La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

ENFIN ON NOUS ECOUTE !

6 Commentaires

Incapable d’entendre nos revendications, le gouvernement va passer une loi pour écouter nos conversations, vérifier nos connexions sur la toile, nous fliquer à grand renfort de robots espions à la con.

Officiellement, il s’agit de « traquer » les terroristes, mais on sait bien que cela n’empêchera jamais des abrutis fanatisés de parvenir à leurs fins. On sait aussi que cet espionnage massif de la population sans réel contrôle ( le charme du « secret défense » un fois de plus ) permettra de fouiller un peu plus encore dans nos existences déjà fort transparentes.

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Accordons néanmoins le bénéfice du doute aux partisans d’un contrôle massif des communications afin de lutter contre le terrorisme. Donc, on espionne, on flique, on écoute. On repère des gugusses. Et c’est souvent à partir de là que tout barre en couille. La haute technologie ne sert à rien face à ce que nous qualifierons sobrement « d’erreur humaine ». Les enquêteurs étatsuniens qui trouvaient bizarre que des types s’entrainent sommairement à prendre les commandes d’un avion ont bien pondu des rapports qui, malheureusement, n’ont pas été lus avec toute l’attention requise. Plus près de chez nous, des gars sont repérés, suivis un certain temps, et puis pour des raisons diverses on ne les suit plus. C’est à ce moment là que Merah ou les frères Kouachi passent à l’action.

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Indémerdable. A moins d’embaucher plus de flics, plus d’espions, plus de barbouzes… Ce qui coute plus cher mais la sécurité n’a pas de prix, du moins c’est ce que l’on nous objectera. Et puis « les gens honnêtes n’ont rien à craindre » c’est bien connu. On est instamment prié de croire à tout ce mauvais vaudeville pseudo-sécuritaire censé mettre un terme au terrorisme. Et pendant ce temps, les migrants meurent par centaines entre l’Afrique et les côtes européennes. Le bleu méditerranée se teinte de sang pendant qu’en Occident on consomme sans états d’âme les haricots verts extra-fins du Kenya ou du Burkina, drapés dans nos vêtements fabriqués au Bangla-Desh ou ailleurs par des travailleurs sous payés et surexploités.

L’état chaotique des sociétés humaines sur la planète ne saurait être imputé aux seuls terroristes, qu’ils se réclament d’un dieu ou d’une idéologie quelconque. Ou alors il faut élargir la notion de terrorisme et y inclure quelques multinationales et fonds d’investissements spéculatifs qui participent activement à la mise en coupe réglée de la population mondiale. Je n’ai aucune sympathie pour les abrutis décervelés qui se font sauter au milieu de la foule. Mais j’ai autant, sinon plus, de ressentiment pour celui qui, bien né, bien éduqué, spécule sur les cours du blé ou du riz depuis son bureau lambrissé.

Ils ont bon dos les paumés accrochés à leurs sourates qui décapitent, tuent, pillent et violent à l’occasion. C’est vrai qu’ils sont répugnants et que l’on ne se sent pas grand chose en commun avec eux, hormis l’appartenance à l’espèce humaine. Mais je ne me sens pas plus d’atomes crochus avec la minorité qui possède presque tout et rêve de tout posséder parce que ce « presque » l’empêche de bien dormir. D’ailleurs que l’on se rassure, ces lois permettant d’écouter en masse et de fliquer large, ne concernent pas cette richissime minorité : lorsqu’un gouvernement l’écoute, c’est pour mieux lui obéir et accéder à ses désirs…

Terminons avec quelques mots-clés pour le robot-espion : sexe, drogue, terrorisme, bombe. Et si vous avez vraiment l’intention de tout faire péter, faites comme les frangins Kouachi : dites que vous allez « faire les soldes »….

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

6 réflexions sur “ENFIN ON NOUS ECOUTE !

  1. J’ai infiniment plus de ressentiment pour le cravaté qui spécule sur les produits alimentaires que pour le kamikaze. Le cravaté peut choisir. Le kamikaze est acculé dos au mur : il n’a d’alternative que le suicide.

  2. Les auteurs d’attentats suicides me révulsent…. Surtout lorsqu’ils se font sauter au nom d’un dieu ou d’une cause bien moisie. Les bonzes au Vietnam – ou aujourd’hui au Tibet – s’immolent par le feu, mais n’entrainent personne d’autres dans la mort.

    • Ouh la ! Je n’ai pas une attirance excessive pour les candidats au suicide qui s’éclatent en expédiant un max de leur voisinage rejoindre les terrains de chasse du Grand Lapin. ;o) Mais il nous faut tout de même en comprendre les raisons sans s’arrêter à la surface. Et sans s’arrêter à nos propres refus ou rejets épidermiques. J’ai eu l’occasion d’en causer et de citer des mécréants comme moi avec la tuerie de Charlie. Notamment ici : http://partageux.blogspot.fr/2015/01/le-massacre-charlie-nest-pas-affaire.html mais mes bafouilles de janvier causent beaucoup de ce sujet.

  3. Vos commentaires à tous les deux me font penser au pilote de la Lufthansa qui a entraîné 150 personnes dans la mort. Pas terroriste, juste déprimé… Comme quoi…

  4. Ouais le suicidaire de la Lufthansa… ça s’est passé chez moi, enfin à 20 kilomètres, et ici personne ne croit à ce scénar rocambolesque, et surtout pas les pompiers intoxiqués par le kérosène qui n’a miraculeusement pas explosé, surtout qu’on s’est empressé de tracer une piste (dans un département, le 04, qui n’est même pas fichu de déneiger sa ville-préfecture) en pleine montagne, histoire d’évacuer vite fait les reliquats de ce qui pourrait bien être un missile. M’enfin j’ai dit ça, j’ai rien dit.
    Au sujet du Patriot Act de papy Cazeneuve : à chaque période critique où les préfectures font remonter des stats et des infos de ras-le-bol populaires à qui-de-droit dans ses palais ouatés, on nous menace de barbouzeries, de flicages tous azimuts et de répressions en tous genres (loi Sécurité et Liberté sous Giscard, les faits et méfaits du duo pathétique Pasqua-Pandraud dans les années 80, les politiques de flicage des RSAstes sous Sarko, ce que réservent nos socialauds pour l’été aux chômeurs)…
    Quels que soient le prétexte, l’alibi, l’argument, le flicage est l’obsession cardinale de tous les États policiers aux institutions vérolées qui se parent des oripeaux de la république et de la démocratie. La France en est, n’en déplaise à ses chantres des libertés surveillées, et ce qu’on redoute le plus, en haut lieu, c’est l’insurrection populaire qu’ils n’auraient plus les moyens de gérer, et qui malheureusement dégénèrerait assez rapidement en guerre civile.
    Mais la peur n’évite pas le danger…

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