La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

MONSIEUR LALOUZE SE NUIT DE BOUSE

5 Commentaires

 

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Il veut être aimé …

Monsieur Lalouze revient à la vie après quelques mois de coma. Il découvre la Nuit de Bouse, les Paname Papiers en promo au rayon hygiène – triple épaisseur ne tache pas les doigts, le 49.3 dernier calibre avant le 11.43, la police qui gaze mais qui veut qu’on l’aime, un parti prospérant sur la haine et la xénophobie depuis quarante ans affichant comme slogan « la France apaisée ». Monsieur Lalouze replongerait volontiers dans le coma s’il le pouvait.

Tous en bas, les petits cons insultent les filles qui portent des jupes pendant que, tout en haut, quelques politiciens de haut vol mettent des mains au cul aux militantes un peu girondes. Monsieur Lalouze constate que rien ne change vraiment. Les pauvres restent à leur place et dès qu’ils sortent des clous, la police les remet en place en tapant dessus. Les clous qui dépassent ca fait désordre dans le nouvel ordre mondial instauré par les banques les multinationales et une partie du monde politique, subventionné par les plus riches et vendu à leurs intérêts. C’est triste.

Le fric mène les gens par le bout du nez. Regardez par exemple notre Platini. Aimé du peuple pour ses prouesses sur le terrain, le voici aujourd’hui résident fiscal en Suisse et embourbé dans une méchante histoire de gros sous. Il aurait touché indûment 1,8 millions d’euros, mais clame à qui veut l’entendre que cette somme était le reliquat d’un travail effectivement fourni. Monsieur Lalouze, qui lui aussi appréciait le Platini numéro 10 lorsqu’il évoluait sur le terrain, est un peu triste de constater que l’ancien sportif est devenu un triste bonhomme qui n’aime plus que l’argent. Monsieur Lalouze aimerait également savoir quel travail il faut fournir pour ramasser un tel paquet de fric. Monsieur Lalouze veut bien le faire pour disons…. un quart du « reliquat ». Cela sera toujours plus gras que les maigres indemnités de Paul Emploi. L’argent n’a pas d’odeur mais cette affaire pue la merde.

Pour les fauchés il y a l’internet, des jeux, des quizz et du cul. Pour le pain, pas de problème : monsieur Lalouze lit que bientôt il pourra fabriquer chez lui des tranches de jambon végan avec une imprimante trois D. Monsieur Lalouze a le sentiment que régulièrement on le prend pour un con. Il se souvient de vieux discours sur la « société des loisirs », où les machines abattraient le boulot pendant que l’être humain cultiverait ses talents artistiques. Tout ce baratin pour arriver au chômage de masse, aux fournisseurs d’accès vérolés, au commerce « équitable » représentant péniblement 1 à 2% des échanges commerciaux au niveau mondial – le reste étant par nature inéquitable.
Monsieur Lalouze peut, s’il le désire, acheter chez Naturalia (filiale « bio » du groupe Casino) du café bio-organique-équitable. Ce geste fera peut-être le bonheur d’un zapatiste planteur de café, mais enrichira surtout des centrales d’achats et des familles en exil fiscal de l’autre côté de la frontière.

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Paris – 10 Mai 2016

Aujourd’hui, c’est la promesse d’un avenir radieux 2.0 avec des fab lab, des imprimantes trois D, un revenu universel et la semaines de quatre jeudis à l’horizon. Monsieur Lalouze n’y croit guère. On lui a déjà fait miroiter tant de belles choses qui ont fini en « bulles » financières, en plans sociaux pour les prolos et en retraite chapeau pour les requins, qu’il a tendance à ne pas trop croire au bonheur digital qui souvent se résume à un doigt bien profond dans le fion.
Ainsi, Monsieur Lalouze est vieux jeu : il n’aime pas les services planqués derrière des sites http://www.noreply.com et regrette l’époque où l’on pouvait acheter des billets en papier à une personne réelle derrière un vrai guichet dans un vrai bureau où l’on pouvait éventuellement venir râler en cas de problème.

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Monsieur Lalouze trouve complètement stupide que pour accéder à un service de dépannage, les « agences » réelles ne puissent plus dépanner, que les numéros d’assistance soient la plupart du temps surtaxés et que lorsque, d’aventure, quelqu’un décroche, il ne soit pas en mesure de dépanner. Monsieur Lalouze trouve assez misérable d’être obligé d’aller chier sa colère sur la page Facebook d’un fournisseur d’accès indélicat pour avoir enfin une réponse après des semaines d’abandon.

Monsieur Lalouze espère bien qu’il recevra à temps le fichier de son billet de train commandé sur internet et qu’il pourra l’imprimer. Ce nouveau monde a quand même un fort parfum de foutage de gueule. Mais il paraît que ca va mieux dit le président. Monsieur Lalouze se demande bien pour qui.

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

5 réflexions sur “MONSIEUR LALOUZE SE NUIT DE BOUSE

  1. Si je peux me premettre et ne m’abuse, cher Ricardo, Naturalia, c’est Monoprix. Casino, c’est Bio C Bon…

  2. J’ai cherché également. Pas très clair. Mes infos étaient fausses et ce serait un groupe indépendant créé en 2008 à Rungis par un certain Thierry CHOURAQUI…

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