La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

RESPIRER C’EST GRATUIT (POUR LE MOMENT)

1 commentaire

Et voilà, c’est l’automne. Officiel. J’ai fini par reprendre le chemin du travail, il était temps car je commençais à tourner un peu en rond, pour ne pas dire à vide.

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La nuit dernière, je n’ai pas pu résister et j’ai veillé jusqu’à trois heures du matin pour voir l’éclipse de lune au dessus de Montmartre. La prochaine étant prévue dans 25 ans, au vu des incertitudes qui pèsent sur le monde, mais aussi sur chacun de nous à titre individuel, j’ai préféré peu dormir mais voir l’éclipse. Les phénomènes célestes ont ceci de réconfortant qu’ils nous ramènent à notre juste dimension dans l’univers : des chiures de mouche. Et encore c’est généreux. Alors si je dois retourner à la poussière avant la fin du prochain quart de siècle, j’aurais au moins vu une éclipse de lune, deux éclipses de soleil et surtout, celle que je n’oublie pas, la comète de Halley, celle qui ne passe que tous les 75 ans.

DSCF3589Et puis lever le nez vers l’espace me fait voir ce qui se passe sur terre d’un autre œil. Loin des discours empesés des politiciens qui nous expliquent qu’ils savent ce qu’il faut faire « dans les circonstances difficiles qui sont celles d’aujourd’hui et patati et patata, intervention militaire, frappes aériennes ( mais chirurgicales bien sûr – comme si l’on opérait un malade à coup de missiles), stature présidentielle, chef des armées et patati et patata… «  On connait l’histoire. Les corps célestes se déplacent en fonction des lois d’attraction et les peuples se foutent sur la gueule en fonction de leurs peurs et de leurs rêves de grandeur. Plus j’avance, plus je suis pour le petit, le local, le « à portée de la main ».

Les grands discours, les grands projets, les grands hommes, les grands conglomérats industriels, les grandes banques ne nous aident guère à y voir clair. Le bonheur des peuples est ailleurs. Les individus ordinaires n’éprouvent pas le besoin d’être au pouvoir. Un peu d’empire sur soi-même c’est largement suffisant pour vivre, pas la peine de laisser une trace dans l’histoire, surtout si elle est brune et malodorante. Les grands dirigeants sont de la même étoffe que nous. Probablement plus cyniques et moins portés sur la gentillesse. Mais visiblement, ils sont incapables d’entreprendre le grand changement, celui qui verrait vivre une humanité en paix sur une planète que l’on respecterait un peu plus qu’aujourd’hui. Il paraît que nous sommes dans un monde en pleine mutation. Pourtant, certains fléaux ne disparaissent pas. Ici, on fête les trente ans des Restaurants du Coeur, une « institution » comme disent les médias. Mais cet anniversaire a un goût amer car il signifie, qu’en dépit des avancées technologiques des trois dernières décennies, nos gouvernement successifs n’ont pas réussi à faire en sorte que tout le monde mange à sa faim dans notre pays qui fait pourtant partie du club des nations modernes, démocratiques, un pays donc où des familles, des personnes âgées, des jeunes, en sont réduits à compter sur la charité plutôt que sur la fraternité. L’égalité, on peut l’oublier et la liberté, ma foi, on l’a. On est libre comme l’air, surtout lorsque l’on est à la rue. Et l’air va se refroidir d’ici quelque temps. Sur les pavés la guerre froide.

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Ici cela se refroidit, mais du côté de la Syrie, cela risque de chauffer d’ici peu. On parle de plus en plus d’une coalition pour éradiquer Daesh. Les Russes sont partants pour aller dégager les Tchétchènes djihadistes, les Chinois se tâtent, l’Europe n’est pas foutue d’avoir une position commune et les Ricains envoient des drones comme dans un jeu vidéo pourri. Pendant ce temps, les civils fuient et s’entassent dans des camps de réfugiés. L’histoire bégaie.

DSCF3119Alors, nez au vent, je lève les yeux vers le ciel, les astres, les nuages, bref tout le substrat essentiel à nos existences. On finirait presque par l’oublier à force de tout acheter et de ne plus rien fabriquer de nos mains, mais nous dépendons plus du climat que des banques ou de la bourse, contrairement à ce qu’on tente de nous faire avaler maintenant que nous sommes massivement regroupés dans des villes faites de ciment, de fer et de béton, avec de ci de là, un espace vert, histoire de dire que l’on a pas TOUT fichu en l’air. On chante la biodiversité urbaine qui se décline du rat d’égout au cafard sous l’évier en passant par les animaux dits « de compagnie ». On se félicite du retour des poissons dans la Seine, des faucons nichant dans les tours de Notre-Dame. Les vrais cons eux, profitent de leur temps libre pour faire du shopping, acheter des machins bio-éthiques qui vont sauver la planète, pendant que les marchands de canons fourguent leur matériel à qui en veut histoire de préparer les prochaines guerres et leurs dommages collatéraux.

Alors, pendant que l’on encore respirer un peu, je regarde vers le haut et m’envoie en l’air pour pas cher…

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

Une réflexion sur “RESPIRER C’EST GRATUIT (POUR LE MOMENT)

  1. « J’ai fini par reprendre le chemin du travail. »

    Bon, y’a au moins une bonne nouvelle sur la terre cette semaine. ;o)

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