La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

EN ECOUTANT UN VIEUX STONES

3 Commentaires

Un vieux Stones dans la tronche pour replonger dans le passé, un pavé dans l’étang bien lisse où s’engloutit le temps qui nous est imparti sur cette bonne vieille Terre qui tourne à pleine vitesse à distance respectueuse du Soleil , cet œil sombre à la surface duquel la Lune et les constellations lointaines se reflètent et où résonnent les chants anciens, péans et mélopée du passé, ces instants à jamais disparus, chacun trimballe sa chaine et son boulet, plus ou moins longue, plus ou moins pesant. Cavanna disait que la liberté consiste en ce que la longueur de la chaine permet, ce qui reste à ce jour une définition assez lucide, quoique teintée d’amertume, des marges de manœuvre concédées à l’individu dans le monde actuel.

En ce dimanche de février, le soleil brille sur nos destins. Certains rient, d’autres pleurent. C’est ainsi depuis la nuit des temps. On tente de comprendre le fond des choses à coup de sciences ou de religion, ou les deux réunies. On ne peut pas dire que ca nous avance vraiment. En 2018, la question est la même qu’hier et il est fort probable que demain elle se posera dans les mêmes termes : « Qu’est ce que je fais ici ? Et quelle est la finalité de tout ceci ? ». Et toujours pas de réponse satisfaisante, hormis les paradis promis post mortem par les religieux dont personne n’est jamais revenu pour témoigner. Soit c’est le top du top, soit c’est du flan. Allez savoir.

Alors, pour remplir le vide qui lui fait peur, l’homme cogite, mais surtout s’agite. Il veut laisser son nom dans l’Histoire avec un grand H, celle qui est dans les livres… Une agitation désordonnée au nom des peuples, de l’économie ou d’une quelconque expertise. Il en va ainsi depuis des millénaires avec, bien sûr, quelques concessions à la modernité. Il suffit aujourd’hui de quelques minutes pour raser une cité, chose qui jadis exigeait plus de temps. Grâce aux nouvelles technologies, nous pouvons assister en direct à toutes sortes d’évènements et les partager. Il parait que c’est cela le meilleur de notre époque : la communication

Je consomme donc j’existe, nouveau mantra d’une humanité déboussolée qui a perdu le nord et erre en quête d’un hypothétique bonheur matériel qui au final ne parvient pas à répondre au « qu’est ce que je fais ici ? » car sitôt passé le bref orgasme de l’acquisition, l’homme débande et retombe dans sa mortelle condition, entre attraction et pesanteur.

Je ne consomme pas donc j’existe. La voie du renoncement, celle des anachorètes et des mystiques, celle qui n’arrange ni les fabricants ni les marchands, serait elle une issue ? J’entends par renoncement un choix librement consenti et non une privation imposée de l’extérieur, une décroissance raisonnée plutôt qu’un appauvrissement général des populations au profit d’une minorité de canailles.

En attendant les réponses, il pleut avec constance et obstination, les banlieues sont inondées mais, grâce à Dieu, Paris ne l’est pas. Les élites autoproclamées respirent un grand coup. La boue c’est pas chez nous et que les croquants aient les pieds dans l’eau, pour être franc, elles s’en foutent grave les élites, aussi longtemps qu’elles ont le cul au sec et au chaud. Le peuple est juste bon à être convoqué lorsqu’il faut élire celui qui les tondra en souplesse et le reste du temps, qu’il consomme, à crédit s’il le faut, mais qu’il consomme. Des cochonneries qu’on lui présente comme du luxe, du gras couleur caca à tartiner sur du pain industriel, et ce bon peuple se bat pour ces cochonneries qu’on solde pour mieux l’appâter.

Et la pluie tombe et l’eau monte. Le soleil est noyé dans le crachin et les nuages plombent l’horizon. Je remets le vieux Stones à fond dans la nuit qui tombe. Demain est un autre jour…

Publicités

Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

3 réflexions sur “EN ECOUTANT UN VIEUX STONES

  1. Spendin’ too much time away,
    I can’t stand another day,
    Maybe you think I’ve seen the world,
    But I’d rather see my girl
    !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s