La plume dans l'oeil

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MAMAN J’AI RETRECI LA MASSE SALARIALE ET J’AI ENCORE RATE L’AVION

1 commentaire

Alexandre Marie Henry Begoügne de Juniac est né à Neilly-sur-Seine. Fils de l’ambassadeur Gontran de Juniac, il étudie au lycée Pasteur puis entre à l’école Polytechnique en 1981 et à l’ENA en 1988. 
De 1997 à 2009 il travaille dans un secteur bien particulier – l’électronique de vol – chez Thales « qui a pour vocation d’être le partenaire industriel des avionneurs, des armées de l’air et des opérateurs, qu’ils soient civils ou militaires ». De 2009 à 2011, il est le directeur de cabinet Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi. En 2010, il souhaite succéder à Anne Lauvergeon à la tête d’AREVA, mais la commission de déontologie s’y oppose, jugeant sa candidature incompatible avec ses récents postes dans la fonction publique.
Pendant ce temps, à Air France, Pierre-Henri Gourgeon directeur général d’Air France, démissionne, empochant 2,2 millions d’euros pour 6,5 mois de travail du 1er avril 2011 au 17 octobre 2011 (1,4 million d’euros d’indemnité – non imposable en principe – plus 400 000 euros de clause de confidentialité).
En novembre 2011, Alexandre de Juniac est nommé PDG d’Air France. Une de ses premières mesures, en avril 2012, le développement des bases de Toulouse et de Nice se solde par un échec commercial. Il concocte alors le plan TRANSFORM : Depuis sa mise en œuvre, 9 000 postes environ ont été supprimés, dont 5 122 pour la seule année 2012.
A l’époque, la direction de la compagnie promet d’éviter les départs contraints si les accords sont signés. Mais elle ne donne aucune estimation chiffrée sur les départs de 2014 et 2015. « C’est impossible de se livrer à une estimation fine. Cela va dépendre de nombreux paramètres et de la manière dont le plan se déroule», déclare alors Alexandre de Juniac.
2013 – Il est nommé au conseil de surveillance de Vivendi.
2014 – Alexandre de Juniac met en avant la rude concurrence des compagnies du Golfe, non contraintes par les mêmes législations et qui imposent selon-lui de « mettre des limites aux acquis sociaux ». Il cite alors son homologue de Qatar Airways à propos de la grève, « Monsieur de Juniac, chez nous, ce ne serait pas possible, on les aurait tous envoyés en prison ».

En 2014, Alexandre de Juniac a touché une rémunération globale de 645 000 €  – 72% d’augmentation par rapport à 2013 où il n’avait touché « que » 375 000 euros. Une rémunération où la part fixe gonfle remarquablement entre 2013 et 2014 comme on peut le constater sur ces deux graphiques ci-dessous.

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2015 – mise en œuvre d’un nouveau plan de restructuration qui débouchera, selon Alexandre de Juniac, sur « un important plan de réduction d’emplois ». Il confirme que les départs volontaires seront privilégiés, mais que la compagnie devra également « recourir à des départs non volontaires ». En d’autres termes des licenciements secs. Il s’agit du quatrième plan de départs volontaires initié par Air France depuis le lancement en 2012 du plan de restructuration «Transform 2015». Depuis, les effectifs ont fondu de plus de 5.000 personnes, selon les chiffres communiqués par la direction.
Mars 2015 : L’autorité des marchés financiers a condamné groupe aérien et son ancien directeur général à respectivement 1 million et 40.000 euros d’amende pour leur communication financière entre avril 2010 et mai 2011.

fracture-sociale-753x1024Mais depuis deux jours, ce qui est mis en avant ce sont les salaires « exorbitants » des pilotes et les « violences inadmissibles » exercées par des « voyous » ( C’est pas moi qui le dit c’est le premier ministre ). La radio nous parle longuement de l’enquête menée par la police pour identifier ces dangereux personnages, mais se garde bien de faire le décompte des indemnités de départ, des retraites chapeaux et des mensonges des dirigeants. C’est aujourd’hui plus grave d’arracher la chemise d’un dirigeant ( il aurait du repartir en slip, les gars se sont autocensurés ) que de virer plusieurs milliers de salariés au nom de la rentabilité de l’entreprise tout en s’augmentant de 72% d’une année sur l’autre. Ce qui est grave c’est que le pouvoir « de gauche » prenne la défense des voyous en costard et enfonce ceux qui – à bout de patience – ont chahuté deux représentants de la direction qui les balade depuis quelques années tout en se gavant sur leur dos.

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

Une réflexion sur “MAMAN J’AI RETRECI LA MASSE SALARIALE ET J’AI ENCORE RATE L’AVION

  1. Pour ma part j’ai applaudi les ceusses qui ont déchemisé le DRH. La violence inadmissible des serial licencieurs peut les conduire à l’échafaud. Sans passage par la case tribunal.

    http://partageux.blogspot.fr/2015/10/nous-choisirions-les-barbares.html

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