La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

PARIS EN AOUT

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Aout à Paris se termine. Les acacias de la rue des Poissonniers parfument le bitume de leurs mille fleurs qui recouvrent les trottoirs.

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Et tout au bout de la rue des Poissonniers, pour arriver à l’agence de Paul Emploi, il faut passer par dessus l’ancien chemin de fer de Petite Ceinture. Le lieu vient d’être investi par une centaine de Roms, hommes, femmes et enfants qui tentent de se faire une vie en contrebas. Les cahutes de bric et de broc s’alignent de chaque côté des voies ferrées sur quelques centaines de mètres. Un bidonville au cœur de Paris, à deux pas des Puces et du Sacré-Cœur, cette meringue édifiée sur le sang des Communards.

Non loin de là, le carrefour de la porte de Clignancourt est bien chargé, en partie à cause des travaux du tramway, cette grande redécouverte du vingt et unième siècle, celui qui devait être mystique ou ne pas être. Nous n’en sommes qu’au début, c’est un peu tôt pour savoir si l’auteur de cette phrase avait tort ou raison. Côté « mystique »  les bouchers de Daesh et les intégristes de toute obédience grouillent un peu partout sur la planète. Pas de quoi s’enthousiasmer. Simultanément, des tas d’humains accèdent au savoir et jamais il n’y eu tant de personnes sachant lire et écrire, pour le meilleur et pour le pire.

La voie de petite ceinture passe sous le carrefour de la porte de Clignancourt où l’ancienne gare a été transformée en recyclerie et en café. Une association s’est créée pour entretenir les Jardins du Ruisseau, des petites parcelles plantées de chaque côté des voies et séparées de ces dernières par une clôture grillagée. Si d’aventure un Rom passe sous le tunnel, il ne pourra pas accéder aux jardins. Il ne lui restera plus qu’à contempler les fraises et les fleurs hors d’atteinte.

 

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Fête des Jardins du Ruisseau

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Bidonville et TGV….

On m’a proposé il y a quelques semaines d’aller piqueniquer dans ces jardins. Finalement, et à mon grand soulagement, l’affaire ne s’est pas faite. Je n’aimais pas l’idée d’aller saucissonner façon champêtre alors que des êtres humains vivent à quelques centaines de mètres dans ce qu’il convient d’appeler un bidonville, sans eau ni électricité. Je n’aime pas cela, quitte à passer pour un ronchon, et pour l’instant, j’évite les jardins.

En revanche, je suis repassé encore une fois devant le camp des Roms pour aller chez Paul Emploi d’où je suis ressorti avec un dossier enfin complété. Ici c’est comme dans les batailles navales d’antan : un coup devant la cible, l’autre derrière et le troisième au but.

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Mobilisation générale en août….

Maintenant que ma situation est éclaircie chez Paul Emploi, je vais pouvoir relancer la CAF. Du moins c’était mon intention.  Oui, mais voilà , l’agence est fermée du 5 au 26 aout, rien que ca. En principe, si j’en crois l’avis sur la porte, c’est fermé au public car les agents sont – telles des fourmis laborieuses – en train de traiter tous les dossiers en retard. J’ai comme un méchant doute. Les agents ne seraient ils pas tout bonnement partis massivement en vacances comme la plupart de leurs compatriotes ?

Il faudra revenir plus tard. Marché de l’Olive, balade dans les fonds du 18ème. Rue Léon, Rue de Panama et j’arrive sur le marché Dejean, le marché africain de Paris que certains rêvent de délocaliser de l’autre côté du périphérique. Des poissons chats congelés d’Indonésie, des capitaines et des perches du Nil, pendant que côté fruits et légumes le manioc voisine avec les mirabelles. Des odeurs plutôt costaudes sortent des échoppes, viandes fumées et autres délices, un boucher vend de la chèvre et du mouton. Ca change des supérettes hygiénistes. Ca vit, ca sent fort et ca discute autour des étals.

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Pour finir, je remonte avec des mirabelles …. Encore quelques travaux d’amélioration dans l’appartement. Préparer le gîte pour la rentrée qui approche.

Des nouvelles du Japon. La famille se porte bien et le Sakurajima n’est toujours pas entré en éruption. On se contentera de cela. Ici Paris au mois d’août… La ville commence à se sortir de sa torpeur estivale. Derniers jours tranquilles entre la crise du porc et la rentrée du gouvernement.

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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