La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

LA PERIODE DES FÊTES ME FOUT LA GERBE

2 Commentaires

Plus ca va plus j’ai du mal avec la période des « fêtes »…. C’est probablement dû à mon mauvais esprit qui trouve déplorable l’étalage de bouffe, de cadeaux et de vœux dégoulinants alors qu’au même moment, en rentrant dans son logis bien chaud, les bras chargés d’achats, on tombe sur des gens, seuls ou en famille, qui n’ont rien, qui tendent la main dans le froid. Je ne sais pas comment vous ressentez ca mais moi ca me mine totalement. Même si je reste dans une simplicité de bon aloi pour ces foutues fêtes ( je suis pas très friqué et pas du tout catho ) j’ai toujours l’impression d’être un salopard. Discret et teinté d’empathie, mais un salopard quand même.

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Métro parisien ce matin , 28 décembre 2016

Ce n’est pas de ma faute si mon pays vend du matériel de guerre à des états qui l’utilisent sur des civils, ce n’est pas de ma faute si tant de gens fuient les conflits et la misère… Mais je ne me sens pas bien quand je croise ces ombres de la rue, sachant que je vais rentrer dans un endroit chauffé, eau, gaz, électricité, toilettes, salle de bains, etc.

Si je ressens à ce point cette détresse, c’est que dans mes jeunes années, voulant vivre MA vie, je suis parti trainer au long des routes européennes, sans argent et sans but bien déterminé. Je voulais voir. Le monde, les autres, le Rhin, le Danube, les coffee-shops d’Amsterdam,les champs d’oranges vers Alicante, les autoroutes dans la nuit et tout le reste. J’ai dormi dehors, j’ai fait la manche, j’ai mijoté dans mes fringues pendant des semaines.

 

front-copie Je sais ce qui se passe lorsque l’on est assis dans un coin de trottoir à tendre la main. Je sais ce que l’on peut ressentir lorsque la plupart des passants vous ignore, lorsque la nuit venue, on se glisse dans un duvet cradingue à l’abri d’une porte cochère, dans une bouche de métro ou derrière des buissons.

Quarante années se sont écoulées mais je n’ai rien oublié de ces temps là. J’étais parti de mon plein gré. J’avais envie de voir ailleurs si j’y étais. Un luxe. Aujourd’hui, ce ne sont plus les enfants de Kérouac qui sont dehors, mais les naufragés d’un monde de plus en plus inégalitaire et de moins en moins tendre pour les plus faibles.

Alors quand je vois un homme dormir sous la pluie devant le conseil constitutionnel je suis dégoûté. Si je n’avais pas un enfant sous mon toit, je m’épargnerais le sapin, les cadeaux et la bouffe. Si j’étais seul, j’irais festoyer avec ceux qui n’ont plus que la rue.

Alors les fêtes, je me les mets où je pense. Vive la révolution des consciences et ras le bol des moments de joie programmés et quasi-obligatoires.

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Paris – 2014

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

2 réflexions sur “LA PERIODE DES FÊTES ME FOUT LA GERBE

  1. « on ne peut pas être et avoir été »… bien sûr que si ! Ricardo combine les deux. La solution justement pour ne pas finir vieux c… BONNE ANNEE!

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