La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

TRAMADOL BLUES

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Voilà. J’aurais pas du tirer cette fichue échelle de derrière la haie pour que J. puisse cueillir les coings sous la pluie vendredi matin. La veille, je m’étais écroulé à 18h30 et j’avais dormi douze heures d’affilée. Fatigué.

Depuis un an, je travaille dans un lieu superbe. Les visiteurs me disent qu’ils aimeraient bien échanger leur travail contre le mien, ou encore que j’ai vraiment de la chance de travailler ici. C’est vrai que l’endroit est très beau. C’est tout aussi vrai que mon travail rapporte trop peu. Je l’ai néanmoins accepté avec ses contraintes car trouver un CDI à 61 ans c’est un peu miraculeux et  je préfère encore bosser pour un petit salaire que rester à la maison en attendant de me finir au RSA.

Bref, en tirant cette échelle, j’ai aussi tiré le gros lot : arrêt maladie pour cause de lumbago féroce. Depuis trois jours je passe une bonne partie de mes journées allongé . C’est long des jours entiers en ne pouvant mettre le nez dehors que pour de petites excursions autour du pâté de maison. Chercher du pain. Poster une lettre. Des trucs de vieux rabougri. Un aperçu de ce qui m’attend dans dix ou quinze ans si tout va bien.

Le corps qui rechigne et l’esprit qui s’envole. Je m’abrutis de lecture. Polars. Easy Reading. Musique. Alman Brothers. « Ramblin’ man » et je repense à Osman et sa guitare sur la ligne 4 entre Odéon et Montparnasse. Je balançai un solo d’harmo et fit passer le chapeau. On était bien en ce temps là, insouciants, libres et heureux.

On m’a prescrit un médicament assez planant pour calmer les douleurs. Un dérivé de morphine ai-je lu quelque part. J’ai la tronche dans les nuages et j’écoute Amadou et Mariam chanter « Dimanche à Bamako » pendant qu’ici le soleil brille froidement sur le 18ème arrondissement. Musique en boucle et bruits de rues en arrière-plan. Lecture et musique. En boucle.

 

Le temps de penser, de se vider la tête aussi. La liste de morceaux de musique s’égrène sur l’ordinateur. On est dans les « A ». Là c’est un morceau d’Amon Düül II complètement barré. « Wie der Wind am Ende der Strasse », à savoir « Comme le vent au bout de la rue ». Je me sens à peu près comme ca. Mais j’aimerai bien savoir quand soufflera le vent et dans quelle direction.

La réponse tombe avec the Animals. Eric Burdon et les sixties, « We got to get out of this place ». Bon programme, certes, mais là je suis bloqué dans le paradisiaque archipel des Lumbagos à digérer mon « soma » sur ordonnance, à regarder ce qui se passe à gauche et à droite. Pas grand chose à vrai dire. La planète part en couilles et l’on va interdire les pailles en plastique et les touillettes du même métal. Les glaciers fondent, les mers montent et je regarde les quelques plantes installées sur le balcon. Des fleurs contre la peur.

« C’est comme ca » me chantent les Rita Mitsouko, c’est comme ca et pas autrement, la guitare de Fred Chichin crie et geint,vrombit et frémit… 7’04 ‘’ qui m’embarquent dans le train d’hier, le train des souvenirs, de plus en plus long, mais qui avance toujours droit sur ses rails on verra bien jusqu’où et jusqu’à quand, mais l’essentiel est dans la bielle et la loco avance et les notes jaillissent du manche, j’ai à nouveau plus d’âge, j’ai toujours vingt ans : ca doit être ce fichu médicament.

 

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DERNIERE SORTIE AVANT LA RENTREE !

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Illustration : R. Cobb

Petit retour sur ces quelques semaines d’été. Après la douce hystérie collective de la coupe du monde-on a gagné et le médiocre feuilleton Benala, l’épisode de la piscine à Brégançon et autres amuse-gueules destinés à divertir la populace tout en faisant diversion, on sent une odeur de rentrée. Les politiciens ouvrent à nouveau leur gueule. Ils débarquent dans les studios pour nous livrer le fruit de leur réflexion et, bien sûr, c’est vachement intéressant. L’inusable Moscovici, bien au chaud à Bruxelles, nous pond que « on peut très bien avoir des services publics gérés par des entreprises privées ». Quelques jours après l’écroulement du pont à Gênes qui met justement en lumière les dangers potentiels du procédé, c’est pas très finaud. Mais bon, passons et vendons au privé sans état d’âme les ports et les aéroports, les barrages, les routes, un maximum d’infrastructures et ca ira vachement mieux. La République finira à poil mais dans le pur respect des critères économiques pondus par les technocrates de la Commission européenne. Ca fait plaisir.

Après, c’est Yannick Jadot, un écolo ( on ne rit pas merci) qui nous prévient déjà qu’il n’y aura pas de liste commune entre les écolos machin et les écolos bidule. Franchement, on s’en doutait et on s’en fout complètement. Dégage !

Ce matin, Agnès Buzin, sur France Info, parle de la grande réforme ( les réformes sont toujours grandes, notez le bien) de la santé. Un joli moment de langue de bois avec copeaux en mode «  J’peux rien vous dire mais vous allez voir ce que vous allez voir »…. J’en suis déjà un peu barbouillé, limite malade.

Sinon, vous avez aussi cette superbe déclaration de Stéphane Le Foll, ex-ministre de l’agriculture : « Pour enlever les herbes, il y a deux solutions. L’herbicide ou vous travaillez le sol. C’est une alternative mais quand vous regardez vous voyez toute la poussière qui s’envole. C’est donc du sol qui s’en va. » On sent bien là toute l’authenticité d’un gars du terroir, un artiste de la binette qui pourrait dès demain tenir sans problème la rubrique jardinage sur une radio périphérique.

On arrêtera ici ce florilège ( d’aucuns parleraient de bêtisier) en constatant que c’est bien rassurant de voir revenir tous ces grands esprits pleins d’idées généreuses et surtout beaucoup plus intelligents que nous, citoyens de base, englués dans nos découverts bancaires, geignards, cons et bornés. Ils le disent eux-mêmes ( pas que nous sommes cons et bornés – du moins pas en public ) : « Les Français n’ont pas compris l’esprit de ces grandes réformes et nous n’avons peut-être pas été assez pédagogues ». Ce qui revient peu ou prou à nous prendre pour des imbéciles, nous qui n’avons pas fait l’E.N.A, cette pépinière de talents que le monde entier nous envie.

Heureusement, il est toujours possible de tourner un bouton et de fermer le poste afin de ne plus les entendre. Si j’allume la radio chaque matin, c’est juste pour avoir un truc qui me réveille pendant que je prépare mon café. Et puis si jamais c’était la fin du monde, autant en être prévenu pour changer de slip avant de mourir.

Pendant ces journées estivales et tranquilles , j’ai beaucoup regardé le ciel et les étoiles, un peu tenté de réfléchir au sens de la vie, énormément marché dans la ville juste pour le plaisir… Que des choses pas commerciales comme dit l’ami Souchon.

Donc je vais dès demain recommencer à travailler ( huit jours pour des vacances d’été, j’ai pas abusé), bientôt je retrouverai ma petite famille et les jours vont raccourcir, les feuilles tomber des arbres. La vie en quelque sorte. Peut-être un peu plus apaisé, moins énervé… Vacciné contre la connerie ambiante dans laquelle nous pataugeons jusqu’au cou.

J’attends donc sereinement les articles sur le poids des cartables, le coût de la rentrée, les vendanges en avances, les (grandes) réformes en retard… Le Barnum habituel. Mais avant tout, j’entends garder la tête dans les étoiles. C’est de loin le plus important si je veux vivre de façon décente.

PS :  Pas de photo car j’ai toujours de la poussière plein les capteurs ( c’est moins grave que d’avoir de la merde dans les yeux mais…. ) alors j’ai piqué des trucs de ci de là pour égayer la page. Je sais c’est pas bien mais bon…

 

 

 

 

 

 

 

 

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UN 15 AOUT ORDINAIRE …

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En moins de 48 heures, un pont d’autoroute s’est écroulé en Italie, Aretha Franklin nous a laissé tomber à Detroit et la France va accueillir 60 passagers de l’Aquarius. Qui a dit qu’il ne se passait rien en été ? Ajoutons un policier qui abat un automobiliste à Paris ( second tir mortel depuis le début de l’été. Je suis assez content de n’avoir ni permis ni voiture ) et vous conviendrez que l’été n’est pas si morne qu’on veut nous le faire croire…

En rouge la partie du pont qui s’est effondrée….

Je passe mes vacances dans le 18ème arrondissement de Paris, un quartier où je peux me sentir tantôt en Afrique, tantôt en Asie, et aussi chez moi. Je passe mes journées à bouquiner sur mon balcon, un endroit plus sûr que ce foutu viaduc génois qui s’est effondré d’un coup. Il semble que l’entreprise privée qui devait le maintenir en bon état de marche n’aurait pas fait le nécessaire. Un Genovagate en puissance.  Mais ne jetons pas la pierre aux italiens car chez nous, c’est un morceau de terminal de Roissy qui s’est effondré en 2004 ( quatre morts) . Le procès – en correctionnelle – est prévu en décembre 2018. Il n’a fallu que 13 petites années pour renvoyer devant la justice Aéroports de Paris (ADP), le constructeur GTM, filiale de Vinci, le bureau d’études Ingerop et le groupe d’inspection et de certification Bureau Veritas, pour homicides et blessures involontaires.

les ruines du barrage de Malpasset dont la rupture – en 1959 – causa la mort de plus de 400 personnes…

Mais ceci n’empêche pas le gouvernement de vouloir vendre au privé les barrages hydrauliques français, financés par l’impôt, c’est à dire avec NOTRE fric. A la lumière du désastre génois, on ne se sent pas plus rassuré que cela à l’idée de ces barrages « privatisés ». Mais bon, Macron a dit qu’il fallait faire des économies alors on racle chez les pauvres, on taxe tout ce qui peut l’être et l’on vend à tour de bras les infrastructures financées – j’insiste lourdement mais c’est important – par le travail de la population de ce pays. On vend des aéroports, des autoroutes, des barrages…. Et pour le reste on use et on abuse du partenariat public privé, le fameux PPP qui fait exploser le coût des réalisations. Ensuite on vient nous parler sans rigoler d’égalité, de fraternité. Mon cul.

Tout se vend, tout s’achète. Credo crétino-libéral mettant la « libre concurrence » au dessus de tout. La politique n’est plus qu’une histoire d’économie, de gros sous pour être élu, de discours sirupeux pour mieux faire passer l’amère réalité.

C’est l’été et on fait disparaitre les vieux bancs de Paname, célébrés par Brassens, pour les remplacer par des sortes de cochonneries qui ont le gros défaut que l’on ne peut pas vraiment y poser son cul et encore moins s’allonger dessus. Les amoureux des bancs publics peuvent toujours essayer de s’y rouler des patins, mais le risque est grand de se ramasser une gamelle avec ce mobilier urbain qui n’est qu’un vaste foutage de gueule. Les vieux et les clochards n’ont qu’à aller ailleurs.

chassé croisé juilletistes et aoutiens….

C’est l’été et la France accueille (putain ce qu’on est généreux !) 60 personnes recueillies en mer par l’Aquarius, ce bateau qui empêche les « migrants » ( quel mot merdique n’a t’on pas encore forgé là !) d’être recueillis et hébergés par les gentils garde-côtes libyens. J’ai entendu ce matin un ministre de ce gouvernement se féliciter ( on est toujours mieux servi par soi-même) de la belle collaboration européenne qui accepte de recueillir 140 personnes fuyant la guerre ou la misère ( ou les deux à la fois), et déclarer « que l’Europe retrouve ainsi un peu de son honneur ». Je ne savais pas que l’honneur se débitait comme du jambon chez le charcutier. Pour moi, on est honorable ou on ne l’est pas. L’honneur, donc, sous Macron, devient donc un « produit » comme un autre.

  • Bonjour Monsieur, je voudrais une tranche d’honneur.
  • Fine, moyenne où épaisse ?
  • Plutôt fine. Et retirez moi le gras s’il vous plait

C’est l’été et je m’ennuie un peu tout seul sur mon balcon. J’imagine des montagnes, j’imagine le Japon, j’imagine un monde où les riches ne prendraient pas les pauvres pour des cons, un monde ou l’humanisme prendrait parfois le pas sur la finance, un monde vivable en quelque sorte. Hélas, on nous annonce un futur plus qu’incertain, soufflant le chaud et le froid, une extinction massive des espèces. Empoisonnement massif des sols à grand renfort de pesticides et de déchets divers, investissement massif dans l’armement un peu partout…

Et avec toutes ces bonnes nouvelles, on ne peut même pas fumer un joint pour se détendre et oublier quelques instants tous ces psychopathes qui se font des couilles en or en ruinant la planète. Parce que le cannabis c’est TRES TRES DANGEREUX me dit on dans l’oreillette. Presque plus dangereux qu’un viaduc qui tombe, c’est vous dire.

 

C’est l’été. Je suis à jeun et je me fais ( un peu) chier. Heureusement, mes vacances sont courtes et dans quelques jours je pourrais retourner au travail, mettant ainsi fin à cette insupportable période d’oisiveté. Le travail nous libère, paraît il…. Enfin c’est ce qui se disait en Allemagne il y a 70 ans.

 

Bonnes vacances à ceux qui peuvent et salut aux autres.

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AD NAUSEAM …

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(Petite fantaisie sur un air bien connu de Gaston Ouvrard . On peut chanter en lisant )

 

J’ai l’Macron qu’est trop rond

L’Mélenchon qu’est grognon

Le PS mou d’la fesse

Le PC tout cassé

Le FN à la peine

J’ai l’black blok qui débloque

J’ai les trains sans entrain

Les avions dans le fion

L’syndicat dans l’caca

Les étudiants bien trop chiants

Les zadistes qui s’enkystent

Les CRS qui se blessent

L’hôpital qui s’affale

Les écoles qui s’affolent

Et les facs bien en vrac

Les frontières pas très fières

Des migrants en dedans

Des exclus à la rue

Sans oublier qu’y’a aussi

Des réformes toutes informes

Des décrets pas très frais

Députés pas futés

Des ministres sinistres

Des rupins bien radins

Des traders sans ardeur

Des chômeurs quelle horreur

J’ai la droite qui s’déboite

Et la gauche qui s’ébauche

Y’a aussi faut bien l’dire

Le nucléaire qu’est pas clair

Le fiscal qu’est bancal

Et la dette qui m’embête

Matignon prend les gnons

Et les patrons l’pognon

Un partage qu’avantage

Les pouraves qui se gavent….

Etc, etc.

 

 

 

 

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AU BONHEUR DES CONS

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Cavanna nous a laissé un beau livre au titre sans équivoque, « Et le singe devint con », qui retrace l’épopée de l’(in)humanité. Il savait de quoi il parlait, ayant connu les joies du travail forcé dans les usines du 3ème Reich, cette parenthèse nazie dont quelques sales cons ont la nostalgie.

Pour rester dans l’actualité locale, entre le gendarme égorgé par un taré se réclamant d’une religion et la vieille dame assassinée, elle aussi pour des questions d’appartenance religieuse, mais avant tout pour être dévalisée de façon crapuleuse, il existe un point commun : la connerie abyssale des assassins.

Etre con n’est pas un problème. Nous le sommes tous un jour ou l’autre. Mais que cela entraine la mort d’autres personnes est intolérable. Soyez con autant qu’il vous plaira mais dans l’intimité. Ne nous obligez pas à subir les conséquences de votre connerie. Pour aller au paradis où vous attendent – paraît il – des vierges peu farouches, suicidez vous donc, mais au fond des bois, discrètement, sans éclat comme il sied à un brave con. Mais peut-être faites vous partie des sales cons, un sous groupe infiniment plus nocif. La vie est déjà assez compliquée, pas la peine d’en rajouter. Parce qu’il n’y a pas que les cons meurtriers. La connerie revêt des formes multiples, se glisse partout, envahit et contamine la planète. Il existe même des pauvres cons. Des cons de gauche, des cons de droite, des cons en haut et des cons en bas pour leur donner le pouvoir.

Une des formes les plus abouties de la connerie humaine…

Une autre expression de la connerie plus sournoise mais tout aussi nocive à moyen terme…

La connerie fait disparaître la faune et la flore pour fabriquer des produits nouveaux comme l’indispensable smoothie papaye – citron vert – artichaut ou encore le très branché surimi de crabe terrestre à la baie de goji qui font le bonheur des abrutis urbains et friqués, sans oublier le missile à l’uranium appauvri qui perce le béton comme du beurre. Les animaux, à part ceux qu’on élève dans des camps de concentration pour les becqueter, cela ne sert à rien. Il suffit d’en garder quelques-uns dans des réserves, mais on ne va pas s’emmerder avec des lions, des éléphants, des rhinos et des gros hippopotames. On en a rien à foutre des mésanges, des chardonnerets et de tous ces cons d’oiseaux bouffeurs d’insectes et de graines. D’ailleurs, il n’y a plus d’insectes à part dans les documentaires à la télé et dans les livres retraçant le cycle des libellules ou celui des hannetons. Franchement, de vous à moi, vous trouvez que c’est beau un hanneton ? Et puis, faut pas non plus exagérer sur la disparition des espèces : en ville il y a de plus en plus de cafards et de rats. Les pessimistes sont donc priés de la boucler. On va même réintroduire deux ours dans les Pyrénées, c’est vous dire.

L’homme, histoire de se justifier, a même été jusqu’à s’inventer des dieux, des sortes de trucs fumeux avec des bouquins assez arides à lire mais où on peut trouver en cherchant entre les lignes des injonctions à flinguer ceux qui n’ont pas de dieux, ou encore ceux qui ont un dieu, mais différent du vôtre. Après plusieurs millénaires de guerres, certains pays -mais pas tous- sont arrivés à la conclusion que l’on pouvait croire au dieu que l’on voulait à condition de ne pas emmerder son voisin avec. On a même, par endroits, le droit de ne pas croire en dieu. En fait dieu c’est comme la bite : faut pas le montrer en public, c’est un truc personnel.

Le problème c’est que l’on a remplacé dieu par le fric. Et franchement c’est pas une réussite. Avec les dieux, il faut se mortifier toute une vie pour accéder au paradis, mais une fois mort et pas avant. Avec le fric, c’est pire, il faut se faire chier pour en avoir ( ou faire chier les autres ce qui est moins fatiguant et laisse le temps d’avoir des loisirs pendant que les autres travaillent pour vous ) mais, une fois mort, on n’en profite plus. D’où probablement cette féroce rapacité des négriers d’hier et des hommes d’affaires d’aujourd’hui, conscients de la courte durée de leur magnificence. Ils sont riches à crever c’est vrai. Ils vont crever comme le plus pauvre des pauvres, c’est encore plus vrai. De quoi devenir dingue, con et méchant.

En conclusion, on ne se méfie guère du brave con, celui qui broute en troupeau dans les centres commerciaux, qui achète tout et n’importe quoi, des bagnoles, des trucs qui se cassent et qui finissent à la poubelle. A la différence du sale con, le brave con n’est – a priori – pas agressif. Enfin aussi longtemps qu’il peut consommer, brouter, digérer et péter devant un écran plat. Mais le brave con se reproduit à une fréquence alarmante et, même s’il n’est pas foncièrement méchant, sa multitude finit par peser lourdement sur l’écosystème. La solution idéale consisterait à canaliser la connerie et à la transformer en énergie renouvelable. Ainsi, nous serions tous autonomes puisque, c’est bien connu, on est toujours le con de quelqu’un.

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EVOLUTION-REVOLUTION-EXTINCTION ?

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J’ai lu quelque part que les oiseaux étaient les cousins lointains des dinosaures, ainsi qu’en attestent quelques fossiles de ptérodactyles et d’archéoptérix. Le premier ressemblant à un lézard bizarre volant, l’autre arborant déjà une ébauche de plumage.

Un ptérodactyle tel qu’on peut l’imaginer…

Reconstitution d’un Archéoptérix.

Fossile de pterodactyle.

Joli pied de nez de l’évolution. L’ordre animal qui engendra les créatures les plus gigantesques jamais vues sur cette planète s’est projeté dans les oiseaux, si légers qu’ils peuvent voler – sauf l’autruche et quelques lourdauds – et planer au fil du vent.

Tout cela est bien organisé. Nous sommes contemporains des mésanges, des merles et des corneilles et n’avons jamais eu à cohabiter avec le redoutable Tyrannosaurus rex, tout en gueule et en mâchoires. Nous n’avons pas été piétiné par un Brontosaure myope ou déchiqueté par un gang de Vélociraptor. Nos lointains ancêtres connurent en revanche le rhinocéros laineux et l’ours des cavernes, ce qui les amena à maitriser le feu, un pas fondamental dans l’histoire de l’homme. Chauffer, cuire, fondre des métaux, début d’une fantastique épopée qui, en ce mois de mars 2018, fait que je suis entouré de dessins et de peinture ornant les murs d’un musée où j’officie en qualité de d’agent d’accueil et de surveillance. Je dois, entre autres missions, veiller à ce que les visiteurs ne photographient pas les œuvres.

Tout ca pour en arriver là. Du diplodocus au touriste en passant par l’archéoptérix. Quelle évolution ! Il faut dire que l’homme, non content de contrôler le feu, s’attaqua au feu primal de l’atome et parvint à ses fins en déclenchant la fission nucléaire, libérant ainsi une énorme énergie qu’il utilisa tout d’abord pour fabriquer des bombes atomiques et les tester in vivo sur des populations civiles. Après cette hécatombe, vint la version « soft », le nucléaire civil qui fournit l’électricité nécessaire à notre mode de vie actuel. Bien sûr, ceci n’est pas sans dangers et il est déjà arrivé, à Three Mile Island, à Tchernobyl, à Fukushima, que des centrales soient endommagées et crachent des rejets radioactifs plus ou moins nocifs, jamais inoffensifs.

Mais voilà que je succombe à la manie des gardiens et que mon esprit bat la campagne antinucléaire alors qu’une autre de mes missions dans ce musée consiste à renseigner et accueillir les visiteurs. Laissant là mes réflexions sur les projets d’enfouissement des déchets ultimes hautement radioactifs, j’écoute une dame, la soixantaine élégante, me demander s’il est possible de prendre des photos. N’aurait elle pas remarqué les nombreux panneaux et pictogrammes l’interdisant ?

« Oui, j’ai bien vu les panneaux, mais c’est pour les appareils photo n’est ce pas ? Moi, c’est avec un téléphone… ».  Sourire désarmant. Est ce qu’elle plaisante ? Nenni, ma foi. Pas un grain d’ironie dans son propos – j’aurais préféré – juste bien calée dans sa tranchée mentale avec ses œillères psychiques. Désarmant. « Madame, ce pictogramme signifie que tout type de prise de vues est interdit dans cette exposition et ce nonobstant le médium employé. Je vous souhaite une agréable visite madame ».

L’espace d’un instant, je rêve d’un tyrannosaure affamé que je pourrais lâcher dans l’exposition afin qu’il dévore les contrevenants. Je le dis sans colère et avec un certain détachement. Quoique rappeler à l’ordre plusieurs fois le même petit malin qui a décidé de faire son petit safari photo dans l’expo, cela peut mettre les nerfs en pelote.

C’est ainsi que s’écoulent mes journées de travail, à tenter de canaliser les pulsions de cet ultime avatar de l’évolution, l’obstiné Smartphonosaurus musealis. Et vous, ca va ?

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DU PAIN ET DES JEUX….

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Monsieur Lemaire, ministre de l’économie, achète son pain et paie les tickets de métro de ses enfants. C’est ce qu’il a tenu à préciser devant les ouvriers de Peugeot PSA afin de leur démontrer qu’il était un citoyen comme les autres.

Le temps passe mais le pouvoir ne change guère sa façon d’agir …

Si honorables que soient ces dépenses, c’est un peu court comme argument pour se justifier devant un délégué CGT bien remonté qui l’apostrophe avec vigueur et lui rappelle que, dans l’usine en question, les effectifs sont passés de 14 000 à 7000 et que parmi ces 7000 se trouve un fort contingent d’intérimaires. Monsieur Lemaire, mécontent d’être ainsi interpellé, s’abrite derrière sa baguette et ses tickets de métro pour répondre que les syndicats ne représentent rien et que les ouvriers qu’il a rencontrés sont fiers de travailler pour Peugeot. Fiers de quoi ? De gagner un gros SMIC après 15 ans de travail sur les chaines de production ? Cela n’est pas très sérieux monsieur le ministre… Ce n’est pas avec la fierté que l’on vit mais avec un salaire décent.

Lemaire, lui, n’est pas fier. Florence Parly non plus. Ils sont comme nous. Ils travaillent. Bon d’accord, ils sont un petit peu mieux payés. Madame Parly, lorsqu’elle travaillait à la SNCF, touchait 52 000 euros par mois. Pourtant, ce qui pose problème, c’est le statut « privilégié » des cheminots. Faut il rire ou pleurer ?

Avec ces modestes émoluments, Madame Parly peut s’offrir pas mal de baguettes et de carnets de tickets de métro. Il en reste encore assez pour faire quelques investissements immobiliers et placer quelque monnaie sur de belles et grasses assurances vies. La semaine dernière, c’était un millionnaire, député « en marche » qui fustigeait ceux qui ne parlaient que de pouvoir d’achat.

Un joli petit pécule…. Félicitations !

Ils sont mignons tous ces gens bien nés du côté beurré de la tartine, élevés dans les quartiers insensibles et loin de la France d’en bas comme disait Raffarin, qui ont pu dès le lycée se constituer des réseaux entre fils et filles de bonne famille avant d’intégrer ces fameuses « grandes »  écoles d’où ils ressortent formatés en mode technocrates. Ils sont mignons mais ils commencent à sérieusement agacer ceux qui sont nés sans patrimoine et qui rament entre 1500 et 2000 euros quand ce n’est pas moins. Pour eux, la baguette et le ticket de métro pèsent plus lourd dans le budget que pour Lemaire ou Parly. Il serait honnête de ne pas l’oublier et de ne pas se limiter au pain et au métro.

C’est fatiguant d’entendre ces gosses de riches donner des leçons aux pauvres qui, chacun le sait, ne savent pas gérer leur argent. Figurez vous que certains smicards, non contents de ne pas être foutus d’économiser, sont même endettés. C’est bien la preuve qu’ils sont irrécupérables, non ? Ne pas mettre d’argent de côté lorsque l’on gagne 1200 euros net par mois est bien la preuve d’un manque total de rigueur budgétaire. Et lorsque l’on taxe le tabac de façon exponentielle, c’est pour sauver ces misérables qui, non contents de ne plus avoir d’argent à partir du 15 du mois, se bousillent les poumons et finissent par coûter une fortune à la collectivité. Heureusement que Lemaire est là pour resserrer les boulons de la machine à fabriquer du fric pour les actionnaires.

Heureusement aussi, Mars arrive. Mars, le dieu de la guerre. Et avec lui le printemps. Un printemps que je souhaite bouillonnant, éruptif, une révolution des bourgeons, de la sève plein les tiges, bref, la pêche. On pourra peut-être parler de trucs moins couillons qu’un ministre qui achète sa baguette « comme tout le monde », on pourra par exemple parler du coût exorbitant du logement, des bas salaires qui stagnent et permettent juste de mal vivre et de continuer à se faire exploiter, on pourra parler du pouvoir d’achat ( ben oui), des services publics ou de ce qu’il en reste, de mixité sociale réelle, de l’enfouissement des merdes radioactives dans la Meuse ( avec un premier ministre ex- Areva cela semble incontournable), de la bande à Danone, Pénicaud en tête, qui pédale dans le yaourt, du rabotage progressif de nos existences, socialement ou économiquement parlant, des émissions télé qui décérèbrent les téléspectateurs… On pourra. Mais rien n’est moins sûr, hélas. Ce gouvernement qui a la main lourde et préfère le monologue au dialogue n’a pas hésité à envoyer 500 gendarmes pour virer une vingtaine d’activistes qui occupaient le site où l’on se propose d’enterrer des déchets ultimes bien pourris ?

Après la neige et le froid, un débordement de foule dans les rues est ce qui pourrait arriver de mieux. Comme chantait Morrison « Ils ont les canons mais nous avons le nombre ». Que la base remue et le haut du panier se retrouvera par terre le cul à l’air !

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Y’A PAS QUE LE POUVOIR D’ACHAT DANS LA VIE…

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Encore un député LREM qui fait preuve d’une grande empathie pour les plus démunis… Bruno Bonnell s’est lâché, vendredi 9 février sur RMC. A une question sur les faibles revenus d’une partie des Français, il répond : « On entend que ça, le pouvoir d’achat, comme si la vie se résumait au pouvoir d’acheter. En France les gens sont soignés, ils peuvent aller à l’école, vous n’avez pas de trous sur la route… Si vous vous contentez de regarder uniquement l’argent qu’il y a dans la poche des gens et que vous vous définissez par rapport à ce pouvoir d’achat, par ce pouvoir d’acheter, vous oubliez quelque chose d’autre qui est la qualité de la vie. » 

En décortiquant un peu tout ceci et en fouillant un peu sur la toile, on en  arrive à la conclusion que ce type se fout du monde.

Commençons par quelques chiffres sur les salaires des Français, une donnée de base pour parler de pouvoir d’achat.

En 2016, en France, 29,2 millions de personnes de 15 à 64 ans, soit 71,4 % de cette tranche d’âge, sont actives au sens du Bureau international du travail. Parmi elles, 26,2 millions ont un emploi. 3 millions d’actifs sont au chômage (INSEE- Mai 2017).

59 % des salariés touchent moins de 2 000 euros net par mois, la moitié moins de 1 800 euros, 30 % moins de 1 500 euros. Au total, toutes tailles d’entreprise confondues, 12 % des salariés – soit 2 millions de personnes – sont rémunérés au Smic (1.150 euros net en 2018). Un salariat qui ne connaît que de très faibles hausses de son niveau de vie, du fait des faibles revalorisations annuelles du salaire minimum. (source : Observatoire des inégalités).

Vivre avec 1150 euros par mois, c’est possible mais c’est  raide. Il y a juste de quoi se loger, bouffer et continuer à aller bosser. Et encore. Donc 2 millions de Français qui bouffent de la merde et « ne parlent que de pouvoir d’achat » dixit le Bonnell, agacé par ces salauds de pauvres qui ne se contentent pas des miettes du gâteau. Car le gâteau existe. Mais dans d’autres sphères… Celles où évolue monsieur Bonnell. Ce proche de Gérard Collomb a été un important pourvoyeur de dons privés pour Emmanuel Macron, via son réseau lyonnais.

Intelligent et malin, à la tête d’Ivolution, structure qui chapeaute les sociétés Robopolis et Awabot, du fonds d’investissement Robolution Capital et administrateur de Danone, il se débrouille très bien pour défendre « son » pouvoir d’achat ». Avec des pratiques parfois limites. Bruno Bonnell a domicilié deux sociétés dans le Delaware, petit Etat américain et haut lieu de l’évasion fiscale, où sont immatriculées 65% des 500 plus grosses firmes mondiales. Une pure coïncidence…

En 2008, l’Autorité des marchés financiers l’accuse, en tant que directeur général d’Infogrames, d’avoir « artificiellement fait varier le cours de son titre ». Bruno Bonnell déplore un « excès de zèle » de la part du gendarme de la Bourse. Néanmoins, sa société a été condamnée à verser 40 000 euros.

En 2011, l’arrêt de la cour d’appel concernant son divorce, (disponible sur le site Légifrance), nous apprend qu’il n’a pas payé d’impôts sur le revenu en 2008 et 2009 car il a «entièrement restructuré son patrimoine, y compris en utilisant judicieusement un endettement qui pourrait être qualifié de colossal, afin d’éluder l’impôt de solidarité sur la fortune d’abord et l’impôt sur le revenu  ». L’intéressé présente une autre version : «Après mon départ d’Infogrames, (viré le 2 avril 2007 avec une indemnité de 2 282 000 euros) j’ai vécu sur mes indemnités, et donc je n’ai perçu que très peu de salaires pour les années 2007, 2008 et 2009, (…) Mais j’ai payé 800 000 euros d’impôts sur mes indemnités en 2007, ( il ne restait plus à ce malheureux QUE la modique somme de 1 482 000 euros après impôts )… et j’ai été contrôlé fiscalement tous les ans de 2004 à 2010.» Les magistrats, pas vraiment séduits par ses arguments, notent un «train de vie absolument sans rapport avec ses ressources avouées» et« qu’en dépit d’une situation d’endettement artificieuse, l’appelant jouit d’un train de vie considérable sur lequel il entretient l’opacité la plus totale ». Côté pouvoir d’achat, le monsieur est bien pourvu, c’est le moins que l’on puisse dire.

Cerise sur le gâteau, un taux d’absentéisme remarqué sur les bancs de l’Assemblée. Selon un palmarès de l’activité des députés publié par Capital, sur la base de données compilées par l’association Regards citoyens, Bruno Bonnell se classe 570ème sur 572 députés français. 19 présences à la Commission des Affaires étrangères, dans laquelle il siège, sur 52 réunions organisées au cours de la période. Le député Bonnell n’a déposé qu’un seul amendement et n’a fait aucune intervention longue. Contacté à ce sujet sur FranceInfo, à la question « Qu’avez-vous fait pendant sept mois? », Bruno Bonnell répond « Rien ». Avant de préciser : « J’ai appris ce que c’était le métier de député, puis j’ai travaillé sur les dossiers qui m’intéressent, à savoir l’entreprise et le numérique. J’ai aussi passé beaucoup de temps en circonscription, pour comprendre ce qu’était la mission de parlementaire ».

En récompense de ses bons et loyaux services, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en janvier 2017.

Je suggère à ce monsieur de vivre quelques mois avec 1150 euros net par mois et zéro notes de frais. Ensuite on pourra reparler plus sérieusement du pouvoir d’achat. Car pour l’instant, monsieur Bonnell, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, comme disait ma grand-mère.

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UN PETIT NICOLAS PEUT EN CACHER UN AUTRE

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Bonjour, vous ne me reconnaissez pas ? Je suis le petit Nicolas, celui qui vous faisait bien rire avec sa copine Carla qui joue de la guitare. Hein, quoi ! Vous m’avez déjà oublié ! Tout ca parce que je me suis fait virer et que j’ai été dans le privé. Bande d’ingrats !

En fait j’avais décidé de ne plus prendre la parole mais là je suis un peu obligé parce que c’est plus possible. Il y a un autre Nicolas dans l’école où j’étais avant d’être mis à la porte. Nicolas Bulot qu’il s’appelle et tout le monde dit qu’il est vachement sympa, tout ca parce qu’il dit qu’il faut changer notre façon de vivre sinon on va détruire la planète. Il me fait un peu penser au vieux papy Jacques qui disait que la maison brûle on qu’on ne faisait rien pour éteindre le feu. Des histoires pour pas grand chose rien que pour frimer devant les filles.

C’est Carla qui m’a dit que je devais parler. Elle a même dit que j’aurais pu être un prophète, alors c’est sûr que ca rend les autres jaloux, que ce soit le gros François ou ce sournois d’Emmanuel qui fait le malin parce qu’il a sauté une classe et la prof. Lui je peux vraiment pas le sentir. Il fait semblant de pas être comme nous, genre je suis pas là pour jouer au chef et puis ce qui m’intéresse c’est que tout le monde soit heureux et patati et patata.

Au final, comme d’habitude, c’est celui qui a fait le plus de promesses qui a été élu chef de classe. Mais Emmanuel il a été pire que nous. Il avait promis du rab à la cantine et puis il augmente les tarifs mais le rab ce sera peut-être l’an prochain qu’il dit. Il fait semblant d’aimer les pauvres mais il s’arrange pour que les plus riches comme Geoffroy qui a un papa qui lui achète tout ce qu’il veut ne soient pas obligés de partager leur goûter avec ceux qui n’en ont pas. Alceste trouve qu’Emmanuel a bien raison mais de toute façon, il ne partage jamais alors c’est normal qu’il aime bien Emmanuel.

Emmanuel, c’est le genre à te dire que « Si tu veux avoir un gros sac de billes comme moi tu n’as qu’à mieux travailler à l’école » ou que « De toute manière, il n’est pas le Père Noël ». Histoire de dire que c’est pas la peine d’attendre des cadeaux ». Et ses copains ils sont du même genre, à pleurer parce qu’ils mangent trop de pâtes ou parce qu’ils peuvent plus s’acheter des super jouets depuis qu’ils ont choisi d’aider Emmanuel à être le chef.

Le pire c’est qu’ils continuent à m’embêter avec l’accident qui est arrivé à Mouammar comme si c’était ma faute. C’est pourtant pas moi qui lui ait dit d’aller jouer dans un tuyau tout dégoûtant au fin fond de la Mer de sable. Et puis on dit que je l’ai fait tomber parce qu’il m’avait donné plein de sac de billes et que ça m’ennuyait de lui devoir quelque chose. Et ben c’est pas vrai et les autres c’est juste des menteurs. demandez donc à Bernard-Henry, il vous dira que je n’y suis pour rien.

La preuve que ce sont des sacrés menteurs, c’est qu’ils m’ont viré du public et m’ont obligé à partir dans le privé, soit disant qu’ils allaient diriger la classe autrement. En fait ils m’ont piqué pas mal d’idées mais comme c’est plus moi, les autres ils ne disent rien et se font faucher leurs billes sans rien dire. Et le meilleur ami d’Emmanuel, celui qui joue le bras droit, on dirait qu’il se prend pour le Bouillon. A chaque fois qu’on n’est pas content, il dit qu’il faut être pédagogue, comme si on était des fils d’imbéciles qui comprennent rien à rien. Et puis quand il fait des bêtises, il dit simplement qu’il assume. Moi ca m’assomme ce genre de truc.

Tout ca pour vous dire que j’en ai gros sur la patate et que ce Nicolas Bulot ne l’emportera pas au paradis. D’abord, je suis sûr qu’Emmanuel va lui jouer un mauvais tour d’ici peu et qu’il sera obligé de repartir à Ushuaïa en Vélib. Ca lui apprendra à ne pas avoir voulu être mon ami, moi qui pourrait faire prophète, style Saint-Nicolas,  avec mes copains Brice Boutefeux et Glauque Néant. Le Bulot finira comme Marine, au fond de la classe à se faire oublier.

En attendant, je vous souhaite de bonnes fêtes et on se retrouvera à la rentrée. Enfin j’espère.

 

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ON N’IRA (PAS) TOUS AU PARADIS (FISCAL) –

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On n’ira pas tous au paradis fiscal pour la simple et bonne raison qu’un gugusse de base n’a pas de fortune à cacher et que lorsque un citoyen lambda parvient à mettre trois ronds de côté, il optera, suivant le montant, entre un Plan Epargne Logement ou une assurance vie. Les plus retors planqueront entre une liasse de billets au fond d’un tiroir, des trucs de misérables gueux habitués à compter leurs sous. Et ne parlons pas de ceux qui n’ont rien… Ils ne comptent pas.

Alors comment voulez vous que l’immense majorité des petites gens puisse concevoir à quel point c’est dur d’être riche, voire même ultra dur d’être ultrariche? D’abord, on perd un temps considérable à compter ses richesses. Il y en a trop pour les planquer sous le matelas. Ensuite, on doit se méfier de ses amis, de ses proches, ses enfants, de tous ceux qui gravitent autour de vous. A ce niveau il y a beaucoup de requins et peu de bisounours. Souvenez vous de cette brave Liliane Bettencourt, née riche et qui a passé une vie entière à ne rien faire tout en devenant plus riche chaque année. Un ennui, mon ami, vous ne pouvez pas vous imaginer. Obligée de faire venir Jean-Marie Banier pour se distraire, courtisée par des politiciens, détestée par sa propre fille. Et bien, n’ayons pas peur de le dire, c’est une vie bien triste que celle là. Même en parvenant à éviter l’impôt sur la fortune.

Et puis ces pauvres riches n’en peuvent plus d’être premiers de cordée, d’entreprendre pendant que les autres se vautrent dans un médiocre salariat tout en aboyant sans oser mordre la main qui les nourrit et se contentent des miettes que l’on veut bien leur concéder alors qu’au final ce sont eux qui fabriquent le gâteau. Et puis tout ce gaspillage d’argent public pour soigner des impécunieux, instruire des gamins alors qu’ils pourraient travailler, un gâchis mon ami, je ne vous dis que ca. Les riches sont plutôt pour le libéralisme, une sorte de liberté trafiquée où l’on attend de l’Etat qu’il tienne les masses en respect avec l’armée et la police et rien de plus….

Dès 1995, le patron d’une multinationale suédoise basée en Suisse ( à l’époque c’était encore artisanal) s’exprimait ainsi : « Je définirai la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matières de droit du travail et de contraintes sociales ». C’est brutal mais au moins on sait où l’on va.

La mondialisation c’est aussi – grâce aux nouvelles technologies – des manières de plus en plus sophistiquées pour les très riches et les multinationales de se soustraire à l’impôt. L’argent se planque derrière des algorithmes et des sociétés écrans, des cabinets d’avocats et des banques pas toujours regardantes. Pendant ce temps, le quidam moyen s’acquitte de ses impôts, des taxes diverses qui émaillent son quotidien. Il n’a pas la possibilité de recourir à des « montages financiers sophistiqués », il n’a pas accès aux délices de « l’optimisation fiscale ». D’ailleurs on se demande bien ce qu’il en ferait puisqu’il n’a pas d’argent à planquer. Il est soigné, protégé des barbares, il a accès au porno en ligne et peut se flageller avec un bouquet de chaines, il peut acheter une bagnole à crédit, télécharger un paquet d’applications dans son portable, il a le choix entre vingt marques de yaourt, six lessives et une infinité de céréales pour être en forme dès le matin. Alors, il ne va pas prendre le risque de foutre en l’air cet équilibre boiteux qui lui permet de vivre. Il gueule pour la forme mais dès qu’il sort, le triste spectacle de ceux qui sont à la rue lui fait dire qu’il n’est pas le plus malheureux. On se console comme on peut.

Le pauvre l’a toujours un peu mauvaise lorsqu’il se rend compte que les très riches dépensent sans compter d’une main, tandis que de l’autre ils signent des chèques à des conseillers fiscaux qui mettent en place des « stratégies » très limites, bien que légales pour gruger le fisc. Le pauvre l’a mauvaise lorsque l’on vient fouiller dans ses pauvres finances pour lui gratter quelques biftons afin « d’aider les entreprises à créer des emplois » ( mais si, mais si). Le pauvre se pourrit la vie pour trouver 500 balles de plus par mois, le pauvre flippe sur une facture de quarante euros, sur le prix du café, sur le coût de la vie, la hausse des loyers, des transports. Le pauvre flippe pour trois fois rien. Le pauvre a besoin de tickets-restaurants et rêve de notes de frais. Le pauvre est fragile et il y en a partout. Un peu trop même, pense l’ultra riche, calé dans son jet privé ( exempté de TVA faut pas déconner ) en vérifiant le cours des actions de son groupe gèré d’une main de fer parce que nous sommes en guerre économique, même si le clampin de base ne s’en rend pas compte. Bien le bonjour de l’oligarchie et de la technocratie réunies.

Le grand capitaine d’industrie crée des emplois, paie des impôts, achète de l’art contemporain – un placement défiscalisé – via sa fondation, donne à deux trois associations caritatives. Et vous venez l’ennuyer pour des peccadilles, quelques millions non déclarés (quand on aime on ne compte pas), des placements financiers dans des trucs à l’éthique élastique… Mais mon bon monsieur, je ne savais pas que mon argent dormait à côté de celui du crime organisé. D’ailleurs, c’est simple : je ne savais pas qu’il était là. Si vous en aviez autant que moi, vous pourriez voir à quel point c’est difficile d’organiser ces trucs d’optimisation fiscale. Voyez plutôt ça avec mes avocats. Et croyez moi, vous êtes plus tranquille dans votre métro bondé que moi dans mon jet. Contentez vous de grommeler lorsque la presse balance quelques noms, ceux qu’elle peut donner sans trop de risques – il est des riches discrets et très méchants, contentez vous de vos appartements à crédit, de votre petit monde bien balisé, de vos petites vacances, de vos petits rêves et laissez nous jouer avec vos économies, vos vies précaires et vos rêves niais d’un monde meilleur.

On ira pas tous au paradis fiscal – il n’y a pas de place pour les impécunieux – et si vous nous emmerdez trop on va vous concocter un enfer social dont vous n’avez pas idée. Alors votez comme on vous dit, indignez vous à gogo, insoumissez vous les uns les autres mais venez pas nous chercher. Nous avons le fric, les lois pour nous et on peut même déclencher des guerres s’il le faut. Allez, circulez y’a rien à voir.

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J’ARRETE DE FUMER…..

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Un riche en prison? même pas en rêve…

J’arrête de fumer. Du tabac. Trop cher. Une décision mûrement réfléchi en concertation avec mon compte en banque. J’ai déjà arrêté les sorties, les restaurants, les cinémas, les vacances… Alors les clopes, pourquoi pas ?
J’ai heureusement retrouvé un emploi. Du coup je gagne un peu plus qu’en restant chez Paul Emploi. Ce ne sont pas les indemnités de Paul qui sont trop élevées mais en revanche on peut dire que les salaires sont bas. Enfin, faut pas que j’exagère non plus : mon salaire net d’un mois correspond grosso modo au montant de mon loyer. C’est net et pratique. Une fois le loyer acquitté, il ne reste plus rien : c’est pratique pour les comptes mais c’est un peu difficile de boucler un mois avec rien. Ben oui, en plus du loyer, faut bouffer. Et puis s’acquitter de la taxe d’habitation ( celle qu’un type avait promis de supprimer ) , la taxe d’ordures ménagères, le gaz ( Ah Dolce Vita !), l’électricité, les abonnements box/téléphone…

Alors jusqu’ici je m’en suis sorti grâce à l’aide de mes proches, et aussi en prenant un crédit chez ma banque qui enfin parvient à gagner un peu de blé sur mon dos. Mais là, j’ai plus d’idées pour trouver ce qui me manque tous les mois. Si j’étais pas chargé de famille, je me mettrai dans la vente de trucs illégaux à fumer, mais j’ai pas la tête à ca. Voler, je sais pas faire. Alors j’essaie de comprendre comment font les autres.

Je voudrais bien, comme ce brave monsieur Guéant, ne dépenser que 800 euros en 10 ans avec mes comptes bancaires personnels. S’il pouvait me communiquer la recette, ce serait sympa. Pour être franc, j’ai le sentiment de ne pas m’y prendre comme il faut. Lorsque j’entends ce bon monsieur Castaner dire que certains touchent le chômage et partent deux ans en vacances, c’est pareil, je veux bien qu’on m’explique le truc.

Quand j’étais chômeur, je n’ai jamais réussi à partir en vacances. Alors pouvoir me barrer DEUX ans cela m’interesse. Parce que, en ce moment, même en bossant, j’ai du mal à rester dans mon deux pièces. C’est vrai qu’il ne faut pas croire au Père Noël. Et que le président n’est pas venu avec une hotte pleine de cadeaux. Il est même en train d’équiper le père Fouettard avec des grenades et tout ce qu’il faut pour calmer les plus énervés. Alors, OK, je crois plus au Père Noël. Mais j’ai encore plus de mal à croire qu’en aidant les riches à payer moins d’impôts et à devenir encore plus riches, ca leur donnera envie de redistribuer un peu de leur fortune aux pauvres. Je ne crois pas au ruissellement. Enfin disons que ce qui ruisselle de haut en bas, ce n’est pas de l’argent. Ca j’en suis sûr. Parce que l’argent n’a pas d’odeur, alors que ce qui ruisselle d’en haut vers le bas, pue assez fort.

J’arrête de fumer mais je refuse qu’on m’enfume. Je refuse que l’on veuille me faire croire à la main du marché, au redressement des comptes de la nation, à la dette extérieure et à tout ce fatras de conneries dont on me rebat les oreilles depuis des décennies. Je vois juste que certains sont de plus en plus riches et que cet enrichissement ne profite qu’à eux. Que les fauchés sont de plus en plus nombreux… Que tout cela ne peut pas bien finir et que j’attends maintenant la fin de ce jeu truqué.

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