La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

A LA QUEUE COMME TOUT LE MONDE

Poster un commentaire


DSCF6465

S’il me fallait établir un bilan de l’an passé, il serait neutre : j’ai traversé l’an d’un bout à l’autre et en suis fort heureux, même si cette année, fatale à d’autres, a fauché quelques unes de mes icônes.

Reste que l’an passé fut pour moi l’an des queues : elles ont rythmées mes journées, parfois même mes soirées et, suprême jouissance, quelques dimanches ! Des queues de toute taille, des courtes, des longues bien droites, d’autres, plus hésitantes, un peu molles. Et cela n’est pas gai. Pas du tout même.

Certains de mes amis affirment que la fréquentation des queues permet parfois, fort opportunément, d’élargir le cercle de ses relations, mais cela reste exceptionnel car, la plupart du temps, les queues sont ennuyeuses. Les plus longues sont souvent les plus dures, mais une petite queue de rien du tout peut réserver bien des surprises. On ne se méfiera jamais assez des queues. J’aurais aimé vous parler d’autre chose car le sujet est scabreux, mais pendant deux semaines j’ai travaillé avec d’énormes queues aux entrées du plus grand musée du monde. Et je tire celle du diable depuis un bon moment.

Et là, d’un coup, champ, contrechamp, je ne suis plus en train de les longer afin d’en extraire les visiteurs prioritaires : je suis dedans, en vrac et plus du tout prioritaire. Après les queues cosmopolites et toutes frémissantes  à l’idée de pénétrer dans le plus grand musée du monde, voici les queues résignées qui s’étirent en silence devant les bureaux de l’aide sociale : morne troupeau qui avance lentement et en cadence vers les guichets où, paperasses à l’appui, chacun tentera d’obtenir quelque allocation pour ne pas sombrer dans la dèche.

Comme ils sont loin d’un coup, les beaux espaces du musée, balayés, envolés, disparus au coin de la rue. Une rafale de cafard au cœur. A la queue, comme tout le monde….

DSCF6530

Publicités

Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s