La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

LA DRAHISON DES ELITES

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DSCF2618Hier je suis tombé sur un magazine pour lequel j’ai travaillé il y a maintenant pas mal de temps. A l’époque on était une grosse vingtaine voire plus et on occupait un demi-étage. De ces temps révolus il ne reste plus grand chose. Seuls deux noms me sont encore connus et les effectifs ont fondu. Maintenant ce magazine se fait avec moins de dix personnes, « responsable éditorial » inclus. En attendant mon rendez vous je feuilletais l’objet ( le « produit ou la « marque » comme on dit aujourd’hui ) ….
Le titre lui même a été raccourci. L’Essentiel du Management est devenu L’Essentiel. On y trouve une belle double page retraçant l’ascension de monsieur Patrick Drahi, l’homme qui réussit à être la sixième fortune de France avec une résidence fiscale en Suisse, un groupe immatriculé au Luxembourg…. Et une dette de 45 millions d’euros.
Ce type est tout sauf idiot. Polytechnicien, c’est à dire formé aux frais de la collectivité dans ce qui est reconnu comme une des meilleures pépinières de talent de la République, il a travaillé pour France Télécom, puis a rejoint le secteur privé. Son dernier achat – ne me demandez pas comment on peut acheter quelque chose en étant endetté de la sorte ca me dépasse – c’est SFR. Et depuis que SFR est tombé entre ses mains je ne compte plus les relances pour me faire raquer. Quand j’appelle, un peu excédé par ces avis en cascade, je tombe sur de braves gens incapables de m’explique le fonctionnement du bouzin. Il faut raquer et c’est tout.

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Monsieur Drahi a également investi dans la presse. Lorsqu’il arrive, il commence par foutre dehors une bonne partie de l’équipe, parce que ca coûte cher la presse, malgré les aides de l’état. Ensuite, c’est un peu comme chez SFR, on presse le citron, on fait rentrer tout le fric que l’on peut et on paie les photographes le plus tard possible.
Bref, double page pour décortiquer la « méthode » Drahi, un être brillant. Mais pour ce qui est du patriotisme économique, on repassera. Altice, son conglomérat, est installé au Luxembourg, pays de douce imposition,  et la résidence en Suisse, ce doit être parce que l’air de la montagne est plus frais que celui de l’hexagone.
Si je comprends bien, ce gugusse est un modèle. Il faut se gaver, crééer des sous-emplois mal payés, faire de l’optimisation fiscale, vendre du forfait et payer des sbires pour relancer le crétin d’abonné …. faire du fric, du fric et encore du fric. C’est un peu triste. Bien sûr, le monsieur travaille sa « légende », le fameux « story telling » : là, l’élément censé nous faire oublier que ce gars là se goinfre de façon légale, mais juste aux limites de la loi, c’est de nous confier qu’il ne voyage que sur Easy Jet. Bonjour le foutage de gueule.
Sur ce je m’en vais raquer la dernière facture et me consoler en pensant que monsieur Drahi ne vivra pas plus longtemps que n’importe quel humain de base et que sa montagne de fric ne le protège pas plus que ca. Mais on ne m’empêchera pas de penser qu’une société où un tel mironton se fait des couilles en or alors que certains se lèvent tous les matins pour travailler à perte est bien malade.
Tous ces maitres du monde rêvent de « transhumanisme », histoire de prolonger au delà du raisonnable leur vampirique existence. Tel qui proclame que la vie privée n’existe plus rachète toutes les propriétés attenantes à la sienne pour préserver sa triste intimité de millionnaire. Tous ces ultra riches évoluent dans un ghetto loin du monde ordinaire, leurs femmes claquent des fortunes en fringues ridicules qu’elles n’oseraient pas porter dans la rue tellement c’est moche ( moche mais cher). Bref, les ultra riches mènent une vie d’ultra-cons. Ils on peur d’être attaqués, volés, aggressés, ils ont peur qu’on kidnappent leurs gamins et sont obligés de se planquer dans leur résidences ultra-sécurisées. Pas très rock and roll.
A la limite, ils me feraient rire, s’ils ne mettaient pas tant de gens dans la mouscaille pour se la péter entre eux au bord de leurs piscines. Une chose est certaine : je ne les envie pas. Mais alors là pas du tout. Le bonheur est ailleurs…

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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