La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

VOIE SANS ISSUE

Poster un commentaire

IMG_0024

Cimetière du Père – Lachaise

« Tant que tu ne sais pas mourir et renaître, tu n’es qu’un passant affligé sur la terre obscure », disait Goethe.

C’est du lourd comme l’on dit de nos jours et je me sens bien affligé, n’ayant toujours pas compris comment renaître. Mourir, j’ai quelques idées sur la question, mais depuis un bon moment, je sais que je suis « un passant affligé sur la terre obscure » et je sais aussi, bien maigre consolation, que je ne suis pas le seul dans ce cas. Je fais de mon mieux pour y voir clair, mais je ne trouve pas l’interrupteur et l’avenir me paraît sombre. J’ai appris à nager pour ne pas sombrer mais le grand fleuve de l’âge m’emporte malgré moi. Une vie d’homme c’est aussi court qu’intense.

On danse sur le fil du rasoir avec le feu de la vie dans les veines et la peur du final enfouie au fond du cerveau reptilien. On voudrait que cela dure le plus longtemps possible, incapables que nous sommes d’envisager avec sérénité le terme de nos existences fugaces qui, bien qu’elles puissent paraitre vaines à l’échelle du cosmos, nous sont chères et, même si l’on sait qu’un jour on retournera à la poussière, le quotidien est là, essentiel, vital et trivial à la fois.

DSCN4484

Métro parisien en travaux.

Nos petites vies insignifiantes deviennent pour le coup des parcours du combattant où s’exacerbe notre penchant animal. C’est bête mais nous sommes aussi des bêtes. Des bêtes pensantes, certes, capables du meilleur comme du pire, capables même d’avoir des pensées bêtes que l’on qualifiera de pulsions. Mais il ne faut pas croire que l’existence des bêtes soit plus agréable parce que plus simple. La loi de la nature est sans appel : tout est mouvement. On nait on vit et puis on meurt, fermez le ban. Mais entre la naissance et la mort, quel ramdam !

On bouge, on parle, on s’agite, on affirme, on dément, on rit, on pleure, on aime, on déteste, on embrasse, on exclut, on pense et puis on oublie, on arrive pas à saisir les deux côtés de la médaille, on joue les rois borgnes au royaume des aveugles, on trace sa ligne de vie entre ce que l’on veut et ce que l’on peut, ca dure ce que ca dure : un jour on s’en va car, même si l’esprit est là, encore alerte, c’est la viande qui ne suit plus, les organes qui fatiguent, le cœur qui mollit, la vue qui baisse, les cheveux, les dents, les neurones, tout est usé… Pour finir, une pièce lâche et tout s’arrête. En principe.

Les optimistes misent sur l’immortalité de l’esprit. Personnellement, je n’ai pas d’opinion bien arrêtée sur la question. Le seul truc que je ne veux pas, c’est me réincarner. Pas envie de redoubler.

Publicités

Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s