La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

LA FRANCE VUE DE LOIN

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Si les Japonais, dans leur recherche continue d’un consensus social,  peuvent parfois agacer, je dois admettre que cela permet d’obtenir des espaces publics calmes, propres et pacifiques.

Peu ou pas de mauvais gestes, on est tranquille partout et n’importe quand. De surcroit, on prend vite l’habitude de trouver des toilettes publiques propres, des rues sans merdes de chien, etc…

Je sais que lorsque je rentrerai, j’aurai, comme toujours, un sursaut de recul en retrouvant les quais de la station RER de la gare du nord, non pour sa foule cosmopolite ( je laisse le racisme aux cons ), mais pour son aspect sombre et crasseux, sa signalisation pitoyable et ses papiers gras jonchant le sol autour des trop rares poubelles.

Je retrouverai aussi le manque absolu de respect pour l’espace public qui est la marque d’une grande partie de mes concitoyens, les clients sortant des fast-food en balançant les emballages sur le trottoir, se targuant parfois de « fournir du travail aux agents d’entretien de la ville » (sic), ignobles Petits Poucets dont on peut suivre la piste en remontant le sillage de leurs immondices.

Il me faudra aussi retrouver la morgue narquoise des serveurs dans les bistrots, la nonchalance des vendeurs, le regard soupçonneux des policiers, rarement capables d’indiquer une rue contrairement aux poulets nippons pour qui c’est un devoir de remettre les gens dans le droit chemin, topographiquement parlant, cela s’entend.

Bref, retour au village gaulois, au bordel hexagonal, aux discours creux et au baratin en guise de programme d’action.

Pourtant, j’aime mon pays. Il a de la gueule et un joli potentiel. Nos voisins allemands ont une expression pour exprimer le bonheur de vivre : « Wie Gott in Frankreich » (Comme Dieu en France). Curieusement, les habitants de ce paradis sont les plus gros consommateurs de calmants et de psychotropes au monde. On me dirait que ce sont les Palestiniens, les Irakiens ou n’importe quelle autre population vivant au quotidien l’enfer sur Terre, je pourrais le comprendre. Mais les Français ? J’en reste pantois.

Il est vrai, qu’en insatisfaits chroniques, nous votons pour un gouvernement que nous n’avons de cesse de critiquer jusqu’au moment d’en changer pour un nouveau qui, lui aussi, s’en prendra plein la gueule. C’est ainsi que cela fonctionne depuis pas mal de temps.

Alors, en attendant de replonger dans les multiples contradictions du village gaulois qui a perdu la recette de la potion magique, je vais profiter encore un peu du calme superficiel qui est ici la norme, me plonger dans les bains chauds au pied du volcan, couler paisiblement des bronzes dans des toilettes munies d’un tableau de bord digne d’un avion long-courrier…

Bref, faire provision de bonhommie avant de revenir dans le pays des pas contents. Car je n’oublie pas que je suis un des leurs et que je peux, moi aussi, redevenir un chieur assez rapidement. Mais un chieur propre sur lui.

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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