La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

ECONOMIE A CREDIT POUR LES CREDULES

2 Commentaires

Protect your moneyC’est vraiment un truc bizarre l’économie… Pour être clair, commençons par faire LA distinction entre « les » économies ( le petit cochon où on vous conseillait de mettre vos pièces pour pouvoir un jour vous acheter un beau joujou qui, lorsque vous êtes devenu grand, s’est transformé en agence bancaire) et « l »’économie avec un grand E, avec ses experts pontifiants, ses donneurs de leçons assermentés et ses chiens de garde. Ce n’est pas vraiment la même chose. Les économies, c’est un peu l’attrape-couillon pour les pauvres à qui l’on fait avaler qu’en mangeant de la merde pendant quatre bonnes décennies, ils pourront finir heureux propriétaires d’un pavillon à l’âge de la retraite. Alors le pauvre diable rogne sur tout, bouffe ses potages en sachet et ses desserts « à l’ancienne », se saigne pour mettre trois ronds de côté et, bing, la voiture à changer, et paf, les charges et les factures… A ce rythme là, faire des économies tourne vite au tonneau des Danaïdes. On écope, on s’épuise et puis on se rend compte que l’on s’est fait couillonner, que le patron de la chaine d’hypermarché qui vend sa gamme « premier prix » pète dans la soie, habite en Belgique pour ne pas payer trop d’impots et se garde bien de bouffer ce qu’il vend aux autres. Ca c’est l’Economie, la vraie, celle qui fait tourner la tête avec ces chiffres pleins de zéros, ses courbes, ses statistiques et ses grandes théories ressassées à longueur de temps par de braves experts prodiguant leurs bons conseils sur les plateaux télés et à l’antenne.

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L’Economie c’est pas un truc pour les peigne-culs de base. Déja qu’ils n’arrivent pas à faire « des » économies, alors vous pensez bien que l’Economie avec un grand E leur passe bien au dessus de la tête. C’est pourtant pas bien compliqué : faire des économies c’est mettre un peu de blé de côté ( les pièces dans le petit cochon) alors que l’Economie c’est claquer un paquet de fric que vous n’avez pas mais que votre pote banquier vous prête pour acheter des machins, dégraisser (virer des gens qui n’auront plus de salaire et ca va être dur pour eux de faire des économies, à part les bouts de chandelle – et encore, on finit par les bouffer quand le frigo est vide ), revendre avec bénéfice et passer à la proie suivante. Les champions sont équipés de parachutes dorés ( ventral et dorsal), de retraite-chapeau ( plutôt haut de forme que casquette), et bien sûr de quelques avantages en nature ( bagnole et appartement de fonction, grands raouts à Davos ou dans des G20 – le pays où la vie est plus chère).

"Starving" piggy bank

Et cette Economie là c’est vachement compliqué. Tenez, regardez les banquiers. Ils vendaient des « produits financiers sophistiqués ». Tellement sophistiqués qu’au bout d’un moment plus personne ne savait plus où était le pognon . Bon, en fait, on sait où il est le pognon : dans les paradis fiscaux, bien planqué à l’abri du percepteur et des peigne-culs qui s’obstinent à réclamer des augmentation de salaire parce qu’il s’en sortent tout juste alors qu’ils voudraient bien pouvoir faire des économies pour acheter le pavillon de rêve vu sur Le Bon Co(i)n.fr ou changer de bagnole parce qu’on leur a monté la tête sur le nouveau modèle qui vient de sortir, celui qu’il vont acheter à crédit juste pour péter plus haut que leur cul. Ainsi va l’économie et son univers impitoyable.

Personnellement, « parti de rien pour arriver à pas grand chose », dixit Petrus Dacus, je me sens parfois comme un bousier poussant sa boule de merde, mais un bousier de base. Sans dettes et sans économies. Je n’ai pas d’ami banquier et ne comprends rien à l’Economie. Malgré ce lourd handicap, j’ai tenu bon pendant plus de quarante ans, cotisant gentiment, la taxe ordures ménagères, la taxe pour l’audiovisuel, m’acquittant de mes factures et de mes impôts lorsque j’avais la bonne fortune d’avoir un emploi stable. Le bon gars, quoi. Limite simple d’esprit, pas retors pour un rond. J’ai même réussi un jour à faire des économies. Avant. Maintenant c’est plus compliqué. Le cochon est presque vide. Mais comme disent les riches aux pauvres qui se plaignent : « plaie d’argent n’est pas mortelle ». Sur le fond, ils ont raison. Mais, bon sang que c’est chiant de ne pas avoir d’argent. Mortel peut-être pas pas, mais bien chiant assurément.

Alors nous sommes tous à courir après le fric, le clodo dans la rue fait la manche pour bouffer, le pékin moyen s’échine au boulot jusqu’à ce qu’un énième plan social l’envoie valser en remerciements de toutes ces années passées à faire tourner la roue dans la cage, et, tout en haut, bien au-dessus de la fameuse France « d’en bas », les ultra-riches achètent, vendent, spéculent, optimisent fiscalement, planquent, détournent ( il n’y en a jamais assez). Bref, tout le monde est à la chasse au fric. On en oublierait presque de vivre.

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Et si tu ne t’intéresses pas à l’Economie, c’est elle qui s’intéressera à tes maigres économies. De même que les petits ruisseaux font les grandes rivières, tes petits euros dépensés dans un bout de pain, un litre de lait, un paquet de café et un kilo de patates font la grande fortune de Monsieur Auchan. Jusqu’ici on arrive à peu près à comprendre. Là où cela se corse c’est que le budget de la planète est en déficit. C’est d’autant plus remarquable que nous ne commerçons qu’entre terriens et, qu’à ma connaissance, nous n’avons pas encore réussi à trouver des extra terrestres à qui vendre du Coca, des portables et des lasagnes au cheval. Alors je voudrais bien qu’un économiste m’explique comment on peut être en déficit avec nous même. Parce que là je commence à me dire que l’Economie telle que l’on veut me la faire avaler c’est avant tout un fabuleux foutage de gueule.

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

2 réflexions sur “ECONOMIE A CREDIT POUR LES CREDULES

  1. J’ai été intéressé par la lecture de votre texte… Et également sensible à votre petite description de Riccardo… Pour la simple raison qu’à quinze, vingt, trente, quarante ans, j’étais dans ce même schéma vis à vis de  »l’économie », qui effectivement comme vous le précisez si elle n’est pas ajuster à sa possible valeur indexée au rapport des potentielles  »énergies » exercées par tous les réalisateurs, imprésarios, acteurs, actrices dans la géo-société où il résident, le produit scalaire de la réelle ||Social-Economie||ne saurait être approché dans le cadre de la justice  »politico-sociale-économique », pour tous(tes) ses représentants(es)… Où le risque le plus important en cas de non respect de cette règle, au milieu d’autres lois établies  »démocratiquement » dans nos zones géographiques serait de foncer tout droit dans le  »mur », avec pour conséquence suivante la vectorisation d’obscurs desseins, agités par une certaine forme d’obscurantisme envers le monothéisme financio-économique… Avec toutes les crises, conflits, guerres ‘corporatiste », imaginables, permettant d’atteindre par la destruction le  »chaos »… Alors même si après la destruction, il est possible de penser qu’une reconstruction soit éventuellement possible, les dégâts constatés ne saurait être que ceux de l’éradication de nombreux organismes vivants, dont nous faisons intrinsèquement partie… Merci à vous pour ce évaluation de nos sociétés d’échange de biens et de services… Je partage ce  »bien écrit », si cela ne vous dérange pas…

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