La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

COMME UN PAUVRE CON DE PARISIEN…

Poster un commentaire

Le fond l’air est frais. Limite froid. Je pense à ceux que j’ai vu il y a quelques jours encore dormir dehors. J’y pense et puis j’oublie comme dans la chanson ? Comme un con de parisien j’attends mon chèque de fin de mois… J’allume la radio. Fillon, machin, truc… Le grand bazar se met en marche avec ou sans Macron . Comme un pauvre.

numeriser
Je fais du café. Je viens de payer ma taxe d’habitation qui a augmenté de 50% en un an. Pourtant, je m’estime heureux d’avoir à la régler dans la mesure où cela signifie que je vis dans une habitation. Eau chaude,froide et potable, gaz, électricité, tout le confort moderne et nucléaire. Pendant que le café passe, je lis et j’écoute quelques infos. Personne ne bouge vraiment pour sauver les civils pris au piège à Alep. Noël approche, les sapins arrivent dans les magasins et nous sommes partis pour enguirlander le rituel conifère avec les enfants aux yeux brillants.

Plus d’eau potable à Mossoul où se trouve un demi-million d’humains dont quelques milliers de combattants attendant de pied ferme les armées dites régulières. Comme un con de parisien, je vais acheter un sapin pour voir s’allumer les yeux de ma fille lorsqu’elle accrochera les décorations aux branches. J’y pense et puis j’oublie. Enfin, pas vraiment. Je vis ma vie sans gloire et sans histoire pendant qu’à quelques milliers de kilomètres, des civils meurent sous les bombes.

DSCF6668
Dans la salle de bains, un savon d’Alep acheté à un étal sur le marché du boulevard. Comme un con de parisien. Le froid ici, la guerre là-bas. Et la trêve des confiseurs dans le collimateur, la consommation des ménages en forte hausse. On va se serrer autour du sapin, de la bouffe, du champagne, du rot et des brûlures d’estomac pendant que d’autres s’en vont se serrer les uns sur les autres au fond de leurs abris précaires. Si Jésus débarquait aujourd’hui il ne serait qu’un migrant de plus, un sans papiers né dans les territoires occupés, bref, un pas grand chose. On est peu de chose. C’en est parfois gênant.

Alors, avant d’aller bosser, je m’en vais chercher un sapin. Un roi des forêts mais pas trop géant quand même vu la taille de l’appartement. Un prince suffira vu l’état des finances et le paquet d’aiguilles sur le tapis.

Le fond de l’air est frais, mais il y a aussi comme une mauvaise odeur apportée par le vent et les ondes. Un mélange de sang et d’acier, d’os et de poussière, de cris et de pleurs pendant qu’ici on illumine les rues commerçantes, que les badauds déambulent entre les étals et les terrasses de café. Et moi et moi et moi… comme un pauvre con de parisien.

Publicités

Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s