La plume dans l'oeil

des mots et des images pour habiller la rage

MONSIEUR LALOUZE COGITE CAR IL N’A RIEN D’AUTRE A FAIRE

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Parvenu à la conclusion que la grande majorité des politiciens  – hormis les dictateurs mais c’était un cas de figure assez particulier, n’avaient guère d’autre pouvoir que celui de se réunir pour constater leurs désaccords et repartir en de luxueux avions après avoir posé sur la photo de groupe qui, analysée par de soit disant experts, servirait de base iconographique à de fumeuses supputations du style « accueil glacial » ou  «  tension palpable entre les deux grands », Monsieur Lalouze se dit qu’il était grand temps de chercher le moyen de renverser la vapeur.

Le combat semblait a priori plutôt inégal. Dans le rôle du pot de fer, on trouvait pêle-mêle les conglomérats industriels, les banques dites d’affaires  ( lesdites affaires n’étant pas toujours très claires soit dit en passant) , des fonds d’investissements spéculatifs ( l’intitulé se passe de tout commentaire) où l’on brassait les milliards des multinationales et l’argent du crime organisé. Ces braves gens transformaient l’épargne des petites gens en « produits financiers sophistiqués », c’est à dire que l’on mélangeait en proportions variables de l’argent propre et de l’argent sale auquel on ajoutait un peu d’argent qui n’existait pas afin de faire bonne mesure. Le genre d’acrobaties qui mènerait droit en prison le citoyen de base qui tenterait de faire la même chose.

Le pot de terre était constitué d’un mélange hétéroclite d’honnêtes gens, de révoltés chroniques et d’utopistes. Autant dire que ca pesait pas lourd.

La plus grande astuce du pot de fer était d’utiliser l’inertie des masses qui avalaient sans réfléchir l’indigeste brouet qui leur était servi tous les jours : l’indice niqué et le CAC 40, les bonnes affaires du G20 en tête de gondole… Sans oublier les « petites phrases » des politiciens qui à défaut de grandes idées s’étaient pliés au nouveau format de la pensée : 140 caractères sur un petit écran… Autrefois les Jivaros réduisait les têtes de leurs ennemis, aujourd’hui on rétrécissait les cerveaux.

Et ca commençait dès le plus jeune âge. Des journalistes « spécialisés » chantaient les louanges des tablettes numériques pour les bambins, prétendant que ces produits favorisaient l’épanouissement des tout-petits, s’extasiaient sur les nouvelles technologies et l’avènement de l’intelligence artificielle. Avènement qui se faisait au détriment de l’intelligence humaine, qui avait, pour les marchands de camelote, l’énorme défaut de fonctionner sans fournisseur d’accès, sans batteries et sans abonnement.

La culture générale reléguée au rayon des ringardises, il ne restait que des spécialistes décortiqueurs de tendances, mais qui, empêtrés par leurs œillères et leurs oreillettes, manquaient cruellement d’une vision d’ensemble de la situation.  Et les braves gens de rabâcher ce qu’ils avaient entendu à la radio ou mieux encore « vu à la télé » avant de retourner se coucher, l’encéphalogramme aussi plat qu’un écran.

La société était devenue triste, propre en apparence, mais ses dessous schlinguaient féroce. Pisser dans la rue était devenu un délit mais on s’habituait à voir des familles dormir dehors sur des cartons… L’indifférence grignotait les cerveaux et les cœurs s’endurcissaient.  Pas sûr que le Messie soit sacré Ballon d’Or si jamais il repointait le bout de son nez…

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Auteur : Riccardo

Quand j'avais quinze ans c'était "peace and love". Quand j'avais vingt ans on gueulait "no future". Maintenant que j'ai passé le cap du demi-siècle cela m'ennuie un peu de constater que nous fonçons droit dans le mur... Après "no future" c'est quoi ?

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