La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

ARROGANCE SANS FRONTIERES

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La mondialisation – d’autres préfèrent parler de globalisation – est en marche. On aurait pu penser que cette mondialisation / globalisation consisterait à regarder un peu partout sur la planète ce que l’espèce humaine avait de plus vertueux pour l’appliquer au plus grand nombre. Pourtant ce n’est pas vraiment le cas. La globalisation c’est vendre des véhicules tout terrain à des gens qui se déplacent en dromadaire depuis des millénaires ; ou encore vendre du Coca-Cola à des populations « primitives » après avoir pollué leurs nappes phréatiques en extrayant de l’or ou du pétrole. Nous assistons également à l’émergence de réseaux internationaux qui détournent les nouvelles technologies pour rendre plus efficaces des arnaques vieilles comme le monde. Faire trimer des esclaves dans les pays pauvres pour vendre – avec de très confortables marges – de la camelote dans les pays riches, planquer ses profits dans des paradis fiscaux, rien de nouveau sous le soleil.

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Le veau d’or , shooté aux OGM, est toujours debout, qui s’engraisse avec la bénédiction des idiots du village global, déguisés en clodos mal rasés tellement ils ont peur de ressembler aux bourgeois qu’ils sont au plus profond d’eux-mêmes, ravis d’avoir en poche le dernier modèle de téléphone portable qui leur permet d’avoir l’air….. L’air de quoi, d’ailleurs ? L’air de rien. Et peut on encore dire que tous ces consommateurs ne manquent pas d’air alors que l’atmosphère est pourrie par les émanations industrielles et les pesticides largement épandus sur les campagnes ? Il parait que si l’on oublie d’éteindre la lumière en sortant des toilettes, on participe à la destruction de la planète, mais on voit fleurir un peu partout en ville des écrans plats énergivores où s’agitent des ectoplasmes censés nous faire acheter des produits. Bref, on tourne en rond et le serpent se mord la queue. La fabrique des malheureux tourne à fond et après plusieurs millénaires de progrès technologiques, de larges pans de l’humanité ne mangent toujours pas à leur faim pendant qu’ailleurs on jette des surplus alimentaires. Les guerres continuent leurs ravages et l’homme n’est guère plus malin que lorsqu’il vivait dans des cavernes.

Les plus forts exploitent les plus faibles et on a parfois même l’impression de reculer, d’assister à une sorte d’hallucination collective où l’humanité, frappée de cécité, saccage l’endroit même où elle vit, empoisonnant les sols et les rivières, jetant ses déchets dans les océans…. Tout ceci pour changer de voiture, de machine à laver, d’ordinateurs… Et pendant ce temps, les calottes glaciaires partent en sucettes, le vent se lève et le désert avance.

Face à ces menaces, les gouvernements s’arment, font des stocks de munitions pour pouvoir se défendre. Si tu veux la paix prépare la guerre, disaient les Romains pour qui cette maxime a fonctionné pendant quelques siècles, jusqu’à ce que l’Empire entre en décadence avant de s’effondrer devant les attaques barbares. On est pas loin du « remake » aujourd’hui. Mais personne n’a envie de le dire. C’est tellement plus « fun » de se « selfiser » en téléchargeant l’appli comme il est écrit dans le coin d’une affiche vantant une exposition sur l’Empereur Auguste. Des gugusses se regardent le nombril pendant qu’ailleurs on crève plus ou moins silencieusement.

Des sommes considérables sont investies pour installer de nouveaux câbles transatlantiques plus courts afin de gagner quelques millièmes de secondes qui permettront aux vampires spéculateurs de magouiller encore plus vite avant que ne nous tombe sur la gueule le prochain krach financier que les banquiers sauront nous faire payer avec les intérêts. Tout cela pour que quelques types puissent survoler le monde dans leur avion privé afin de se pavaner sur la plage arrière d’un « super-yacht » en lisant le classement des plus grandes fortunes. On est pas sorti de la cour de récré : c’est toujours le concours de celui qui pissera le plus loin.

Alors, dans ce capharnaüm il faut vraiment fouiller profond pour trouver des raisons de ne pas désespérer. Trier dans la benne d’infos-poubelles qui nous tombe sur la tronche dès le matin. Regarder le ciel et les nuages plutôt que la télévision. Marcher. Ralentir. Se borner à l’utile et bannir le superflu. Penser aux autres. Ceux qui sont là. Ceux qui viendront après nous. Nettoyer nos saletés. Essayer de laisser cet endroit aussi propre en sortant que nous l’avons trouvé en y entrant. Gros boulot…. Mais la survie de l’espèce est à ce prix.

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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