La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

RIEN A VOIR, RIEN A FAIRE…

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Rat race – Belleville

Que faire lorsque l’on a ni travail ni argent ? Rester à la maison est une solution mais au bout d’un moment on se sent un peu comme un emmuré vivant. Donc je sors pour aller prendre ma dose de ce que le regretté Doisneau appelait le sirop de la rue. Et croyez moi, dans mon quartier il est bien poisseux par endroits, mais très roboratif en même temps.

Me voici donc en goguette sur les flancs de la butte Montmartre, remontant la rue de Clignancourt en direction du magasin où j’ai acheté mon appareil photo qui pour l’instant est bloqué à l’atelier réparation pour des bêtes histoires de garantie et de gros sous. Passons. Disons qu’après plus de trois mois je craque et je raque. Pas la gniaque pour lutter. Fatigué et aussi un peu dégoûté. Ainsi va la vie. J’entends des sifflets et un attroupement avec des drapeaux devant l’entrée du personnel de la BNP, cette sympathique entreprise qui fait de l’argent avec votre argent mais n’oublie pas de vous envoyer la note. Des contestataires ? Je m’approche. C’est un syndicat dont je ne donnerai pas le nom mais ils ont de jolis drapeaux oranges et quelques manifestants ont des gilets de la même couleur.

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Et vous trouvez ca drôle ?

J’avise un des syndiqués et lui demande ce qu’il se passe. « Rien » me répond le bonhomme qui a le bide d’Obélix et la taille d’Astérix avec une moustache très gauloise couronnant le tout. Un peu agacé, je lui demande s’il ne me prend pas pour un imbécile et lui balance qu’il a l’attitude d’un CRS bloquant la rue en affirmant qu’il ne se passe rien. L’allusion ne lui plait guère. « Vous n’avez qu’à demander à quelqu’un d’autre » se défausse-t-il. Les gens commencent à écouter mais personne ne me donne le pourquoi de cette manifestation. Je me moque du gars. « Vous avez raison, il ne se passe rien et c’est pour cela que vous êtes ici »… Il me tire la gueule. Je l’achève : « C’est grâce à des gens comme vous que les gens ne se syndiquent pas ! ». Et je m’en vais car , même si j’ai trop de temps libre en ce moment, je n’ai pas envie de le perdre avec ce genre d’abrutis bornés.

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Impasse du fric….

Deux dames qui étaient dans la manifestation, un peu gênées de l’attitude de leur collègue, me rattrapent et, tout en marchant vers le boulevard, m’expliquent que cette manifestation est destinée à mettre un peu la pression sur la direction car leurs salaires ne bougent pas alors que les gros à la tête de l’entreprise se goinfrent. Elles me le disent en termes plus mesurés mais cela revient au même. Elles en sont à se justifier, car « les gens croient que dans les banques on gagne beaucoup, mais c’est les commerciaux, pas les autres ». A la BNP-Paribas, c’est comme partout : le haut du panier rafle tout en bonus, primes d’objectifs, parachutes dorés en cas de chute; et en bas on se bagarre pour les miettes. Même chez les banquiers on peut se faire exploiter. Monde magique.

Je passe au magasin photo. Pas de nouvelles mais ca devrait venir vite. Ben oui. Dès que l’on accepte de payer la machine se remet en route. Les garanties, c’est un peu comme les promesses électorales, ca n’engage que ceux qui y croient. Et après on va nous gonfler avec la « culture d’entreprise »et ce genre de prose : « Dans le cadre du projet d’entreprise « Ambition 2018 », la Direction de la communication a pour mission de développer la fierté d’appartenance de ses collaborateurs.. » , les « start-ups en pleine expansion » qui recherchent des stagiaires « polyvalents, motivés, Bac plus 5 et maitrise d’une dizaine de logiciels – anglais impératif – une bonne pratique de la langue de bois serait un plus ». Il m’arrive de rêver que ce monde là s’effondre sous le poids de sa connerie et que l’on reparte sur des bases un peu moins malsaines. En attendant, va falloir que j’agresse une personne âgée où que je vende de la drogue pour payer mes factures. Je déconne bien sûr. Pour me changer les idées, je vais lire tous ces mails passionnants qui arrivent dans ma boîte. On est jamais seul sur la toile.Tenez voici le dernier arrivé : « M. Walt, financez vos obseques a partir de 5€ par mois : demande d informations sans engagement – Fanito »…. C’est pas cher, je crois que je vais lui répondre.

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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