La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

SOUVENIR 1979

1 commentaire

Il réalise qu’il ne lui reste plus qu’un paquet chiffonné d’illusions et qu’il a fumé la dernière avant d’aller dormir.

Sonnez violons, la fin d’une passion qui refuse la violence, la fin des rires et des caresses.

D’autres viendront, d’autres saveurs et d’autres goûts. Ca ira mieux demain et le héros se glisse avec délice dans une peau de chagrin toute neuve. Il voudrait être pierre pour ne plus s’émouvoir, mais n’est que ce caillou qui dévale vers le bas de la montagne qu’il voulait conquérir. Le grain de sable a cassé la machine, a semé le bordel dans sa petite musique et il n’a qu’à se taire en ramassant les éclats de soleil qui lui parsèment encore la tête.

Avant de retourner à la poussière, aux portes du désert, deux yeux le poursuivent pour répéter que c’est fini, que l’héroïne est repartie pour toujours, que ce n’est plus un jeu. Il cherche quelques larmes et ne retrouve rien, balance la cendre sur le plumard, regard au loin : héroïne terminée, tout est déconnecté, il regarde le soleil sans trouver de chaleur, l’hiver, d’un coup, lui est tombé sur la tête.

Il repense à la danse, la danse de l’univers, le temps est mort pour une éternité d’instants et la folie l’attend dans le tonnerre et les éclairs.

Publicités

This gallery contains 1 photo.

EN VILLE

Poster un commentaire

Soleil glacé lumière froide,
Sous mes pieds le pavé,
Un désespoir tranquille
En plein cœur de la ville.
Ma jeunesse s’est enfuie
Et ma joie s’est tarie,
Pourtant j’ai toujours envie
D’aimer de rire et de courir.

Aujourd’hui c’est dimanche.
Sur le parvis des églises
Les pauvres font la manche,
Grelottant sous la bise,
Et rêvant d’une boutanche
Pour éponger la crise
Et s’en payer une tranche.

Soleil glacé lumière froide,
Une journée passée à tuer le temps.
Attendre demain encore et toujours,
La tête ailleurs au delà des nuages
A rêver d’un monde meilleur.
Caresser l’espoir illusoire
D’un éternel été…

Paris – 2013

Living in town