La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

LACRYMO LOGIQUE

Poster un commentaire

Porte de Clignancourt, à la recherche d’un Vélib. En approchant je sens qu’il se passe quelque chose. Les gens regardent vers la gauche. J’avance. Une altercation entre deux filles. Une en vélo, enfin le vélo est couché par terre, l’autre, très énervée, sortie de sa voiture, a une bombe lacrymo à la main et gueule pendant qu’un type la retient. Elle se dégage, insulte une fois de plus l’autre fille qui ne pipe mot et lui colle une bonne giclée de gaz dans la poire. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais elle est vraiment en colère, enragée même. Après avoir aspergé l’autre, elle remonte en voiture et s’en va.

DSCN4430

Je prends mon vélo et file jusqu’à Palais-Royal. Au détour d’une rue, un couple de mariés pose pour un photographe devant une superbe voiture. Sur le Pont des Arts, les cadenas couvrent les parapets. C’est un peu niais, mais après le pitoyable spectacle de la Porte de Clignancourt, c’est agréable. Il fait beau, plutôt chaud et quelques nuages légers s’effilochent dans le ciel bleu.

Un dernier verre à « la Palette » et je rentre en métro pour ne pas casser la très bonne bouteille que l’on vient de m’offrir. Pas envie de croiser de nouveau la furie et sa bombe. Ainsi s’écoule un dimanche après-midi à Paris. Un peu d’amour et une giclée de haine. Je rentre et j’écoute des vieux machins de Kevin Ayers. La nuit est tombée et je cherche le sommeil en lisant un roman d’espionnage. Rien d’extraordinaire. Juste un jour de plus sur terre, un jour qui commence avec des sales nouvelles à la radio et qui s’achève dans le grand silence nocturne ébréché par les cris d’un type bourré dans la rue. Il est bientôt minuit. Le bouquin me tombe des mains.

Ce serait chouette d’arriver à dormir. Ca va bien finir par m’arriver mais je n’aurais pas du boire tant de café. En bas dans la rue, des types parlent fort et tiennent les murs en fumant des pétards. Presque envie de descendre pour tirer une bouffée qui pourrait m’aider à m’écrouler. Mais ces gars là ne sont pas fréquentables et je reste là avec ce sommeil qui rôde autour de mes yeux aiguisés de fatigue. Demain est un autre jour. Mais demain c’est dans trente minutes maintenant. J’espère que la fille énervée s’est calmée.

Publicités

Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s