La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

JOURS TRANQUILLES A REPUBLIQUE

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Arrivée vers 10 heures du matin place de la République. Des uniformes un peu partout. CRS harnachés et pour certains carabines... Un type est contrôlé car il a voulu scotcher une affiche sur un arbre. Six CRS autour du dangereux personnage. Je m’approche avec quelques autres personnes présentes, histoire qu’il ne se sente pas trop seul. Ambiance. Finalement, le type est relâché. Mais on nous demande de nous disperser car nous sommes un attroupement. C’est vrai, nous sommes six personnes. C’est énorme.

– A partir de combien de personnes devenons nous un attroupement, demande l’un de nous.
Le CRS sourit.
– Vous n’avez qu’à consulter les textes législatifs.
– OK, mais, dites nous…
– C’est à notre appréciation.
– Ah ?

En fait depuis la fameuse « loi » de Sarkozy sur les cages d’escaliers, il semble bien qu’à partir de deux personnes, on peut parler d’attroupement. Intéressant. Ceci dit l’ambiance reste détendue malgré les nombreux cars de CRS parqués sur la place, là où se dressaient les tentes du mouvement. Probablement un hasard malencontreux.
Des journalistes tournent à la recherche de personnes à interviewer. Pas grand monde. Ca discute de ci de là. On évite de se transformer en attroupement.

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Un attroupement !!!!

D’un coup la police intervient. Cinq personnes se sont assises en rond par terre. Alerte ! On finit sur un banc à se dire que l’on vit dans un drôle de pays où on peut nous empêcher d’être ensemble dans l’espace public.
Vers onze heures un groupe de lycéens arrive. Ca discute et, d’un coup, tout le groupe s’engouffre dans le métro pour une destination inconnue. Ils sont taquins ces lycéens. La plupart des cars de police quitte la place pour… Bastille. Ou Nation. On parle aussi de Belleville. Va savoir. Girophares et sirènes. Bonne chance les gars. Les lycéens ca court vite. Etrange ballet qui voit les cars de CRS disparaître, revenir, puis repartir, toujours à grand renforts de sirènes et de girophares.

Sur la place, de petit groupes informels se créent puis se dissolvent. Parler. Communiquer… Vers midi, d’autres arrivent. Autour tout est calme. Je cherche les traces des « destructions » dont on a beaucoup parlé dans les médias. Rien. Cela n’empêche pas quelques grincheux d’écrire que « La Place de la République a été vandalisée ». Ont ils seulement mis les pieds ici ? J’en doute.

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Petite fouille entre amis…

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Le latin c’est dépassé 🙂

Vers 14 heures un groupe de lycéens arrive par l’avenue Voltaire. Les CRS, dans un premier temps, s’alignent puis finalement s’écartent après avoir constaté que personne ne semblait animé de mauvaises intentions dans le groupe. Quelques quolibets fusent du côté des lycéens qui s’installent sur la place. Les premières commissions se mettent en place. Au pied de la statue, des enseignants entament de mini-conférences d’une vingtaine de minutes sur des sujets divers. C’est l’université du savoir populaire. Je discute avec un type qui se demande quel est la finalité de tout ca. Il a été dans la légion étrangère pendant cinq ans et a été engagé sur le terrain dans des lieux autrement plus explosifs que cette place.
Ex légionnaire, mais cela ne l’empêche pas d’être cultivé et d’avoir du répondant. Et puis un militant écolo, un étudiant qui entre deux discussions révise ses maths pour un examen. Un lycéen affublé d’un nez de clown va au contact des CRS pour une brigade du sourire….

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Ambiance bon enfant…. Pourvu que cela dure.

Le mouvement continue de s’afficher pour ce qu’il est : un laboratoire, un lieu de rencontre et d’échange. Je file pour chercher ma fille à l’école. Je reviens ce soir car ce qui se passe ici est peut être dérisoire et utopique mais ce n’est pas tous les jours qu’il se passe quelque chose d’aussi indéfinissable et protéiforme. Minoritaire, oui…. Et alors ? Un petit caillou dans la chaussure peut être bien gênant, même pour un gouvernement qui se veut droit dans ses bottes.

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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