La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

BOL D’AIR ET SIROP DE LA RUE

2 Commentaires

Quelques vitrines d’agences bancaires, une ou deux cabines téléphoniques et peut-être des abribus pétés ; des poubelles incendiées au milieu de la rue, de l’agitation mais rien de comparable aux grands mouvements qu’a déjà connu le pays.

Il n’en fallait pas plus pour que « Le Monde.fr » titre ce matin en ces termes mesurés : « Scènes de guérilla urbaine à Toulouse »… On a beau savoir que la titraille est là pour attirer le lecteur, les mots sont excessifs.

Faut il rappeler qu’au départ de ces manifestations il y a la mort d’un jeune homme, tué par une grenade lancée par les gendarmes ? L’enquête en cours permettra peut-être d’en savoir plus un jour. Pour le moment il est avéré que ce jeune homme a eu « une partie du dos arrachée » par la déflagration de cette grenade. Le gouvernement, qui a mis deux longues journée avant de réagir publiquement à ce décès, condamne la violence des manifestants. Serait il donc aujourd’hui plus violent de bousiller un distributeur de billets que de tuer un manifestant ?

Depuis hier on tente de nous faire peur avec quelques centaines de types qui ont mis le feu à des poubelles et lancé des cailloux sur la police. Ce ne sont pas des guérilleros, juste des gens en colère contre des institutions un peu dures d’oreille.

Mais aujourd’hui, en ces temps de violence sociale, les médias n’hésitent pas à parler d’émeutes dès lors que trois poubelles brûlent.

Plus les affaires douteuses éclatent dans le microcosme politique, plus les riches s’enrichissent, plus on attend de la France « d’en bas » qu’elle ferme sa gueule et se contente d’aller « exprimer » son suffrage quand on lui demande de le faire.

L’équipement des forces de l’ordre – ou de répression c’est selon – est de plus en plus impressionnant : en face de nous le gardien de la paix a muté au fil des ans, se transformant en Robocop, coudières, couillères, genouillères, casque, canon à eau, à patate, lance-bidules en tir tendu, etc….

Signe des temps, sur les cars il n’est plus écrit Police-Secours, mais Police tout court. Il serait grand temps de s’interroger sur l’armement des forces de l’ordre. Qu’un engin explosif, en principe destiné à créer une onde de choc ( en une semaine on a tout appris sur les grenades ) puisse « arracher une partie du dos » d’un être humain et entrainer sa mort soudaine me laisse un tantinet songeur. Non létal comme ils disent.
Face à cette noirceur, je repense à ces gens croisés en Ariège il y a quelques années, leurs maisons, le grand air, la montagne, la décroissance tranquille, architecture bio-dynamique, P1320779 P1320790 P1320818 P1320947 P1330020 P1330063 P1330083 P1330087 P1330153 P1330155 P1330160 P1330186 P1330190 P1330198 P1330210 P1330213 P1330214 P1330223ruches derrière la yourte, un monde plus réel que le paraitre parisien et son urbanisme de façade. Ce soir mon coeur bat quelque part dans la montagne…

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

2 réflexions sur “BOL D’AIR ET SIROP DE LA RUE

  1. Apaisantes, ces photos et cette pensée au milieu de la laideur du pouvoir. Merci !

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