les tarifs mais le rab ce sera peut-être l’an prochain qu’il dit. Il fait semblant d’aimer les pauvres mais il s’arrange pour que les plus riches comme Geoffroy qui a un papa qui lui achète tout ce qu’il veut ne soient pas obligés de partager leur goûter avec ceux qui n’en ont pas. Alceste trouve qu’Emmanuel a bien raison mais de toute façon, il ne partage jamais alors c’est normal qu’il aime bien Emmanuel.

Emmanuel, c’est le genre à te dire que « Si tu veux avoir un gros sac de billes comme moi tu n’as qu’à mieux travailler à l’école » ou que « De toute manière, il n’est pas le Père Noël ». Histoire de dire que c’est pas la peine d’attendre des cadeaux ». Et ses copains ils sont du même genre, à pleurer parce qu’ils mangent trop de pâtes ou parce qu’ils peuvent plus s’acheter des super jouets depuis qu’ils ont choisi d’aider Emmanuel à être le chef.

Le pire c’est qu’ils continuent à m’embêter avec l’accident qui est arrivé à Mouammar comme si c’était ma faute. C’est pourtant pas moi qui lui ait dit d’aller jouer dans un tuyau tout dégoûtant au fin fond de la Mer de sable. Et puis on dit que je l’ai fait tomber parce qu’il m’avait donné plein de sac de billes et que ça m’ennuyait de lui devoir quelque chose. Et ben c’est pas vrai et les autres c’est juste des menteurs. demandez donc à Bernard-Henry, il vous dira que je n’y suis pour rien.

La preuve que ce sont des sacrés menteurs, c’est qu’ils m’ont viré du public et m’ont obligé à partir dans le privé, soit disant qu’ils allaient diriger la classe autrement. En fait ils m’ont piqué pas mal d’idées mais comme c’est plus moi, les autres ils ne disent rien et se font faucher leurs billes sans rien dire. Et le meilleur ami d’Emmanuel, celui qui joue le bras droit, on dirait qu’il se prend pour le Bouillon. A chaque fois qu’on n’est pas content, il dit qu’il faut être pédagogue, comme si on était des fils d’imbéciles qui comprennent rien à rien. Et puis quand il fait des bêtises, il dit simplement qu’il assume. Moi ca m’assomme ce genre de truc.

Tout ca pour vous dire que j’en ai gros sur la patate et que ce Nicolas Bulot ne l’emportera pas au paradis. D’abord, je suis sûr qu’Emmanuel va lui jouer un mauvais tour d’ici peu et qu’il sera obligé de repartir à Ushuaïa en Vélib. Ca lui apprendra à ne pas avoir voulu être mon ami, moi qui pourrait faire prophète, style Saint-Nicolas,  avec mes copains Brice Boutefeux et Glauque Néant. Le Bulot finira comme Marine, au fond de la classe à se faire oublier.

En attendant, je vous souhaite de bonnes fêtes et on se retrouvera à la rentrée. Enfin j’espère.

 

This gallery contains 4 photos

ON N’IRA (PAS) TOUS AU PARADIS (FISCAL) –

1 commentaire

On n’ira pas tous au paradis fiscal pour la simple et bonne raison qu’un gugusse de base n’a pas de fortune à cacher et que lorsque un citoyen lambda parvient à mettre trois ronds de côté, il optera, suivant le montant, entre un Plan Epargne Logement ou une assurance vie. Les plus retors planqueront entre une liasse de billets au fond d’un tiroir, des trucs de misérables gueux habitués à compter leurs sous. Et ne parlons pas de ceux qui n’ont rien… Ils ne comptent pas.

Alors comment voulez vous que l’immense majorité des petites gens puisse concevoir à quel point c’est dur d’être riche, voire même ultra dur d’être ultrariche? D’abord, on perd un temps considérable à compter ses richesses. Il y en a trop pour les planquer sous le matelas. Ensuite, on doit se méfier de ses amis, de ses proches, ses enfants, de tous ceux qui gravitent autour de vous. A ce niveau il y a beaucoup de requins et peu de bisounours. Souvenez vous de cette brave Liliane Bettencourt, née riche et qui a passé une vie entière à ne rien faire tout en devenant plus riche chaque année. Un ennui, mon ami, vous ne pouvez pas vous imaginer. Obligée de faire venir Jean-Marie Banier pour se distraire, courtisée par des politiciens, détestée par sa propre fille. Et bien, n’ayons pas peur de le dire, c’est une vie bien triste que celle là. Même en parvenant à éviter l’impôt sur la fortune.

Et puis ces pauvres riches n’en peuvent plus d’être premiers de cordée, d’entreprendre pendant que les autres se vautrent dans un médiocre salariat tout en aboyant sans oser mordre la main qui les nourrit et se contentent des miettes que l’on veut bien leur concéder alors qu’au final ce sont eux qui fabriquent le gâteau. Et puis tout ce gaspillage d’argent public pour soigner des impécunieux, instruire des gamins alors qu’ils pourraient travailler, un gâchis mon ami, je ne vous dis que ca. Les riches sont plutôt pour le libéralisme, une sorte de liberté trafiquée où l’on attend de l’Etat qu’il tienne les masses en respect avec l’armée et la police et rien de plus….

Dès 1995, le patron d’une multinationale suédoise basée en Suisse ( à l’époque c’était encore artisanal) s’exprimait ainsi : « Je définirai la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matières de droit du travail et de contraintes sociales ». C’est brutal mais au moins on sait où l’on va.

La mondialisation c’est aussi – grâce aux nouvelles technologies – des manières de plus en plus sophistiquées pour les très riches et les multinationales de se soustraire à l’impôt. L’argent se planque derrière des algorithmes et des sociétés écrans, des cabinets d’avocats et des banques pas toujours regardantes. Pendant ce temps, le quidam moyen s’acquitte de ses impôts, des taxes diverses qui émaillent son quotidien. Il n’a pas la possibilité de recourir à des « montages financiers sophistiqués », il n’a pas accès aux délices de « l’optimisation fiscale ». D’ailleurs on se demande bien ce qu’il en ferait puisqu’il n’a pas d’argent à planquer. Il est soigné, protégé des barbares, il a accès au porno en ligne et peut se flageller avec un bouquet de chaines, il peut acheter une bagnole à crédit, télécharger un paquet d’applications dans son portable, il a le choix entre vingt marques de yaourt, six lessives et une infinité de céréales pour être en forme dès le matin. Alors, il ne va pas prendre le risque de foutre en l’air cet équilibre boiteux qui lui permet de vivre. Il gueule pour la forme mais dès qu’il sort, le triste spectacle de ceux qui sont à la rue lui fait dire qu’il n’est pas le plus malheureux. On se console comme on peut.

Le pauvre l’a toujours un peu mauvaise lorsqu’il se rend compte que les très riches dépensent sans compter d’une main, tandis que de l’autre ils signent des chèques à des conseillers fiscaux qui mettent en place des « stratégies » très limites, bien que légales pour gruger le fisc. Le pauvre l’a mauvaise lorsque l’on vient fouiller dans ses pauvres finances pour lui gratter quelques biftons afin « d’aider les entreprises à créer des emplois » ( mais si, mais si). Le pauvre se pourrit la vie pour trouver 500 balles de plus par mois, le pauvre flippe sur une facture de quarante euros, sur le prix du café, sur le coût de la vie, la hausse des loyers, des transports. Le pauvre flippe pour trois fois rien. Le pauvre a besoin de tickets-restaurants et rêve de notes de frais. Le pauvre est fragile et il y en a partout. Un peu trop même, pense l’ultra riche, calé dans son jet privé ( exempté de TVA faut pas déconner ) en vérifiant le cours des actions de son groupe gèré d’une main de fer parce que nous sommes en guerre économique, même si le clampin de base ne s’en rend pas compte. Bien le bonjour de l’oligarchie et de la technocratie réunies.

Le grand capitaine d’industrie crée des emplois, paie des impôts, achète de l’art contemporain – un placement défiscalisé – via sa fondation, donne à deux trois associations caritatives. Et vous venez l’ennuyer pour des peccadilles, quelques millions non déclarés (quand on aime on ne compte pas), des placements financiers dans des trucs à l’éthique élastique… Mais mon bon monsieur, je ne savais pas que mon argent dormait à côté de celui du crime organisé. D’ailleurs, c’est simple : je ne savais pas qu’il était là. Si vous en aviez autant que moi, vous pourriez voir à quel point c’est difficile d’organiser ces trucs d’optimisation fiscale. Voyez plutôt ça avec mes avocats. Et croyez moi, vous êtes plus tranquille dans votre métro bondé que moi dans mon jet. Contentez vous de grommeler lorsque la presse balance quelques noms, ceux qu’elle peut donner sans trop de risques – il est des riches discrets et très méchants, contentez vous de vos appartements à crédit, de votre petit monde bien balisé, de vos petites vacances, de vos petits rêves et laissez nous jouer avec vos économies, vos vies précaires et vos rêves niais d’un monde meilleur.

On ira pas tous au paradis fiscal – il n’y a pas de place pour les impécunieux – et si vous nous emmerdez trop on va vous concocter un enfer social dont vous n’avez pas idée. Alors votez comme on vous dit, indignez vous à gogo, insoumissez vous les uns les autres mais venez pas nous chercher. Nous avons le fric, les lois pour nous et on peut même déclencher des guerres s’il le faut. Allez, circulez y’a rien à voir.

This gallery contains 13 photos

J’ARRETE DE FUMER…..

2 Commentaires

Un riche en prison? même pas en rêve…

J’arrête de fumer. Du tabac. Trop cher. Une décision mûrement réfléchi en concertation avec mon compte en banque. J’ai déjà arrêté les sorties, les restaurants, les cinémas, les vacances… Alors les clopes, pourquoi pas ?
J’ai heureusement retrouvé un emploi. Du coup je gagne un peu plus qu’en restant chez Paul Emploi. Ce ne sont pas les indemnités de Paul qui sont trop élevées mais en revanche on peut dire que les salaires sont bas. Enfin, faut pas que j’exagère non plus : mon salaire net d’un mois correspond grosso modo au montant de mon loyer. C’est net et pratique. Une fois le loyer acquitté, il ne reste plus rien : c’est pratique pour les comptes mais c’est un peu difficile de boucler un mois avec rien. Ben oui, en plus du loyer, faut bouffer. Et puis s’acquitter de la taxe d’habitation ( celle qu’un type avait promis de supprimer ) , la taxe d’ordures ménagères, le gaz ( Ah Dolce Vita !), l’électricité, les abonnements box/téléphone…

Alors jusqu’ici je m’en suis sorti grâce à l’aide de mes proches, et aussi en prenant un crédit chez ma banque qui enfin parvient à gagner un peu de blé sur mon dos. Mais là, j’ai plus d’idées pour trouver ce qui me manque tous les mois. Si j’étais pas chargé de famille, je me mettrai dans la vente de trucs illégaux à fumer, mais j’ai pas la tête à ca. Voler, je sais pas faire. Alors j’essaie de comprendre comment font les autres.

Je voudrais bien, comme ce brave monsieur Guéant, ne dépenser que 800 euros en 10 ans avec mes comptes bancaires personnels. S’il pouvait me communiquer la recette, ce serait sympa. Pour être franc, j’ai le sentiment de ne pas m’y prendre comme il faut. Lorsque j’entends ce bon monsieur Castaner dire que certains touchent le chômage et partent deux ans en vacances, c’est pareil, je veux bien qu’on m’explique le truc.

Quand j’étais chômeur, je n’ai jamais réussi à partir en vacances. Alors pouvoir me barrer DEUX ans cela m’interesse. Parce que, en ce moment, même en bossant, j’ai du mal à rester dans mon deux pièces. C’est vrai qu’il ne faut pas croire au Père Noël. Et que le président n’est pas venu avec une hotte pleine de cadeaux. Il est même en train d’équiper le père Fouettard avec des grenades et tout ce qu’il faut pour calmer les plus énervés. Alors, OK, je crois plus au Père Noël. Mais j’ai encore plus de mal à croire qu’en aidant les riches à payer moins d’impôts et à devenir encore plus riches, ca leur donnera envie de redistribuer un peu de leur fortune aux pauvres. Je ne crois pas au ruissellement. Enfin disons que ce qui ruisselle de haut en bas, ce n’est pas de l’argent. Ca j’en suis sûr. Parce que l’argent n’a pas d’odeur, alors que ce qui ruisselle d’en haut vers le bas, pue assez fort.

J’arrête de fumer mais je refuse qu’on m’enfume. Je refuse que l’on veuille me faire croire à la main du marché, au redressement des comptes de la nation, à la dette extérieure et à tout ce fatras de conneries dont on me rebat les oreilles depuis des décennies. Je vois juste que certains sont de plus en plus riches et que cet enrichissement ne profite qu’à eux. Que les fauchés sont de plus en plus nombreux… Que tout cela ne peut pas bien finir et que j’attends maintenant la fin de ce jeu truqué.

This gallery contains 1 photo.