La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

MONSIEUR LALOUZE ET LE FLOUZE

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Monsieur Lalouze a un problème avec l’argent et ce n’est pas uniquement parce qu’il n’en a pas. C’est tout simplement que cela ne l’intéresse guère. Il en faut, c’est évident, afin d’assurer le gîte et le couvert, mais pour le reste, les joies que l’on peut en tirer lui apparaissent assez médiocres. De plus, lorsqu’il était petit, ses parents ne lui ont jamais dit que c’était important d’en avoir et, à l’école, il trouvait la cigale musicienne beaucoup plus sympathique que la fourmi radine ; et en cela il n’a pas changé depuis plus d’un demi-siècle.

Autant dire qu’il se demande parfois où est sa place dans ce monde où le commerce règne de façon peu équitable et où les banques sont devenues des mastodontes qui écrasent des peuples entiers en spéculant un coup à la hausse, un coup à la baisse, mais toujours au détriment du clampin moyen. Dans les bourses qui se marquent à la culotte des « tradeurs » plantés devant des ordinateurs refourguent mauvaises actions et obligations pourries en attendant leur cadeau Bonus. Pas jobard ni très souriant.

Monsieur Lalouze est du côté des rêveurs et des poètes, de ceux qui savent apprécier un beau coucher de soleil ou la course des nuages dans le ciel immense… « Que des trucs pas commercial » comme chantait Alain Souchon. Pourtant monsieur Lalouze doit bien admettre que le flouze, ou plus exactement son absence est un des piliers du blues :  » Nobody knows you when you are down and out » chantaient les vieux noirs après une journée dans les champs de coton et même si l’on ne s’intéresse pas à l’argent, c’est lui qui s’intéresse à vous… Nous sommes devenus des « citoyens consommateurs » et c’est, nous dit on, la consommation des ménages qui fait tourner l’usine à gaz du commerce international. Le bon citoyen achète régulièrement des objets qu’il remplace non moins régulièrement par le « nouveau » modèle, tout aussi périssable que le précédent. Nous allons léguer à nos descendants des monceaux de cochonneries, des meubles pourris et de la mémoire virtuelle en pagaille…

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Et monsieur Lalouze de se demander s’il est toujours vrai que « le rire est le propre de l’homme » tant il a le sentiment que nous sommes tous empêtrés dans des peurs primitives alimentées à grand renfort de faits divers sordides, des peurs qui nous empêchent de vivre pleinement nos existences. Nous perdons notre temps à force d’avoir peur du manque à gagner. Il est grand temps de retrouver le chemin du rire et d’arrêter de prendre au sérieux ceux qui nous asservissent et nous avilissent. Il est grand temps de retrouver le chemin des petits bonheurs simples.

Ce système qui nous écrase ne tient que parce que nous acceptons son existence et se renforce à chacun de nos renoncements… Eteignez les télés pleines de grilles et de chaînes et regardez le ciel. C’est gratuit et le programme change sans arrêt. Vivez les deux pieds sur terre et la tête dans les nuages. Vivez simplement et vous vivrez mieux.

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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