La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

TU T’ES VU QUAND TABOU ?

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Dans le jargon des communicants on trouve beaucoup d’anglicismes, quelques japonaiseries – le tsunami, mis à toutes les sauces depuis Fukushima, a supplanté le kamikaze confiné au terrorisme moyen-oriental – et puis deux trois trucs exotiques.

Ainsi, le « tabou » qui nous vient de Polynésie. Un petit tour dans le dictionnaire Larousse nous apprend que le tabou – qui au départ signifiait un interdit dans le domaine sacré, a pris en arrivant chez nous d’autres sens plus profanes. Ainsi « Un sujet tabou : Qu’il serait malséant d’évoquer, en vertu des convenances sociales ou morales».  Et, dans un sens plus familier, le tabou c’est quelque chose « auquel on ne peut toucher, qu’on ne peut critiquer, mettre en cause : Une institution vénérable et taboue ».

Ces derniers temps, le mot tabou a été mis en avant par deux personnes : l’une est l’ancien directeur de l’O.M.C ( Organisation Mondiale du Commerce), l’autre est l’actuel président du MEDEF. Le premier, d’obédience socialiste, est proche du président de la République. Le second défend les intérêts du patronat. Ils ont donc bien des points communs, l’un d’eux étant de n’avoir jamais vécu avec un SMIC.

C’est donc en toute méconnaissance de cause que ces gens sont partis en guerre contre le « tabou » du SMIC. Lamy affirme qu’un petit salaire c’est toujours mieux que rien du tout. Petit rappel : Le Smic mensuel net, c’est environ 1 200 euros net pour 35 heures hebdomadaires. Pas vraiment de quoi faire des folies, mais pour Messieurs Lamy et Gattaz c’est encore trop : Gattaz réclame un salaire « transitoire » inférieur au SMIC et Lamy plaide pour « davantage de flexibilité » et affirme sans rire qu’il faut « briser le tabou du SMIC ». Même Parisot trouve que Gattaz exagère : «Proposer un salaire en dessous du Smic s’apparente à une logique esclavagiste», écrit elle, ravie de régler son compte à celui qui a pris son poste.

Ohé, les gars, ne vous énervez pas : c’est déjà fait. Il y a aujourd’hui des tas de gens qui bossent au SMIC, certes, mais en temps partiel avec des horaires à la con. Ohé les gars, descendez un peu de votre piédestal pour allez discuter avec ceux qui vivent avec ce SMIC qui vous donne des sueurs froides. Allez leur dire en face que 1200 euros net pour 35 heures par semaine c’est trop cher payé. Sortez de vos diners en ville et allez voir les soutiers qui bossent dans les fast-food. Dites leur en face qu’ils sont trop payés. Vous allez vous faire des potes, soyez en sûrs.

Et puis on pourrait briser d’autres « tabous ». Il y en a tellement chez nous . Mais visiblement LE tabou du moment c’est que l’on ne puisse pas payer encore moins cher les rameurs dans la galère.

Allez Gattaz et l’ami Lamy, chiche ? Un petit mois à l’essai au SMIC derrière le comptoir d’un fast-food où à la caisse d’une supérette, histoire de mieux savoir de quoi vous parlez ? Non ? Aaaaaaaah, d’accord, c’est tabou pour vous. OK. On va lâcher King-Kong qui va niquer vos hôtels particuliers, bousiller vos bagnoles et chier dans vos jardins.king-kong-30

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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