La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

SOIXANTE HEURES C’EST QUE DU BONHEUR !

1 commentaire

12670859_10208452919977722_7670320969005558357_nOK. Le remaniement et son cortège de reniements. C’est fou ce que certains peuvent lâcher pour un plat de lentilles. Faut dire que la sauce est bonne. Et dans quinze mois salut la compagnie, merci la retraite généreuse pour les grands hommes et gentes dames qui daignent présider à nos destinées car ils savent, clairvoyants qu’elles et qu’ils sont, où nous allons ou du moins ils savent admirablement faire semblant la plupart du temps. Bien sûr, côté sortants, c’est moins amusant. On sent la tension palpable chez celui ou celle qui n’avait pas imaginé être de la charrette. Ca fait l’ouverture des journaux télé, ca cause dans les micros, les experts analysent, les journalistes rapportent et commentent, les mass media ramassent et sur le fond rien ne change. Les mal lotis galèrent et les nantis les anéantissent. C’est ainsi depuis la nuit des temps.

actionnaireOn peut toujours invoquer les jours meilleurs, forcément à venir parce qu’avant, hein, c’était encore bien pire mon bon monsieur. Là nous sommes en bonne main, état d’urgence contre tueurs haineux, crise de l’emploi et régulation par la loi du marché, les chômeurs peuvent bien crever, chez les nantis cela ne se passe pas trop mal. Il suffit de voir les quartiers commerçants bien achalandés faisant peau neuve tous les cinq ans, les belles grosses berlines et les grands appartements confortables abritant les lignées de ploucs embourgeoisés, il suffit de constater que dans les beaux quartiers, la crise c’est pour les autres, les zoulous de la périphérie en tête.

Les apparatchiks nous appâtent avec leurs discours sucrés mais, une fois parvenus au pouvoir, oublient sur le champ leurs séduisantes promesses au nom d’un prétendu réalisme pour mieux raboter le peuple qui fut assez confiant pour les élire. Qu’importe le berger, les moutons seront tondus. Tout ceci est assez désespérant. Entre ceux qui planquent leur fric à l’abri du fisc, ceux qui rêvent de devenir milliardaires pour oublier qu’ils furent modestes, c’est une formidable foire d’empoigne, une gabegie titanesque d’où sortent frustrations, tensions et conflits. Le triste résultat est là devant nous, comme une crotte de chien sur un trottoir blafard.

1602038_589605324459281_725758687_o
L’ascenseur social est en panne et les barreaux de l’échelle des salaires ont été sciemment sciés les uns après les autres. La France d’en haut contemple celle d’en bas quand elle ne préfère pas tout simplement l’ignorer. Libre à cette dernière de grouiller devant les soldes, de voter là où on lui dit de faire ses besoins, libre à elle d’adouber celles et ceux qui se servent d’elle comme marchepied pour accéder aux derniers étages, vue sur la célébrité et inscription programmée dans les manuels d’histoire. Tout ceci pour finir avec un gouvernement de gauche – ou du moins s’y affichant – légiférant pour légaliser la semaine de soixante heures en cas de coup de bourre ! On est très loin du Front Populaire imposant les congés payés. Terminus. Tout le monde descend. Gueule de bois collective .

DSCF1766
Heureusement, il reste encore deux trois trucs auxquels les gros cons qui croient que l’argent peut tout acheter ne pourront jamais toucher : le spectacle sans cesse renouvelé des cieux et des astres, l’éternelle danse de l’ombre et de la lumière, le maelström où les poussières que nous sommes tourbillonnent quelques secondes encore avant de disparaître.

Publicités

Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

Une réflexion sur “SOIXANTE HEURES C’EST QUE DU BONHEUR !

  1. Soixante heures ET le rétablissement du travail des enfants. Un détail supplémentaire qui me conforte dans mon refus définitif de voter pour cette engeance. Leurs enfants à eux ne bosseront pas à l’âge du collège et du lycée. Faudra pas qu’ils viennent pleurer que le Fhaine menace : ils en sont les commis-voyageurs serviles.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s