La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

PARIS 75018

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L’hiver dans mon bunker là-haut sur la colline. The Fool on the Hill a plus d’un missile dans son sac, cent tours pendables et autant de détours improbables dans les recoins oubliés de l’inconscient. Torpeur et plan sur la comète. Je peigne la girafe au fond d’un atelier. La pluie a détrempée les pelouses des jardins Renoir et le crapaud du bassin a disparu. D’ici peu, on effacera 2017 de nos tablettes pour y inscrire le nouveau millésime. Centième anniversaire de la fin de la première Guerre Mondiale et cinquantième anniversaire de Mai 68.

Apaches parisiens – 1910 (Musée de Montmartre)

Passage Ramey – 2017

Paris 2017

Paris – 75018

Vers la rue Ramey

Paris – 75018

Pour l’instant, ici et maintenant, les nuages, la pluie et le soleil se mélangent et de cette danse nait, fugace et somptueux, un arc-en-ciel qui chevauche la banlieue nord avant de s’évanouir dans la noirceur de l’orage.

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UN PETIT NICOLAS PEUT EN CACHER UN AUTRE

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Bonjour, vous ne me reconnaissez pas ? Je suis le petit Nicolas, celui qui vous faisait bien rire avec sa copine Carla qui joue de la guitare. Hein, quoi ! Vous m’avez déjà oublié ! Tout ca parce que je me suis fait virer et que j’ai été dans le privé. Bande d’ingrats !

En fait j’avais décidé de ne plus prendre la parole mais là je suis un peu obligé parce que c’est plus possible. Il y a un autre Nicolas dans l’école où j’étais avant d’être mis à la porte. Nicolas Bulot qu’il s’appelle et tout le monde dit qu’il est vachement sympa, tout ca parce qu’il dit qu’il faut changer notre façon de vivre sinon on va détruire la planète. Il me fait un peu penser au vieux papy Jacques qui disait que la maison brûle on qu’on ne faisait rien pour éteindre le feu. Des histoires pour pas grand chose rien que pour frimer devant les filles.

C’est Carla qui m’a dit que je devais parler. Elle a même dit que j’aurais pu être un prophète, alors c’est sûr que ca rend les autres jaloux, que ce soit le gros François ou ce sournois d’Emmanuel qui fait le malin parce qu’il a sauté une classe et la prof. Lui je peux vraiment pas le sentir. Il fait semblant de pas être comme nous, genre je suis pas là pour jouer au chef et puis ce qui m’intéresse c’est que tout le monde soit heureux et patati et patata.

Au final, comme d’habitude, c’est celui qui a fait le plus de promesses qui a été élu chef de classe. Mais Emmanuel il a été pire que nous. Il avait promis du rab à la cantine et puis il augmente les tarifs mais le rab ce sera peut-être l’an prochain qu’il dit. Il fait semblant d’aimer les pauvres mais il s’arrange pour que les plus riches comme Geoffroy qui a un papa qui lui achète tout ce qu’il veut ne soient pas obligés de partager leur goûter avec ceux qui n’en ont pas. Alceste trouve qu’Emmanuel a bien raison mais de toute façon, il ne partage jamais alors c’est normal qu’il aime bien Emmanuel.

Emmanuel, c’est le genre à te dire que « Si tu veux avoir un gros sac de billes comme moi tu n’as qu’à mieux travailler à l’école » ou que « De toute manière, il n’est pas le Père Noël ». Histoire de dire que c’est pas la peine d’attendre des cadeaux ». Et ses copains ils sont du même genre, à pleurer parce qu’ils mangent trop de pâtes ou parce qu’ils peuvent plus s’acheter des super jouets depuis qu’ils ont choisi d’aider Emmanuel à être le chef.

Le pire c’est qu’ils continuent à m’embêter avec l’accident qui est arrivé à Mouammar comme si c’était ma faute. C’est pourtant pas moi qui lui ait dit d’aller jouer dans un tuyau tout dégoûtant au fin fond de la Mer de sable. Et puis on dit que je l’ai fait tomber parce qu’il m’avait donné plein de sac de billes et que ça m’ennuyait de lui devoir quelque chose. Et ben c’est pas vrai et les autres c’est juste des menteurs. demandez donc à Bernard-Henry, il vous dira que je n’y suis pour rien.

La preuve que ce sont des sacrés menteurs, c’est qu’ils m’ont viré du public et m’ont obligé à partir dans le privé, soit disant qu’ils allaient diriger la classe autrement. En fait ils m’ont piqué pas mal d’idées mais comme c’est plus moi, les autres ils ne disent rien et se font faucher leurs billes sans rien dire. Et le meilleur ami d’Emmanuel, celui qui joue le bras droit, on dirait qu’il se prend pour le Bouillon. A chaque fois qu’on n’est pas content, il dit qu’il faut être pédagogue, comme si on était des fils d’imbéciles qui comprennent rien à rien. Et puis quand il fait des bêtises, il dit simplement qu’il assume. Moi ca m’assomme ce genre de truc.

Tout ca pour vous dire que j’en ai gros sur la patate et que ce Nicolas Bulot ne l’emportera pas au paradis. D’abord, je suis sûr qu’Emmanuel va lui jouer un mauvais tour d’ici peu et qu’il sera obligé de repartir à Ushuaïa en Vélib. Ca lui apprendra à ne pas avoir voulu être mon ami, moi qui pourrait faire prophète, style Saint-Nicolas,  avec mes copains Brice Boutefeux et Glauque Néant. Le Bulot finira comme Marine, au fond de la classe à se faire oublier.

En attendant, je vous souhaite de bonnes fêtes et on se retrouvera à la rentrée. Enfin j’espère.

 

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MONTMARTRE BLUES

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En haut de la Butte

Humide et froide

Le vent mugit

Et la pluie danse.

Rue Becquerel

Un homme fume un pétard

Pour se donner des ailes.

 

Sous la lumière des réverbères

Scintille la pluie.

Danse le vent 

Les volets claquent

Sous un porche ancien

Entrebâillé sur de discrets jardins 

Où les arbres dénudés

Exhibent leur noirceur.

 

Non loin d’ici

Coincé entre deux mondes

Le passe-muraille

Contemple impavide

Le pluie hachée par le vent

Qui mugit tristement

Au dessus des sarments.

Nos âmes s’envolent

Emportées par la bise

Au delà de la ville

Le soir et le vent tombent

Les réverbères déchirent l’ombre

Nos destins se reflètent

Sur le trottoir humide et gras,

On se hâte entre deux rafales glacées

Vers le chaud, le trou, l’abri, le nid.

 

 

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