La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

SOUPE POPULAIRE

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Voici enfin l’automne, le vrai, avec ses feuilles mortes, ses pluies, ses jours qui raccourcissent. Les gamins filent sur le chemin de l’école avec leur cartable. Une vraie carte postale. Dans des cartons, je retrouve ce petit texte qui convient à mon état d’esprit du moment :

 

Bien que coupé de mes racines,

je ne suis pas plus fier que les poires

qui se sentent à l’aise dans le bocal d’un parti,

dûment stérilisées contre le bouillon de culture.

Je suis de ceux qui poireautent

sans un radis et n’ont que des pépins.

Aux fayots qui soutiennent ce régime de bananes,

je prédis un bel avenir plein d’oseille et de blé

où les grosses légumes s’épanouiront,

 nous conseillant d’en prendre de la graine.

Moi je voudrais un peu d’herbe et que ca baigne dans l’huile,

qu’on arrête les salades avant que ca tourne vinaigre.

Que chacun se mêle de ses oignons et laisse la liberté fleurir

dans le vaste et bocal de l’univers.

Mais dès qu’un cornichon se permet de l’ouvrir,

on l’accuse d’être mou ou aigri

avant de le passer à la casserole.

Alors, en attendant la fin des haricots,

 je fais de la soupe pour me sortir de cette panade.

tuileries-80-clean

Tuileries – 1982 – @ Richard Walter

Depuis quelques jours, je m’enkyste, tel le virus attendant des jours meilleurs. Recentrage popote et longues heures à rêver soleil, voyages… C’est l’automne et la rentrée me donne toujours envie de ressortir, de partir pour fuir les frimas avec lesquels il va falloir se résoudre à vivre  jusqu’au retour du printemps que l’on espère précoce.

Des pensées pour celles et ceux qui ne disposent même plus d’un toit pour abriter leur détresse. La vie dans la rue, jamais facile, devient insupportable avec la pluie. Je me souviens de quelques nuits dans des fossés ou des bouches de métro, quarante ans auparavant, quand les clochards étaient encore célestes. Un autre monde dans un autre siècle.

C’est l’automne et j’entends dire que tout le monde reprend ses marques. Je me sens démarqué. Proche de la date limite de consommation. Pas encore vieux mais plus du tout jeune, sauf le grain de folie qui m’accompagne depuis ma naissance. C’est l’automne. Il pleut. Cheveux mouillés et idées détrempées.

numeriser

Paris – 2011 @ Richard Walter

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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