La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

GERARD SE MARRE MAIS IL EN A MARRE

1 commentaire

« Anna je ne comprends rien du tout, Anna c’est une histoire de fou…. » 🙂

L’autre jour place de la République, j’ai eu la faiblesse de répondre à une journaliste du Monde.fr qui voulait connaître les motivations de ma présence sur les lieux. J’ai répondu et tenté d’expliquer ce que Nuit Debout représentait pour moi. J’ai eu le sentiment d’être clair et lorsque l’on m’a demandé si j’acceptais d’être photographié, j’ai accepté. Pas pour me faire voir mais parce que là-bas beaucoup de monde refuse de montrer sa tête pour des motivations plus ou moins justifiées. Ne faisant rien d’illégal, il ne me semble pas utile de me cacher. J’assume ma présence, un point c’est tout.

Quelques jours plus tard, l’article sort sur le site du journal. Première rigolade : je me nomme Gérard. Je repense au sketch de Coluche. Et puis en lisant l’article, je me rends compte qu’à grands renforts de guillemets censés authentifier mes propos, on a rapproché des bouts de phrase qui ont été reliés par des verbes que je n’ai pas prononcé. Du coup, certaines phrases ne correspondent plus vraiment à mon propos. Ce qui m’agace mais sur le fond je m’en fiche. Pour être plus précis, voici un des passages incriminés :

Militants, curieux, fêtards : vingt-quatre heures avec les participants à la Nuit debout

LE MONDE | 14.04.2016 à 07h05 • Mis à jour le 15.04.2016 à 14h40 |

… Un peu plus loin, Gérard erre sur la place toujours quasi déserte. A 59 ans, il enchaîne les petits contrats entrecoupés de périodes de chômage dans un musée parisien. « La loi El Khomri, ça fait quatre ans que je suis dedans », lance-t-il en levant les mains au ciel. Il vient « en pointillé », quand il le peut, et espère que Nuit debout, qu’il considère pour l’instant comme un « laboratoire de libre parole », débouche sur une grève générale. « Ça leur mettrait un coup, quand même », au gouvernement, et cela permettrait de « faire comprendre ce que l’on veut au reste du pays. Ils doivent nous prendre pour des gauchistes et des branleurs. »

Je découvre avec amusement que mes contrats sont « petits » alors que je n’ai pas évoqué leurs durée et que je « lance cette phrase en levant les bras au ciel ». OK. Passons. Cela doit être le prix à payer pour donner de la chair au papier. Une grève générale, oui, mais pas « pour faire comprendre ce que l’on veut au reste du pays ». c’est idiot. Là on est dans le contresens, à grands coups de guillemets et de copié-collé. J’avais déclaré en revanche que la difficulté consistait à expliquer ce que l’on veut au reste du pays. Je trouve cela beaucoup moins drôle et regrette d’avoir parlé à la journaliste. Et puis « ca mettrait un coup », oui. Mais « au gouvernement » c’est pas de moi. Magie des guillemets. Mais bon,  je m’en fiche et cela m’amuse d’être devenu un « Gérard ». Le lendemain, surprise, dans un autre article, la journaliste ressort Gérard. Et ce coup là les guillemets ont encore bougé et maintenant, » j’avance » carrément l’idée… Et mon cul c’est du poulet ? Voici l’extrait en question.

Nuit debout : la grève générale en débat

LE MONDE | 15.04.2016 à 19h26 • Mis à jour le 15.04.2016 à 20h11 |

…C’est là tout l’intérêt d’une telle mobilisation, selon Gérard, qui reconnaît toutefois que pour l’instant Nuit debout représente une minorité de Français. « La grève générale permettrait de faire comprendre au reste du pays ce que l’on veut », avance-t-il.

Dans les commentaires de lecteurs, il en est un qui se demande si Gérard existe vraiment. Oui, il existe, mais ce n’est pas son vrai nom. Non ce n’est pas un pseudo pour « éviter la Gestapo » ( Ca c’est l’humour lourdingue d’un autre lecteur ). Si j’ai accepté d’être photographié, c’est pas pour me planquer derrière un faux nez. C’est simplement la journaliste qui a mal entendu mon prénom. Ceci dit, bien que j’ai décidé, suite à cette histoire, de ne plus rien lâcher aux medias, j’ai un peu peur d’un troisième article où l’on recyclerait une fois de plus mes mots en bougeant encore un peu les guillemets pour me faire dire encore autre chose. La journaliste s’appelle Anna. Je lui dédicace donc cette petite chanson  au nom des quinze années où j’avais une carte de presse. Et en attendant la grève générale, j’ai plus qu’à enfumer les cabinets.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

Une réflexion sur “GERARD SE MARRE MAIS IL EN A MARRE

  1. ainsi donc vous vous appelez Richard… ou alors elle se tape trop de Ricard ou trop près des baffles… ou c’est pas une journaliste… sensée écouter ?!

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